vignette|alt=Emissions « territoriales » (hors émissions indirectes) de gaz à effet de serre de la France depuis 1990 (hors secteurs UTCATF et transport international)|Émissions territoriales de gaz à effet de serre de la France depuis 1990 (en millions de tonnes équivalent , hors secteurs UTCATF et transport international).

Les émissions de gaz à effet de serre (GES) en France métropolitaine étaient estimées à environ de tonnes équivalent en 2021 (hors secteur utilisation des terres, changement d'affectation des terres et foresterie (UTCATF) et hors transport international). S'y ajoutent les émissions des départements et régions d'outre-mer (environ de tonnes équivalent ) et celles des collectivités d'outre-mer (environ de tonnes équivalent estimées pour 2019). Selon les bilans officiels, les émissions de la France métropolitaine et des départements et régions d'outre-mer (périmètre géographique du protocole de Kyoto) ont baissé de 23,1 % depuis 1990.

En 2017, le secteur de l'énergie comptait pour environ 70 % des émissions de GES, loin devant l'agriculture (17 %) et les procédés industriels (9 %) ou les déchets (4 %). Le transport aérien international de la France émettait en 2019 de tonnes équivalent , devant le transport maritime international à de tonnes équivalent .

Le bilan du secteur UTCATF (utilisation des terres, changement d'affectation des terres et foresterie) en fait un puits de carbone (émissions négatives en 2019 avec absorption de de tonnes équivalent en 2019).

vignette|Émissions territoriales et empreinte carbone par habitant en France (en tonnes équivalent par habitant, hors secteurs UTCATF et transport international)

Les émissions moyennes par habitant sur le territoire français (hors UTCATF et hors transport international) sont de équivalent en 2019. Prenant en compte les importations et les exportations, l'empreinte carbone moyenne par habitant est de équivalent pour cette même année. Entre 1995 et 2020, elle a diminué de 25 % (en grande partie grâce au confinement et à la baisse d'activité industrielle induite par la pandémie de Covid-19).

Le seul dioxyde de carbone () contribue pour environ 75 % à l'effet de serre global engendré par les émissions directes de la France, devant le méthane (, 12 %), le protoxyde d'azote (, 9 %) et les hydrofluorocarbures (4 %). Les perfluorocarbures, l'hexafluorure de soufre () et le trifluorure d'azote contribuent quant à eux pour moins de 1 %. La contribution du méthane est cependant d'après l'Agence internationale de l'énergie sous évaluée, à la fois en quantité émise. et par son coefficient de potentiel de réchauffement global, lissé dans le temps, qui minimise les variations annuelles réelles., à 23'..

En décembre 2020 et dans le cadre de l'accord de Paris, l'Union européenne et la France se sont engagés à réduire de 55 % leurs émissions d'ici 2030 par rapport à l'année 1990, soit un rythme moyen annuel de réduction des émissions environ deux fois plus élevé que celui observé sur la décennie 2010-2019 en France. Le dernier plan climat de la France fixe la neutralité carbone en 2050, soit une division par 7 de ses émissions par rapport à 1990. En 2022, des progrès existent, mais trop lents, surtout dans le secteur de l'énergie, pour atteindre les objectifs de 2030, alerte le Haut Conseil pour le climat.. D'après le Citepa, les émissions brutes de gaz à effet de serre ont baissé de 5,8 % en 2023 (en passant de 396 à 373 Mt éqCO2), une baisse en partie conjoncturelle. En revanche, l’objectif d'un puits de carbone entre n'est pas tenu avec seulement réalisées du fait de la dégradation des sols et de la santé des forêts..

Histoire Le thème du réchauffement climatique et des émissions de gaz à effet de serre du pays commence à être abordé par le Gouvernement français au moment de la préparation du Sommet de la Terre à Rio (Juin 1992) avec, notamment, la mise en place d'un Groupe interministériel sur l'effet de serre, transformé en « mission » en 1990., 1992 étant aussi l'année de création de l'Ademe.

En 2023, le plan France Nation verte de planification écologique vise la réussite de la transition écologique du pays, impliquant notamment une baisse de 55 % de ses émissions de gaz à effet de serre (GES) avant 2030. La baisse d'émission de GES de 2023 a été « essentiellement conjoncturelle » alerte le Haut Conseil pour le climat (cf. températures moyennes très douces en hiver, et baisse de l’activité économique). Le HCC s'inquiète aussi de la forte dégradation des puits de carbone forestier en France.. Cette année-là le pays a émis d'équivalent (hors UTCATF), en diminution de 31 % par rapport à 1990. Les baisses les plus forte viennent des secteurs de l'énergie et de l'industrie manufacturière, et moindrement du résidentiel et du tertiaire. Les émissions du transport ont elles augmentées entre 1990 et 2023. La pandémie de Covid-19 n'a suscité qu'une baisse conjoncturelle et momentanée en 2020-2021. L'UTCATF correspond à des émissions négatives (par séquestration nette de par la biomasse et les sols), mais qui est loin de compenser les émissions anthropiques.. Cette année-là, l'empreinte carbone du pays a été estimée à éq, soit de éq par habitant (−4,1 % par rapport à 2022).

Calcul des émissions - Méthodologies et obligations Deux méthodes économétriques complémentaires permettent d'apprécier les émissions de gaz à effet de serre d'un pays : les « inventaires nationaux » qui calculent les quantités de gaz émises à l'intérieur uniquement d'un pays (c'est une approche territoriale), et « l'empreinte carbone » qui prend en compte les importations et les exportations de biens et services.

