Jean Baptiste Louis Godard, dit Louis Catoire, est un architecte français né dans l'ancien arrondissement de Paris le , et mort à Périgueux le .
Biographie Jean Baptiste Louis Godard, dit Louis Catoire, est le fils de Jeanne Mélanie Godard "et de père absent"AGORHA : Godard, Louis. Il est confié par sa mère à l'Assistance publique.
Il entre dans l'atelier d'Auguste Guenepin, prix de Rome en 1805, qu'il vient d'ouvrir. Celui-ci l'embauche sur le chantier de restauration de l'église Saint-Germain-des-Prés. Il est admis à l'École royale des Beaux Arts, le , comme pensionnaire, section architecture, avec le . Auguste Guenepin est son parrain à l'entrée de l'école. Pendant trois ans il est aspirant et apprend les mathématiques, la perspective et l'architecture. Il est l'élève de Guénepin, de Charles Percier et Pierre François Léonard Fontaine, de, classe, le , il obtient 5 mentions entre le et le . Il sort de l'école diplômé en 1826. C'est à l'école qu'il prend le nom de Catoire, peut-être celui de son père qui ne l'a pas reconnu et qui a peut-être financé ses études car la source de ses revenus est inconnueVincent Marabout, Hélène Mousset avec la collaboration de Line Becker, Vanessa Bertrand, Hervé Gaillard, « L'agglomération des deux villes (1789-1872). Les premiers projets : l'empreinte de Catoire (1828-1840) », dans Hervé Gaillard, Hélène Mousset (dir.), Périgueux, Ausonius (collection Atlas historique des villes de France ), Pessac, 1828, tome 1, Notice générale. La formation de l'espace urbain des origines à nos jours, , .
En 1826, l'architecte du département de la Dordogne et de la ville de Périgueux est Alexis-Honoré Roché (1757-1828)Jacques Lagrange, « Alexis-Honoré Roché (1757-1828). Un architecte de talent sans chef-d'œuvre », dans Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, 1997, tome 124, livraison, (lire en ligne). Il demande sa mise à la retraite en et souhaite revenir à Bordeaux avec son épouse.
Le comte Constant Marie Huchet de Cintré, préfet de la Dordogne nommé par Louis XVIII, lui avait demandé quatre ans auparavant de présenter des projets pour Périgueux : un palais de justice, un palais épiscopal, un grand séminaire, pour Ribérac : une sous-préfecture et un tribunal, des projets pour Montignac et Nontron, des casernements de gendarmerie. L'état de la cathédrale nécessite une restauration. Le maire de Périgueux est le marquis de Moneys d'Ordière et l'évêque Alexandre-Charles-Louis-Rose de Lostanges-Sainte-Alvère (1763-1835). Roché, âgé, propose au préfet le nom de Louis Catoire que lui a recommandé M. de Tournon, conseiller des Bâtiments civils. À la première réunion avec le préfet, Catoire lui demande d'honoraires annuels. Il lui accorde et la ville le complément.
Louis Catoire a d'abord été l'architecte de bâtiments publics permettant de doter la ville des bâtiments nécessaires pour le chef-lieu du département de la Dordogne au moment où la ville dépasse en population Bergerac. Il a aussi tracé de nouvelles voies autour du palais de justice et du nouveau théâtre permettant l'agrandissement vers l'ouest à partir des promenades entourant le Puy-Saint-Front. Dans la réalisation des nouvelles maisons il a utilisé le style néoclassique sur leurs façades.
