Le rapatriement des prisonniers de guerre soviétiques après la Seconde Guerre mondiale est le retour organisé des citoyens d'Union soviétique dispersés en Europe occidentale vers leur patrie d'origine.

Après la Seconde Guerre mondiale, de nombreux citoyens soviétiques sont dispersés dans toute l'Europe. La plupart étaient des prisonniers de guerre du Troisième Reich ou des civils razziés pour le travail forcé, et avaient été durement traités par les nazis. Quelques-uns étaient des militaires de l'Armée Vlassov qui s'étaient rendus à la Wehrmacht et avaient combattu contre le régime stalinien aux côtés des allemands. Parmi ces citoyens soviétiques, la plupart, craignant le Goulag (puisque la législation soviétique les considérait tous indistinctement comme des Nikolaï Tolstoï, , Londres 1977 .) souhaitaient rester en Europe occidentale, mais des accords signés entre les Alliés occidentaux et l'Union soviétiqueNicolas Werth, Le Grand retour, URSS 1945-1946 cf. Histoire@Politique 2007/3 (n° 3), page 4, , formaliseront leur rapatriement forcé en URSSJulius Epstein, , Devin-Adair 1973 .. Ces accords furent signés le par la Grande-Bretagne, le par les États-Unis et le par la France libre..

Au total, 1,6 million de citoyens soviétiques furent rapatriés par les forces armées des alliés occidentauxN. Werth, op. cit... Comme l'URSS considérait la capture, la capitulation ou le travail pour l'ennemi comme un acte de trahison, plus de 80 % d'entre eux furent condamnés aux travaux forcésJacob G. Hornberger, Repatriation — The Dark Side of World War II - du ..

France L'été 1944, lors du reflux des troupes allemandes en France, on y trouvait, répartis dans soixante-dix camps de regroupement, environ raflés en Ukraine et Biélorussie pour le travail forcé au service des nazis (principalement parmi les du mur de l'Atlantique) et autant de prisonniers soviétiques enrôlés dans l'armée allemandeGeorges Coudry, Les camps soviétiques en France : les Russes livrés à Staline en 1945, Albin Michel, Paris 1997 et Jérôme Prieur, film documentaire Le mur de l'Atlantique 2010..

Par ailleurs des milliers de citoyens français étaient détenus en URSS et empêchés de rentrer librement dans leur pays : des communistes enthousiastes qui, durant l'« entre-deux guerres », étaient allés vivre dans la « patrie du socialisme » où ils déchantèrent, critiquèrent le pouvoir et furent « purgés » ; des Arméniens de France attirés par la propagande soviétique en Arménie soviétique et déçus à leur tourClaire Mouradian, « L'immigration des Arméniens de la diaspora vers la RSS d'Arménie, 1946-1962 » dans les Cahiers du Monde Russe , 1979, pp. 79-110, ; des militaires ou civils français en mission en Pologne au moment de l'invasion de celle-ci par l'Allemagne et par l'URSS ; des Alsaciens incorporés dans la Wehrmacht et capturés sur le Front de l'EstGaël Moullec, « Alliés ou ennemis ? Le GUPVI-NKVD, le Komintern et les “Malgré-nous” : le destin des prisonniers de guerre français en URSS (1942-1955) » dans les Cahiers du monde russe , 2001, pages 667-678, et Pierre Rigoulot, La Tragédie des « Malgré-nous » : Tambov, le camp des Français, Denoël, Paris 1990.; des prisonniers de guerre français en Allemagne libérés par l'Armée rouge et transférés directement des camps nazis aux camps staliniensDaniel Vernet, « Des Français au Goulag », article du Monde du 20 novembre 1984 - . et des membres français de la SSRobert Forbes, Pour l'Europe : Les Volontaires français de la Waffen-SS, L'Æncre 2005. comme ceux de la division « Charlemagne ». À l'exception de ces derniers, , ., la France libre souhaitait obtenir leur libération : le , à Moscou, elle signe avec l'URSS un accord sur le rapatriement des prisonniers qui se trouvent sur les territoires respectifs des deux ÉtatsLes camps soviétiques en France – Les “Russes” livrés à Staline ….

En vue de leur rapatriement, ces citoyens soviétiques en France furent dirigés par groupes au Château de Beauregard à La Celle-Saint-Cloud où ils furent pris en charge par le général soviétique Dragoun sous l'autorité du NKVD.

Italie

En Italie du Nord, une opération militaire conjointe des États-Unis et du Royaume-Uni, l', est mise en œuvre à partir de l' en vue du rapatriement des prisonniers de guerre et déserteurs soviétiques capturés par le Troisième Reich.

Références

Voir aussi Articles connexes Travail forcé des Allemands en Union soviétique. Rapatriement des Cosaques après la Seconde Guerre mondiale

Catégorie:Bataille ou opération de la Seconde Guerre mondiale *Prisonnier de guerre