Les élections municipales françaises de 2020 à Nouméa ont lieu le pour le renouvellement du conseil municipal. Elles voient la réélection de la majorité menée par Sonia Lagarde, membre de La République en marche.

Mode de scrutin Le mode de scrutin à Nouméa est celui des villes de plus de : la liste arrivée en tête obtient la moitié des du conseil municipal. Le reste est réparti à la proportionnelle entre toutes les listes ayant obtenu au moins des suffrages exprimés. Un deuxième tour est organisé si aucune liste n'atteint la majorité absolue et au moins des inscrits au premier tour. Seules les listes ayant obtenu aux moins des suffrages exprimés peuvent s'y présenter. Les listes ayant obtenu au moins des suffrages exprimés peuvent fusionner avec une liste présente au second tour. Peuvent voter et être élues l'ensemble des personnes majeures, inscrites sur les listes électorales de la commune et jouissant de leurs droits civiques, ayant la nationalité française ou celle de n'importe quel autre État membre de l'Union européenne.

Contexte Le scrutin de 2020 fait suite à des échéances majeures de l'histoire récente de l'archipel. Il s'agit tout d'abord du premier référendum d'autodétermination prévu par l'accord de Nouméa le : des suffrages exprimés en Nouvelle-Calédonie ont rejeté l'accès à la pleine souveraineté, pour une participation de des inscrits, le résultat du « non » atteignant à Nouméa (la deuxième commune ayant le plus voté en ce sens, après Farino). Puis, les élections provinciales du ont été marquées par la défaite - tant au niveau de la Province Sud qu'à celui de l'ensemble de la Nouvelle-Calédonie - de la majorité sortante incarnée par Calédonie ensemble (qui divise son résultat par deux par rapport à 2014 dans le Sud, avec des suffrages provinciaux et pour tout l'archipel), la victoire de la coalition anti-indépendantiste L'Avenir en confiance (soutenue par la maire de Nouméa Sonia Lagarde, elle réalise le meilleur score obtenu par une liste depuis 1999, avec des voix au Sud et pour l'ensemble de la Nouvelle-Calédonie) et l'émergence d'une troisième force non-indépendantiste portée par l'électorat wallisien et futunien, L'Éveil océanien ( des votes du Sud). À Nouméa, ces trois formations obtiennent respectivement , et des voix.

Comme lors de la mandature précédente, les groupes issus des élections de 2014 ont été en permanente recomposition, que ce soit dans la majorité ou dans l'opposition, en lien avec les évolutions de la vie politique à l'échelle de la Nouvelle-Calédonie durant cette période.

+ Résultats de l'élection municipale des 23 et à Nouméa.Tête de listeListePremier tourSecond tourSiègesVoix%Voix%Sonia Lagarde *CE36,2851,6240 Gaël Yanno UCF (MPC - RPC - MRC) - UMP34,6648,3812 Jean-Claude BriaultFPU (R-UMP - AE - LMD - MoDem)15,421,891 Jean-Raymond PosticFLNKS (UC - RDO - UPM) - DUS - PT - LKS6,86 Marie-Claude TjibaouOuverture citoyenne - FLNKS - Palika - PS4,57 Bertrand CherrierConvergence pays7542,20 Inscrits100,0 100,0Abstentions39,13 38,5Votants60,87 61,5Blancs et nuls740 1,29 1,89Exprimés 59,58 59,62* Liste du maire sortant

Contexte électoral + Tendances aux dernières élections Scrutin Circ. tour tour % % % % % % % % Municipales 2014 CE-UDI 36,28 UCF-LR 34,66 FPU 15,42 FLNKS 6,86 CE-UDI 51,62 UCF-LR 48,38 pas de ni de Provinciales 2014 CE-UDI 38,1 UCF-LR 25,12 FPU 18,39 FLNKS 11,01 tour unique Européennes 2014 UMP 50,91 UDI-MoDem 18,44 FN 15,87 PS 7,33 tour unique Présidentielle 2017 LR 35,04 FN 27,55 EM 14,28 LFI 9,72 FN 50,9 EM 49,1 pas de ni de Provinciales 2019 L'AEC 50,38 CE 18,6 FLNKS 9,06 ÉO 5,49 tour unique Européennes 2019 RN 27,25 LREM 23,71 LR 15,12 EELV 12,17 tour unique

