vignette|250px|Les armoiries de la ville de Perpignan sur un écu en losange se blasonnent ainsi : D'or à quatre pals de gueules; à l'écusson en bannière d'azur brochant sur le tout, chargé de saint Jean Baptiste debout de carnation, auréolé d'or, vêtu d'une tunique en poils de chameau serrée à la taille d'une ceinture de cuir, le tout au naturel, et d'un manteau de pourpre doublé de sinople, tenant de sa dextre une croix haute d'or et sur son bras senestre un agnelet d'argent. Devise: regi et deo semper fidelissima (« toujours fidèle au roi et à Dieu »).Il s'agit des armes d'Aragon, concédées par le roi d'Aragon, Martin Ier, en 1400, sur lesquelles fut ajouté saint Jean Baptiste, patron de la ville. Variante : D’or à quatre pals de gueules, à saint Jean Baptiste d'or sur des ondes d’argent, brochant sur le tout. Charles d'Hozier, quant à lui, dans son Armorial général de France de la fin du donne comme armoiries à Perpignan : D'or plain; au chef palé d'argent et d'azur.
Cet article relate l'histoire de la ville de Perpignan dans le département des Pyrénées-Orientales.
Histoire
Préhistoire et protohistoire Malgré la difficulté de pratiquer des fouilles en milieu urbain, quelques vestiges témoignent de l'occupation du site de Perpignan avant le développement de la ville. On peut mentionner des traces d'habitat néolithique trouvés près du mas Bruno (vers l'échangeur de la RN 116), quelques objets de la civilisation des champs d'urnes de l'âge du Bronze final dans le même secteur, ainsi que des débris de céramique de la fin de l'âge du bronze et du début du premier âge du fer dans les environs de l'école Saint-Jean.
Époque romaine
vignette|Ruines du forum de Ruscino L’histoire de Perpignan ne commence pas avant le . En effet, un peuple ibère, les Sordes, aurait occupé la plaine du Roussillon, vers 500 avant Jésus-Christ. Les échanges commerciaux et culturels ont pu se faire à travers les comptoirs grecs installés le long de l'actuelle Catalogne, à Empúries, et aussi à Agde, en Languedoc. La deuxième guerre punique amena les Romains dans ces contrées. Les Ibères ont été ainsi en dehors des Ligures de Provence, romanisés bien avant les Celtes installés plus au nordDossier d'archéologie novembre 1997 : Les Ibères de l'Andalousie au Languedoc..
À cette époque, Perpignan n’existait toujours pas, mais l’oppidum de Ruscino (actuel lieu-dit du Château-Roussillon ou Castell Rosselló), situé à l’est de la ville, était le siège de l’administration romaine de la régionHistoire du Roussillon. Étymologiquement, Roussillon doit son nom à Ruscino.
Au fil des années, Ruscino se fit disputer le titre de capitale par la ville d’Elne (Illiberis), jusqu’à la chute de Rome et l’arrivée des Wisigoths en 412. Actuellement, il n'y aucune trace ou document stipulant le passage des Wisigoths à Ruscino ; en outre, les chrétiens fondèrent l'évêché d'Elne, délaissant ainsi la ville de RuscinoRuscino.. Par la suite, les Sarrasins vont annexer le royaume wisigoth vers 711.
Après l'invasion par les Arabes, Pépin le Bref, puis, par la suite, Charlemagne, reconquirent la région définitivement vers 811 ; c'est alors que commence l'ère carolingienne et la construction de plusieurs villages sur la plaine du Roussillon, notamment Perpignan à quelques kilomètres de Ruscino.
L'après-Ruscino gauche|vignette|Chapelle Saint-Pierre vignette|Une tour de Château-Roussillon. vignette|Emplacement du « noyau urbain primitif » de Perpignan (Xe siècle), Fig. 1.. Les altitudes, en mètres, (25m, etc.) sont approximatives. Intervalle entre les courbes de niveau (www.axismaps.com) : 6 mètres (environ). D’après la tradition, Perpignan aurait été fondée par Pere Pinya (Pierre Pigne).. La légende a été restituée par Bernard Sergent..
Les plus anciens vestiges archéologiques découverts sont datés du ..
