Chems-Eddine Mohamed Hafiz, né le à Alger, est un avocat franco-algérien. Il est recteur de la grande mosquée de Paris depuis le et membre de la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH)..
Biographie Le , Chems-Eddine Hafiz devient avocat à la Cour d'Alger. et participe à la création de l’Union des jeunes avocats du barreau d’Alger.
Le , il s'inscrit au barreau de Paris et se spécialise à la fois dans le droit international des affaires, notamment entre le Maghreb et les pays arabes, et le droit pénal..
Il a plaidé aux assises. , du nom du jeune Mohammed Khouas, abattu le , par balle par deux frères, Eric et Yann Beaufrère au pied de son immeuble, cité des Chaillots, à Sens, dans l'Yonne. Il avait 19 ans et venait d'obtenir son baccalauréat professionnel de maintenance au lycée de Montbard. Ensuite, l'affaire Sohane Benziane, du nom de la jeune fille découverte inanimée le , gravement brûlée, dans un local à poubelles de la cité Balzac, à Vitry-sur-Seine dans le Val-de-Marne. Elle meurt à l'hôpital à tout juste 17 ans..
En 1998, il devient le conseiller de la grande mosquée de Paris. qu’il représente aux côtés du recteur Dalil Boubakeur à l'occasion de la « consultation » (Istichâra) lancée par le ministre de l'Intérieur Jean-Pierre Chevènement.
En 2002, pour le compte de la grande mosquée de Paris, il assigne devant le tribunal de grande instance de Paris l'écrivain Michel Houellebecq pour et .. L'écrivain est finalement relaxé..
En 2006, au côté de ses confrères Francis Szpiner et Christophe Bigot, il assigne l’hebdomadaire Charlie Hebdo qui a publié les caricatures de Mahomet parues dans le Jyllands-Posten et traitant de façon satirique le prophète de l’Islam. Le journal est relaxé à la faveur du droit au blasphème, de la liberté d'expression et du droit à la satire.
Dans un article de presse paru le , alors recteur de la mosquée de Paris, il revient sur le procès en défendant la liberté d'expression et en expliquant la démarche de cette action en justice : ..
Vingt ans après les attentats du 11 septembre 2001, il publie Le Manifeste contre le terrorisme islamiste. Ce livre, basé sur les arguments théologiques des imams de la grande mosquée de Paris, vise à contredire les thèses qui promeuvent l’amalgame entre l’ensemble des musulmans et les extrémistes, pour ainsi prendre à contre-pied les fatalistes qui estiment que la violence formerait l'ADN de la religion musulmane.
Le , il est reçu au Vatican par le pape François..
Le , jour de fête nationale, Chems-Eddine Hafiz est promu au rang d'officier de la Légion d'honneur par le président français Emmanuel Macron, pour qui il avait appelé à voter trois mois plus tôt.
En , il crée et préside le prix littéraire de la grande mosquée de Paris qui récompense le meilleur roman et le meilleur essai de l'année sur la civilisation de l'islam., décerné pour la première année à Xavier Le Clerc et à Karima Berger. La deuxième édition du prix est remise le à Ahmad Massoud et Abdelkrim Saïfi. La troisième édition, en septembre 2024, a couronné les auteurs Nour Malowé, Dorothée-Myriam Kellou, Louis Blin et Yasmina Khadra.. La quatrième, en 2025, a récompensé Hajar Azell, El Mouhoub Mouhoud, Catherine Mayeur-Jaouen et à titre posthume Abdelwahab Meddeb.
Sous son rectorat, la grande mosquée de Paris organise du au sa première université d'été. La journée d’ouverture se déroule à l'Institut du monde arabe et réunit un panel diversifié de personnalités (représentants des différents cultes, membres de la société civile, imams...). Des tables rondes et conférences traitant de thèmes divers ponctuent ces journées.
