Le ghetto de Siedlce () est un ghetto pour les Juifs créé par les autorités allemandes nazies dans la ville de Siedlce, à à l'est de Varsovie, dans le district de Varsovie du Gouvernement général de Pologne.
Le ghetto est ceint d'une clôture début . Quelque Juifs polonais de la région y ont été emprisonnés à des fins de persécution et d'exploitation. À partir du , au cours de la phase la plus meurtrière de la Shoah en Pologne, environ Juifs — hommes, femmes et enfants — ont été rassemblés à l'Umschlagplatz et déportés vers le camp d'extermination de Treblinka à bord des trains de l'Holocauste. Des milliers de Juifs ont été amenés des ghettos d'autres villes et villages. Au total, au moins juifs ont été anéantis lors de la liquidation du ghetto. Des centaines d'autres ont été abattus sur place lors des perquisitions de maison en maison, ainsi que le personnel et les patients de l'hôpital juif.
Plus de personnes ont été temporairement épargnées par la mort afin de continuer à fournir de la main-d'œuvre esclave aux six camps installés localement. Ils ont été déportés à Treblinka après la liquidation du soi-disant avant la fin de 1942Edward Kopówka with English translation by L. Biedka (2007), Siedlce Ghetto. H.E.A.R.T, Holocaust Research Project.org. Retrieved 30 October 2015.. Seules quelques centaines de Juifs ont survécu dans leur cachette jusqu'au retrait allemand de Siedlce.
Histoire Avant l'invasion de la Pologne, les Juifs constituent environ 50 % de la population de la ville de .
Lors de la campagne de Pologne, la Panzer-Division Kempf s'installe à Siedlce le après une bataille acharnée le long de la rivière Boug avec l'armée polonaise de Modlin qui se rend peu de temps après. Siedlce a été mitraillé et bombardé à plusieurs reprises par la Luftwaffe. Dès octobre, la persécution des Juifs par la nouvelle administration allemande débute par l'arrestation des 50 personnalités les plus importantes. La création du Conseil juif du Judenrat est ordonnée fin novembre. Parmi ses 25 membres figuraient Icchak (Itzak) Nachum Weintraub (président ; ancien chef de l'hôpital juif), Hersz Eisenberg (vice-président) et Hersz Tenenbaum (secrétaire, liaison avec la Gestapo ). Ce conseil, dispose de grands pouvoirs, contrôlant le travail, sélectionnant les listes pour les convois, s’occupant de l’aide sociale. Le Judenrat est épaulé par une force de police juive portant uniforme et brassards spéciaux avec l'inscription « » (« service d'ordre juif »). Formée de 50 personnes, elle est commandée par un certain Gewisser. La veille de Noël, les nazis incendient la synagogue de la ville. Les réfugiés Juifs sans foyer qui s’y trouvent meurent dans l’incendie.
Dès le mois de décembre, le Judenrat est tenu de payer une « contribution » de złotys aux Allemands. En 1940, du printemps à l'hiver, environ Juifs de Siedlce sont employés à l’aménagement de terrains le long du fleuve Liwiec (affluant du Boug), par groupes de 15, sous la direction de cadres polonais et la surveillance des SSJewish Virtual Library, Siedlce, Poland. Virtual Jewish World. Source: Encyclopaedia Judaica; Sefer Yizkor li-Kehillat, Siedlce li-Shenat Arba Esreh le-Ḥurbanah (Yid., 1956). Retrieved 30 October 2015..
En , les Allemands enregistrent tous les hommes juifs entre 16 et 60 ans, et en novembre un « ghetto ouvert » est constitué, comprenant les rues où les Juifs sont les plus nombreux à habiter et formant deux quartiers. Le quartier I est peuplé de personnes dont 369 non-juifs, le quartier II compte personnes dont 372 non-juifs. En , le Judenrat doit une nouvelle contribution de złotys. En décembre le nombre de juifs de la ville s'élève à personnes, car de nombreux juifs du Warthegau ont été forcés à se déplacer à Siedlce. Fin paraissent les décrets habituels contraignant les habitants du ghetto, notamment le port de brassards avec l’étoile de David ou le marquage des magasins juifs.
En , les Allemands organisent une « Aktion » de trois jours durant laquelle de nombreux Juifs sont assassinés. Le , le ghetto est clos, seuls quelques artisans polonais peuvent encore y pénétrer pour un certain temps, avant d'être totalement isolé en novembre. Les Allemands y enferment aussi les Juifs des villages environnants de Czuryly, Domanice, Krzeslin, Niwiski, Skorzec, Skupie, Stara Wies, Wisniew, Wodynie, Zbuczyn, Suchozebry et Zeliszew. La zone du ghetto se compose de plusieurs petits blocs de la ville et de plus d'une douzaine de rues piétonnes dans le centre-ville au nord de la vieille placeEdward Kopówka, Appendix 5. Map of the Ghetto in Siedlce. The Jews in Siedlce 1850–1945, pp. 175–226 (ibidem).. Le ghetto est fermé par une clôture en fil de fer barbelé et coupé du monde extérieur le avec seulement trois portes sortants, gardées par des patrouilles nazies.
