Le bien-être est lié à différents facteurs : la santé au travail, la réussite sociale ou économique, le plaisir, la réalisation de soi, l'harmonie avec soi-même et avec les autres. Selon le dictionnaire Larousse, le bien-être correspond à . L’acception du bien-être couvre différents domaines tels que le mode de vie, l'école, le travail, la santé, l’économie ou encore la société.
Le « bien-être au travail » couvre l'ensemble des facteurs susceptibles d'influer sur les conditions de travail. Le bien-être au travail englobe plusieurs facteurs tels que les relations entre collègues, le salaire, l’horaire de travail et l’environnement de travail.
Bien-être subjectif et bonheur - un lien avec le travail Dans une revue de la question de 2024, Jaswal et al considèrent que les termes de bien-être subjectif et de bonheur sont utilisés de manière relativement indifférencié dans la littérature scientifique. Néanmoins, le bonheur englobe les sentiments d'espoir, d'optimisme et de satisfaction, et représente un état subjectif des émotions humaines caractérisé par la joie, le contentement et un sentiment de bien-être, dérivé de la perception d'une vie qui a un sens et qui est gratifiante (Lyubomirsky et al., 2005). Il est étroitement lié au bien-être subjectif d'un individu, qui englobe son évaluation globale de la vie, tant sur le plan émotionnel que sur le plan cognitif. Dans le sens commun, les gens parlent de bien-être subjectif lorsque se conjuguent un niveau élevé d’affects positifs, un niveau faible d’affects négatifs et un niveau élevé de satisfaction générale par rapport à sa vie. Pour les auteurs, de nombreuses personnes dans le monde moderne contemporain éprouvent un sentiment de manque dans leur vie, et ce manque prend sa source dans leur environnement de travail. Parmi les problèmes rencontrés dans le travail qui provoquent ces sentiments négatifs faisant obstacle au bien-être/bonheur au travail, il y l’intensité et la déshumanisation des pratiques managériales, le stress au travail lié à l’intensification, la perte de sens.
La problématique du bien-être au travail La notion de bien-être au travail se rattache au courant de la psychologie positive. Considérant que la focalisation de la psychologie vers la souffrance et le pathologique ne pouvait pas être la seule entrée de cette discipline, ce courant s'est intéressé à des notions comme le bien-être, le bonheur, le flow.. Certains auteurs se sont penchés sur les dimensions constitutives du bien-être au travail. Une partie d'entre eux se sont attachés à définir et à déterminer les dimensions qui composent le bien-être au travail, ont cherché à mieux préciser son articulation avec le bien-être au sens général et ont voulu voir comment l'utiliser dans la prévention des risques psychosociaux.
Parmi ces auteurs, Althaus, Grosjean et Brangier se sont inscrits dans le courant des approches systémiques, et considère que le bien-être gagne à être considéré comme un processus plutôt qu'un état. Celui-ci se construit tout au long de la vie, en interaction avec l'environnement dans lequel l’individu évolue. Dès lors, ces auteurs considèrent que "le bien-être au travail ne saurait se réduire à une liste de critères plus ou moins satisfaits dans une situation donnée, mais doit être envisagé comme un processus complexe qui se construit, s’organise et se régule à partir de l’individu dans son système organisationnel" ..
À côté de considérations issues de la psychologie positive, les travaux de recherche qui se sont penchés sur la question du bien-être au travail ont également des racines dans les recherches sur le management et l’organisation. Ces courants partagent la lecture selon laquelle des salariés bien dans leur peau seront plus efficaces et apporteront un avantage compétitif à l’entreprise.
Selon le dictionnaire des risques psychosociaux, le collectif PEROSH qui rassemble les instituts de pays d'Europe conduisant des recherches sur les risques professionnels et leur prévention, a organisé une réflexion visant à préciser les contours du bien-être au travail faisant consensus pour ces instituts. Les experts de ce réseau de recherche suggèrent que le bien-être doit être considéré comme un état subjectif caractéristique d’un fonctionnement social optimal. Pour eux, une personne en état de bien-être est reconnaissable par son intelligence sociale, ce qui va lui permettre de fonctionner de manière optimale dans un groupe humain. PEROSH note en outre que le bien-être n'est pas synonyme de parfaite santé : l'optimum garde un sens pour les personnes souffrant de handicap ou de maladies chroniques. Le maintien de la capacité à se réaliser dans le travail fait également partie des éléments retenus dans ce consensus. Le collectif Perosh organise régulièrement une .
Abaidi et Drillon retiennent deux modèles antérieurs de bien-être au travail, le modèle de Robert (2007) ou celui de Dagenais-Desmarais (2010).
Le dictionnaire des risques psychosociaux ainsi que d’autres sources considèrent qu'il faut distinguer trois acceptions du bien-être : respectivement le bien-être hédonique, axés sur la recherche du plaisir, le bien-être eudémonique, associé au plaisir de faire des choses utiles et une troisième forme centrée sur l'authenticité, sur le fait d'exprimer notre nature profonde en accord avec le monde extérieur : « Sur un plan intrapersonnel, le travail qui conduit au bien-être est celui qui permet de mettre en action notre nature profonde, qui ne nous oblige pas à tricher à nos propres yeux, à trahir nos valeurs. Sur un plan interpersonnel, il s’agit de manifester notre respect d’autrui, notre éthique dans le rapport à l’autre, notre souci des normes sociales. Ainsi, " la souffrance empathique éprouvée par des travailleurs de la filière viande face à ce qu’ils vivent comme de la maltraitance animale est un exemple de situation de travail qui perturbe une propension à la compassion envers les animaux, qui correspond à une valeur profondément ancrée intra- ou interpersonnelle. »
Le modèle de Robert Abaidi et Drillon considèrent que Robert a développé une modélisation du bien-être au travail novatrice. Selon elle, le bien-être au travail est un des éléments qui influencent le bien-être global, à côté d'autres facteurs tels que ses relations amicales, familiales, son réseau social, sa possibilité d’avoir des loisirs ou encore le travail.
