Soshana Afroyim (née le à Vienne et morte le dans la même ville) est une peintre autrichienne de la période du modernisme.

Artiste à plein temps, elle voyage fréquemment, exposant son travail à l'international. Au cours de ses voyages, elle réalise le portrait de nombreuses personnalités et son art se développe dans différentes directions. Dans une première période, principalement de nature naturaliste, elle s'attache aux paysages et aux portraits. Plus tard, son style évolue vers l'art abstrait, fortement influencé par la calligraphie asiatique et l'art du Moyen-Orient.

Biographie

Enfance Soshana Afroyim est née Susanne Schüller en 1927 à Vienne dans une famille juive de la classe moyenne. Son frère Maximilian naît deux ans plus tard. Son père, Fritz Schüller, est propriétaire d'une fabrique de boutons de manchette, ce qui permet à la famille de s'installer dans un appartement spacieux au de la Hanuschgasse. Sa mère, Margarethe Schüller, est sculptrice, mais ne poursuivit pas ses ambitions artistiques avant de nombreuses années, ayant été découragée par son mari. Elle est d'abord scolarisée à l'école Rudolf Steiner, fondée sur la doctrine ésotérique de son fondateur, mais change rapidement pour l'école alternative Schwarzwald.

Elle commence à peindre et à dessiner très jeune. Sa mère soutient la créativité de Susanne et rassemble ses œuvres.

La fuite de Vienne À l'âge de onze ans, Susanne Schüller est témoin de l'annexion de l'Autriche de 1938. Journal non publié de Shoshana, disponible à la Bibliothèque nationale autrichienne.

La famille décide alors de quitter l'Autriche. Le père, Fritz Schüller, est né à Brno, ce qui lui confère un passeport tchécoslovaque et lui permet de quitter le pays en premier. Susanne, sa mère et son petit-frère Maximilian s'enfuient en Suisse, puis à Paris, où Fritz les a précédés. En 1939, ils arrivent finalement à Londres, où ils restent deux ans. Elle y fréquente d'abord le Northwood College, puis en 1940 la Chelsea Polytechnic School, où elle suit des cours de peinture et de dessin et y apprend le stylisme. En raison de la campagne de bombardement de la Luftwaffe sur l'Angleterre entre 1940 et 1941, la famille Schüller doit se réfugier dans des abris anti-aériens presque chaque nuit. L'expérience se révèle très stressante pour Schüller. Elle exprime son stress et ses émotions à travers des dessins.

Émigration vers l'Amérique gauche|vignette|Dans son studio parisien, 1953. Depuis l'Angleterre, son père part pour l'Espagne en passant par Tanger, pour arriver à New York. En 1941, il obtient un affidavit pour sa famille et réserve trois places sur le Madura S.S., le dernier navire civil à quitter l'Europe. La même année, Susanne Schüller, sa mère et son frère arrivent à Ellis Island. À New York, elle est inscrite à la Washington Irving High School et y suit des cours de peinture sous la direction de l'artiste et activiste communiste qui deviendra son époux, Beys Afroyim (également connu pour le procès Afroyim c. Rusk en 1967, important dans la création de la double nationalité dans la loi américaine).

À l'âge de , elle voyage contre la volonté de ses parents avec Beys Afroyim à travers l'Amérique. Pour gagner leur vie au cours de ces voyages, ils peignent des écrivains, des musiciens, des hommes d'État et des scientifiques comme Thomas Mann, Franz Werfel, Otto Klemperer, Bruno Walter, Lion Feuchtwanger, Theodore Dreiser et Hanns Eisler.

La Conférence des Nations unies sur l'organisation internationale () à San Francisco est l'occasion pour le couple de représenter des délégués connus tels que le vice-président de la commission nationale de planification de l'USSR Vasilij Vasilevič Kuznecov. Cette année-là, Susanne et Beys se marient à Chicago, et leur fils unique Amos naît en 1946 à New York.

Cuba et la première grande exposition En raison des activités de Beys au sein du Parti communiste, le couple quitte les États-Unis et s'installe à Cuba pour neuf mois. Elle y tient sa première exposition en 1948, au Circulo de Bellas Artes (en français : « Cercle des Beaux-Arts ») de La Havane. À partir de cette époque, elle prend le nom de « Soshana » (l'orthographe la plus courante est Shoshana - שושנה), nom d'artiste et de plume que Beys lui attribue, et qui correspond à un nom de fleur de la famille des Lilium.

