Les Britanniques sont parmi les plus grands consommateurs de thé au monde, chaque personne consommant en moyenne par an Statistiques FAO - FAO → Download → Food Supply → Crops Primary Equivalent. Le thé employé est généralement du thé noir, servi avec du lait et parfois avec du sucre. Le thé fort est servi avec beaucoup de lait et souvent deux cuillères à café de sucre, généralement dans une tasse, qui est communément appelé « builder's tea », en référence aux constructeurs et plus largement à la classe ouvrière. La plupart du temps au Royaume-Uni, boire du thé n'est pas une expression de la culture délicate et raffiné que le reste du monde s'imagine : une tasse de thé est quelque chose bu fréquemment tout au long de la journée. Les britanniques ont bien sûr une cérémonie de thé plus formelle, mais les pauses thé sont une partie essentielle de la journée de travail. Le terme est souvent abrégé en « thé », indiquant essentiellement une pause. Ce terme d'ailleurs employé dans le jeu de cricket et, par conséquent, dans la plupart des autres pays de l'ancien empire britannique. Les marques de thé les plus connues sont Tetley, Twinings et Yorkshire Tea.

Histoire gauche|vignette|Boite de stockage de feuilles de thé en vrac, appelée « tea caddy ».

Origines vignette|Couverture de Discours of Voyages into ye Easte & West Indies, un ouvrage de Jan Hugo van Linschooten. La première mention de thé dans la littérature européenne est par l’explorateur vénitien Giambattista Ramusio en 1559Giambattista Ramusio, Navigatione et Viaggi, Vol. II, Venice, 1559, in . Jan Hugo van Linschooten, un navigateur néerlandais, est le premier à mentionner le thé en langue anglaise, dans ses carnets de voyages de 1598Jan Hugo Van Linschooten, Voyages and Travels, London, 1598, in .

La première référence connue au thé par un Britannique date de 1615 : dans une lettre, R. Wickham, un agent de la Compagnie britannique des Indes orientales installé au Japon demande à son correspondant, basé à Macao, de lui envoyer un pot de , une transcription phonétique de , le terme désignant le thé en dialecte cantonais. Le marchand Samuel Purchas raconte la consommation de thé chinoise en 1625Samuel Purchas, Purchas His Pilgrimes, Vol. III, London, 1625, in . En 1637, Peter Mundy décrit une eau bouillie avec une herbe.

Le thé vert importé de Chine commence à être vendu dans les cafés londoniens peu avant la restauration anglaise de 1660. Le marchand Thomas Garway est le premier Anglais à vendre du thé dans son café, sur l’Exchange Alley, en 1657. Immédiatement après la mise en vente du thé chez lui, le café Sultaness Head Coffee House suit son exemple, publiant une réclame pour le thé dans le Mercurius Politicus du .

En 1641, Nicolaes Tulp, directeur de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, écrit sur les vertus médicales du théNicolas Tulp, Obersaciones Medicae, Amsterdam, 1641, in . Dans son pamphlet de présentation du thé, Thomas Garway affirme que la boisson a de nombreux effets positifs sur la santéThomas Garway, "An Exact Description of the Growth, Quality, and Vertues of the Leaf TEA", 1660, preserved in the British Museum, in . De nombreux autres auteurs s’intéressent au thé comme médecine, dont Samuel Hartlib en 1657, Cornelis Bontekoe en 1678, en 1686 et dans les années 1690Thomas Povey, Esq., "A Famous Tea Manuscript of 1686", 20 October 1686, in Smith, 296.. En 1667, Samuel Pepys remarque que sa femme doit boire du thé à la demande de son médecin. John Locke commence à consommer la boisson après avoir passé du temps avec des médecins néerlandais dans les années 1680.

