Elisabeth Margaretha Harbers-Bik, née en , est une microbiologiste néerlandaise spécialisée en intégrité scientifique. Bik est connue pour son travail de détection de la manipulation frauduleuse d'images dans les publications scientifiques et pour avoir identifié plus de articles de recherche publiés en Chine par une usine à articles. Elle est la fondatrice de , un blog avec des mises à jour quotidiennes sur la recherche sur le microbiome, et du blog .
Biographie Éducation Elisabeth Bik est née aux Pays-Bas. Elle étudie la biologie à l’université d'Utrecht, où elle obtient son doctorat pour ses recherches sur le développement de vaccins contre de nouvelles souches de Vibrio cholerae impliquées dans des épidémies de choléra en Inde et Bangladesh.
Carrière dans le secteur public Après l’obtention de son doctorat, elle travaille pour l'Institut national de la santé publique et de l'environnement à Bilthoven et l’hôpital Saint-Antonius à Nieuwegein. Elle y a organisé le développement de nouvelles techniques moléculaires pour l’identification d’agents infectieux..
Carrière académique En 2001, elle s'installe en Californie pour rejoindre l’équipe de à l'école de médecine de l’université Stanford où elle travaillera pendant une quinzaine d'années., notamment sur les microbiomes humains.
En 2014, elle crée le blog , où elle rédige des comptes-rendus et commentaires des dernières publications scientifiques en microbiologie. Le blog connaît rapidement un succès, et Bik sollicite l’aide de collègues sur Twitter pour en gérer le contenu..
En 2015, elle devient membre du jury qui deviendra le avec le rachat de par Qiagen. Elle quitte ses fonctions en 2018 (cette année, la dotation du prix Qiagen fut de .).
Carrière dans le secteur privé En 2016, Elisabeth Bik quitte l’université de Stanford et travaille comme directrice scientifique et éditoriale. chez , une compagnie spécialisée dans le séquençage du microbiome humain. Elle quitte la en 2018, quelques mois avant que l'entreprise soit poursuivie pour des problèmes touchant à des surfacturations et des ventes forcées.., pour lesquels elle n'est pas mise en cause.
Après son départ d'uBiome, Elisabeth Bik rejoint pendant quelques mois une autre société du secteur des biotechnologies, avant de cesser ses activités rémunérées en 2019 et se consacrer entièrement à ses recherches sur les fraudes photographiques et à l’analyse de l’intégrité de papiers scientifiques...
Intégrité scientifique Influence médiatique Elle est la fondatrice du blog , dans lequel elle rapporte des cas d'atteinte à l'intégrité de certaines publications scientifiques....
Elle est une contributrice active des plateformes et PubPeer, où elle rapporte les publications présentant des images et données falsifiées, dupliquées ou discutables....
Active sur Twitter où elle est suivie par plus de en , elle publie régulièrement des images scientifiques potentiellement problématiques. Ses efforts ont permis de mettre en lumière plusieurs cas de grave négligence scientifique.
En 2018, elle est invitée dans le podcast scientifique pour discuter de ses efforts pour assurer l’intégrité des publications scientifiques..
Elisabeth Bik donne des conférences une à deux fois par an et est financée via des dons d'environ 2000 euros par mois grâce à des soutiens sur la plateforme de Patreon. Seules ses enquêtes personnelles sont publiées en ligne, ses travaux rémunérés ne font pas l'objet de publication.
Travaux académiques sur les méconduites scientifiques Elle commence à s'intéresser aux questions d'éthique scientifique en 2013, lorsqu'elle découvre qu'une de ses publications a été plagiée. Approfondissant le sujet, elle découvre alors avec surprise « un grand nombre de plagiats » dans la littérature scientifique.. Elle consacre alors son temps libre à traquer les manquements éthiques dans les publications scientifiques, et développe une expertise dans la recherche d'images trafiquées dans les études.
thumb|Deux exemples de duplications d'images découverts par Elisabeth Bik dans des publications de recherche en microbiologie. Différents carrés représentent différentes conditions expérimentales. L'article de base indique qu'il s'agit peut-être d' et que les documents en question ont été corrigés. En 2016 et 2018, Elisabeth Bik publie deux études sur les duplications d'images problématiques...
En 2016 avec et , elle publie dans un article montrant l’importance des manipulations d'images pour les cas observés d'inconduites scientifiques en recherche biomédicale... Les auteurs ont examiné plus de scientifiques publiées dans scientifiques de 1995 à 2014 et rapportent que 3,8 % des papiers étudiés présentent une ou plusieurs images manipulées.. Commentant son article dans une interview, elle déplore le manque de rigueur des (réviseurs) ainsi que le manque de réponses des auteurs à ses interrogations... Elle pointe par exemple un journal scientifique spécialisé en oncologie, dans lequel elle identifie 14 % d'articles ayant des images problématiques..
En 2018, elle analyse scientifiques dans le journal et montre que 6,1 % des publications contiennent des images dupliquées. Parmi ces publications problématiques, seulement 10 % d'entre elles ont été rétractées.
Les causes de ces problèmes d'intégrité scientifique sont explorées dans une publication de 2019 dont elle est co-auteure.. Cette étude suggère que « la culture académique, le contrôle par les pairs, les incitations financières à publier, et les politiques nationales en matière d'inconduite scientifique » sont des facteurs qui influencent l’intégrité scientifique. Contrairement aux idées généralement admises, cette étude semble indiquer que les auteurs féminins sont tout aussi susceptibles d'inconduites scientifiques que les auteurs masculins.