Le Palais de justice vignette|Palais de justice de Périgueux Le premier travail que lui confie le préfet est le palais de justice. Un projet a été dressé par Roché en 1823 proche des prisons implantées dans le couvent des Augustins saisi à la Révolution. Catoire critique le plan qu'il trouve à un emplacement manquant de grandeur. Il prévoit de le construire sur le Boulingrin (actuel boulevard Michel de Montaigne), face à la vieille ville. Il présente son plan le avec un devis estimatif de et d'honoraires en plus de son traitement annuel. L'édifice à une largeur de et une profondeur de . L'entrée se compose d'un stylobate de six degrés sur lequel sont placées quatre colonnes cannelées de l'ordre ionique dont les chapiteaux supportent l'entablement sur lequel est gravé « Palais de justice », surmonté d'un fronton triangulaire. Le conseil municipal s'oppose d'abord au projet qu'il juge trop loin des prisons et sur une belle promenade. Finalement le préfet confirmant le projet de Catoire obtient l'accord de la ville. L'adjudication est prononcée le au profit de l'entreprise Philippe Boucart. Le chantier est commence 15 jours plus tard et va durer dix ans. La cérémonie de pose de la première pierre a lieu le .
L'ancien palais de justice avait été vendu, et les nouveaux propriétaires, lassés de la présence des magistrats dans leur bâtiment, décident d'exiger leur départ le , sous huitaine. La première affaire est jugée dans le nouveau palais justice le . La palissade de chantier est enlevée le . Les magistrats se plaignent des infiltrations d'eau.
En même temps que la réalisation du palais de justice, il prévoit les plans du quartier futur autour, avec les voies latérales, la place arrière en demi-lune et les façades arrondies du côté du boulevard. Catoire impose un plan pour les bâtiments à construire. Le prix des terrains autour du palais de justice doublent et triplent, voire décuplent. Il trace de part et d'autre du palais de justice les rues Victor-Hugo et Gambetta permettant d'agrandir la ville vers l'ouest.
La Halle du Coderc vignette|Halle du Coderc Le , Louis Léger Combret de Marcillac est nommé maire de Périgueux, en remplacement du Jean-Baptiste-Pascal Vidal. Le , le conseil municipal vote un emprunt de pour faire des opérations d'aménagement dans la ville. L'ancien hôtel de ville, la maison du consulatÉzéchiel Jean-Courret, Claude Lacombe, « Consulat et bladeries », dans Hervé Gaillard, Hélène Mousset (dir.), Périgueux, Ausonius (collection Atlas historique des villes de France ), Pessac, 2018, tome 2, Sites et Monuments, , , situé sur la place du Coderc, jugé trop vétuste, est démoli à partir du . Le maire et les services municipaux étaient installés depuis 1823 dans l'hôtel Lagrange-Chancel qui était loué avant d'être acheté en 1830 à Charles François Casimir de Lagrange-Chancel, à son frère Louis Victor Alexandre Joseph et à leur mère Agathe Françoise de Policard, veuve de Charles François Joseph de Lagrange-ChancelGuy Penaud, Les hôtels de ville de Périgueux, dans Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, 2004, tome 131, livraison, (lire en ligne). Le conseil municipal décide de construire un marché couvert à son emplacement. L'adjudication est faite le au maçon Delmas pour . Les élus sont satisfaits du résultat et accordent pour poser des grilles de fer pour les ouvertures. Au total, la construction a coûté . L'ouverture au public s'effectue le . Le maire demande à Catoire un projet pour élargir la rue des Chaînes mais les riverains s'y opposent et le maire doit abandonner son projet en 1834. Catoire crée une association pour aménager la rue des Chaînes pour acheter les immeubles à démolirVincent Marabout, « Halle du Coderc 2 », dans Hervé Gaillard, Hélène Mousset (dir.), Périgueux, Ausonius (collection Atlas historique des villes de France ), Pessac, 2018, tome 2, Sites et Monuments, , .
