Ernest Bazin, né le à Angers (Maine-et-Loire) et mort le à Paris (), est un inventeur, ingénieur et industriel français.
Biographie
Ernest Joseph Louis Bazin est le fils de Nicolas Bazin et de Renée Anne Legueu, mariés le à Segré.. Il est l'oncle de René Bazin et arrière grand-oncle d'Hervé Bazin, écrivains. Selon Petit-neveu d'Ernest Bazin - un récit sur la famille Bazin, établi à partir de notes de Mgr. Hervé-Bazin - volume de 400 pages : les premiers Hervé-Bazin - source article : Semaine religieuse d'Angers, année 1987. : . À l'âge de , son père le fait embarquer comme mousse sur un navire en partance du port de Nantes. Durant une dizaine d'années il sillonne les mers lointaines. Il acquiert des connaissances de toute sorte, géographiques, scientifiques et maritimes.
Il épouse Alphonsine Thérèse Juvenel, le , à Nantes..
Personnage illustre de son époque, atypique jusqu'à l'originalité, sa notoriété est mondialeIl figure dans les pages du dictionnaire Larousse en 6 volumes de 1930.. Entre 1855 et 1898, il a côtoyé le maréchal de Mac Mahon, l'empereur Napoléon III, l'impératrice Eugénie, le roi et la reine des Belges, ainsi que le grand-duc Constantin de Russie.
Inventeur hors pair et tout à la fois aventurier, après avoir longuement parcouru les mers, quelques décennies plus tard il part deux ans en Espagne à la recherche de l'or des galions de Vigo.
Ses activités industrielles, entre autres les extracteurs BazinLe journal Le , du , écrit ., fabriqués à Nantes, avant même de prouver leur efficacité sur le canal de Suez, lui permettent de vivre et de financer ses autres recherches.
Ernest Bazin meurt le à Paris..
Industriel et inventeur vignette|upright=0.8|Aérostat d'Henri Giffard (1852). De retour à Angers, il dépose un premier brevet. le pour une machine aérienne dirigeable.Brevet déposé, avant celui d'Henri Giffard (1852). qu’il expérimente à Marans. Visant une possible application sur les aérostats, après avoir inventé un appareil pour régler la force des vents en 1853Sorte d'éolienne : le moulin à vent de remplit toutes les conditions d'un véritable anémotrope, machine tournant à tout vent de quelque point qu'il souffle et marchant avec une vitesse toujours la même, quelle que soit la force initiale de cette impulsion., il concentre ses recherches sur des applications industrielles puis devient responsable des forages des mines de charbon du bassin de Mons, en Belgique.
Il est le premier à concevoir une charrue électrique puis une machine à rhabiller les meules, un coupe-légumes, une cafetière hydrostatiquePremier brevet n° 133.961 du à Paris ; second brevet n° 230.523 du à Washington. Dessin de coupe signé des témoins A.Blétrit et L. Contans, de l'inventeur et l'Attorney, E.Bazin et A.Briesend., un rasoir à calorique permanent, un appareil à traiter les vignes, un moteur électrique, un fusil électriqueOn peut, de cette manière, enflammer, si on le veut, la charge par sa partie antérieure pour obtenir une combustion plus complète et une perte de gaz moins considérable. Coupe du fusil électrique de M. Pieper Date 1891 - source Figuier : Les Merveilles de la science, 1867 - 1891, Tome 6.djvu/275. et une perforeuse circulaire et tubulaire qui sert au percement du tunnel du Mont-Cenis. Un lit pneumatique est primé en 1858 à AngersDécrit dans le bulletin de la Société industrielle d'Angers (n° 253 - 1858) : modèle pneumatique qui permet de remplacer la paillasse dans des lits ordinaires et d'augmenter leur élasticité. ; il crée une presse à briques, une lampe de sûreté pour les minesMalgré l'interdiction, le mineur se servait de la flamme de la lampe pour allumer sa cigarette : ., une sphère rotative à double mouvement, une alarme pour wagon à voyageurs présentée à l’exposition de Nantes en 1861Signal d'alarme breveté à la préfecture de Maine-et-Loire le () qui est mis en essai sur le réseau d'Orléans et devient une obligation dans tous les véhicules de transport en commun.. Un lochomètre automatique est breveté en pour mesurer la vitesse d’un bateau. Plusieurs modifications vont apparaître dès 1863, avec expérimentation, dont en 1864 sur l'aviso le Bison en présence d'Ernest Bazin. Des constructeurs anglais lui demandent de poursuivre ses expériences en AngleterreL'Observateur Européen de 1896 relève au sujet du lochomètre Bazin, une amélioration considérable par rapport à l'ancien système consistant à mouiller le loch, puis à le relever pour connaître la vitesse.. Parmi d'autres inventions, la même année, un ingénieux métier à filer le chanvre et l’aloès attire particulièrement l'attentionLa bobine réceptrice, au lieu d'être commandée séparément de l'ailette qui lui apporte le fil, est entraînée au contraire par le fil lui-même. La marche de l'ailette est toujours proportionnelle à la vitesse de la bobine. et lui vaut la Légion d'honneur, en 1866. La machine file et en même temps bobine ou met directement en écheveaux. On obtient un fil régulier, à plus grande vitesse, sans craindre la rupture du fil. Le brevet de 1868 est revendu vers 1870 à une société de filature angevine.