En 2019, Elisabeth Bik annonce sur Twitter qu’elle compte consacrer une année à plein temps à ses recherches sur les négligences scientifiques.. Elle estime qu'elle a passé environ à examiner des articles scientifiques au cours des cinq précédentes années. Au cours de ce processus, elle estime avoir identifié près de comportant des images problématiques..
Elle explique que ce travail est financé par son activité de consultante pour des maisons d’éditions ou des universités et des dons via Patreon.
Découverte de l'usine à articles En , la revue Science annonce qu'Elisabeth Bik a révélé. l'existence d'une usine à fausses publications scientifiques chinoise ayant réutilisé les mêmes images dans différents publiés surtout en 2018-2020... Elle nomme cette usine à publication (têtard en anglais) en raison de la ressemblance des bandes de avec les têtards. Bik estime que le nombre de ces articles frauduleux pourrait se compter par milliers. Elle critique le peu de contrôle de la qualité éditoriale des revues appartenant à des grands groupes..
Analyses critiques des travaux de Didier Raoult Selon Elisabeth Bik, plusieurs articles. publiés par Didier Raoult et ses équipes à partir de 2001 présentent des problèmes de méthodologie et de falsification ou manipulation des données....
En , commentant la publication des résultats d'un essai clinique de Didier Raoult sur l'effet de l'hydroxychloroquine contre la Covid-19 dans l’, elle pointe un conflit d'intérêts (le rédacteur en chef de ce journal Jean-Marc Rolain. est à la fois le coauteur de l'article et son subordonné à l'Institut hospitalo-universitaire en maladies infectieuses de Marseille) (IHU) et critique fortement la méthodologie de l'étude.. La société savante propriétaire du journal dans lequel les résultats ont été publiés, l', admet que la publication n'est pas au niveau attendu par la société., mais réfute l'idée d'un conflit d'intérêts : pour elle, le processus d'évaluation par les pairs avant publication a été respecté, car Jean-Marc Rolain, étant un des coauteurs de l'article, n'a pas participé à l'évaluation. La société savante et son groupe éditorial Elsevier demandent en une relecture additionnelle par les pairs pour déterminer si les préoccupations concernant l'article sont fondées... Le journal publie en ce rapport dont les conclusions sont incendiaires. mais décide de ne pas rétracter l'article dont il estime qu'il doit rester disponible pour qu'un puisse avoir lieu.
En , Elizabeth Bik publie de problèmes concernant des articles signés par Didier Raoult.... Elle signale ainsi de possibles oublis de déclaration de conflits d'intérêts (), des anomalies avec la présentation des résultats (), et des questions d'éthique de travaux portant sur des « recherches impliquant la personne humaine » (dans la moitié des cas). En réponse, Didier Raoult explique être par cette , qu'il qualifie de devant le Sénat français le . Un autre professeur de l', Éric Chabrière, publie des données personnelles de la chercheuse néerlandaise sur les réseaux sociaux... Raoult et Chabrière portent plainte le contre elle pour .. Ils appuient l'accusation de tentative de chantage sur un tweet d'Elisabeth Bik suggérant à l' de la soutenir par un site de financement participatif, dont, selon Le Monde, ils n'ont pas compris l’ironie, soulignée d'un smiley. Elisabeth Bik estime que la plainte a pour objet de l'intimider. Bik explique qu'elle ne veut pas être menacée : dit-elle, .. En , d'après elle, aucune suite n'avait été donnée à cette plainte..
et lance une pétition sur le site change.org...
Le , une lettre ouverte co-écrite par . et signée par des dizaines de sociétés savantes et des milliers de scientifiques en .. prend à son tour la défense de la chercheuse qu'ils estiment être victime de harcèlement.. Le CNRS., son comité d'éthique., l'ENS, et le sénateur Bernard Jomier. condamnent cette stratégie d'intimidation.. Le , Libération confirme le dépôt d'une plainte contre Elisabeth Bik auprès du procureur de la République de Marseille en date du pour , , . Elle confie en ne pas avoir été contactée par la justice., ni deux ans plus tard.
Début également, Elisabeth Bik analyse une nouvelle étude portant sur traités par hydroxychloroquine prépubliée par Didier Raoult en dénonçant des problèmes méthodologiques variés...
Participation à l'enquête de Science sur les travaux de Sylvain Lesné Elisabeth Bik a été choisie par le magazine Science, avec Jana Christopher, pour analyser des anomalies d'images découvertes par le médecin et neuroscientifique Matthew Schrag dans l'article cité de 2006 de Sylvain Lesné sur l'accumulation de bêta-amyloïde dans la maladie d'Alzheimer, citée plus de . Leur travail a permis d'identifier plus de douteuses..
Prix et distinctions En 2016, elle reçoit le , prix réservé aux scientifiques en pointe dans le domaine du microbiome, pour sa contribution à la science en éditant et publiant le blog .. En 2019, elle reçoit une citation spéciale du prix John-Maddox pour . En 2021, elle reçoit le prix de la , un prix .. En 2021, elle reçoit le prix John-Maddox () pour son enquête sur les données, et la découverte d'images dupliquées ou modifiées susceptibles de signaler une fraude et d'autres problèmes..., et pour avoir . En 2021, elle reçoit le ..
Références
Traductions
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Intégrité scientifique Usine à articles
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