En France, l'accès aux études des métiers de la santé (médecin, chirurgien-dentiste, sage-femme, pharmacien et kinésithérapeute) se fait
soit après une première année de licence avec une option « accès santé » (L.AS).
Histoire
La première année du premier cycle d'études médicales ou PCEM1 (1971-2009)
Au cours de la décennie 1960-1970, le nombre d’étudiants en médecine augmente considérablement (de en 1960-61, à en 1968-69Rapport du Sénat, Projet de loi de finances pour 1970, tableau des effectifs par discipline (1960-1969), p. 102 Lire en ligne). La loi du , aménageant certaines dispositions de la loi Faure, donne aux ministres de l’Éducation et de la Santé le pouvoir de fixer le nombre d'étudiants de première année du premier cycle des études médicales ou odontologiques (chirurgie dentaire) admis à entrer en deuxième année du premier cycleJournal officiel du 13 juillet 1971. Ce sont alors les capacités formatrices des hôpitaux qui déterminent ces effectifs. Ensuite, la loi du précise qu’il faut de plus prendre en compte « les besoins de la population »Journal officiel du 3 janvier 1979.
La première année commune aux études de santé ou PACES (2010-2020)
La loi du instaure une première année commune aux études de santé (PACES), qui concerne désormais les études pharmaceutiques et celles de maïeutique (sage-femme), à compter de 2011.
Pour remédier au taux d’échec élevé des étudiants aux différents concours de la PACES, la loi relative à l'enseignement supérieur et à la recherche de 2013 instaure plusieurs passerelles permettant l'accès aux études médicales, odontologiques, pharmaceutiques ou de maïeutique pour une durée de six ans, étendu à huit en 2018Article 39 de la Article 16 de la .
En , la sélection pour l'accès aux études de masseur-kinésithérapeute est ouverte aux étudiants sélectionnés sur concours après avoir validé le parcours d’accès spécifique santé (PASS) ou une première année de licence avec un accès santé (L.AS).
En 2016, à l’initiative du Premier Ministre, une Grande conférence de la santé est lancée et permet la constitution d’un réseau autour d’une vision commune du « problème » et de la « solution ».
Le parcours accès santé spécifique ou PASS, la licence accès santé ou LAS et la fin du numerus clausus (à partir de 2019)
La loi du relative à l’organisation et à la transformation du système de santé supprime le numerus clausus à compter de la rentrée universitaire 2020.
Modalités d'accès en PASS et L.AS Quotas d’accueil
Les quotas d'accueil des formations en deuxième et troisième années de premier cycle sont déterminés annuellement par les universités. Pour déterminer ces quotas d'accueil, chaque université prend en compte les objectifs pluriannuels d'admission en première année du deuxième cycle de ces formations. Ces quotas pluriannuels, qui tiennent compte des capacités de formation et des besoins de santé du territoire, sont arrêtés par l'université sur avis conforme de l'agence régionale de santé concernée. L'agence régionale de santé consulte, au préalable, la conférence régionale de la santé et de l'autonomie concernée. Les quotas pluriannuels d'admission en première année du deuxième cycle sont définis au regard d'objectifs nationaux pluriannuels ; ces quotas tiennent compte du nombre de professionnels à former pour répondre aux besoins du système de santé, , pour permettre l'insertion professionnelle des étudiants des métiers de santéArticle L631-1 du code de l'Education modifié par la loi du 24 juillet 2019.
Parcours Accès Spécifique Santé (PASS) Le Parcours Accès Spécifique Santé est dispensé dans une université comportant une unité de formation et de recherche de santéArticle R631-1 du code de l'Éducation modifié par le décret du 4 novembre 2019. L'étudiant doit choisir une mineure en complément, qui correspond à ses points forts (par exemple : option droit, biologie, littérature). Le PASS remplace la PACES, première année commune aux études de santé, à la fin de laquelle il y avait beaucoup d'échecs, à la suite de la réforme des études de santé de 2019. Associée à la L.AS, le PASS
En dépit de la réforme, ces deux voies d'accès restent particulièrement sélectives. Les étudiants n'ont plus le droit de redoubler en PASS mais sont obligés, en cas d'échec, de se diriger vers une LAS s'ils veulent retenter leurs chances en médecine. C'est pourquoi bien souvent les candidats de niveau moyen se tournent vers une prépa médecine, souvent durant un an, après l'obtention du baccalauréat, pour accéder par la suite aux études de santé en maîtrisant déjà le programme de PASS.