vignette|upright=0.8|Projet du bateau rouleur Bazin. Ingénieur prolifique et pourvu d'une imagination inépuisable, on le dit aussi à l'origine de la brouette militaire, d'une laveuse d'or, d'un épervier géant à remonter les épaves, d'une bouée de relevage, d'une lampe sous-marine, associée à des améliorations pour l'utilisation de la cloche à plongeur.. En 1865, il invente une tourelle d'acier à hublots comportant des bonbonnes d'oxygène, un des premiers observatoires sous-marinsHaroun Tazieff, Les Profondeurs, tome IV de Histoire Universelle des Explorations publiée sous la direction de L.-H. Parias, Paris, Nouvelle Librairie de France, 1957, .. Captivé par la navigation, en parcourant l’océan Indien, il étudie la locomotion maritime, qui sera sa principale et sa dernière préoccupation..
L'un des objectifs constant de son époque est d'augmenter la vitesse maximale d'un navire, en réduisant la résistance à l'eau. Le moyen le plus évident pour résoudre ce problème est d'extraire la plus grande partie de la coque du bateau de l'eau. Le développement de ces projets a commencé dans les années 1870, bien avant le début de l'élaboration d'un navire . C'est ainsi encore, au , que l'on réduit la résistance à l'eau sur les catamarans.
Trente-sept de ses inventions sont déjà recensées et exposées en 1877, à l'Exposition universelle industrielle de Bruxelles..
Le brevet du navire rouleur est déposé le . C'est un bateau de de long, d'une capacité prévue initialement pour cent passagers, d'abord équipé de six roues de dix mètres de diamètre. Il est suivi d'un autre prototype à huit disquesLe bateau rouleur Bazin, modèle à huit roues, est paru en illustration dans la revue La Nature du semestre 1896, page 224..
En 1893, il crée une société par actions baptisée Navire-express-rouleur-Bazin. Mis en construction en dans les chantiers Cail, à Saint-Denis, l’Ernest-Bazin est lancé sur la Seine, le . Propulsé par hélice, il est perché à six mètres au-dessus du niveau de l’eau sur une plate-forme supportée par d’énormes roues-flotteurs, actionnées par des moteurs.. Le navire doit littéralement rouler sur l’eau, sans glisser, en donnant très peu de frottement, d’où une économie d’énergie pour une vitesse plus importante que celle d’un bateau ordinaire. Le premier essai en mer se fait à partir du Havre.. Il devient un sujet récurrent pour la presse française et anglo-saxonne.
Peu avant sa mort il annonce qu'il résout les problèmes avec un nouveau design : le paquebot océanique à quatre disques latéraux. En 1919, l'ingénieur californien A.J. Haskins, puis un autre en 1934, toujours aux États-Unis, présentent une invention assez similaire dans leur principe aux premières ébauches du bateau rouleur d'Ernest Bazin.
Distinctions Ernest Bazin est : 50px chevalier de la Légion d'honneur par décret du ; 50px chevalier de l'Ordre du Christ au Portugal ; 50px commandeur de l'Ordre d'Isabelle la Catholique en Espagne ; titulaire d'une médaille d'argent décernée par la commission de la Société angevine, pour l'invention du lit pneumatique d'hôpital en 1858 ; titulaire d'une médaille d'or, obtenue à l'exposition nationale de 1864 à Angers.
Hommages vignette|upright=0.8|Le navire rouleur Bazin en mer. vignette|upright=0.8|Part bénéficiaire de la société en participation du navire express rouleur Bazin, émise à Paris le , signée en original par l'inventeur Ernest Bazin et par son frère Marcel Bazin. La conception graphique du titre est l'œuvre de l'artiste Lucien Métivet. Selon Michel Vaissier. : Michel Vaissier membre titulaire de l'Académie des sciences, arts et lettres d'Angers, a écrit quatre ouvrages tous très documentés sur le plan historique, dont le précédent : L'épopée des grands dirigeables et du Dixmude..
Dans un article du Monde illustré relatant la visite du grand-duc Constantin de Russie dans les ateliers de Bazin, le journaliste Émile Bourdelin le présente comme ..
Selon Sylvain Bertoldi, conservateur en chef des archives d'Angers : . Les expériences réalisées à la carrière de la Paperie, du au , avec l’aide de l’ingénieur belge Gramme, sont concluantes : Souvenirs de Louis-Jules André, Journal de Maine-et-Loire, .. Cependant Bazin a les dents trop longues ; ses prétentions financières font capoter l’affaire..
Oscar Colson écrit en 1913 : .
Notes et références Notes
Références
Autres références :
Voir aussi Bibliographie
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Liens externes
origines ; Ernest Bazin, un inventeur angevin mais aussi chercheur de trésor ;
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