vignette|Rayon de traductions récentes de la Bible en anglais. Les plus anciennes traductions partielles de la Bible dans les langues utilisées par le peuple anglais remontent à la fin du , y compris les traductions en vieil anglais et moyen anglais. Plus de 450 traductions de la Bible en anglais ont été produites au cours de l'histoire.

La nouvelle version standard révisée est la version la plus couramment utilisée par les universitaires et les exégètes.. Selon un sondage fait aux États-Unis en 2014, 55% des lecteurs de la Bible utilisaient la Bible du roi Jacques (), 19% utilisaient la , les autres versions étant toutes sous les 10%..

Vieil anglais

Bien que John Wyclif soit souvent crédité de la première traduction de la Bible en anglais, il y avait eu de nombreuses traductions de grandes parties de la Bible au cours des siècles précédents. Certaines parties de la Bible ont d'abord été traduites en vieil anglais à partir de la Vulgate latine par quelques moines et érudits distingués. Ces traductions se présentaient généralement sous forme de prose ou de gloses interlinéaires (traductions littérales inscrites au-dessus des mots latins)..

Il y eut pendant cette période très peu de traductions complètes de la Bible. Beaucoup des livres de la Bible existaient séparément et étaient lus comme des textes individuels. En revanche, un rendu allégorique de la Bible était plus courant et les traductions des textes de la Bible incluaient souvent les commentaires de l'auteur en plus de la traduction proprement dite.

À la fin du , une traduction des Écritures en vieil anglais fut commencée par Bède le Vénérable. Aldhelm (639–709) traduisit l'intégralité du Livre des Psaumes et plusieurs autres passages des Écritures en vieil anglais.

Au , une traduction en vieil anglais des Évangiles fut insérée par Aldred, prévôt de Chester-le-Street sous forme d'une glose interlinéaire mot à mot dans le manuscrit des Évangiles de Lindisfarne. C'est la plus ancienne traduction connue des Évangiles en anglais..

Les (également connus sous le nom d'Évangiles ouest-saxons) sont une traduction complète des quatre Évangiles en saxon occidental, l'un des un dialecte du vieil anglais, réalisée vers 990. C' est la première traduction des quatre évangiles en anglais sans le texte latin.

Au , l'abbé Ælfric traduisit une grande partie de l'Ancien Testament en vieil anglais. L'hexateuque vieil-anglais est un manuscrit enluminé des six premiers livres de l'Ancien Testament (ou hexateuque).

L'heptateuque vieil-anglais, copie du précédent, sans illustrations somptueuses, mais avec l'ajout d'une traduction du Livre des juges (d'où son nom), se trouve à la bibliothèque bodléienne d'Oxford (Laud Misc. 509).

Moyen anglais

L'Ormulum est une traduction biblique en moyen anglais du . Comme son précurseur en vieil anglais d'Ælfric d'Eynsham, il comprend très peu de texte biblique et beaucoup de glose. Ce style a été adopté par bon nombre des traducteurs anglais anciens. Par exemple, l'histoire des noces de Cana est longue de près de 800 lignes, mais à peine 40 d'entre elles sont la traduction réelle du texte. De manière moins habituelle, la traduction imite le vers latin, et est donc similaire au poème anglais du à la fois mieux connu et plus apprécié, Cursor Mundi.

Richard Rolle (1290–1349) publia un psautier anglais. De nombreuses œuvres religieuses ont été attribuées à Rolle, mais ces attributions sont aujourd'hui remises en question. Beaucoup d'entre elles se préoccupent de piété personnelle et ont été en vogue chez les Lollards.

Le théologien du John Wyclif est considéré comme le traducteur de ce qui a donc été appelé la Bible de Wyclif. Il est toutefois incertain qu'il ait traduit toute la Bible lui-même et on ne sait pas exactement ce qui lui l'a été de sa main. Cette traduction a été publiée en deux versions. Le texte le plus ancien est caractérisé par une conservation quasi-systématique de l'ordre des mots latins, ce qui était susceptible de rendre le sens du texte obscur pour les lecteurs non latinistes. La deuxième version tenait davantage compte de la grammaire anglaise.