Le , le président de la République Emmanuel Macron se rend à la grande mosquée de Paris pour les célébrations du centenaire de la pose de sa première pierre, où il visite une exposition consacrée à ce sujet, se recueille à la mémoire des soldats musulmans morts pour la France et prononce un discours à l'issue duquel il remet à Chems-Eddine Hafiz les insignes d'officier de la Légion d'honneur.
Le , il conclut un accord avec les autorités algériennes permettant à la grande mosquée de Paris d'assurer la certification halal des produits exportés de la France vers l'Algérie à partir du .
En , il organise, avec le ministère algérien de la Jeunesse et des Sports, une colonie de vacances en Algérie pour des enfants venus de France et d'autres pays d'Europe, avec pour volonté de créer des ponts durables entre ces pays. L’expérience est reconduite à l’été 2023 au cours duquel 900 enfants sont envoyés par la grande mosquée de Paris en colonies de vacances en Algérie., puis en 2024 et en 2025 pour 2000 enfants. En juin 2024, il permet également l'envoi de 200 personnes âgées en cures thermales en Algérie, en collaboration avec le ministère algérien du Tourisme.
Lors des élections européennes de 2024 puis des élections législatives françaises de 2024, il appelle publiquement à voter contre l'extrême droite.
Le 21 juin 2024, il associe la Grande Mosquée de Paris à la Fête de la musique, pour la première fois de son histoire.. Une expérience qui est rééditée en 2025.
Il accueille les relayeurs de la flamme olympique le 14 juillet 2024 à la grande mosquée de Paris, l'un des lieux choisis pour le relais lors de son passage dans la capitale.. La grande mosquée de Paris, avec ses imams, contribue aussi à la gestion du centre multiconfessionnel du village olympique de Saint-Denis.
La Grande Mosquée de Paris et Dar Erahma, son service d’aide sociale menant diverses opérations telles que les « Repas solidaires » des mois de Ramadan, ouvrent, en septembre 2024, une épicerie solidaire à Barbès (18e arrondissement de Paris), permettant aux personnes dans le besoin de se fournir en produits de première nécessité. D'autres formes d'actions solidaires sont régulièrement entreprises, comme à l'automne 2025 à l'occasion de dépistages visuels (avec OneSight EssilorLuxottica Foundation) et cardiovasculaires (avec Les cœurs oubliés).
En pleine crise diplomatique entre la France et l'Algérie, il reçoit, le 19 mars 2025, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot pour un Iftar réunissant les ambassadeurs de pays musulmans, et déclare que l'institution qu'il dirige est la , tout en jouissant d'une histoire singulière avec l'Algérie qui lui a permis, selon lui, .
Le 26 avril 2025 au Vatican, à l'invitation du président de la République Emmanuel Macron, il assiste aux obsèques du pape François. Quelques semaines plus tôt, le 10 février, il avait été reçu par le pape afin de lui proposer la création d'une rencontre internationale, à Paris, pour la fraternité entre chrétiens et musulmans.. Il avait aussi participé à la réouverture de Notre-Dame de Paris le 7 décembre 2024.
Après le meurtre d'Aboubakar Cissé dans une mosquée de La Grand-Combe (Gard), il permet l'accueil de sa dépouille à la grande mosquée de Paris pour une cérémonie d'hommage, avant son rapatriement au Sénégal. Dans une tribune au Monde, il réclame des mesures fortes contre l’islamophobie qui, selon lui, « ronge en silence » la France.
En août 2025, le recteur et le cardinal Mgr Jean-Paul Vesco, archevêque d’Alger, signent ensemble une tribune au journal Le Monde pour la fraternité entre la France et l’Algérie.
En septembre 2025, la Grande Mosquée de Paris publie avec l'Institut français d'opinion publique le premier « observatoire des discriminations envers les musulmans de France », qui conduit le recteur à proposer l'introduction au débat du terme « musulmanophobie », pour mieux représenter les actes et les discours visant des personnes de confession musulmane.
