Le syndrome de Dravet (SD), décrit par Charlotte Dravet en 1978, anciennement connu sous le nom d'épilepsie myoclonique sévère du nourrisson (EMSN), est une maladie génétique autosomique dominante qui provoque une forme d'épilepsie rare et grave de l'enfant. Il est caractérisé par des crises d'épilepsie sévères et un retard de développement. Cette maladie rare est d'origine génétique et est causée par des mutations du gène SCN1A sur le chromosome 2 qui code la protéine du canal sodique Nav1.1.

Description clinique Cette maladie, incluse dans le groupe des encéphalopathies développementales et épileptiques (EDE), débute généralement vers l'âge de six mois à un an, chez un nourrisson au développement antérieur normal.

Crises d'épilepsie Les premiers signes du syndrome sont l'apparition de crises épileptiques convulsives de forme hemiclonique ou généralisée, fréquemment déclenché par une fièvre, une maladie infectieuse ou une vaccination. Les épisodes épileptique se répètent ensuite de manière récurrente, souvent à un rythme mensuel ou bimestriel. Les types de crises incluent des crises tonico cloniques, des myocloniques et des absences. Elles peuvent être très sévères, certaines atteignant la forme d'état de mal épileptique, une situation où les crises se prolongent pendant plus de 30 minutes.

Autres Manifestations Entre l'âge d'un an et de quatre ans, d'autres types de crises apparaissent : des crises focales dyscognitives ; des absences ; des myoclonies et ataxies ; parfois, des atonies brusques (chutes atoniques) et des épisodes d'état de mal non convulsif peuvent aussi survenir. à long terme, les crises convulsives nocturnes de courte durée persistent, avec aussi une détérioration caractéristique de la démarche due à des difficultés de coordination motrice (ataxie) ; retard de développement, troubles du comportement et troubles du langage ; environ la moitié des enfants touchés développent un déficit intellectuel sévère, et des troubles du sommeil et du comportement sont courants ; signes de TSA (troubles du spectres autistique) : les études observationnelles et une revue récente (2026) de la littérature médicale publiée entre 2018 et 2024) ont montré que le Syndrome de Dravet accompagne fréquemment de manifestations proches ou superposables aux TSA ; une corrélation principalement expliquée par la physiopathologie de la maladie et les mutations du gène SCN1A (qui code la sous-unité alpha-1 du canal sodium dépendant du voltage, dont certaines anomalies sont partagées entre plusieurs formes d'épilepsie génétique et TSA : 20 % à 60 % des patients atteints du syndrome de Dravet présentent des critères diagnostiques ou des traits autistiques (altérations de la communication sociale, contact visuel réduit, stéréotypies motrices et comportements restreints ou répétitifs), plus ou moins modulées par la sévérité de la déficience intellectuelle associée, le degré de détérioration cognitive étant corrélé à une prévalence et une sévérité accrues des symptômes de TSA ..

Diagnostic Le diagnostic du syndrome de Dravet repose sur la reconnaissance de crises fébriles prolongées, souvent associées à des secousses musculaires violentes.

Outre ces critères cliniques, un test génétique permet de détecter une mutation du gène SCN1A.

Des examens complémentaires peuvent aussi être proposés : un électroencéphalogramme (ÉEG) : Initialement normal, l'ÉEG montre après l'âge de deux ans une activité pointe-onde et polypointe-onde généralisée, associée à des décharges multifocales. Une photosensibilité peut être observée.

l'Imagerie cérébrale : elle est le plus souvent normale, mais peut parfois mettre en évidence des anomalies non spécifiques (ex : atrophie cérébrale).

Étiologie et génétique Le syndrome de Dravet est associé dans plus de 70 % des cas à une mutation du gène SCN1A, qui code la sous-unité alpha-1 du canal sodium.

Ces altérations comprennent des mutations ponctuelles ainsi que des variations du nombre de copies (copy number variants).

Dans environ 90 % des cas, les mutations surviennent de novo ..

En seconde intention, l'analyse du gène PCDH19 est préconisée chez les filles présentant un tableau clinique évocateur du syndrome de Dravet mais indemnes de mutation du gène SCN1A.

Traitement et prises en charge Traitement médical Il n'existe pas de traitement curatif pour le syndrome de Dravet, mais quelques médicaments peuvent aider à contrôler les crises : le valproate, en association avec des benzodiazépines comme le clobazam, est généralement le traitement de première ligne. D'autres médicaments, comme le stiripentol, la fenfluramine ou le cannabidiol sont parfois prescrits pour limiter les états de mal épileptique.

Soutien et rééducation Dans les pays riches, les enfants atteints du syndrome de Dravet bénéficient souvent d'une prise en charge pluridisciplinaire, incluant la kinésithérapie, la psychomotricité, l'orthophonie et l'ergothérapie, pour améliorer leur développement moteur et cognitif.

Des programmes éducatifs spécifiques sont mis en place pour aider les enfants à développer leurs capacités malgré les limitations du handicap.

Pronostic global Pour l'instant, il reste sombre, car : l'absence de déficience intellectuelle est possible, mais reste rare : la majorité des patients présentent une déficience intellectuelle (sévère dans environ 50 % des cas, modérée dans 25 % des cas et légère dans 25 % des cas) ; les crises épileptiques persistent à l'âge adulte.

Recherche et Perspectives La recherche sur le syndrome de Dravet se concentre sur l'amélioration des traitements existants et la découverte de nouveaux médicaments.

Des études génétiques continuent d'explorer d'autres mutations qui pourraient être impliquées dans la maladie, afin de mieux comprendre les mécanismes sous-jacents du syndrome, et d'en améliorer la prise en charge à long terme.

Notes et références Dravet C. « Les épilepsies graves de l’enfant » Vie Med. 1978;8:543–8.

Cooper MS, McIntosh A, Crompton DE. « Mortality in Dravet syndrome », Epilepsy Res. 2016;128:43-7.

Dravet C, « The core Dravet syndrome phenotype », Epilepsia, 2011;52:3-9.

Chiron C, Marchand MC, Tran A. « Stiripentol in severe myoclonic epilepsy in infancy: a randomised placebo-controlled syndrome-dedicated trial. STICLO study group », Lancet. 2000;356:1638-42.

Devinsky O, Cross JH, Laux L. « Trial of cannabidiol for drug-resistant seizures in the Dravet syndrome », N Engl J Med. 2017;376:2011-20.

Lagae L, Sullivan J, Knupp K. « Fenfluramine hydrochloride for the treatment of seizures in Dravet syndrome: a randomised, double-blind, placebo-controlled trial », Lancet. 2019;394:2243-54.

Voir aussi Bibliographie .

Articles connexes Épilepsie Encéphalopathie développementale et épileptique pyridoxino-dépendante Trouble du spectre autistique

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