Lassassinat de Qassem Soleimani, général iranien, a eu lieu le par l'armée américaine sur l'aéroport international de Bagdad. Un drone MQ-9 Reaper prend pour cible un convoi où ont pris place Qassem Soleimani et le chef des Kataeb Hezbollah, Abou Mehdi al-Mouhandis, venu l'accueillir. Tous deux sont tués ainsi que plusieurs autres officiers iraniens et miliciens irakiens.
Cet assassinat constitue l'un des épisodes de la crise qui oppose les États-Unis et l'Iran depuis la fin . Il entraîne des représailles iraniennes, l'opération Martyr Soleimani.
Prélude
Selon l'agence Thomson Reuters, à la mi-, lors d'une réunion à Bagdad, alors que l'Irak commence à être en proie à d'importantes manifestations antigouvernementales, le général iranien Qassem Soleimani, commandant en chef de la Force Al-Qods, les forces spéciales du Corps des Gardiens de la révolution islamique, aurait donné pour instruction aux milices chiites de mener des attaques sur des cibles américaines afin de provoquer des ripostes de la part de Washington dans le but de faire tourner la colère des Irakiens vers les États-UnisLe plan de Soleimani pour intensifier les attaques contre les forces US en Irak dévoilé par Reuters, OLJ, .. Il aurait donné également l’ordre aux Gardiens de la Révolution de transférer des roquettes Katioucha et des missiles sol-air portatifs aux Kataeb Hezbollah, qui sont chargées de coordonner ces attaques.
En novembre et , une dizaine d'attaques frappent des cibles américaines. Ces actions, non revendiquées, sont imputées par les Américains aux milices pro-iraniennes. Elles font un mort et plusieurs blessés dans les rangs de l'armée irakienne et provoquent des dégâts matériels jusqu'aux abords de l'ambassade américaineUn Américain tué par des roquettes dans l'Irak en crise, AFP, . Le , s'abattent sur la base K1 à Kirkouk, où sont présents des militaires américains. Un sous-traitant américain est tué dans l'attaque. Le , les États-Unis ripostent en bombardant cinq sites tenus par les Kataeb Hezbollah, dont trois dans l'ouest de l'Irak et deux dans l'est de la Syrie, tuant au moins de la milice et faisant Hélène Sallon, Risque d’escalade entre les Etats-Unis et les milices chiites en Irak, Le Monde, .Irak : les représailles américaines font , Le Point avec AFP, .Frédéric Autran, Irak : derrière les frappes américaines, l’ombre du conflit avec l’Iran, Libération, .. Le , des milliers de miliciens et de partisans des Kataeb Hezbollah pénètrent dans l’enceinte de l’ambassade des États-Unis à Bagdad« Mort à l’Amérique » : des manifestants attaquent l’ambassade américaine à Bagdad après des raids, Le Monde avec AFP et Reuters, .. Le , le président américain Donald Trump menace l'Iran, affirmant tenir le pays pleinement responsable des précédentes attaquesAprès l’attaque de l’ambassade des États-Unis à Bagdad, Donald Trump menace l’Iran, L'Express avec AFP, ..
Déroulement Dans la nuit du au , Abou Mehdi al-Mouhandis, chef des Kataeb Hezbollah et chef de la branche militaire des Hachd al-Chaabi, vient accueillir à l'aéroport international de Bagdad le général iranien Qassem Soleimani arrivé de Damas, en SyrieSoleimani: Les USA aidés par des informateurs à Bagdad, Reuters, 10 janvier 2020.. Les deux hommes, ainsi que des miliciens du Hachd et d'autres officiers des Gardiens de la Révolution, prennent alors place dans deux véhicules blindésLes Etats-Unis tuent le puissant général iranien Ghassem Soleimani dans une frappe en Irak, Le Monde avec AFP et Reuters, ..
Selon l'agence Reuters, des informateurs dans les aéroports de Damas et Bagdad avertissent les Américains. Peu après minuit, un drone MQ-9 Reaper mène une frappe aérienne contre le convoi, tuant Soleimani, al-Mouhandis et plusieurs autres officiers iraniens et miliciens irakiens.
L'AFP indique que selon un haut responsable américain du ministère de la Défense, l'opération a été précipitée par le hasard : Soleimani Avec Soleimani, Trump a pris les risques que ses prédécesseurs avaient évités, OLJ avec AFP, .. Un responsable local interrogé par l'AFP déclare pour sa part qu’al-Mouhandis . Pour Michael Knights, chercheur au Washington Institute for Near East Policy: Anthony Samrani et Caroline Hayek, En éliminant Soleimani, Trump a-t-il bien calculé son coup?, OLJ, ..
L'attaque est revendiquée par les États-Unis et le département de la Défense des États-Unis annonce que l'ordre d'éliminer Qassem Soleimani a été donné par le président Donald TrumpGilles Paris, En donnant l’ordre de tuer Ghassem Soleimani, Donald Trump choisit l’escalade face à l’Iran, Le Monde, ..
Pertes vignette|gauche|Qassem Soleimani et Abou Mehdi al-Mouhandis en 2017.
Iraj Masjedi, l'ambassadeur de l'Iran en Irak, annonce que les frappes américaines ont visé deux véhicules et tué leurs dix occupantsAmir Havasi, Iran Threatens Revenge As It Mourns Guards Killed By US, International Business Times, 3 janvier 2020.. Parmi ces dix morts figurent cinq officiers du corps des Gardiens de la révolution islamique et cinq membres des Hachd al-Chaabi.
L'AFP donne pour sa part un bilan d'au moins neuf morts, selon des responsables des services de sécurité irakiens.