Le modèle de Robert distingue « le bien-être de la personne au travail » et « le bien-être du travailleur ». À ce niveau, il effectue encore une différence entre les facteurs essentiels et les facteurs périphériques influant sur le bien-être.
Le bien-être de la personne au travail est affecté par des facteurs essentiels tels que le respect de son intégrité physique et morale comprenant la protection de sa santé, de sa sécurité ou l’absence de harcèlement. Des facteurs périphériques vont aussi jouer sur son bien-être tels que le confort de la vie au travail, la possibilité d’exercer dans un cadre agréable, de disposer de distributeur...
Le bien-être du travailleur se différencie car, selon le chercheur, trois facteurs influent sur son bien-être : la possibilité d’effectuer ses tâches sans en être empêché, de disposer des conditions nécessaires à la réalisation de sa mission et enfin qu’il n’existe pas de contradiction entre la pratique et le sens idéal qu’il confère à son travail. Il sera aussi influencé par des facteurs périphériques tels que la facilité qui peut lui être donnée dans l’exercice spécifique de ses tâches.
Le modèle développé par Robert prend en compte les émotions positives ou négatives que l’individu ressent lors de l’exercice de son travail qui peuvent influer sur son travail et la cohérence qu’elles ont avec son rôle. Selon cet auteur, le rôle est « l’idée que la personne au travail accepte un certain nombre de règles, qu’elle s’efforcera de respecter, même si elles peuvent la contraindre à éprouver des émotions négatives » et la cohérence est « le processus par lequel une émotion ressentie devient tolérable ou non ».
Selon Robert, les émotions ressenties par l’individu affectent le bien-être au travail différemment si l’individu considère qu’elles font partie de son rôle ou non. Ainsi, si l’individu ressent une émotion négative, mais qu’il pense qu’elle fait partie de son métier, alors son bien-être au travail ne sera pas affecté. En revanche, s’il ressent une telle émotion et qu’elle n’est pas en cohérence avec son rôle, cela affectera de manière négative son bien-être au travail.
Ainsi, les émotions ressenties par un travailleur dans l’exercice de son rôle pourront affecter de manière positive ou négative son bien-être, et, à l’inverse, il pourra avoir un impact sur les interactions et les liens qu’il entretient avec sa situation de travail.
Le bien-être au travail comme axe de prévention des risques sociaux et facteur de productivité en entreprise Sur la base d’une étude exploratoire visant à identifier les dimensions composant le bien-être au travail selon les salariés, deux chercheurs ont été amenés à considérer que le concept de bien-être au travail gagne à être envisagé de concert avec les risques psychosociaux. Pour eux, le bien-être au travail est global et renvoie à l’environnement de travail, aux caractéristiques du poste, aux sentiments de reconnaissance ou d’épanouissement éprouvés par les salariés. Les risques psychosociaux renvoient, quant à eux, aux aspects psychologiques de vie sociale au travail.
Selon ces chercheurs, le développement d’une politique de bien-être au travail peut permettre de prévenir et d’éviter le développement de ces risques particuliers.
Pour améliorer le bien-être au travail, les chercheurs suggèrent de se fonder sur les cinq piliers générateurs de bien-être au travail définis par l’ANACT : le sens que l’on donne au travail, la charge de travail, le support social, la possibilité de développement personnel et professionnel et la reconnaissance des pairs. S’appuyer sur ces piliers pour développer une politique de bien-être au travail, amène à prévenir le développement des risques psychosociaux et le développement de situation de mal-être dans l’entreprise.
Enfin, à travers leur étude, les chercheurs démontrent qu’améliorer le bien-être au travail « présente une valeur ajoutée managériale ». En effet, améliorer le bien-être des salariés aurait un impact positif sur la compétitivité et la productivité de l’entreprise, ainsi qu,à plus long terme, sur l’engagement et la fidélisation des salariés.
Le bien-être au travail en France
L’évolution du bien-être au travail dans le droit positif
Le concept de santé a progressivement évolué jusqu’à la prise en compte de la santé mentale et du bien-être du salarié au travail. Dès 1946, l’OMS définit la santé comme « un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ». Selon René de Quenaudon, cette définition de la santé est à mettre en lien avec celle du bien-être au travail.
Néanmoins, il faut attendre le pour que la notion de bien-être au travail apparaisse en matière de santé au travail.
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En France, le droit du travail naît au cours de la révolution industrielle au . Face à l’essor de la Grande industrie, il apparaît nécessaire de protéger la santé physique des femmes et des enfants considérés comme les travailleurs les plus vulnérables.
Parallèlement, l’État organise la réparation des atteintes corporelles subies par les travailleurs à l’occasion ou par le fait du travail. La loi du 9 avril 1898 créer ainsi le régime juridique relatif à la responsabilité de l’employeur, accompagnée d’une réparation forfaitaire.
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