La vie dans le ghetto vignette| Annonce publique par l'autorité d'occupation nazie ordonnant la réinstallation de tous les Roms du comté de Siedlce dans le ghetto juif. En , Juifs vivent dans l’enceinte de ghetto. La fermeture du ghetto et la fin des relations entre Juifs et Polonais non juifs a pour principale conséquence la dégradation de conditions de vie, particulièrement en ce qui concerne la nourriture. Des dizaines de personnes tentent de franchir illégalement la clôture. Les conditions de vie deviennent si épouvantables qu’éclate lors de l’hiver 1941-1942 une épidémie de typhus.
Le , les Tziganes du powiat sont obligés d’entrer dans le ghetto avec date limite au . Il y a au moins 326 tziganes au ghetto : certains viennent de la région de Cologne. Au ghetto, ils sont obligés de porter le brassard avec la lettre « Z ».
Au ghetto, on tente d’organiser des groupes de résistance. Quelques Juifs parviennent à s’échapper et à se cacher dans des convois de militaires italiens (plusieurs survivront). En , un groupe de Juifs échappés de Siedlce, qui avaient précédemment travaillé dans le domaine de Drupie dans la zone de Skorzec, forme une unité armée d’une trentaine de personnes qui opère dans les forêts de la région en lien avec d’autres unités partisanes. Six personnes de ce groupe survivent à la fin de la guerre.
Dans les environs de la ville de Siedlce, de nombreux camps de travail accueillent les Juifs du ghetto :
Le Camp I — « Entrepôt d’alimentation pour l’armée N°6 » (A.V.L.) est formé début 1940 et liquidé en 1942. Il est situé dans les casernes couvrant une superficie d’environ 5 kilomètres carrés. Les prisonniers, une main-d'œuvre active de 100 prisonniers, vivent dans une baraque en briques abritant une centaine de personnes. Environ juifs ont travaillé dans ce camp, au chargement et au déchargement des convois de victuailles. Lors de la liquidation du camp, les prisonniers sont renvoyés dans le petit ghetto. Le Camp II — Entreprise de construction Reckmann : le camp est établi en et liquidé en . Il est situé près des casernes des pompiers dans la zone de la gare. Il s’étend aussi sur environ 5 kilomètres carrés. Il emploie environ 500 détenus, et au total Juifs sont passés par le camp. Les prisonniers travaillent principalement dans les chantiers de construction et dans les chantiers de maintenance des chemins de fer et des voies ferrées. Le travail est terriblement dur, la nourriture insuffisante et d’une qualité exécrable (betteraves et légumes destinés au bétail...), au point qu’une épidémie de typhus et de scarlatine se déclare rapidement. De plus la brutalité des SS est particulièrement terrible et sadique au point que des prisonniers sont enterrés vivants sur les chantiers de construction. Les baraques des détenus ont été incendiées pendant les combats de la libération de la ville en . Le Camp III — « Inspection des bâtiments N°8 -Kiesgrube » est établi en 1941 et liquidé le . Il est situé derrière la voie ferrée Siedlce-Łuków, près de la route de Łuków. Il occupe une superficie d'environ 2 kilomètres carrés. Environ 300 personnes logent dans deux casernes en bois et dans des wagons ; avec 250 grammes de pain et 1 litre de soupe par jour. Les prisonniers travaillent dans des gravières, où la norme de production est fixée au chargement d'environ 150-200 chariots de sable par jour. Le camp est dirigé par un homme brutal, Hoppe, qui ne se prive pas de faire abattre des prisonniers sur le chantier même. Lorsque le camp est liquidé, les Allemands incendient les bâtiments dans lesquels de nombreux prisonniers sont enfermés, les autres étant exécutés dans le cimetière. Un prisonnier aurait survécu, il s'agit de Léon Kaplan. Le Camp IV — « Entreprise de travaux publics Wolfer et Göbel » est établi en 1941, et liquidé en . Il est situé dans la rue Brzeska. 2000 détenus y travaillent et vivent dans 10 baraques en bois. Environ juifs sont passés par le camp, dirigé par un Volksdeutsche appelé Wasilewski. Les prisonniers travaillent sur des chantiers de l'organisation Todt à Brzesc, Siedlce, sur la route de Varsovie et sur les voies ferrées. Lors de la liquidation du camp, les prisonniers sont transférés dans le petit ghetto. Le Camp V — « Bauzug » est situé près de la gare. Environ 100 prisonniers travaillent dans le camp et vivent dans les wagons. Ils travaillent principalement sur la voie ferrée Siedlce - Brzesc (1942—43). Le directeur du « Bauzug », Walter, est un ingénieur des voies ferrées originaire de Wuppertal. Le Camp VI appartient à l'inspection des bâtiments. Il est situé à proximité de la gare ferroviaire et emploie une soixantaine de prisonniers. Il fonctionne de 1942 au . Les détenus sont employés aux travaux de manutention sous la direction d’un certain Schefner.
En plus de ces camps, un groupe d’environ 30 juifs travaillent au « Syndicat agricole », 60 à la miroiterie de Gesi Borek, et une centaine à la base de la Luftwaffe du « Nouveau Siedlce ». droite|vignette| Déportation de Juifs polonais à Treblinka lors de la liquidation du ghetto de Siedlce, à partir du .
Liquidation du ghetto