Inventaire des émissions nationales L'inventaire des émissions nationales estime les quantités de gaz à effet de serre émises à l'intérieur du pays, et non les « émissions importées ». Les estimations reposent sur les connaissances scientifiques et les données disponibles.. Ce ne sont pas des mesures directes, mais leur marge d'erreur est une incertitude qui peut être estimée. Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) fournit une base méthodologique depuis 1996 pour la réalisation des inventaires... Sa dernière actualisation date de 2019..

Les principaux gaz à effet de serre pris en compte dans les inventaires sont ceux reconnus par le Protocole de Kyoto : le dioxyde de carbone (), le méthane (), le protoxyde d'azote (), les hydrofluorocarbures (HFC), les perfluorocarbures (PFC), l'hexafluorure de soufre () et le trifluorure d'azote () depuis 2013..

L'unité de mesure usuelle des émissions est la tonne équivalent , soit la quantité de à émettre pour avoir la même action de forçage climatique ; elle permet une mesure commune à l'ensemble des différents gaz à effet de serre,car tous les gaz à effet de serre n'ont pas le même potentiel de réchauffement. Ainsi, une tonne de méthane émise dans l'atmosphère a un potentiel de réchauffement beaucoup plus élevé qu'une tonne de dioxyde de carbone.

Dans un inventaire national, seules les émissions anthropique (liées aux activités humaines) sont comptabilisées, qui contribuent à un effet de serre dit « additionnel par rapport aux émissions naturelles ».. Ces dernières (fermentations naturelles, éruptions volcaniques) ne sont pas prises en compte dans les bilans nationaux.

Les principales sources anthropiques de gaz à effet de serre sont d'abord la combustion d'énergie fossile (pour les transports, la production d'électricité, les réseaux de chaleur, le chauffage, la cuisine, l'eau chaude sanitaire et les besoins de l'industrie manufacturière), les procédés industriels (métaux, chimie, ciment, verre, chaux), loin devant la déforestation, l'urbanisation des terres, le traitement des déchets et des eaux usées, l'agriculture (engrais, cheptels), la réfrigération/climatisation...

Dans le cadre des accords internationaux sur le climat, les émissions des transports internationaux sont estimées mais ne sont pas prises en compte..

Lorsque les gaz à effet de serre ne sont pas émis mais absorbés (par exemple par une forêt en croissance ou par une technologie de séquestration souterraine du ), les émissions sont dites négatives.. On ne parle plus alors de sources d'émissions mais de puits. Les absorptions par la biomasse et les sols sont prises en compte dans le secteur appelé Utilisation des terres, changement d'affectation des terres et foresterie (UTCATF) qui couvre la récolte et l'accroissement forestier, la conversion des forêts (défrichement) et des prairies..

Empreinte carbone et difficulté de prise en compte des « émissions grises » La stratégie nationale bas carbone (SNBC) de 2015, mise à jour le , vise une neutralité carbone à horizon 2050, supposée effective quand les émissions anthropiques de GES sont entièrement compensées par des puits de carbone (qu'ils soient naturels et/ou artificiels), mais les inventaires nationaux omettent de prendre en compte les « émissions grises » ou « indirectes » réellement associées à une consommation finale, c'est-à-dire induites par les importations et les exportations, ce qui empêche d'avoir une vision d'ensemble de la pression exercée par le pays sur le climat. Or, selon un rapport OFCE récent (2020), et au début du , les pays sont rarement capables de prendre en compte et reconnaître leurs émissions grises..

L'empreinte carbone de la France correspond aux émissions territoriales auxquelles sont ajoutées les émissions associées aux importations et soustraites celles liées aux exportations. Cet indicateur permet de prendre en compte toutes les émissions liées à la demande intérieure du pays, à savoir la consommation des ménages, des administrations publiques et des organismes à but non lucratif. La loi Sas (2015)Loi 2015-411 du 13 avril 2015 sur la construction de nouveaux indicateurs de richesse dans l'évaluation de politiques publiques inclut ainsi celui d'empreinte carbone. Son suivi est assuré par le Commissariat général au développement durableJean-Louis Pasquier, « Méthodologie de calcul de l'empreinte carbone de la demande finale intérieure française », Commissariat général au développement durable, Service de la donnée et des études statistiques, avril 2016..

Le calcul des empreintes carbone des pays n'est pas cadré par des normes ou règles internationales ou nationales. La modélisation macro-économique (calcul entrée-sortie) est celle privilégiée par les organismes statistiques internationaux et par la communauté scientifique ; plusieurs modèles de calcul entrée-sortie multi-régionaux étaient déjà disponibles au début des années 2010., dont les résultats diffèrent, mais donnent des estimations d'empreinte plutôt convergentes selon Moran & Wood (2014).. L'Europe, via Eurostat fait de premières évaluations depuis 2011Eurostat (2011) Creating consolidated and aggregated EU27 Supply, Use and Input-Output Tables, adding environmental extensions (air emissions), and conducting Leontief-type modelling to approximate carbon and other 'footprints' of EU27 consumption for 2000 to 2006, Technical Documentation eeSUIOT project, Luxembourg, March 2011, 57 p. ec.europa.eu/eurostat/web/environment/methodologyEurostat, 2011. emissions induced by EU's final use of products are estimated to be 9 tonnes per capita, Statistics in focus 22/2011, 8 p...