Légalité La légalité de cette opération est directement mise en cause, qu’il s’agisse de la conformité aux lois internationales (pas d’accord du pays hôte, pas de légitime défense, pas d’accord de l’ONU, pas d’urgence, attaque ciblée sur un représentant d’un État), mais aussi au fonctionnement interne des États-Unis (pas d’approbation du Congrès, attaque sur un dignitaire officiel d’un État). Agnès Callamard, rapporteure spéciale sur les exécutions extrajudiciaires au Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme, considère que l’assassinat Sébastien Seibt, Assassinat de Qassem Soleimani : un raid américain à la légalité contestable, France 24, .Irak. Trump ouvre la boîte de Pandore d’une nouvelle guerre, L’Humanité, Pierre Barbancey, Gilles Paris,Le droit, victime collatérale des choix de Donald Trump face à l’Iran, Le Monde, . Amélie Férey, L’assassinat du général iranien Qassem Soleimani enterre un peu plus le droit international, Libération, ..
Réactions
vignette|Le président américain Donald Trump, à Mar-a-Lago, le .
Aux États-Unis, l'attaque est globalement saluée par le Parti républicain, mais est condamnée du côté du Parti démocrate qui craint l'escalade avec l'IranAude Lasjaunias, L’assassinat de Ghassem Soleimani est l’un des « plus grands paris » de Trump, selon la presse américaine, Le Monde, .. Washington annonce également le déploiement de à en renfort au Moyen-Orient et l'ambassade américaine à Bagdad appelle ses ressortissants à quitter « immédiatement » l'IrakLes Etats-Unis annoncent l’envoi de près de de plus au Moyen-Orient, Le Monde avec AFP, .. Le secrétaire à la Défense des États-Unis, Mark Esper, déclare dans un communiqué que et qu’il était responsable depuis 2003. Le président américain Donald Trump déclare pour sa part le à Mar-a-Lago : Gilles Paris, Crise iranienne : Donald Trump se justifie sans dissiper les doutes sur sa stratégie, Le Monde, ..
vignette|Des manifestants en Iran le .
En Iran, les responsables politiques promettent une Ghazal Golshiri, En Iran, l’assassinat de Ghassem Soleimani par les Etats-Unis unit toutes les factions, Le Monde, .Allan Kaval, Après l’assassinat du général Soleimani par les Etats-Unis, l’Iran s’interroge sur ses représailles, Le Monde, .. La mort de Soleimani est condamnée par toutes les factionsPierre Alonso, L’unité retrouvée des Iraniens autour du général Soleimani, Libération, 8 janvier 2020.. Le Guide de la Révolution, l'ayatollah Ali Khamenei, déclare le : Hélène Sallon, Après la frappe américaine contre le général Soleimani, les craintes d’une plongée dans une nouvelle guerre, Le Monde, .. Il décrète trois jours de deuil national. Le président Hassan Rohani déclare : . Le Conseil suprême de sécurité nationale promet également qu'elle vengera le général Soleimani et que . Des milliers de personnes manifestent à Téhéran le en brandissant des portraits de Qassem Soleimani et en scandant Iran : des dizaines de milliers de manifestants à Téhéran contre les "crimes" américains, L'Express avec AFP, ..
En Irak, le parlement irakien réclame l'expulsion des forces américaines, le Premier ministre démissionnaire Adel Abdel-Mehdi condamne et estime que le raid va . Moqtada al-Sadr annonce qu'il réactive l'Armée du Mahdi. Hadi al-Ameri, le chef de l'Organisation Badr, et Qais al-Khazali, chef d'Asaïb Ahl al-Haq, promettent également des représaillesHélène Sallon, En Irak, le camp chiite uni pour réclamer le départ de l’armée américaine, Le Monde, 6 janvier 2020.. L'ayatollah Ali al-Sistani condamne le raid américain, mais il appelle Après la mort de Soleimani, le grand ayatollah Sistani appelle à la retenue et à la sagesse, Reuters, 3 janvier 2020.. La mort de Qassem Soleimani est accueillie avec joie par des manifestants anti-gouvernementauxGilles Gallinaro et Omar Ouahmane, "On a fêté ça, c’était une grande joie" : de jeunes Irakiens se réjouissent de la mort de Qassem Soleimani, Franceinfo, 6 janvier 2020.. Nombre d'entre-eux dénoncent à la fois l'Iran et les États-UnisEn Irak, les manifestants anti-pouvoir disent non aux "occupants américain et iranien", L'Obs avec AFP, 5 janvier 2020.Lucile Wassermann, En Irak, les manifestants disent «non à l'Amérique» et «non à l'Iran», RFI, 10 janvier 2020/. Le samedi , des milliers de personnes défilent en cortège dans la capitale irakienne autour des cercueils du général iranien Qassem Soleimani et d’al-Mouhandis, scandant « Mort à l’Amérique ! » et « Vengeance pour Abou Mehdi Al-Mouhandis ! » Mort du général iranien Soleimani : funérailles à Bagdad, nouveau raid aérien dans la nuit, Le Monde, 5 janvier 2020.. Le , à Bassorah et Nassiriya, des manifestants bloquent le passage de cortèges funéraires symboliques en hommage à Soleimani et al-Mouhandis, ce qui provoque des affrontements.
Au Liban, le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, déclare qu'Venger le général iranien Soleimani est la « responsabilité » de la « Résistance » pour le Hezbollah, Ouest-France avec AFP, 3 janvier 2020.. Au Yémen, les Houthis réclament des . La mort de Soleimani est en revanche célébrée en Syrie dans les zones tenues par les rebellesCaroline Hayek, L'opposition syrienne célèbre la liquidation du général Soleimani, L'Orient-Le Jour, 4 janvier 2020.Pour des Syriens d'Idleb, la mort de Soleimani est une "victoire", AFP, 10 janvier 2020..