Après un court séjour aux États-Unis, ils repartent s'installer en Europe en 1949, séjournant en Hollande, Autriche, Angleterre, Pologne, Tchécoslovaquie et finalement en Israël. La famille est financièrement démunie et elle refuse de vivre sa vie en tant que femme au foyer traditionnelle. Le couple divorce en 1950 d'un accord commun, et Shoshana Afroyim retourne à Vienne avec son fils en 1951.

Vienne et Paris vignette|Avec Pinot Gallizio en 1960. Après son retour à Vienne, elle laisse finalement la garde complète de leur fils à son ancien époux. En 1951, elle s'inscrit à l'université des arts appliqués de Vienne et en 1952 à l'Académie des beaux-arts de Vienne, où elle peint sous la direction des professeurs Sergius Pauser, Albert Paris Gütersloh et Herbert Boeckl. Mécontente de la pratique artistique académique, elle part la même année pour Paris.

Lorsqu'elle s'installe à Paris, Soshana Afroyim emménage dans l'ancien studio d'André Derain, puis dans un second studio, situé dans l'impasse Ronsin, à côté de celui de Brancusi. Elle entretient une relation amicale très proche avec l'artiste, qu'elle a décrit comme l'aimant « comme une fille », et qui l'introduit à de nombreux artistesManuscrits non publiés disponibles à la Bibliothèque nationale autrichienne.. Plus tard, elle vit dans un autre studio ayant appartenu à Gauguin. Elle connait des difficultés financières en tant qu'artiste à plein temps à Paris. Elle décrit cette période comme un « moment doux-amer ». C'est en effet également un moment d'émulsion artistique, car elle fait la connaissance des artistes Kupka, Auguste Herbin, Ossip Zadkine, César, Edouard Pignon, Jean Bazaine, Max Ernst, Yves Klein, Alexander Calder, Wifredo Lam, Sam Francis, Fontana, Gilioli, Jean-Paul Sartre, Affandi, Lain Bangdel et Marc Chagall (à qui elle rend visite à Saint-Paul-de-Vence).

En 1953, elle travaille dans l'ancien studio de Paul Gauguin (et précédemment d'Alfons Mucha), rue de la Grande-Chaumière, à Montparnasse. Elle entretient une amitié avec l'artiste Alberto Giacometti qu'elle considère comme l'un de ses meilleurs amis<.

Elle rencontre le galeriste zurichois Max G. Bollag, qui devient un promoteur majeur de son travail. Soshana expose plusieurs fois à Paris, dans la Galerie André Weil et au Salon d'automne, au Salon des Réalités Nouvelles et au Salon de mai, où elle rencontre Pablo Picasso pour la première fois en 1953. Elle lui rend visite dans sa villa à Vallauris à la suite de son invitation et l'artiste fait son portrait en 1954.

Voyages à partir de 1956 En 1956, Soshana Afroyim voyage à travers l'Asie, en Inde et au Japon. Elle s'est organisée une invitation par un ministère chinois de la Culture à exposer à Pékin. Sur son chemin pour la Chine, elle visite l'Inde, la Thaïlande, le Cambodge et le Japon. Elle est intéressée et s'inspire de philosophie indienne, d'hindouisme et de bouddhisme. Elle est impressionnée par l'art de la calligraphie et apprend les techniques artistiques sur papier de riz auprès des moines bouddhistes de Kyoto et des peintres chinois de Hangzhou. L'art de la calligraphie devient formatif pour son style de peinture. Elle arrive à Pékin en 1957, où son exposition a eu lieu au palais de l'empereur. La même année, elle expose également à Zurich, à Londres et à New York. En 1958, à Johannesbourg, Paris, et Zürich une deuxième fois.