Une scission au sein de la majorité

Tout d'abord, la majorité municipale se scinde en deux en 2015 en raison notamment du refus de Sonia Lagarde de démissionner de son mandat de député (contrairement à un engagement pris au cours de la campagne, et alors que son , Philippe Dunoyer, était censé prendre sa succession à l'Assemblée nationale), d'un rythme parfois jugé trop lent dans la mise en place des réformes promises, d'une prise de distance de plus en plus affichée de la première magistrate vis-à-vis de la direction de Calédonie ensemble et d'accusations venant de certains membres de la municipalité au sujet d'un manque de concertation au sein de la majoritéPh. FRÉDIÈRE, « Prise de distance », Les Nouvelles calédoniennes, 24/06/2015Entretien de Sonia Lagarde avec Philippe Frédière, « "On a beaucoup plus de poids lorsqu’on est député-maire" », Les Nouvelles calédoniennes, 27/06/2015.

Ainsi, le , avec cinq des quatorze autres adjoints et 15 des 25 autres conseillers municipaux issus de « Avec nous, ça va changer », Philippe Dunoyer crée son propre groupe politique au conseil, baptisé simplement « Calédonie ensemble », et en prend la direction« Nouméa : un groupe Calédonie Ensemble face à Sonia Lagarde », Les Nouvelles calédoniennes, 23/06/2015. Tout en déclarant et agissant toujours comme faisant partie de la majorité, il justifie cette scission par l'expression d'une sensibilité différente concernant l'intensité et le rythme à donner à l'application du programme de campagne : « C’est un groupe qui est là pour co-construire et proposer une optimisation du fonctionnement municipal. L’affirmation d’une sensibilité qui pense pouvoir faire des propositions, un peu mieux, un peu mieux entendues peut-être. [...] Ça va dépendre de comment ça va se passer. On va faire des propositions, on va voir si elles seront acceptées… »Fr. TROMEUR, « Lagarde sans majorité », Les Nouvelles calédoniennes, 24/06/2015. Ce groupe Calédonie ensemble est rejoint en par un autre adjoint, Daniel Leroux, chargé jusque-là de l'urbanisme mais qui s'est vu retirer cette délégation pour avoir exposé publiquement ses désaccords avec le maire sur plusieurs projets d'aménagementEntretien de Daniel Leroux avec A.-C. P., « "Les prochaines municipales, c’est une des raisons pour lesquelles je reste" », Les Nouvelles calédoniennes, 04/10/2017..

Ces divisions évoluent vers une confrontation de plus en plus ferme. Une des premières personnalités politiques à soutenir Emmanuel Macron pour l'élection présidentielle de 2017, Sonia Lagarde adhère à La République en marche (LREM) et quitte officiellement Calédonie ensembleEntretien de Patrick Louis, référent de La République en marche en Nouvelle-Calédonie, avec Philippe Frédière, Les Nouvelles calédoniennes, 01/02/2018. En , elle précise ainsi son appartenance politique : « Je suis en relation avec En Marche à Paris et avec le représentant en Nouvelle-Calédonie de manière régulière. Sans doute serais-je amenée à jouer un rôle plus important. Ici, je ne suis plus Calédonie ensemble, je n’ai pas de parti, et pour l’instant, c’est bien comme ça. En marche, ça me suffitStéphanie Chenais, Anne-Claire Pophillat et Gédéon Richard, entretien avec Sonia Lagarde, « Les pressions se font de plus en plus grandes », Les Nouvelles calédoniennes, 19/03/2018. »