La première mention de Perpignan figure dans un acte daté du par lequel un certain Aton (Ato) vend, pour , les alleux d’Anglars et de Saleilles, avec leurs églises Saint-Jean et Saint-Étienne, à Wadalde, évêque d’Elne et frère du comte Gausbert d’Empúries et de Roussillon : ces alleux confrontaient d'un côté avec Cabestany (villa de Cabestagnio) et, de l'autre, avec Perpignan (villa Perpiniano) ..
En , Guisandus et son épouse Genta vendent à Sisegutus et à son épouse Arcedonia, une vigne sise au territoire de Villa Gothorum ou Malleoles (aujourd’hui Mailloles ou Malloles, au sud-ouest). Elle était sur le chemin qui va du village de Villa Perpiniani à Orle. Enfin en , le testament du comte , marquis de Gothie, parle de l'alleu de Perpignan…
…illo alode de Perpiniani…
…qu'il lègue par tiers à l'abbaye de Saint-Pierre de Rodes (actuellement en Catalogne), et aux cathédrales de Gérone et Elne. 961 est l’année où Guilabert reçoit le comté de Roussillon en héritage de son père tandis que son frère reçoit celui d’Empúries (actuellement en Catalogne). En 991 Guilabert s’installe à Perpignan, transformant la ville en capitale locale. À cette époque le Roussillon n'était qu'un territoire côtier.
Du début du Moyen Âge au royaume de Majorque C’est au Moyen Âge, à partir de la fin , que la ville connaît son essor. Ce succès est dû au choix des comtes de Roussillon d'alors ( ou son fils ) de faire de Perpignan leur capitale, qui gagnera plus tard en importance, jusqu’à attirer l’évêque, résidant normalement à Elne. On y construit le château comtal, une église (consacrée en 1025) et un hôpital, le tout placé sous le patronage de saint Jean. De nos jours, l’église est nommé Saint-Jean-le-Vieux, elle se trouve à côté de la cathédrale. L’hôpital a changé de lieu : il est actuellement au nord de la ville (Haut-Vernet), mais retrouve son nom d’origine d'hôpital Saint-Jean. Quant au château, il n’en reste que quelques salles enterrées situées actuellement sous le cours MaintenonHistoire du Roussillon et Perpignan ; à cette époque-là, la ville n'est pas dotée de remparts.
En , l’église Saint-Jean ( Saint-Jean le Vieux) devient une collégiale.
La communauté des habitants de Perpignan se voit octroyer des chartes de privilèges en puis en , , et .
En , le comte lègue son comté au comte de Barcelone afin qu'il ne tombe pas entre les mains de ses demi-frères que les papes et avaient écartés de la succession en les déclarant adultérins. Cent quarante-cinq chefs de famille prêtent serment d’hommage de fidélité à lorsqu’il vient à Perpignan recueillir son héritage. En , le roi envisage de déplacer la ville sur le Puig des Lépreux ( place du Puig).
En , une charte de consulat règle l’organisation municipale de Perpignan. Ses habitants disposent de privilèges étendus, comme celui d’élire des consuls, un par « main » représentante chacune d’une classe sociale. On distingue ainsi les mains majeure, moyenne et mineure, qui sont représentées sur la façade de l'Hôtel de Ville encore à l"heure actuelle.
La capitale du royaume de Majorque , dit « le Conquérant », fit des conquêtes vers l'Est de la couronne d'Aragon, propulsant ainsi Perpignan à son apogée durant 68 années (1276-1344).
Entre 1276 et 1344, Perpignan connaît son âge d’or ; la ville est alors la capitale continentale du royaume de Majorque constitué par Jacques le Conquérant pour l'enfant Jacques, son fils cadet, et comprenant, outre les îles Baléares, le Roussillon, la Cerdagne et la seigneurie de Montpellier. Sa population et sa surface quadruplent en moins d’un siècle. C’est l’époque des grands chantiers, ceux de la cathédrale Saint-Jean-Baptiste et du palais des rois de Majorque.
