Le , le Boeing 737-800 effectuant le vol 752 (), un vol international régulier de passagers devant relier Téhéran, capitale de l'Iran, à Kiev (Ukraine), est abattu par erreur par la défense anti-aérienne iranienne peu après son décollage de Téhéran... Les à bord, dont 138 se rendaient au Canada, périssent dans l'accident.
C'est le premier accident mortel de l'histoire de la compagnie Ukraine International Airlines et le plus meurtrier survenu en Iran, depuis l'accident d'un Iliouchine Il-76 en 2003 qui avait provoqué la mort de 275 Gardiens de la révolution. C'est également le plus grave pour le Canada depuis celui du vol Air India 182 en 1985, qui a coûté la vie à 268 Canadiens, ainsi que le deuxième crash le plus meurtrier de l'histoire impliquant un Boeing 737 NG, derrière celui du vol Jeju Air 2216 survenue près de cinq ans plus tard.
Le crash a lieu alors que la défense aérienne iranienne est en état d'alerte en raison d'une grande tension entre l'Iran et les États-Unis. Dès le lendemain de l'accident, le Premier ministre canadien Justin Trudeau déclare que le Boeing aurait été abattu par un missile sol-air Tor-M1., se basant sur les informations des services de renseignement alliés, ce qui est initialement réfuté par les autorités iraniennes. Le , celles-ci admettent avoir abattu l'avion par erreur. et précisent le qu'il y a eu deux tirs de missiles. La révélation de la tentative de dissimulation de la responsabilité des forces armées par le gouvernement entraine une reprise des manifestations antigouvernementales dans le pays.
Contexte Le crash a lieu dans un contexte de grande tension entre l'Iran et les États-Unis.
Cinq jours plus tôt, le général Qassem Soleimani a été tué par les États-Unis lors d'une attaque aérienne à l'aéroport de Bagdad, en Irak. Le , le président Trump avertit Téhéran dans un tweet que les États-Unis ont identifié 52 sites en Iran et les frapperont si la République islamique attaque du personnel ou des objectifs américains. Il écrit également que certains de ces sites iraniens . conclut-il enfin ..
La veille de l'accident, au moins sont mortes. et ont été blessées. dans un mouvement de foule à Kerman lors des obsèques de Soleimani. Quelques heures avant le crash, une vingtaine de missiles balistiques avaient été tirés par l'Iran sur des cibles américaines en Irak en riposte à la mort de Soleimani et auraient tué selon la télévision d'État iranienne, mais aucune selon les forces armées irakiennes et les sources occidentales...
Appareil L’avion impliqué est un Boeing 737-8KV, un biréacteur court/moyen-courrier immatriculé UR-PSR (numéro de série 38124/5977) et propulsé par deux moteurs CFM International CFM56-7B24E ; il a effectué son premier vol le et été livré à Ukraine International Airlines à la mi-juillet de la même année..
Cet appareil, le premier 737-800 acheté par la compagnie aérienne, était âgé de trois ans et sept mois au moment de l’accident.. L'avion était bien entretenu, la compagnie aérienne affirmant qu'il avait été inspecté deux jours seulement avant le crash.
Équipage Le commandant de bord Volodymyr Gaponenko totalisait sur Boeing 737 dont 5 500 en tant que commandant de bord. Le copilote Serhii Khomenko avait à son actif sur Boeing 737. Ils étaient accompagnés d'un pilote instructeur, Oleksiy Naumkin, qui avait enregistré sur Boeing 737 dont en tant que commandant de bord. Le personnel navigant commercial (PNC) comptait six hôtesses de l'air en cabine..
Accident Le vol, exploité par , porte-drapeau et plus grande compagnie aérienne de l'Ukraine, devait relier l’aéroport Imam-Khomeini de la capitale iranienne Téhéran à l’aéroport Boryspil de la capitale ukrainienne Kiev.
Le Boeing 737-800 transportait et neuf membres d’équipage. Le décollage, prévu à , a été retardé et a finalement eu lieu en piste 29 droite à .. Les données de vol transmises par ADS-B et recueillies par Flightradar24 sont normales. La réception s'arrête brutalement à , en montée, moins de trois minutes après le décollage. La dernière altitude-pression transmise est de (), soit environ au-dessus de l'altitude de décollage... La vitesse était alors de (). Aucune communication alarmante ou appel de détresse n'a été reçu par le contrôle aérien..