Anglais moderne naissant La Bible Tyndale

vignette|Plaque sur le site du St Thomas' Hospital à Londres, où fut imprimée la première Bible anglaise. (L'inscription comporte une erreur : la Bible de Miles Coverdale, parue en 1535, est plus ancienne.) La période de l'anglais moderne naissant s'étend environ de 1500 à 1800. Cette première grande période de traduction de la Bible en langue anglaise a commencé avec la parution de la Bible Tyndale.. La première édition complète de son Nouveau Testament a été publiée en 1526. William Tyndale a utilisé les textes grecs et hébreux du Nouveau Testament et de l'Ancien Testament en plus de la traduction latine de Jérôme. Il fut le premier traducteur à utiliser la presse à imprimer - ce qui permit la distribution de plusieurs milliers d'exemplaires de sa traduction du Nouveau Testament dans toute l'Angleterre. Tyndale n'a pas terminé sa traduction de l'Ancien Testament..

La Bible Coverdale

La première traduction en anglais de la Bible complète à être imprimée fut celle produite par Miles Coverdale en 1535, à partir de la traduction de Tyndale et de traductions personnelles depuis le latin ou l'allemand (la Bible de Luther dont le Nouveau Testament est parue en 1522 et l'Ancien Testament en 1534). Après de longues controverses scientifiques, le consensus est à présent que cette Bible a été imprimée en 1535 à Anvers (le colophon donne la date du ). Cette première édition a été adaptée par Coverdale pour sa première "version autorisée", connue sous le nom de Grande Bible, de 1539.

La Bible de Genève

En 1560 paraît la Bible de Genève (ou Geneva Bible). Réalisée à Genève par un cénacle de calvinistes réfugiés autour de John Knox et de Jean Calvin, la Geneva Bible était la première à être entirèrement traduite depuis des originaux hébreux et grecs. Elle est également remarquable pour être la première Bible anglaise divisée en versets numérotés. Dotée de notes et d'une introduction pour chaque livre, elle niait le droit divin des Rois et diffusait une théologie nettement calviniste. Son prix abordable et son format compact lui assurèrent une grande diffusion et un succès durable (elle sera réimprimée 150 fois).. Bible favorite des puritains et des opposants à l’Église d'Angleterre, elle accompagnera en Amérique du Nord les premiers colons de Virginie, implantés à Jamestown à partir de 1607., puis les séparatistes puritains ou pères pèlerins () à bord du Mayflower en 1620, et elle devient la Bible la plus utilisée en Nouvelle-Angleterre, et la seule utilisée dans la colonie de Plymouth. ; son influence fondatrice sur le protestantisme américain a ainsi été majeure.

La Bible des Évêques vignette|Frontispice de la Bible des Évêques, orné d'un portrait d'Élisabeth I (édition in-quarto de 1569).

La Bible des Évêques, parue en 1568, fut une tentative mal aboutie d'Élisabeth de créer une nouvelle version autorisée. Sa traduction ne fut pas ou peu coordonnée et elle est hétéroclite en termes de style et de vocabulaire, parfois chargée de termes ecclésiastiques. Elle est en outre de grande taille et peu maniable, et semble destinée davantage à être lue dans les églises que dans les foyers chrétiens. Elle fut profondément révisée en 1572, mais ses insuffisances ne lui permettront pas d'endiguer le succès de la Bible de Genève comme l'espéraient les évêques anglicans.

