Les Juifs ont vécu à Oppeln (Opole) depuis le Moyen Âge, alternant périodes de prospérité, pogroms et expulsions jusqu'en 1565, date à laquelle ils sont définitivement expulsés de la ville. Ils ne retourneront à Oppeln qu'au siècle.
Au et au début du siècle, la communauté juive est florissante et bien intégrée parmi la population locale aussi bien économiquement, socialement que politiquement. L'arrivée au pouvoir du nazisme verra une partie de la communauté juive émigrer vers l'Europe de l'Ouest, la Palestine ou les États-Unis. Ceux qui resteront seront à quelques exceptions près assassinés pendant la Shoah.
Opole (en allemand: Oppeln) est une ville du sud de la Pologne, capitale historique de la Haute-Silésie. Sous le nom d'Oppeln, elle est autrichienne depuis 1532, prussienne à partir de 1740, puis allemande jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale. En 1945, à la suite de la conférence de Potsdam, elle est attribuée à la Pologne et reprend son nom polonais d'Opole. La population d'origine allemande majoritaire dans la ville en est expulsée et est remplacée par des Polonais originaires des territoires de l'Est annexés par l'URSS. Histoire des Juifs et de la communauté juive d'Opole Au Moyen Âge Malgré l'absence de documents, il est probable que des Juifs sont déjà présents à Oppeln (Opole) avant que la ville ne soit établie entre les années 1211 et 1217.
Au milieu du siècle, la peste noire se répand en Silésie et les habitants cherchant un bouc émissaire, accusent les Juifs d'avoir empoisonné les puits. Il s'ensuit un pogrom sanglant dans la ville en 1349, décimant la petite communauté juive: Geoffrey Wigoder et Shmuel Spektor: Encyclopedia of Jewish Life Before & During Holocaust; introduction: Elie Wiesel; éditeur: NYU Press; New York; 2001 . Les Juifs devaient posséder une école à Oppeln: M. Borkowski, A. Kirmiel et T. Włodarczyk: Śladami Żydów: Dolny Śląsk, Opolszczyzna, Ziemia Lubuska (Sur les traces des Juifs: Basse Silésie, Province d'Opole, Terre de Lubus); Varsovie, 2008; page: 132.
Une autre référence historique datant de 1396 confirme la présence juive dans la ville: le prince Bolko IV vend une maison située près du cimetière de la Sainte-Croix, qui avait appartenu à un Juif dénommé Izaak.
Au début du siècle, la plupart des résidents juifs d'Oppeln, vivent du commerce et du prêt sur gage aux princes, le droit canonique interdisant aux Chrétiens le prêt à intérêt. Ceci est confirmé par un document de 1426 indiquant que le prince Bolko IV doit à deux frères juifs d'Opole, Mosze et Dawid les sommes de 40 et de 124 grivna respectivement: J. Kwak: Żydzi w miastach Górnośląskich (Les Juifs dans les villes de Haute-Silésie); in "Śląski Kwartalnik Historyczny Sobótka"; 1989; nr: 1; page: 46: D. Walerjański: Z dziejów Żydów na Górnym Śląsku do 1812 roku (De l'histoire des juifs en Haute-Silésie jusqu'en 1812); in: "Orbis Interior. Pismo Muzealno-Humanistyczne"; Katowice; 2005; volume: 5; page: 30.
En 1427, le frère Bernard du prince Bolko IV permet au Juif Abraham de Ziębice, ainsi qu'à sa famille et tous ses employés de s'installer à Oppeln pour une période de dix ans. C'est le début du retour des Juifs à Oppeln, qui permet l'ouverture d'une école juive dans une maison particulière: W. Dziewulski et F. Hawranka: Opole. Monografia miasta (Opole. Monographie de la ville); éditeur: Instytut Śląski; Opole; 1975; page: 95.
Le centre de la vie juive à Oppeln se trouve alors dans la rue actuelle Św. Wojciecha. En 1451, elle est déjà désignée sous le nom de Judengasse (ruelle des Juifs). On y trouve l'école juive ouverte par acte de privilège du prince Bernard en 1427, et très probablement une synagogue ou une maison de prière. La présence d'un petit cimetière juif dans cette rue n'a jamais pu être confirmée: M. Borkowski, A. Kirmiel et T. Włodarczyk: Śladami Żydów: Dolny Śląsk, Opolszczyzna, Ziemia Lubuska (Sur les traces des Juifs: Basse Silésie, Province d'Opole, Terre de Lubus); Varsovie, 2008; pages: 132 et 133.
