(lire mioritsa, signifiant « agnelle »Selon les dictionnaires Pușcariu, ; Capidan et Cândrea-Densușianu.) est un poème populaire roumain considéré comme un des plus importants du folklore roumain sur le plan artistique et mythologiqueVictor Kernbach, Dicționar de mitologie generală, Bucarest, 1989, ..
Histoire L'histoire est simple. Ici on présente seulement une des variantes, qui se trouve dans les manuels des écoles et autres livres.
Il s'agit de trois bergers, l'un moldave, un autre valaque, le troisième transylvain. Le Moldave a une agnelle : , qu'il chérit particulièrement et qui lui parle. Elle l'avertit que les deux autres veulent le tuer à la fin de la journée pour s'emparer de son troupeau, et lui conseille de s'enfuir avec ses ouailles. Mais le Moldave répond à qu'il ne partira pas et lui demande de dire aux tueurs de l'enterrer au milieu de ses bêtes, avec trois flûtes au-dessus, pour que les moutons puissent pleurer sur sa tombe. Il lui demande ensuite de dire à ses brebis troublées qu'il est parti se marier avec la meilleure fille du monde, qu'à son mariage sont venus le Soleil et la Lune, les arbres, les montagnes, les oiseaux et les étoiles, et qu'à la fin du mariage, une étoile est tombée du ciel pour les mariés. Il dit ensuite à que si elle voit sa mère, qu'elle lui raconte qu'il est parti se marier au Paradis, et rien d'autre.
Traduction comparative La première version traduite en français en 1854 par Jules Michelet est basée sur la version améliorée du collecteur de folklore Vasile Alecsandri. Les deux textes roumain et français sont présentés en parallèle pour comparaison.
Autres versions
Voici une version traduite en français par Ion Ureche :
Par les cols fleuris Seuils de paradis, Vois descendre, prestes, Des jardins célestes, Trois troupeaux d'agneaux Et trois pastoureaux : L'un de Moldavie, L'un de Hongrie (la principauté de Transylvanie faisait, au Moyen Âge, partie du Royaume de Hongrie), L'un de Valachie ; Or, ces deux pasteurs, Ces deux prédateurs, Les voici qui causent, Dieu ! ils se proposent De tuer d'un coup, Entre chien et loup, Ce pasteur moldave, Car il est plus brave, Il a plus d'agneaux, Encornés et beaux, Des chevaux superbes Et des chiens acerbes. Or, voici trois jours, Qu'à nouveau, toujours ! Sa brebis chérie Reste, là, marrie, Sa voix ne se tait, L'herbe lui déplait". - "O, brebis bouclée, Bouclée, annelée, Depuis quelques jours Tu gémis toujours L'herbe est-elle fade Ou es-tu malade ; Dis-moi, cher trésor À la toison d'or ? - "Maître, mon doux maître Mène-nous pour paître Dans le fond des bois Où l'on trouve, au choix, De l'herbe sans nombre Et pour toi de l'ombre. Maître, ô maître mien ! Garde auprès un chien, Le plus fort des nôtres, Car, sinon, les autres Te tueront d'un coup Entre chien et loup". - "O, brebis liante, Si tu es voyante, Si ce soir je meurs Dans ce val en fleurs, Dis-leur, brebis chère, De me mettre en terre Près de tous mes biens, Pour ouïr mes chères. Puis, quand tout est prêt Mets à mes chevet : Un pipeau de charme, Moult il a du charme ! Un pipeau de houx, Moult est triste et doux ! Un pipeau de chêne, Moult il se déchaîne ! Lorsqu'il soufflera Le vent y jouera ; Alors rassemblées, Mes brebis troublées, Verseront de rang Des larmes de sang. Mais, de meurtre, amie Ne leur parle mie ! Dis-leur, pour de vrai, Que j'ai épousé Reine sans seconde, Promise du monde ; Qu'à ces noces-là Un astre fila ; Qu'au-dessus du trône Tenaient ma couronne La Lune, en atours, Le Soleil, leurs cours, Les grands monts, mes prêtres, Mes témoins, les hêtres, Aux hymnes des voix Des oiseaux des bois. Que j'ai eu pour cierges Les étoiles vierges, Des milliers d'oiseaux Et d'astres, flambeaux !