Par voie de communiqué, le 21 septembre 2025, il salue la reconnaissance par la France de l’État de Palestine, soulignant que cette décision, publiquement soutenue par la grande mosquée de Paris à plusieurs reprises, « reflète une exigence de justice et une fidélité au droit international, qui doit guider l’action des nations ».
Responsabilités associatives Chems-eddine Hafiz est président de l'association Vivre l'islam, producteur sur la chaîne France 2, tous les dimanche matin, de l’émission Islam.
En 2001, il crée au sein du barreau de Paris l'Association des avocats algériens de France qui regroupe des avocats originaires d'Algérie. En 2008, il en modifie la dénomination qui devient Association Euro-Maghreb des avocats de droit d'affaires (AEMADA). Il en est aujourd'hui le président d'honneur depuis 2013 . Il s'exprime régulièrement à propos de l'espace juridique algérien par l'intermédiaire de son blog, dédié à la commission Paris-Alger du barreau de Paris et de l'AEMADA.. Il est désigné en 2013 par l'ordre des avocats à la cour d'appel de Paris responsable de la commission internationale Paris-Alger.
Au cours de sa carrière d'avocat il défendra, entre autres, l'ambassade d'Algérie en France ainsi que le Front Polisario, mouvement politique et armé, indépendantiste pour une République arabe sahraouie démocratique (RASD) qui s'oppose depuis 1976 au Maroc pour le contrôle du Sahara occidental.
À la suite des attentats du 13 novembre 2015 en France, il crée avec des avocats du barreau de Paris l'association « La fraternité du Barreau de Paris », réunissant des avocats de diverses confessions. Cette association a organisé des rencontres à la Mosquée de Paris, à la grande synagogue de la Victoire, à Notre-Dame de Paris et au temple protestant de l'Oratoire du Louvre.
En , il co-fonde avec Xavier Emmanuelli l'association Les Vendredis de la Connaissance dans le but d'organiser des universités populaires sur des enjeux de société et de religion.
Il préside l'association Les bâtisseurs des mosquées de France qui a pour objet de rendre hommage et de faire connaître l'histoire des personnes ayant construit le patrimoine cultuel musulman de France.
En , il est élu à l'Académie des sciences d'outre-mer.
Organisation du culte musulman De à , Chems-Eddine Hafiz est membre du bureau exécutif de l'instance représentant le culte musulman : le Conseil français du culte musulman (CFCM). Il en est le vice-président de 2008 à 2021.
Il est membre de la commission de réflexion juridique sur les relations des cultes avec les pouvoirs publics, dite commission Machelon désigné par Nicolas Sarkozy, ministre de l'IntérieurVoir sur vie-publique.fr..
Il est membre fondateur de la Fondation pour les œuvres de l'Islam.
Il est également membre de la Conférence des responsables de culte en France (CRCF).
Le , élu président de la Société des Habous et lieux saints de l'Islam, dont il était le vice-président depuis 2001, il devient recteur de la grande mosquée de Paris, en remplacement de Dalil Boubakeur qui a démissionné de ce poste.
Il est l'un des rédacteurs et des cinq signataires de la charte des principes pour l'islam de France, présentée le au président de la République Emmanuel Macron.
Le , il annonce que la fédération de la grande mosquée de Paris et trois autres fédérations fondatrices quittent le bureau exécutif du CFCM, pour former un nouvel organe de représentation de l'islam en France, « La Coordination ».
En , il lance l'Observatoire des droits de la grande mosquée de Paris pour œuvrer sur les et, dans la continuité, signe un partenariat avec la Licra pour lutter contre l'islamophobie et pour l'accès universel au droit.
Le , il saisit en référé le Conseil d'État pour demander un aménagement exceptionnel du couvre-feu, alors en vigueur en France, permettant l'ouverture des lieux de culte musulman lors de la Nuit du Destin. La demande est finalement rejetée au motif que l'impossibilité de se rendre dans un lieu de culte .