En 1667, la compagnie des Indes orientales demande pour la première fois l’import de thé depuis Banten. En retour de cette demande, en 1669, deux boîtes de thé arrivent à Londres. En 1672, un serviteur du baron Edward Herbert envoie des instructions de préparation du thé au Shropshire. Il ordonne de faire bouillir un quart d’eau de source, d’ajouter une cuiller de thé et d’ajouter du sucre candi. Le thé doit ensuite infuser pendant un quart d’heure à une demi-heure sur le feu, sans jamais bouillir. Il faut ensuite réchauffer les petites tasses avec la vapeur avant de servir le théSmith, W. J., ed., Herbert Correspondence, University of Wales (1963), pp. 204–205 no. 353, John Read to Richard Herbert of Oakly Park, Ludlow, 29 June 1672..

Dans les années 1660, le thé coûte six à dix fois plus cher que le café. Catherine de Bragance aime le thé ; elle en demande à son mari Charles II et après en avoir bu à son mariage à Portsmouth en 1662., elle le rend populaire auprès des femmes de la courSmith, 268.. Vers 1685, sa consommation de thé pour le plaisir et non pour ses vertus médicales en fait une boisson appréciée des cercles littéraires.

vignette|Johann Zoffany, Le jardin de Hampton House, avec Mr et Mrs David Garrick prenant le thé|gauche Entre 1685 et le début du dix-huitième siècle, les Britanniques commencent à sucrer leur théSmith, 263.. Le thé et le sucre étant tous deux raffinés et chers, on les boit ensembleSmith, 270., et les importations de ces deux produits au dix-huitième siècle augmentent en parallèle.

Le premier salon de thé londonien ouvre en 1706 sous la direction de Thomas Twining, au 216 Strand à Londres. À cette époque, l’importation de thé se fait via les Pays-Bas, depuis la Chine : le thé est difficile à se procurer et très cher, donc peu demandé. Après 1700, la compagnie des Indes orientales commence à échanger plus régulièrement avec la Chine et commence à importer du thé en petites quantitésSmith, 273.. En 1720, le Parlement interdit l’importation de tissus chinois traités, et les commerçants remplacent leur marchandise par du thé. Dans ces circonstances, le thé atteint rapidement un prix plus raisonnableSmith, 274. ; la demande de thé et de sucre augmente alors que la culture du thé se répand dans les Indes britanniquesSmith, 275..

Dans les années 1770, tous les thés étrangers sont importés par des marchands londoniens avant d’être vendus. Les taxes britanniques sont très élevées, donc le thé fait l’objet de contrebande importante. À la fin des années 1770, le propriétaire de la exporte des graines chinoises à Charleston. Sa production de thé devient très populaire en Grande-Bretagne.

En 1731, la ballade patriotique présente le thé et le café comme des boissons étrangères et rares sous Elizabeth Ihttps://www.bartleby.com/360/8/10.html. Alors que les prix baissent, la classe moyenne commence à en consommer et en fait un signe de respectabilitéSmith, 276.. La consommation de thé devient un rituel domestique et la demande augmente.

En raison du monopole de la compagnie britannique des Indes orientales sur l’industrie du thé en Angleterre, le thé dépasse le café, le chocolat et l’alcool. Le thé devient rapidement un bien purement britannique, dont la consommation est encouragée par le gouvernement en raison des fortes taxes sur le produit. Le thé provient d’Inde et asseoit le profit et le pouvoir colonial britannique, tandis que le café et le chocolat proviennent d’empires concurrentsSmith, 277..

John Hanway, réformateur social, remarque qu’en 1767, même les mendiants boivent du thé en bord de rue. En deux siècles, le thé passe donc de produit rare et délicat à boisson nationaleJonas Hanway, 1767, in Mintz, 117..

vignette|Le clipper Thermopylae, qui commence à naviguer en 1868. Au début du dix-neuvième siècle, le thé est moins cher que la bièreDavid MacPherson, The History of European Commerce with India (London: Longman, Hurst, Rees, Orme, & Brown, 1812), 132, in . Le sucre est lui aussi devenu très bon marché, et on continue à consommer les deux ensemble. Le thé est préféré au café parce qu’il ne souffre pas de la dilution : les classes les moins aisées peuvent donc le préparer à très bas coût.

