Edmond Jean François Barbier, né à le à Paris où et il est mort le ., est un mémorialiste français.
Biographie Issu d'une famille originaire de Vitry le François (branches d'Increville et de Felcourt), Edmond Jean François Barbier naquit à Paris dans la rue Galande, près la place Maubert, le . Son père et son grand-père ont été avocats au parlement de Paris, et il est destiné par sa famille à suivre la même carrière.
Reçu avocat au Parlement de Paris le , Barbier est toute sa vie, comme son père, avocat consultant au Parlement de Paris, et non plus que celui-ci, il ne parait pas avoir plaidé une seule fois pendant le cours de sa longue carrière.. Avocat au Parlement dès 1708, il est considéré dans son ordre et passe sa vie entière au centre du vieux Paris, dans la rue Galande, où il est né.. Ses travaux de cabinet le font bientôt remarquer et admettre parmi les plus grands personnages, tels que M. d'Argenson et la famille Nicolaï.. Son nom est sauvé de l'oubli par son ouvrage publié sous le titre de : Chronique de la Régence et du règne de Louis XV, ou Journal historique et anecdotique, qu'il écrit pour lui-même, enregistrant au jour le jour ce qu'il voit et entend, sans préoccupation du style ni de l'effet.
Ayant assisté, le , à l'incendie du Petit-Pont, qui relie la rive gauche à l'île de la Cité, Barbier, qui tient un cabinet d'affaires depuis 10 ans, mêlé à la foule des badauds, constate les dégâts et vivement impressionné, décide, une fois rentré chez lui, de consigner l'événement. Cinquante-sept années durant, de 1718 à 1762, il tient jour par jour un compte scrupuleusement exact des événements de son temps, se trouvant ainsi, à son insu, un héritier fort appréciable des Mémoires de Saint-Simon, qui s'arrêtent en 1723, comblant une lacune entre ceux-ci et ceux de Bachaumont, qui commencent en 1762. Il présente un grand intérêt pour l'histoire des mœurs de son temps par les petits faits et de nouvelles sur des événements en général peu importants, mais souvent caractéristiques dont il remplit son journal.
Il est intéressant de constater des différences entre certains faits relatés dans sa chronique et ceux rapportés par les gazetins de la police secrète. Pour exemple, il relate le l'évasion d'un soldat sautant du Pont-Neuf dans la Seine, sauvé et caché par des témoinsIl s'est fait le 16 une action bien grande. Un sergent aux gardes poursuivait un soldat déserteur sur le pont neuf. Le soldat, se voyant près d'être pris, malgré le froid et la rapidité de l'eau où il n'y avait pas encore de glaçons se précipita du pont neuf dans l'eau non pas pour se noyer mais pour tascher de se sauver on vit qu'il nageait comme un poisson, il gagna le quay de l'école et les gens qui sont sur l'eau le sauvèrent et le cachèrent. Il mérite bien sa grâce.. Le gazetin de la police, outre qu'il place l'affaire le 13, prétend qu'il est livré.Le , un soldat aux gardes que l'on conduisait aux prisons de l'abayie de Saint Germain pour meurtre, passant sur le pont neuf se jetta dans l'eau, il tomba par bonheur auprès de deux pescheurs qui le sauvèrent et le ramenèrent sur les bords de la Seine entre les mains de ses camarades auxquels il avait échappé et qui le menèrent aux prisons de l'abayie.. Il y en a d'autres, ce qui n'est pas surprenant, les deux rapportant en fait le murmure de la ville.
Barbier . Barbier est, par exemple, absolument indifférent à la littérature : il ne parle du théâtre que pour raconter les liaisons des actrices et des danseuses avec les seigneurs du temps. Il n'évoque guère Voltaire que lorsque celui-ci joue un rôle en quelque sorte officiel, quand il écrit une pièce de circonstance, comme le Poëme de Fontenoy. Dans ce journal, où il se montre d'une moralité parfois douteuse., Barbier consigne chaque soir les nouvelles de la cour et de la ville, en ayant soin de mentionner l'impression qu'elles ont produite dans Paris. Sa gazette est ainsi remplie de détails piquants absents des autres publications de l'époque, de la grande politique diplomatique aux querelles protocolaires de cour, des crimes les plus sordides aux feux d'artifice les plus éclatants, de la fronde parlementaire aux ragots les plus vils. Les querelles du Parlement, les entrées, les mariages, les funérailles des princes y occupent une grande place, ainsi que les détails sur le beau et le mauvais temps, sur la gelée et la chaleur.
Son journal a donc le mérite d'être vrai, de donner sur les mœurs et la corruption du le témoignage naïf d'un spectateur désintéressé. . Représentant de la bonne bourgeoisie parisienne du règne de Louis XV, Edmond Barbier est sans doute l'un des chroniqueurs les plus connus et les plus consultés par les historiens..
On ignore si Barbier n'écrit que pour son agrément personnel, ou s'il le fait dans l'intention d'être lu un jour ou un autre, quand le temps en serait venu, mais on sait qu'il eut soin de confier expressément son Journal à son exécuteur testamentaire, son neveu à la mode de Bretagne l'abbé Jean-Baptiste-Robert Barbier d'IncrevillePrêtre et conseiller au Parlement, mort à Paris le 13 juillet 1830., ce qui pourrait laisser pencher pour la seconde possibilité. On ne sait pas au juste à quelle époque ce Journal est entré, ni s'il y est venu par acquisition ou par donation à la Bibliothèque nationale où il est resté longtemps en manuscrit (, 7 vol. in-4°). Quoi qu'il en soit, Paulin Paris est le premier qui en a révélé l'existence au monde littéraire, en parlant tant et si bien, que La Villegille en donne, en 1847-49, pour la Société de l'Histoire de France, une édition expurgée (Paris, 1847-1849, 4 vol. in-8°) puis dans son entier (Paris, 1857, 8 vol. in-18).
Notes et références Notes
Références
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