La saison cyclonique 2020 dans l'océan Atlantique nord est la saison des ouragans atlantiques qui officiellement s'est déroulée selon l'Organisation météorologique mondiale du au (les dates réelles varient d'année en année). Le National Hurricane Center (NHC) américain émet des avis et avertissements visant ce bassin océanique pour les cyclones tropicaux mais également, depuis 2017, pour des « cyclones tropicaux potentiels »Ces derniers sont des perturbations qui n'ont pas encore atteint au moins le stade de dépression tropicale mais qui ont une probabilité élevée de le devenir et de provoquer des effets importants aux terres dans les suivantes... Les avis pour ces tempêtes potentielles ont le même contenu que les avis normaux mais incluent la probabilité de développement.

La saison débuta précocement le avec la tempête tropicale Arthur pour la sixième fois consécutive avant le début officiel du . Après une série de tempêtes tropicales, en général de courte durée, le premier ouragan fut Hanna qui atteignit la catégorie 1 de l'échelle de Saffir-Simpson le avant de frapper le sud-est du Texas et le nord du Mexique. Le premier ouragan majeur fut Laura qui passa sur les Grandes Antilles comme tempête tropicale mais atteignit la catégorie 4 sur le golfe du Mexique avant de frapper la côte de la Louisiane le , faisant au moins 72 morts dont 31 en Haïti.

À partir d'août le rythme s'accéléra et septembre connut une explosion de formation de systèmes tropicaux (10). Jusqu'à 5 cyclones furent actifs en même temps (Paulette, Rene, Sally, Teddy et Vicky), du jamais vu dans les annales. Le , la liste des noms prévus pour 2020 fut même épuisée et pour la seconde fois de l'histoire, après la saison 2005, le NHC a dû utiliser l'alphabet grec pour nommer, à quelques heures d'intervalle, les tempêtes Alpha et Beta. Octobre vit 4 systèmes espacés dans le temps mais qui devinrent des ouragans, dont 2 majeurs (Delta et Epsilon), et la péninsule du Yucatán ainsi que la Louisiane furent frappées à répétition.

Novembre vit d'abord l'ouragan Eta qui frappa l'Amérique centrale à la catégorie 4 et fit plus de 300 morts et disparus avant de se tourner vers Cuba ainsi que la Floride. Le , la saison 2020 brisa officiellement le record du plus grand nombre de tempêtes nommées de la saison cyclonique 2005 avec la tempête tropicale Theta, la de la saison. Le , Iota devint le cyclone de la saison, ce qui égalait le plus grand nombre en une saison de l'Atlantique nord établi par la saison 2005. Sa dissipation le 18 a marqué la fin d'une saison exceptionnelle. Le , lors de l'émission du rapport post-saison à propos d’Iota, il fut rétrogradé de la catégorie 5 à la 4 supérieure après un réajustement des estimations des vents au sol, faisant de 2020 la première saison sans ouragan de catégorie 5 depuis 2015..

Prévisions Avant et pendant la saison, plusieurs services météorologiques nationaux et agences scientifiques prévoient combien de tempêtes tropicales, d'ouragans et d'ouragans majeurs (Catégorie 3 ou plus sur l'échelle de Saffir-Simpson) se formeront pendant une saison. Ces organismes comprennent le Consortium sur les risques de tempête tropicale (TSR) du University College London, le National Weather Service de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) américaine et l'Université d'État du Colorado (CSU). Les prévisions comprennent des changements hebdomadaires et mensuels des facteurs importants qui influencent ce nombre.

Certaines de ces prévisions prennent également en compte ce qui s'est passé au cours des saisons précédentes et l'état du cycle de l'ENSO comme la présence d'un événement La Niña ou El Niño. En moyenne, une saison des ouragans de l'Atlantique entre 1981 et 2010 a comporté douze tempêtes tropicales, six ouragans et trois ouragans majeurs, avec un indice d'énergie cyclonique accumulée (ACE) compris entre 66 et 103 unités.