Certains chercheurs suggèrent que le thé a joué un rôle dans la révolution industrielle. L'« afternoon tea » est probablement devenu un moyen d'augmenter le nombre d'heures que les ouvriers pouvaient travailler dans les usines ; les stimulants contenus dans le thé, accompagné de sucres permettant aux travailleurs d'avoir plus d'énergie pour finir le travail de la journée. En outre, le thé a contribué à atténuer certaines conséquences de l'urbanisation qui a accompagné la révolution industrielle : la consommation de thé nécessitait de faire bouillir son eau, détruisant ainsi les maladies d'origine hydrique comme la dysenterie, le choléra et la typhoïde Tea and the Industrial Revolution.

Contrairement aux aristocrates, les travailleurs boivent du thé au travail plutôt qu’à la maison. Ils emmènent leurs ustensiles au travail, et le thé n’a plus de dimension rituelle.

L'exposition universelle de Londres de 1884 est l'occasion pour les visiteurs britanniques, mais aussi les touristes, de découvrir le thé en provenance des Indes britanniques, développement fortement sa popularité dans le Royaume-Uni, en Amérique du Nord et en Europe.

vignette|Travailleurs prenant une pause thé pendant la Première Guerre mondiale.|gauche Lors de la seconde guerre mondiale, les arrivages de thé depuis l'Inde et le Sri Lanka sont menacés par les U-Boats de la Kriegsmarine ; Winston Churchill étudie alors la possibilité de faire pousser du thé en Grande-Bretagne ou en Irlande du Nord, mais le délai de 4 à 5 ans entre la plantation des théiers et la première récolte le fait renoncer. S'il déclare en 1942 « pour nos soldats, le thé est plus important que les munitions », les nombreuses pertes de navires cargo l'oblige à un instaurer un rationnement. Quand, à la fin de la guerre, de nouveaux charriots de thé font leur apparition dans les gares, la population les accueillent comme un signe incontestable de reprise économique.

Ce n'est qu'à partir de 1999 que commencent des expériences de plantations de thés sur le territoire britannique, d'abord en Angleterre du sud-Ouest, puis en Irlande du Nord, Pays-de-Galles et Écosse.

Consommation Préparation La préparation du thé commence quand l’hôte fait bouillir de l’eau fraîche dans une bouilloire.. Un peu d’eau chaude est versée dans une théière pour réchauffer le récipient, puis on ajoute le thé, généralement du thé noir en vrac ou en sachet. L’eau bouillante est ensuite versée dans la théière, et on laisse le thé infuser deux à cinq minutes. On sert ensuite le thé. Les invités peuvent enfin ajouter du sucre puis du lait à leur convenance.

Dès le milieu du vingtième siècle, la question de mettre du lait avant ou après le thé dans la tasse est débattue. En 1946, dans A Nice Cup of Tea, l’écrivain George Orwell note que les débats font rage sur la préparation du théGeorge Orwell, Ian Angus, Sheila Davison (1998). The Complete Works of George Orwell: Smothered under journalism, 1946. p. 34. Secker & Warburg, et en particulier que sur ce sujet, toutes les familles de Grande-Bretagne ont des partisans de chacune des alternatives. L’ISO 3103 et la Royal Society of Chemistry notent que la méthode d’ajout du lait change le goût du thé. Certaines études suggèrent qu’ajouter le lait après le thé cause un choc thermique dénaturant les protéines du lait, tandis que d’autres affirment que c’est le temps d’infusion qui compte. La classe sociale joue également un rôle : seule la porcelaine de qualité supporterait l’eau bouillante non refroidie par du lait. En 2016, la majorité de la population britannique boit son thé avec du lait et sans sucre.

Dans les années 1770 et 1780, les Britanniques, comme les Russes, boivent leur thé dans des soucoupes.

Occasions

Salons de thé vignette|Une serveuse apporte du thé à des clients d’une boutique Lyons Tea à Londres, 1942.