Le Sutta Nipāta (pali), « choix d'instructions » , « collection de suttas », « ensemble de textes » ou « dépôt de sermons », est un recueil de sutras. C’est le cinquième livre du Khuddaka Nikāya , «petits textes ou petits discours », lui-même étant la cinquième partie du Sutta Pitaka du canon pali.
C’est l’un des recueils les plus anciens du bouddhisme. Par convention, les chercheurs utilisent l'abréviation « Sn » pour désigner les textes du Sutta Nipāta, tandis que l'abréviation « SN » fait traditionnellement référence au Samyutta Nikāya.
Divisé en cinq sections (vagga), le Sutta Nipāta se compose de 70 sutras (pali : sutta), un prologue et un épilogue, principalement sous forme versifiée, et quelques passages en prose.
Certains font également partie d’autres collections, comme le Majjhima Nikaya ou le Khuddakapāṭha). Une section figure dans le canon bouddhique chinois.
Certains auteurs considèrent que l’ensemble forme : soit un tout homogène, soit un assemblage sans ordre logique, ou estiment que la plupart des suttas pourraient être antérieurs au bouddhisme et avoir été incorporés tardivement au corpus canonique. Datation L’orientaliste japonais Hajime Nakamura estime que le Sutta NipātaPar convention, les chercheurs utilisent l'abréviation « Sn » pour mentionner les textes du Sutta Nipāta, et distinguer ainsi ce volume de « SN », qui fait traditionnellement référence au Samyutta Nikāya. est un recueil très ancien. Selon lui, les deux dernières parties, intitulées Atthaka vagga (Sn. IV) et Parayana vagga (Sn. V), existaient déjà du vivant du Bouddha Gotama. Le moine theravāda américain Bhikkhu Bodhi, estime lui aussi qu’il s’agit de textes datant du bouddhisme primitif.
Deux indices plaident en faveur d’une datation remontant au bouddhisme ancien : – Les deux parties (ou sections, ou vaggas) qui viennent d’être mentionnées, Atthaka vagga (Sn. IV) et Parayana vagga (Sn. V), sont commentées dans le Khuddaka Nikāya. Livre XI. Niddesa : « Exposé d'une partie du Sutta Nipāta ». Le premier commentaire, (consacré à Sn.IV) intitulé Mahāniddesa est le plus long, 385 pages; le second, (consacré à Sn. V) a pour titre Cūļaniddesa et compte 275 pages. Ces commentaires sont traditionnellement attribués à Sāriputta , le premier disciple du Bouddha.. – Dans le canon bouddhique chinois, figure une traduction de la quatrième section Aṭṭhaka Vagga (Sn. IV). L’indianiste britannique écrit : . Il ajoute, faisant référence aux travaux de que l’Aṭṭhaka Vagga fait vraisemblablement partie du canon Sarvāstivādin (une des écoles majeures du bouddhisme ancien)La phrase complète citée est: « The only fragments which have been published from Turkestan, corresponding to any portion of the Suttanipata also belong to this vagga. They présumably belong to the Sarvāstivādin canon (Les seuls fragments qui ont été publiés du Turkestan (cf. l'article de Rudolf. Hoernlé, 1916, p.709), lesquels correspondent à une partie du Suttanipāta, appartiennent également à ce vagga (Sn.IV). Ils appartiennent vraisemblablement au canon Sarvāstivādin..
Mais le moine theravāda américain a un avis plus nuancé. Il considère qu’aucun élément connu à ce jour ne permet de conclure avec certitude qu’il s’agit de textes du bouddhisme primitif (sans toutefois en exclure la possibilité).
Présentation Le Sutta Nipāta (pali), que l’on peut traduire par : « choix d'instructions », « collection de suttas », « ensemble de textes » ou « dépôt de sermons », est un recueil de sutras du bouddhisme ancien. C’est le cinquième livre du Khuddaka Nikāya , « petits textes ou petits discours », lui-même étant la cinquième partie du Sutta Pitaka, dont il est probablement la plus ancienne partie.