Prévisions d'avant saison Le , Tropical Storm Risk (TSR) a publié sa première prévision à longue échéance pour la saison 2020 des ouragans dans l'Atlantique Nord. On y mentionna un nombre légèrement supérieur à la moyenne de systèmes, alors que l'organisation parlait de 15 (± 4) tempêtes nommées, 7 (± 3) ouragans, dont 4 (± 2) ouragans majeurs, et d'une énergie cumulative des cyclones tropicaux (ACE) de 105 (± 58) unités. Cette prévision était basée sur des alizés d'intensité normale dans l'Atlantique tropical et des températures de la mer légèrement au-dessus de la moyenne dans la principale région de développement de l'Atlantique alors que l'ENSO serait neutre.. La confiance à ce moment était cependant encore faible.

+Prévisions de l'activité tropicale pour la saison 2020SourceDateTempêtes nomméesOuragansOuragansmajeursRéf.TSR15 (± 4)1618247 (± 3)88104 (± 2)344CSU16192024899124445NCSU18 à 228 à 113 à 5Met Office13 ()7 ()3 ()NOAA (NWS)13 à 1919 à 256 à 107 à 113 à 63 à 6CEPMMT/Météo-France14 à 1520 (+/-3)7 à 89 (+/-2)-––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––– Début avril, certains responsables américains ont exprimé leurs préoccupations au sujet de la venue de la saison des ouragans qui pourraient aggraver les effets de la pandémie de Covid-19... En effet, les évacuations seraient considérablement entravées en raison des craintes de contracter le virus et les règles de distanciation sociale s'effondreraient lors de l'aide aux zones touchées.

Le , les prévisionnistes de l'université d'État du Colorado ont émis leur première prévision, soit d'une saison supérieure à la moyenne avec 16 tempêtes nommées, 8 ouragans dont 4 ouragans majeurs, ainsi qu'un indice ACE de 150 unités. L'organisation a mentionné une probabilité importante d'ouragans dans les Caraïbes et frappant la côte des États-Unis..

Le TSR a mis à jour ses prévisions le , prévoyant 16 tempêtes nommées, 8 ouragans dont 3 ouragans majeurs et un indice ACE de 130 unités.. Le , c'était au tour de l'université d'État de Caroline du Nord (NCSU) d'émettre une première prévision de 18 à 22 tempêtes nommées avec 8 à 11 ouragans dont 3 à 5 ouragans majeurs..

Le CEMMT et Météo-France ont émis leur prévision le , prédisant une activité cyclonique légèrement au-dessus de la normale des années 1981-2010 avec cependant une possibilité de saison plus active si l'ENSO bascule vers un état La Niña. Les deux organismes donnent 14 à 15 cyclones nommés (), dont 7 à 8 ouragans () et indice d'énergie cumulative des cyclones (ACE) d'autour de 125..

Le Met Office britannique a publié ses prévisions le , prévoyant une activité légèrement supérieure à la moyenne avec 13 systèmes tropicaux nommés (), 7 ouragans () dont 3 ouragans majeurs (), ainsi qu'un indice ACE de 110 unités..

Le , c'était au tour de la NOAA d'émettre sa prévision, avec un probabilité de 70 %, d'une saison au-dessus de la normale avec 13 à 19 tempêtes nommées, dont 6 à 10 pourraient devenir des ouragans et 3 à 6 des ouragans majeurs. Elle était basée sur la combinaison de plusieurs facteurs : l'oscillation australe de l'ENSO restant neutre ou devenant un épisode de La Nina, des températures de la surface de la mer plus chaudes que la moyenne dans l'océan Atlantique tropical et la mer des Caraïbes, un cisaillement vertical du vent réduit, des alizés tropicaux plus faibles et à une mousson ouest-africaine accrue. Des conditions similaires ont produit des saisons plus actives depuis 1995...

Mises à jour en cours de saison Le , l'université d'État du Colorado (CSU) a mis à jour sa prévision saisonnière en rehaussant le nombre de tempêtes nommées à 19 (+3), le nombre d'ouragan à 9 (+1) mais a laissé le nombre d'ouragans majeur à 4.. Le plus important facteur amenant ces changements est la température de la mer dans l'Atlantique tropical de mars à mai qui était l'une des plus chaudes depuis 2010. Cependant, la prévision du cisaillement des vents ne favorisait pas une augmentation du nombre d'ouragans majeurs.