De plus, durant cette période d'apogée, Perpignan connaît un essor industriel et commercial important grâce notamment à son rôle politique, à sa structure consulaire et corporative et à sa population active, notamment de pareurs de draps, de teinturiers, et de tisserandsLe Moyen Âge à Perpignan.
Le roi de France y meurt le .
Entre la couronne d'Aragon et la France vignette|Perspective cavalière du siège de Perpignan par Enea Vico (dessin de 1542) En 1344, Perpignan perd son statut de capitale par la réintégration du royaume de Majorque dans la couronne d’Aragon. Dès 1346, elle est durement touchée par la peste noire. La ville ne s’en remet pas pendant longtemps.
Du au , tient un concile à Perpignan.
À la mi-septembre 1415, l'empereur Sigismond se rend à Perpignan pour un pseudo-concile avec le roi d'Aragon et l'antipape . Il en repart le sans avoir convaincu ce dernier d’abdiquer, ..
En 1463, occupe Perpignan en confirmant ses anciens droits.. , mais la ville se soulève contre les Français en 1473. Après un siège terrible, qui se termina le Philippe Contamine (directeur), Des origines à 1715, Presses universitaires de France, Paris, 1992, in André Corvisier (directeur), Histoire militaire de la France, , , le titre de « Fidelíssima vila de Perpinyà » (Très fidèle ville de Perpignan) fut décerné par les rois d’Aragon.
Plus tard, en 1493, restitua le Roussillon et la Cerdagne aux Rois catholiques, qui venaient de fonder l'unité d'Espagne, par le mariage entre la Castille et l'Aragon ..
Malheureusement, la rivalité franco-espagnole et les conflits qui suivirent devaient faire chuter l'économie de Perpignan, dotée par , à cet égard, de puissantes fortifications.
Devenue place avancée de la monarchie espagnole face à la France depuis 1479, Perpignan entre dans une logique militaire, enfermée dans des remparts puissants renforcés à toutes les époques.
Après la prise de la ville par les armées de en 1642, elle est annexée avec le reste du Roussillon (en fait, les provinces ou comarques historiques du Roussillon, du Conflent, du Vallespir, du Capcir, de Cerdagne (Haute-Cerdagne, l'autre partie, la Basse-Cerdagne se trouvant en Catalogne) et celle, occitane, du Fenouillèdes) au royaume de France par le traité des Pyrénées de 1659. Ses fortifications sont renforcées par (Vauban notamment).
L'intégration au royaume de France Le , fait son entrée à Perpignan ..
gauche|vignette|Au , le maréchal de Mailly, gouverneur du Roussillon, transforme la Loge de mer en théâtre Place de la Loge, qui deviendra relais de poste après la Révolution. vignette|Loge de mer (détail de la façade). Augustin-Joseph de Mailly (-) est lieutenant général, puis commandant en chef en Roussillon, où il est à l’origine de grands travaux, du renouveau de l’université et où il joue un grand rôle au sein de la franc-maçonnerie catalane. vignette|Augustin-Joseph de Mailly. Il commence, après la paix avec l'Espagne, à négocier les rectifications de frontières. Il conclut avec l'Espagne, en 1750, un traité particulier qui fixe les limites des deux royaumes. Rénovateur de l’urbanisme de la ville des rois de Majorque, Mailly fonde le premier théâtre du Roussillon dans les locaux de la Loge. Les dirigeants du théâtre donnent également de nombreux bals masqués, quatorze plus précisément au tournant de l’année 1779-1780Philippe Torreilles, Perpignan pendant la Révolution, 3 tomes, Perpignan, Imprimerie Charles Latrobe, 1896-1897. Tome I, 432 pages, .. Il semble également que la salle de spectacle, sise à la loge de mer, soit utilisée à l’occasion de bals publics comme ce fut le cas en 1776 où les consuls informent que, sur la sollicitation de de Chollet et d'Augustin-Joseph de Mailly, tous deux francs-maçons, ils ont permis des bals publics pendant le carnaval à la salle de spectacles. Des bals publics sont également donnés dans cette salle, tous les dimanches, en Arch. dép. Pyrénées-Orientales, 1C 1586/ 1C 1587 : Théâtre de Perpignan, lettre des Consuls autorisant la tenue de bals publics en 1776..