Comme la plupart des recueils du bouddhisme primitif, il est divisé en sections (vagga), cinq en l’occurrence et compte 70 suttas, plus un prologue et un épilogueRemarque concernant le nombre de suttas du Sutta Nipāta: Ṭhānissaro Bhikkhu indique 71 ou 72 au lieu de 70, selon qu’il inclut ou non les prologue et épilogue dans ses présentations.. Parmi les autres textes canoniques, un seul recueil lui est proche d’un point de vue stylistique. Il s’agit de la section Sagāthā Vagga (SN.I), partie du Samyutta Nikāya (SN), dont plusieurs suttas sont versifiés sous forme de dialogue. Il se distingue des autres recueils du canon, car tous les suttas qui le composent sont des poèmes rédigés en vers parfois mêlés de quelques passages en prose (sans qu'aucun ne soit qu'en prose). Il compte 1149 versets.
Trois suttas du Sutta Nipāta figurent parmi les plus célèbres du bouddhisme ancien, comme : Sn. I.8 «Metta Sutta ou Karaṇīya-Mettā Sutta (Discours sur la bienveillance ou la bonne volonté) » ; Sn. II.1 . «Ratana Sutta (Les Trois Refuges) » ; Sn. II.4 « Mahāmaṅgala Sutta (Discours sur la grande protection) ». Ils tiennent une place importante dans le rituel de la tradition theravāda et sont récités quotidiennement sans les monastères, ainsi qu’à certaines occasions. Ils font partie des textes considérés comme étant protecteurs et sources de bénédiction spirituelle. Occurrences multiples dans le canon pali Quelques suttas figurent dans plusieurs recueils sous les mêmes titres, comme (énumération non exhaustive): - le Sela Sutta: (Sn.III.7) dans le Sutta Nipāta (Sn) et (MN 92) dans le Majjhima Nikaya (MN); - le Vāseṭṭha Sutta: (Sn.III.9) dans le Sutta Nipāta et (MN. 98) dans le Majjhima Nikaya ; - le Metta Sutta: (Sn. I.8 ) dans le Sutta Nipāta et (Khp.9) dans le Khuddakapatha (Khp); - le Ratana Sutta: (Sn II.1) dans le Sutta Nipāta et (Khp.6) dans le Khuddakapatha; - le Mahamangala Sutta: (Sn.II.4) dans le Sutta Nipāta et (Khp.5) dans le Khuddakapatha.
Il en est de même pour de nombreux versets, que l’on trouve dans deux, voire trois recueils, comme : les versets 45 et 46 du (Sn I.3) Khaggavisāṇa Sutta (Seul comme un rhinocéros) qui figurent en outre dans le Dhammapada (Dhp. XXIII) L’éléphant, versets 328 et 329 ; dans le Vinaya Pitaka II. Khandhaka 10.1, L’histoire de DīghāvuAutre référence dans le Vinaya Pitaka édité par la Pali Text Society : Vinaya I.350. et dans le Majjhima Nikaya (MN).
Dans le canon bouddhique chinois , une version de l’ Aṭṭhaka Vagga (Sn. IV), ainsi que des fragments d’une version en sanskrit de l’ensemble du Sutta Nipāta (Sn), ont été retrouvésCes deux versions ont été mentionnées précédemment, section « Datation ».. Sections anciennes
Section I. Uraga Vagga . Le Khaggavisānasutta (Sn.I.3), semble également révéler une forme ancienne de monachisme bouddhique, qui insiste sur la quête individuelle d'une manière proche de la tradition indienne des samnyāsins. Une version assez complète de ce sutra a été trouvée dans les textes bouddhistes gandhariens, en 1994, parmi les plus anciens manuscrits indiens connus.
Sections IV. Aṭṭhaka Vagga et V. Pārāyana Vagga . Les deux sections Aṭṭhaka Vagga (Sn. IV) et Pārāyana Vagga (Sn. V), sont considérées comme considérablement antérieures au reste du canon pali et révéleraient une forme plus précoce de la religion bouddhique. Ce point de vue se fonde sur l'aspect littéraire des textes, leur inclusion dans les commentaires les plus anciens, mais également parce qu'ils expriment des croyances bouddhiques sous une forme différente de leurs versions les plus courantes.