Le , le CSU a remis à jour ses prévisions avec 20 (+1) tempêtes nommées mais a laissé le reste sans changement.. Le TRS a lui aussi ajusté ses prévisions avec 18 (+2) tempêtes nommées, 8 (-) ouragans et 4 (+1) ouragans majeurs.. Les deux citèrent la température de surface de la mer plus chaude que la normale dans l'Atlantique tropical et la phase neutre ou légèrement positive de La Niña.

Le , le CSU a révisé ses prévisions en rehaussant le nombre de tempêtes nommées à 24 (+4), d'ouragans à 12 (+3) dont 5 majeurs (+1), et une énergie cumulative de plus de 200 (ACE). Il est mentionné que ces rehaussements provenaient des températures moyennes de surface de la mer dans l'Atlantique tropical, beaucoup plus chaudes que la normale, et du cisaillement vertical du vent, bien inférieur à la moyenne. Les conditions relativement neutres de l'ENSO pouvaient aussi devenir un cas de faible La Niña plus tard durant l'été.. Le même jour TSR a mis à jour ses prévisions également, donnant 24 tempête nommées (+6) et 10 ouragans (+2), dont 4 majeurs (-), pour les mêmes raisons.. Ces chiffres en feraient une saison double de la moyenne de 1981 à 2010 (voir tableau).

Le lendemain, la NOAA a fait de même avec un nombre de tempêtes nommées allant de 19 à 25 et un nombre d'ouragans de 7 à 11, dont 3 à 6 majeurs.. Il est mentionné qu'en plus des facteurs décrits par le CSU favorisant ce rehaussement d'activité, il y avait la phase chaude continue de l'oscillation atlantique multidécennale réapparu en 1995 et qui a depuis favorisé des saisons cycloniques plus actives. La NOAA a conclu qu'elle s'attendait à des systèmes plus intenses et de plus longue durée de vie que la moyenne, avec une énergie cumulée (ACE) prévue bien au-dessus du seuil pour une saison extrêmement active.

Météo-France a émis une mise à jour le rehaussant ses prévisions à 20 cyclones nommés (+/-3), dont 9 ouragans (+/-2) et un ACE autour de 160..

Nom des tempêtes La liste des noms utilisée pour nommer les tempêtes et les ouragans pour 2020 sera la même que celle de la saison cyclonique 2014. Les noms utilisés en 2020 qui pourraient faire l'objet d'un retrait à cause de leurs effets seront annoncés au lors de la réunion de l'Organisation météorologique mondiale. Si la saison venait à avoir plus de 21 tempêtes nommées, il n'aurait alors pas assez de noms, par conséquent les tempêtes serait nommées avec les lettres grecques comme lors de la saison cyclonique 2005.

Le , l'alphabet grec a commencé à être utilisé avec la formation de la tempête subtropicale Alpha près du Portugal et de la tempête tropicale Beta près du Mexique. Ceci arriva un mois avant la saison cyclonique 2005, seule autre à avoir dû faire ce dépassement de liste. CyclonesTTArthurTTBerthaTTCristobalTTDollyTTEdouardTTFayTTGonzaloC1HannaC1IsaiasTTJosephineTTKyleC4LauraC1MarcoC1NanaTTOmarC2PauletteTTReneC2SallyC4TeddyTTVickyTTWilfredTSUBAlpha (α)TTBeta (β)C1Gamma ()C4Delta ()C3Epsilon ()C3Zeta ()C4Eta ()TTTheta ()C4Iota ()N/DKappa ()N/DLambda ()

Chronologie des événements

Résumé de la saison +Décès et dommages par système tropicalCycloneDirectsIndirectsDommages(Milliards $US)Réf.Bertha 0 1 Cristobal 13 2 ........ Fay 0 6 Hanna 4 1 Isaias 12 5 Laura 43 29 Paulette 0 1 minimal Sally 6 2 >5 Vicky 1 0 N/D Teddy 0 3 minimal Alpha () 1 0 minimal Beta () 1 0 Gamma () 6 0 Delta () 0 6 4 à 5 Zeta () 8 0 Eta () 193(+100 disparus) 0 8 ...Iota (ι) 61(+39 disparus) - Total 349 56 405 (>139 disparus)