Le Théâtre de Périgueux vignette|left|300px|Théâtre de Périgueux en 1848. Dans le premier quart du , il y avait un théâtre rue Notre-Dame appartenant à M. Pautard qui louait la salle aux troupes de comédiens de passage. M. de Moneys a un théâtre particulier dans son hôtel. Le , M. Pautard demande aux élus municipaux « de refaire la toiture et donner un coup de peinture à l'intérieur ». Le maire, L. de Marcillac, a interrogé Louis Catoire sur la construction d'un nouveau théâtre. Catoire l'imagine face au palais de justice sur une place en rond-point pour prolonger sa vision de l'urbanisme de la ville. Les élus s'opposent à ce projet le car il ampute la promenade du Boulingrin. Les élus demandent de choisir de le construire dans le jardin de l'Hôpital général de la Manufacture, près de la promenade du TrianglePérigueux : La place André Maurois au fil du temps. La ville envisage d'acheter un terrain à proximité appartenant à M. Bonnet pour agrandir ceux pris sur le jardin de l'hôpital.
Le conseil municipal préfère appeler ce théâtre salle de spectacle car il souhaite une certaine polyvalence dans son utilisation. Le maire fait prendre au conseil municipal une décision favorable le : « Au nombre de tous les établissements utiles qui, depuis peu d'années, ont été construits dans la ville, il en est un seul dont la nécessité se fait d'autant plus sentir que l'opportunité de sa création est incontestable, surtout dans une ville comme la nôtre, qui reçoit une garnison... la privation du spectacle est devenue, à différentes époques, un des principaux griefs élevés contre la ville. Il faut que l'économie préside au choix de remplacement. Le théâtre construit en face du Palais de Justice, serait du plus bel effet pour l'intérêt de l'embellissement de la ville. Mais il faut économiser les deniers publics et utiliser des terrains d'un prix de revient moins élevé. Par exemple, ceux à proximité de la place Mouchy ».
Louis Catoire, avec des amis, réussit à réunir les fonds pour acheter les terrains de M. Bonnet. L'appel d'offres pour la construction du théâtre est lancé le . Le devis de Catoire est de . Le marché est attribué le à l'entreprise Defougère dit la Tendresse, du Change. Les fondations sont terminées le . La construction achevée, le , M. Boullé, architecte du département de la Haute-Vienne, est désigné par les élus de Périgueux comme vérificateur des travaux du théâtre et autorise le maire à ouvrir la salle. Le théâtre a été inauguré le Guy Penaud, « L'ancienne salle de comédie aujourd'hui loge maçonnique de Périgueux », dans Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, 1998, tome 115, (lire en ligne)Vincent Marabout, « Théâtre 2 », dans Hervé Gaillard, Hélène Mousset (dir.), Périgueux, Ausonius (collection Atlas historique des villes de France ), Pessac, 2018, tome 2, Sites et Monuments, , . Le conseil municipal a contesté ses honoraires.
Le théâtre a une façade de et une profondeur de . Sa façade plate à deux niveaux est surmontée d'un fronton triangulaire avec trois fenêtres au premier étage encadrées de pilastres avec des chapiteaux corinthiens. Deux nouvelles rues l'encadrent et sa façade donne sur la place Mouchy, rebaptisée place de la Comédie, puis place du après la chute du Second Empire, devenue en 1945 place du général de Gaulle. On accède à l'intérieur par quelques marches donnant sur le vestibule d'entrée. La salle offre 511 places sur trois niveaux. Le foyer du public est orné de toiles peintes par Jacques-Émile Lafon (1817-1886) représentant des scènes du théâtre de Molière. Émile Coutant, qui a été le peintre décorateur de plusieurs théâtres parisiens, a réalisé les décors.
Dans le but d'harmoniser les constructions autour du théâtre, il a proposé aux propriétaires fonciers et aux investisseurs des aménagements pour des bâtiments construits en harmonie avec le théâtre.
Le théâtre a été démoli le . La municipalité a décidé de construire un Palais des fêtes de . Il est inauguré en 1961, restauré en 1991. Il est géré par L'Odyssée depuis 2001. L'emplacement libéré après la démolition du théâtre est devenu la place André Maurois. Un grand bassin avec des jets d'eau a remplacé le théâtre.
Le Grand séminaire vignette|300px|Carte de la ville de Périgueux en 1880