L'organisation détaillée de ce parcours est laissé au instances des universités, de même que la répartition des coefficients et crédits ECTS des différentes UE, mais il s'articule généralement autour des Unités d'Enseignement suivantes :
Chimie, Biochimie, Génome La Cellule et les Tissus (Biologie cellulaire) Physique et Biophysique Mathématiques, Biostatistiques Anatomie et Physiologie Connaissances du médicament Santé, Société, Humanité Sciences de la santé Connaissance de l'anglais Spécialité(s) (à choisir en début de premier ou deuxième semestre selon modalités, ou UE même inexistante dans certaines Universités) (6 ECTS, fixés nationalement pour toutes les Universités) (6 ECTS, fixés nationalement pour toutes les Universités)
Un module de préparation aux épreuves orales est aussi proposé.
L'UE de spécialité a pour but d'anticiper et de préparer dans la voie choisie. Parfois, les étudiants peuvent 2 voire 3 UE de spécialité proposées (telles que médecine, pharmacie, masso-kinésithérapie, etc.) pour leurs différents vœux d'orientation post-PASS, mais cela peut être aussi restreint à une seule UE de spécialité. Un tel cumul entraîne une hausse de la charge de travail mais l'étudiant sera classé différemment selon chaque UE de spécialité pour les concours demandés. Certaines facultés ne proposent pas ces UE et ne procèdent qu'à un classement basé sur le tronc commun de la majeure santé et de la mineure disciplinaire.
Finalement, la mineure disciplinaire, choisie par l'étudiant sur Parcoursup, rapporte 12 ECTS au total annuel, sur 60 ECTS, soit 20 % de l'année, tandis que la majeure santé qui regroupe les autres UE représente 80 % de l'année. Les pondérations de la majeure santé sont laissées libres aux facultés de médecine.
L'organisation de la mineure disciplinaire et la pondération des différentes épreuves est quant est fixée par le departement qui enseigne ladite mineure. Par exemple, pour un étudiant en PASS à la faculté de médecine avec une mineure Sciences de la vie à la faculté des sciences, les 80 % que représente la majeure santé dans le PASS sont organisés et régis par la faculté de médecine de son Université, tandis que les 20 % que représente la mineure Sciences de la vie dans le PASS sont organisés et régis par la faculté des sciences.
source de discrimination au classement dans les différents concours pour les étudiants ayant reçu l'enseignement d'une mineure plus « compliquée » (par exemple avec du contrôle terminal à 100%) vis-à-vis des étudiants ayant reçu l'enseignement d'une mineure plus « facile (par exemple avec du contrôle continu intégral), en cumul au tronc commun. Pour remédier à cela, certaines facultés de médecine procèdent à une harmonisation des mineures disciplinaires, afin de permettre un interclassement des étudiants ayant des mineures différentes. Pour ce faire, la note finale de chaque étudiant dans la mineure disciplinaire est modifiée de manière que les écarts types et les moyennes de groupe de chaque mineure disciplinaire soient semblables. Ainsi, l'étudiant qui avait une mineure plus « compliquée » verra sa note augmenter, tandis que l'étudiant de la mineure plus « facile verra sa note diminuer.
Licence Accès Santé (L.AS) La licence avec le module « accès santé » est dispensée dans une université comportant ou non une unité de formation et de recherche de santé.
Par exemple à Caen, les licences de droit, psychologie, mathématiques, informatique, physique, chimie, sciences de la vie, sciences pour la santé, économie et STAPS permettront de choisir le module optionnel « accès santé » et ainsi de présenter l'un des concours de santé.
Au terme de la première, deuxième ou troisième année de licence, l'étudiant pourra, s'il valide son année de licence, présenter les concours de médecine, odontologie, maïeutique, masso-kinésithérapie ou pharmacie, constitués d'épreuves écrites et orales pour le second groupe (50% des admis minimum doivent provenir des oraux du second groupe). S'il est reçu, il pourra accéder à la deuxième année de la filière qu'il aura présentée.
Une réforme de ce dispositif est envisagée pour la rentrée 2027.
Notes et références
Annexes Textes réglementaires
Liens externes
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