En 1959, Soshana Afroyim voyage à travers l'Afrique, où elle représente le médecin Albert Schweitzer à Lambaréné, et rentre finalement à Paris. La même année, elle fait la connaissance de l'artiste italien Pinot Gallizio. Ils commencent une coopération étroite à Paris et Alba del Piemonte, Italie. Dans une lettre écrite par Gallizio, à son galeriste Otto et Heicke Van de Loo à Munich, il annonce que , ajoutant Manuscrits non publiés disponibles à la Bibliothèque nationale autrichienne.. gauche|vignette|Shoshana Afroyim, André Verdet, Pablo Picasso et Édouard Pignon en 1962. Grâce à Gallizio, Soshana Afroyim prend contact avec le groupe COBRA, entre autres avec Karel Appel et Asger JornManuscrits non publiés disponibles à la Bibliothèque nationale autrichienne., mais parce qu'elle est une femme, ils ne l'acceptent pas comme membre à part entière du groupe artistiqueManuscrits non publiés disponible à la Bibliothèque nationale autrichienne.. À la place, elle collabore avec la Galerie O´Hana à Londres, où elle fait trois expositions en 1959, 1960 et 1963Plusieurs articles sur ses expositions sont disponibles dans :

The Art Review, octobre 1959. Apollo, février 1960. The Guardian, 13 février 1960. Evening News, 19 février 1960. The Jewish Chronicle, 4 mars 1960.. En 1960, elle expose à Rio de Janeiro, São Paulo, Tokio, Zurich, en 1961, à Antibes, Bruxelles, New York, et en 1962 à Soleure en Suisse. En 1964, Soshana voyage au Mexique pour diverses expositions, vivant plusieurs mois à Cuernavaca, connue comme la et un refuge pour de nombreux artistes et intellectuels des années 1960. Elle se lie d'amitié avec des artistes mexicains tels que Rufino Tamayo, Siqueiros, José Luis Cuevas et Mathias Goeritz. Elle expose cette année-là à la Galerie Krasner de New York.

En 1965, elle rencontre Adolph Gottlieb pour la première fois, les deux artistes développeront une profonde amitié à New York. Elle expose dans la Galerie Wolfgang Gurlitt de Munich. L'année suivante, une exposition de l'œuvre de Soshana a lieu au Palacio de Bellas Artes de MexicoPlusieurs articles sur l'exposition dont :

El Redondel, 5 juin 1966. Excelsior, 5 août 1966. El Sol de Mexico, 8 août 1966. El Universal, 10 août 1966..

Deuxième voyage autour du monde, 1968 Au cours de son deuxième voyage autour du monde en 1968, elle traverse les mers du Sud, les Caraïbes, la Thaïlande, Bali, l'Australie, l'Inde, le Sikkim, le Népal, l'Afghanistan, l'Iran et Israël. En 1969, le Chogyal lui confie la peinture de portraits officiels du roi et de la reine du Sikkim. C'est aussi cette année-là qu'elle développe le concept de la forme artistique tridimensionnelle « Soma » à Paris, avec des objets en acier avec aimants déplaçables, conception d’objets en verre acrylique et devient membre de la Société théosophique.

Soshana Afroyim déménage à Jérusalem en 1972, où elle a prévu quatre expositions à la Old Jaffa Gallerie, à Tel Aviv. Elles sont malheureusement toutes annulées quand éclate la guerre de Yom Kippour le jour du vernissage de la première. Elle quitte Israël et s'installe en 1974 à New York.

New York, 1974-1985 Son installation new-yorkaise se déroule de 1974 à 1985. Avant de déménager dans son atelier dans le Queens, elle séjourne à l'hôtel Chelsea de Manhattan, où elle paye son loyer avec des peinturesManuscrits non publiés disponible à la Bibliothèque nationale autrichienne.. l leEconnait de nombreuses personnes de la scène artistique new-yorkaise, comme Mark Rothko, Francesco Clemente, le mécène et son ami proche Adolph Gottlieb. Malgré l'attention internationale pour son travail et la possibilité d'exposer fréquemment (elle expose seule neuf fois en 1974), elle se sent insatisfaite de sa situation de vie et mal à l'aise à New YorkManucrits non publiés disponibles à la Bibliothèque nationale autrichienne..

Retour à Vienne À son retour à Vienne, elle continue à voyager jusqu'à ce qu'elle soit obligé de s'immobiliser en raison de problèmes de santé en 2005. Elle travaille sur différents projets, dont la création d'une collection de vidéos, d'enregistrements audio, et d'essais sur sa vie et le développement de la scène internationale de l'art. Elle déménage par la suite dans une maison retraite et continue à peindre. Elle décède le .