Luis Oscar Gómez note qu’elles traitent respectivement des questions des plaisirs sensuels en général (et non seulement sexuels), et du processus de libération, prajñā. La méditation bouddhique y est abordée sous un angle plus proche de la pratique samatha bhavana (la première étape), que de vipassanā bhavana (seconde étape), alors que les sutras ultérieurs du canon enseigneront l'équilibre entre des deux. Y est aussi mentionné le « monde du sans forme », arūpaloka , ce qui a amené l’auteur à souligner la proximité de ces enseignements avec ceux de l’école Madhyamika du bouddhisme mahāyāna, dans lesquels la notion de vacuité, Śūnyatā, tient une place centrale.
Ensemble du Sutta Nipāta. En ce qui concerne l’articulation des sections entre elles, les auteurs indianistes ont des lectures différentes: Luis Oscar Gómez , considère que les cinq sections forment un tout homogène; Tilmann Vetter, estime qu’elles constituent un ensemble composite, car, selon lui, certains suttas (notamment ceux de Sn.IV. Aṭṭhaka Vagga ) proviendraient de groupe ascétiques ayant précédé Siddhartha Gautama, et auraient été intégrés postérieurement au corpus bouddhique; André Bareau est sur la même ligne, ne voyant, quant à lui, aucun ordre logique dans les sections du Sutta Nipāta, contrairement aux autres recueils du canon.
Bhikkhu Bodhi note :
Composition Le Sutta Nipāta est composé de 70 suttas, répartis en cinq sections (vaggas). Les titres indiqués en français sont basés sur les travaux de plusieurs auteursLe Sutta Nipata ne semble pas avoir été traduit en français dans son intégralité. De ce fait, aucune source fiable, ayant fait l’objet d’une publication n’a pu être consultée. Seules deux traductions partielles (54 et 8 suttas) sont accessibles en ligne (voir section « Liens externes »), mais les versions proposées, non publiées par ailleurs, ne sont pas claires en tous points et parfois approximatives. En conséquence, les titres des «vaggas» et «suttas» qui suivent ont été traduits à partir des travaux en anglais de plusieurs auteurs: Robert Chalmers (indianiste britannique (); Bhikkhu Bodhi et (tous deux moines theravāda américains du ); et Laurence Khantipalo Mills (moine theravāda australien, ).Toutefois, leurs traductions respectives de certains titres sont parfois très différentes (ce qui est normal, l’anglais britannique écrit du étant très éloigné de l’anglais américain ou australien du ), il a été nécessaire de recourir au dictionnaire pali-anglais de la PTS .La traduction en français est suivie d'une note explicative pour préciser les points particuliers (c'est le cas pour quelques titres). : I. Uraga Vagga (Section du Serpent): 12 suttas ; II. Cûla Vagga (Petite section) : 14 suttas ; III. Maha Vagga (Grande section) : 12 suttas ; IV. (Section des OctadesSuivant Robert Chalmers, c'est le terme «octade» qui est repris ici. En pali , le mot «atthaka », signifie « huitième », lire: ; en sanskrit IAST:« aṣṭakā» signifie « catégorie de huit objets », Gérard Huet, lire: .Contrairement à R. Chalmers, le moine theravāda a choisi de traduire par « octet » en précisant: «The name of the Aṭṭhaka (Octets) appears to derive from the fact that four of its poems IV. 2-5) all of which contain the word aṭṭhaka in their titles—are composed of eight verses. (Le nom de l'Aṭṭhaka (Octets) semble provenir du fait que quatre des poèmes (IV. 2-5), contiennent le mot « aṭṭhaka » dans leurs titres et sont composés de huit versets.)». Lire en ligne: The Octet Chapter (Aṭṭhaka Vagga). Note 1 . . En français le terme « octade » semble mieux convenir que « octet ». Liens consultés le .): 16 suttas ; V. Pārāyana Vagga ( Section du Chemin qui conduit au-delà) :16 suttas (plus 1 prologue et 1 épilogue). I. Uraga Vagga (Section du Serpent), 12 suttas