… Mais si tu vois, chère, Une vieille mère Courant, toute en pleurs Par ces champs en fleurs, Demandant sans cesse Pâle de détresse : - Qui de vous a vu, Qui aurait connu Un fier pâtre, mince Comme un jeune prince ? Son visage était L'écume du lait ; Sa moustache espiègle, Deux épis de seigles ; Ses cheveux, si beaux, Ailes de corbeaux ; Ses prunelles pures La couleur des mures ! Toi, dis-lui, qu'en vrai J'avais épousé Reine sans seconde, Promise du monde, Dans un beau pays, Coin du paradis ! Mais, las ! à ma mère Ne raconte guère Qu'à ces noces-là Un astre fila ; Qu'au-dessus du trône Tenaient ma couronne : La Lune, en atours, Le Soleil, leurs cours, Les grands monts, mes prêtres, Mes témoins les hêtres, Aux hymnes des voix Des oiseaux des bois ; Que j'ai eu pour cierges Les étoiles vierges, Des milliers d'oiseaux Et d'astres flambeaux !…
Exégèse De très nombreuses exégèses ont étudié le symbolisme ternaire et la portée philosophique de : le thème mioritique a inspiré de très nombreux écrivains, compositeurs et artistes plastiques ; il a été traduit dans plus de 20 langues étrangères et George Călinescu le considère comme « l'un des quatre mythes fondateurs de la littérature roumaine » George Călinescu, Istoria literaturii române de la origini până în prezent (1941, réédité par Nagard en 1980 à Milan, 948 pp.).
Mircea Eliade avait imaginé que pourrait avoir une ancienne origine indo-européenneMircea Eliade, De Zalmoxis à Gengis-Khan, études comparatives sur les religions et le folklore de la Dacie et de l'Europe orientale, Payot « Bibliothèque historique », Paris 1970., car une légende similaire existe en effet en Inde, chez les bergers du Maharashtra, du Rajasthan et du Gujarat, liée aux mythes entourant les loupsSenani Hegde, Nima Manjrekar et Bobby Krupkar : Loup y es-tu ?, enquête dans les plaines de l’Inde, 40-ème minute, documentaire indo-allemand, Arte-ZDF 2014, et . Sans remonter jusqu'aux premiers indo-européens, il est possible que ce soient les conteurs Roms, originaires de l'Inde, qui aient véhiculé cette légende jusqu'aux pays habités par les roumanophones.
Quoi qu'il en soit, compte plus de 2000 variantes selon les régionsAdrian Fochi, , Bucarest 1964. Par exemple, Toma Alimoș est une ballade similaire de Valachie, au dénouement moins tragique ; en Transylvanie et Maramureș était déclamée sous forme de colinde lors des fêtes du nouvel an, et accompagnait des rites initiatiques de passage à l'âge adulteAdrian Fochi, , 1964 et Dorin Ștef, s-a născut în Maramureș ( est née au Maramureș), Bucarest 2005, chap. Întoarcerea la obârșii (« retour aux sources »). Dans les autres régions, s'est muée en ballade populaireSelon Mihail Sadoveanu, Alecu Russo et Nichita Stănescu cités dans s-a născut în Maramureș, 2005, chap. Fenomenul cultural.
Plus sarcastiquement, les Roumains ont coutume de se moquer d'eux-mêmes en affirmant que l'étude à l'école primaire de Cățeluș cu părul creț / fură rața din coteț (« Chiot au poil frisé qui vole la cane du poulailler »), au collège de (où deux roumains complotent pour en tuer un troisième afin de le voler, et ce dernier se laisse faire) et enfin au lycée de Luceafărul (poème épique « L'Étoile du matin » de Mihai Eminescu, où une minette superficielle amène un génie au bord de la folie pour finalement lui préférer un bellâtre inculte) encourage les dysfonctionnements de la société roumaine (corruption, économie parallèle, complots et instabilité en politique, consumérisme, conformisme, traditionalisme dans les archétypes amoureux ou familiaux, et priorité donnée aux apparences, le tout enrobé de fatalisme)Rapporté par le critique littéraire George Pruteanu: Critic literar..
Honneur L'astéroïde Apollon est nommé en l'honneur du mythe-ballade.
Liens externes le texte en roumain traduction en anglais
Notes
Catégorie:Conte roumain Catégorie:Éponyme d'un objet céleste