Les sermons antijuifs fanatiques du moine franciscain Jean de Capistran, conduisent en 1453 à une vague de pogroms et à l'expulsion des Juifs résidant en Silésie. La même année, Abraham, un Juif, est accusé à Oppeln d'avoir profané une hostie. Après un procès à charge, il est condamné à mort.
Du siècle au siècle De nombreuses références historiques datant du début du siècle existent sur les Juifs d'Oppeln. Dans les années 1532-1533, de 70 à 90 Juifs soit 8 familles vivent dans la ville, représentant 5,1 % de la population totale de la ville: J. Leszczyński: Opole w świetle urbarzy z XVI wieku (Opole à la lumière du XVIe siècle); in: "Kwartalnik Opolski"; 1955; volume:1; No: 4. Ils sont colporteurs, prêteurs sur gage ou artisans. Ils ont une synagogue et une école: M. Borkowski, A. Kirmiel et T. Włodarczyk: Śladami Żydów: Dolny Śląsk, Opolszczyzna, Ziemia Lubuska (Sur les traces des Juifs: Basse Silésie, Province d'Opole, Terre de Lubus); Varsovie, 2008; page: 133.
Des documents historiques de 1557 et de 1563, mentionnent deux Juifs, Marek et Natan, dont le métier est d'installer des fenêtres dans le château d'Oppeln: A. Steinert: Geschichte der Juden in Oppeln; Oppeln; 1922; page: 21: D. Walerjański: Z dziejów Żydów na Górnym Śląsku do 1812 roku (De l'histoire des juifs en Haute-Silésie jusqu'en 1812); in: "Orbis Interior. Pismo Muzealno-Humanistyczne"; Katowice; 2005; volume: 5; page: 29. En 1557, les Juifs d'Oppeln paient 26 florins et 16 groszy de taxes, et en 1564, 24 florins and 32 groszy. Dans les années 1560, le nombre de Juifs à Oppeln est estimé à environ 100 personnes, soit approximativement 5,0 % de la population totale. Des sources de 1563–1564 donnent le nom du premier rabbin d'Oppeln, Benedykt, aussi connu sous le nom de Benedix. En 1562, l'assemblée de la principauté d'Oppeln et de Ratibor (Racibórz) adopte une résolution obligeant les Juifs à vendre leur maison, à payer leurs dettes et à quitter la principauté sous un an: J. Kwak: Żydzi w miastach górnośląskich w XVII–XVIII w (Les Juifs dans les villes de Haute-Silésie aux et siècles); in: "Śląski Kwartalnik Historyczny Sobótka"; 1989; No: 1; page: 46 : D. Walerjański: Z dziejów Żydów na Górnym Śląsku do 1812 roku (De l'histoire des juifs en Haute-Silésie jusqu'en 1812); in: "Orbis Interior. Pismo Muzealno-Humanistyczne"; Katowice; 2005; volume: 5; page: 32. En 1565, il n'y a donc plus aucun Juif à Opole: W. Dziewulski et F. Hawranka: Opole. Monografia miasta (Opole. Monographie de la ville); éditeur: Instytut Śląski; Opole; 1975; page: 127. Franciszek Idzikowski le confirme quand il indique dans ses écrits : de nombreux Juifs vendent leur maison, toutes situées rue Podgórna. Ces Juifs sont le rabbin Benedykt, Abraham Baruch, Kokot, Jokel, Murdoch (qui vit en face de la maison Proskowski), Naason, la femme de Samuel (dont la maison est située entre l'école juive et la maison de Bartek Kozel) ainsi que Pinkus: F. Idzikowski: Opole. Dzieje miasta do 1863 roku (Opole. Histoire de la ville jusqu'en 1863); Opole; 2002; page: 95: B. Olejnik: Monografia Gminy Żydowskiej w Strzelcach Opolskich (1750–1945) (Monographie de la communauté juive de Strzelce Opolskie (1750-1945); thèse de maitrise; Université d'Opole; faculté d'histoire et de pédagogie; Opole; 2005, page: 9.
En 1566, le registre Urbarium désigne tous ces Juifs comme les expulsés. Les maisons qu'ils n'ont pas réussi à vendre deviennent la propriété de la ville qui les revend peu de temps après.
Dans la seconde moitié du siècle, les Juifs polonais entretiennent des relations commerciales avec les Juifs de Silésie. Les marchands de la République de Pologne participent aux foires de Breslau (Wrocław, Brieg (Brzeg), Neiße (Nysa) et Oppeln (Opole): I. Schipper: Dzieje handlu żydowskiego na ziemiach polskich (Histoire du commerce juif en Pologne); Varsovie; 1937: D. Walerjański: Z dziejów Żydów na Górnym Śląsku do 1812 roku (De l'histoire des juifs en Haute-Silésie jusqu'en 1812); in: "Orbis Interior. Pismo Muzealno-Humanistyczne"; Katowice; 2005; volume: 5; page: 34.