Enfin, le , en vue des élections provinciales ayant lieu dix jours plus tard, Sonia Lagarde apporte son soutien à L'Avenir en confiance, coalition non-indépendantiste opposée à Calédonie ensemble et comprenant des formations associées aux Républicains (Le Rassemblement et le MPC) mais aussi des partis sans affiliation nationale comme Les Républicains calédoniensSonia Lagarde soutient AeC, Radio Rythme Bleu, 02/05/2019. Plusieurs personnalités proches de Sonia Lagarde avaient déjà rejoint ce dernier parti, comme ses adjoints Marc Zeisel (animateur du pôle projet des Républicains calédoniens) et Françoise Suvé (quatrième sur la liste de L'Avenir en confiance), ou encore la conseillère municipale Valérie Laroque-Daly (vice-présidente du parti). De plus, Sonia Lagarde s'était déjà rapprochée de certaines personnalités des Républicains calédoniens elles aussi membres de La République en marche, notamment d'Isabelle LafleurCaroline Moureaux avec Natacha Cognard et Nicolas Fasquel, « La République en Marche se structure en Nouvelle-Calédonie », Nouvelle-Calédonie La , 24/05/2018.

Changements de coalitions dans l'opposition

Dans l'opposition également, les choses changent, en raison surtout d'évolutions des coalitions au niveau provincial et du Congrès. En , le RPC d'Isabelle Lafleur et plusieurs dissidents du MPC (emmenés par Sonia Backès, ancienne numéro deux du parti et également conseillère municipale de Nouméa) quittent l'UCF pour s'associer aux élus du FPU dans toutes les institutions de l'archipel pour fonder des groupes appelés Les Républicains (en référence au nouveau nom pris nationalement par l'UMP). C'est donc le cas au conseil municipal de Nouméa, où ce nouveau groupe, présidé par Jean-Claude Briault du Rassemblement, est rejoint par les deux seules élues du RPC (Isabelle Lafleur et Félicia Ballanger) et deux dissidents du MPC (Sonia Backès et Gilles Ukeiwé, fils de l'ancien sénateur et fondateur du RPCR Dick Ukeiwé), faisant ainsi retomber le groupe UCF à huit membres.

Puis, en , à la suite de l'alliance au niveau du Congrès du MPC avec Calédonie ensemble et Le Rassemblement dans une « Plateforme commune », Philippe Blaise et son MRC, qui s'oppose fermement à cette association et se rapproche pour sa part de Sonia Backès, décide à son tour de quitter l'UCF pour siéger comme non-inscrit. Jean-Claude Briault du Rassemblement fait de même. Sonia Backès et ses proches, dont Philippe Blaise ou Jean-Claude Briault, créent alors leur propre parti en , Les Républicains calédoniens, qui entretiennent des bonnes relations avec la maire Sonia Lagarde, bien qu'étant officiellement dans l'opposition.

Groupes sortants GroupePartisPositionnementNombre de siègesAvec nous, ça va changerLREM, Divers droiteMajorité19Calédonie ensembleCalédonie ensemble, UDI21Les Républicains calédoniensLes Républicains calédoniens, LREM, LR, DVDOpposition8Union pour la Calédonie dans la FranceMPC-LR5

Candidats

La liste des candidats est présentée dans l'ordre chronologique de leur présentation dans les médias locaux.

Non-indépendantistes

Le parti Générations NC, créé en par des dissidents de Calédonie ensemble emmenés par les conseillers provinciaux du Sud Nicolas Metzdorf et Nina Julié, présente le la candidature d'Emmanuel Bérart. Celui-ci est un ancien conseiller au cabinet du président du gouvernement Philippe Germain de 2015 à 2019 après avoir été un cadre de la formation d'apprentis de la Chambre de commerce et d'industrie de Nouvelle-Calédonie de 1991 à 2006 puis directeur de la Mission d'insertion des jeunes (MIJ) de la Province Sud de 2006 à 2015. Il fait campagne sur les thèmes du développement durable (voulant faire de Nouméa « la capitale régionale de l'alliance nature-ville », il veut miser sur les énergies bleues et vertes ainsi que sur l'innovation), de la sécurité (par une réorganisation des moyens) et la politique sociale (pour faire de la ville « une capitale bienveillante, une capitale du développement humain » au travers de l'inclusion de la jeunesse, la création de circonscriptions électorales intraurbaines ou la redéfinition de l'intercommunalité dans le Grand Nouméa pour « mieux répondre aux besoins : gestion de l’eau, action sociale, transports, logement »)CM, « Municipales à Nouméa : Emmanuel Bérart candidat pour Générations NC », Nouvelle-Calédonie La , 13/12/2019, consullté le 8 février 2020..