La prison d'Adra est une prison située en Syrie, à la périphérie nord-est de Damas. Elle est réservée en principe aux criminels de droits commun, mais des prisonniers politiques y sont également détenus, au côté d'un mélange de prisonniers civils tels que des dissidents, délinquants, meurtriers ou trafiquants de drogue. En 2014, la prison renferme plus de 7 000 détenus, dont une douzaine de femmes, dans un espace conçu pour .

Tous les prisonniers sont libérés dans la nuit du 7 au lors de la prise de la prison par les rebelles après leur entrée dans Damas.

Historique Ghassan Najjar, un ingénieur emprisonné en 1980, y aurait fait deux grèves de la faim, dont l'une pour protester contre les conditions de détention. Ses codétenus déclarent qu'il avait été si violemment battu par des gardiens de prison qui essayaient de le forcer à manger qu'il avait subi des blessures à la colonne vertébrale.

Massoud Hamid, étudiant en journalisme kurde, y est détenu à l'isolement dans la prison pendant un an entre 2003 et 2004 avant d'être autorisé à recevoir des visites mensuelles, et Human Rights Watch déclare que des interrogateurs l'auraient torturé sévèrement et battu avec un fouet clouté, sous la plante des pieds, ce qui lui cause des paralysies. Sa cellule mesure 2 mètres sur 85 cm, dont une large partie occupée par des toilettes.

En , les détenus kurdes de la prison mènent une grève de la faim, à laquelle la torture aurait mis fin.

De 2005 à 2008, la prison d'Adra est dirigée par le brigadier général Samir Ousman al-Sheikh.

Le , 13 détenus de la prison d'Adra, des défenseurs des droits humains comme l'ancien juge Haitham al-Maleh, âgé de 80 ans, l'avocat Anwar al-Bunni, Habib Saleh, Ali al-Abdallah, Kamal al-Labwani et Kamal Cheikho, entament une grève de la faim pour protester contre l'oppression du gouvernement et la détention de prisonniers politiques. Selon la Fédération internationale pour les droits humains, ils sont en prison .

Le , les femmes détenues à la prison d'Adra entament une grève de la faim en réponse à la négligence de leur cas par le parquet de la Cour antiterroriste et par absence d'approbation de leurs procès respectifs .

En , la prison se trouve bien au-delà de sa capacité de , avec plus de , accusés de tous types de délits et crimes, des meurtriers aux opposants politiques en passant par de simples petits délinquants.

En août et , le groupe armé Jaych al-Islam bombarde et prend d'assaut la prison, prenant le contrôle de deux bâtiments.

En 2016, d'anciens détenus affirment que les autorités ont libéré plus d'une centaine de prisonniers pour les enrôler dans l'armée, qui manque d'hommes, à cause des défections, désertions et décès, dans le contexte de la guerre civile.

Alors qu'il résidait depuis 2020 en Californie, Samir Ousman al-Sheikh est arrêté en à l'aéroport international de Los Angeles par des responsables douaniers alors qu'il s'apprêtait à prendre un vol pour Beyrouth. Il est inculpé par la justice fédérale américaine pour torture le .

Conditions de détentions

Selon la Commission d’enquête internationale indépendante sur la Syrie établie par le Conseil des droits de l’Homme, , dont la prison d’Adra. Des femmes y sont également détenues et torturées, de même que des enfants : Une cellule de peut contenir plus d'une centaine de détenus. Insultes, coups de bâtons et de câbles électriques sont courants. Cependant, la prison d'Adra étant une prison civile, de nombreux détenus y purgent une peine après jugement, et subissent des traitements et tortures moins pénibles que dans des branches de services secrets, où personne ne peut avoir de leurs nouvelles ni savoir où ils sont, victimes de disparitions forcées. Anciens détenus notables

Ali al-Abdallah, journaliste, écrivain et militant des droits humains. Réputé emprisonné à Adra à la libération de la prison en 2024, aucune information n'est disponible depuis à son sujet, laissant craindre qu'il soit mort en détention. Anwar al-Bunni, avocat et défenseur des droits humains Imad Chiha, de l’organisation communiste arabe, plus ancien prisonnier politique de Syrie à sa libération en 2004 (29 ans) Mazen Darwish, avocat et défenseur des droits humains Hussein Ghrer, journaliste et militant Massoud Hamid, journaliste Bassel Khartabil, développeur informatique et militant pacifiste Amina Kholani, militante pacifiste Kamal al-Labwani, médecin, militant des droits humains Haitham el-Maleh, ancien juge, dissident politique Tal Mallouhi, étudiante et blogueuse, libérée le lors de la chute du régime. Riad Seïf, dissident politique et homme d'affaires Ragheed al-Tatari, ancien pilote, plus ancien prisonnier politique de Syrie, libéré le lors de la chute du régime.

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Références

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