En mai 1713, l'empereur Charles VI promulgue un édit de tolérance (Toleranzpatent) qui permet aux Juifs de s'installer en Silésie contre paiement d'une taxe spéciale de tolérance. Il leur permet de colporter leurs marchandises dans toute la Silésie, à l'exception des villes de Neustadt, (Prudnik), Leobschütz (Głubczyce), Ratibor (Racibórz), Kosel (Koźle), Neiße (Nysa) et Oppeln (Opole). Si malgré l'interdiction, certains marchands juifs essayent de vendre leur marchandise dans une de ces villes, leur marchandise leur sera confisquer. Toutefois, les marchands juifs arrivèrent à contourner l'interdit en s'installant dans les faubourgs des villes où ils purent vendre librement leurs produits.
Pendant la première guerre de Silésie en 1742, la majorité de la Silésie à l'exception de la Silésie de Teschen et du duché de Troppau est incorporée au royaume de Prusse. En décembre 1746, les autorités prussiennes forcent le conseil municipal d'Oppeln à autoriser le Juif de Prague Issac Elias Haber à s'installer dans la ville avec sa famille et ses serviteurs. Issac Elias Haber quittera la ville en 1750 à la suite de la faillite de ses affaires: W. Dziewulski et F. Hawranka: Opole. Monografia miasta (Opole. Monographie de la ville); éditeur: Instytut Śląski; Opole; 1975; page: 219.
Pendant la guerre de Sept Ans (1756-1763), la Prusse doit faire face à une situation économique extrêmement difficile. Afin d'atténuer les conséquences de cette crise, les autorités prussiennes accordent des privilèges spéciaux aux fabricants et entrepreneurs juifs. Réservés à un très petit nombre de personnes, ils permettent d'obtenir le soi-disant droit à naturalisation (Naturalisationspatent). En 1761, deux familles juives de commerçant sautent sur l'opportunité et s'installent à Oppeln. En 1765, le marchand juif Marcus Pinkus ouvre un atelier de semelles de cuir qui emploie quatre personnes. En 1766, quinze Juifs vivent dans la ville. Entre 1766 et 1807, le nombre de Juifs à Oppeln passe de 15 à 30. Parmi eux, des grossistes en épices, herbes et tabac : S. Golachowski, Opole w roku 1787. Miasto i ludność (Opole en 1787. Ville et population); in: "Przegląd Zachodni"; 1952; volume:. 8; No: ½. La communauté juive d'Oppeln ouvre sa propre école et une maison de prière dans une maison privée louée. La petite communauté d'Oppeln dépend de la communauté juive de Zülz (Biała Prudnicka), ville distante d'une quarantaine de kilomètres, où ils enterrent leurs morts.
Le 3 aout 1781, l'administration de Breslau (Wrocław) promulgue un règlement concernant l'installation des Juifs dans les villes de Haute-Silésie. Les villes où l'ancien privilège impérial de non tolerandis Judaeis (interdiction aux Juifs) est toujours en vigueur, ne sont pas obligées d'accepter les Juifs. Ce sont principalement les villes de Falkenberg (Niemodlin), Oberglogau (Głogówek), Leobschütz (Głubczyce), Neustad (Prudnik), Ratibor (Racibórz) et Tarnowitz (Tarnowskie Góry). Quant aux villes n'ayant pas ce privilège comme Pitschen (Byczyna) ou Oppeln (Opole), un nombre limité de résidents juifs sont autorisés maintenant à commercer. Dans toutes les autres villes, comme à Gleiwitz (Gliwice), les Juifs peuvent exercer leurs affaires librement à l'exception du négoce des épices et de la ferronnerie. Les interdictions concernant certains métiers pour les Juifs sont précisées en septembre de la même année: .P. Nadolski: Historia osadnictwa Żydów w Gliwicach – sytuacja prawna Żydów na Śląsku do I wojny światowej (Histoire de la colonisation juive à Gliwice - Situation juridique des Juifs en Silésie jusqu'à la Première Guerre mondiale) in: "Żydzi gliwiccy"; éditeur: B. Kubit; Gliwice; 2006; page: 51.
Du siècle à l'avènement du nazisme En 1807, huit familles juives, représentant 31 personnes vivent à Oppeln. En 1811, sur un total de , 43 sont juifs soit 1,3 %.