La Bible du roi Jacques

La large diffusion et l'orientation calviniste voire républicaine des commentaires de la Geneva Bible indisposant fortement le roi d'Angleterre Jacques , celui-ci demande qu'une nouvelle traduction autorisée, meilleure que la Bible des Évêques, soit mise en chantier. Celle-ci paraît en 1611, œuvre d'une cinquantaine de traducteurs dont le travail s'est étendu sur quatre ans et demi sous le contrôle efficace de l'archevêque de Cantorbéry Richard Bancroft. La nouvelle traduction sera baptisée Bible du roi Jacques (King James version), du nom de son royal commanditaire. Ironiquement l'influence de la traduction de la Geneva Bible sur la Bible du roi Jacques fut très significative, représentant près de 20% du texte Charles C. Butterworth, The literary lineage of the King James Bible (Philadelphie, 1941), cité par Matthew Barret, The Geneva Bible and its influence on the King James Bible, [lire en ligne https://founders.org/site/wp-content/uploads/2018/03/FoundersJournal86.pdf]..

La Bible Douai-Reims

La première Bible catholique en anglais fut la Bible de Douai–Reims, dont le nouveau testament parut à Reims en 1582 et l'ancien testament un peu plus tard à Douai. L'ancien testament était achevé au moment de la publication du nouveau testament, mais en raison de circonstances difficiles et de problèmes financiers, il ne fut publié que près de trois décennies plus tard, en deux éditions, en 1609 et 1610. Dans cette version, les sept livres deutérocanoniques sont mélangés avec les autres livres, plutôt que d'être classés séparément dans un appendice..

Anglais moderne Méthodes de traduction Alors que les traductions des premières Bibles en anglais se fondaient généralement sur un petit nombre de textes sources grecs ou sur des traductions latines, les traductions anglaises modernes de la Bible sont basées sur une plus grande variété de manuscrits dans les langues originales (grec et hébreu). Les traducteurs ont fait de gros efforts pour recouper les différentes sources telles que la Septante, le Textus Receptus et le texte massorétique. En outre, des découvertes récentes, comme les manuscrits de la mer Morte, ont fourni des informations supplémentaires. Il y a une certaine controverse sur les textes qui doivent être utilisés comme base de traduction, car certaines des sources alternatives n'incluent pas des membres de phrase (ou parfois des versets entiers) qui se trouvent seulement dans le Textus Receptus.

Certains pensent que les sources alternatives ne sont pas représentatives des textes utilisés à leur époque, tandis que d'autres soutiennent que le Textus Receptus comprend des passages ajoutés de façon inappropriée. Ces passages controversés ne sont toutefois pas le fondement de questions de doctrine controversées. De nombreuses traductions anglaises modernes, comme la Nouvelle version internationale, règlent ce problème en signalant en note où se situent les différences dans les sources originales.

Les traductions modernes adoptent différentes approches pour rendre les langues d'origine de manière à la fois fidèle et intelligible. Ces approches se situent généralement entre ces deux extrêmes :

L'équivalence formelle (parfois appelée traduction littérale) dans laquelle la priorité est donnée à la préservation du sens de chaque mot et de chaque tournure de l'original, avec une priorité moindre sur l'intelligibilité par les lecteurs modernes. L'équivalence dynamique (ou équivalence fonctionnelle, parfois traduction paraphrasée) dans laquelle le traducteur tente avant tout de rendre le sens et l'intention de l'original. La Good News Bible en est un exemple.

Certaines traductions ont été motivées par une forte spécificité théologique, comme la conviction que le nom de Dieu doit être préservé sous une forme sémitique, comme on le voit dans les Sacred Name Bibles. La Purified Translation of the Bible (traduction purifiée de la Bible) promeut l'idée que Jésus et les premiers chrétiens ne buvaient pas de vin, mais du jus de raisin.. La New World Translation of the Holy Scriptures des Témoins de Jéhovah remplace le tétragramme (YHWH) par le mot Jéhovah dans tous l'ancien testament; il l'utilise aussi dans le nouveau testament, au-delà même des citations de l'ancien testament, bien que ce mot n'apparaisse pas dans le texte grec.

Approches alternatives