L'avion s'écrase à . dans un parc de loisirs de Chahriar, à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de Téhéran..
Selon un porte-parole du ministère iranien des Routes et des Transports, un incendie s'est déclaré dans l'un de ses moteurs CFM56, suivi d'une perte de contrôle de l'appareil. Selon l'agence d'information ISNA, l’avion faisait face à des difficultés techniques.. L’ambassade ukrainienne en Iran met en cause initialement une « panne d’un moteur de l’appareil due à des raisons techniques »huffingtonpost.fr/. Initialement, les services de renseignement occidentaux privilégient également la cause accidentelle..
L'hypothèse que l'avion ait été touché par des missiles anti-aériens prend vite de l'ampleur. Elle est rapportée notamment par le journal jordanien ., et jugée plausible par des experts en sécurité en raison de la tension entre l'Iran et les États-Unis. : les attaques iraniennes ciblant les bases américaines en Irak se sont terminées environ avant le crash, et la défense anti-aérienne iranienne était en alerte par crainte de représailles américaines.
Le Boeing d'UIA aurait fait demi-tour par la droite vers l'aéroport, en feu, avant son écrasement au sol.. Le rapport préliminaire de l'organisation d'aviation civile iranienne laisse entendre que des personnes dans un autre avion auraient été témoins oculaires.. Plusieurs vidéos circulent sur internet (et par Ali Hashem TV) qui montrent l'avion en feu lors de sa descente et une explosion à l'impact au sol.
vignette|alt=Photographie d'un réacteur détruit|Photographie montrant l'épave du vol 752 avec le reste d'un moteur au premier plan. vignette|Vue aérienne de la zone du crash dans le sud de Téhéran.
Le , le New York Times publie une vidéo qui semble montrer un lancement de missile qui explose en touchant un avion. L'avion prend feu mais continue son vol. La vidéo a été localisée comme étant prise dans la ville nouvelle de , et l'angle de vue correspond à la position et à la trajectoire connue de l'avion au moment où le contact a été interrompu. Le Times dit avoir vérifié plusieurs autres vidéos montrant ensuite l'avion en feu en direction de l'aéroport, et son explosion à l'impact avec le sol.. Des restes de missile sont retrouvés au sol à proximité.
Des sources concordantes au Pentagone et dans les services de renseignement alliés affirment que l'avion aurait été abattu accidentellement par un missile sol-air Tor-M1. Des émissions radar, ainsi que deux flashes infra-rouges correspondant à des départs de missiles auraient été détectés. Des fragments de missile Tor auraient été retrouvés non loin du site du crash., ce que les autorités iraniennes ont initialement démenti, précisant que l'hypothèse d'un missile était à écarter. Le secrétaire du Conseil de défense et de sécurité nationale d'Ukraine Oleksiy Danilov estime alors que cette hypothèse est envisagée, au même titre qu'une panne, une collision avec un drone ou un autre aéronef, ou une action terroriste.
Le même jour, le Premier ministre canadien Justin Trudeau déclare : Crash d’un Boeing en Iran : le Canada affirme que « l’avion a été abattu par un missile iranien », Le Monde avec AFP, 9 janvier 2020.. Le Premier ministre britannique Boris Johnson. le confirme.
Le , le président de l' (CAO), Ali Abedzadeh, dément catégoriquement ces allégations, déclarant ..
Toutefois, le , l'état-major des forces armées iraniennes admet la responsabilité de la catastrophe et reconnaît une , l'avion ayant été engagé par erreur par deux missile surface-airL'armée iranienne avoue avoir abattu le Boeing par «erreur», 20 minutes (Suisse), 11 janvier 2020. Le général de brigade Amir Ali Hajizadeh, commandant de la Force aérospatiale de l'armée des Gardiens de la révolution islamique déclare endosser de cette erreur en précisant que Selon l'état-major, « le coupable » de cette erreur doit être traduit «immédiatement» en justice. Le , l'Organisation de l'aviation civile iranienne précise que ce sont deux missiles qui ont abattu l'avion, confirmant ainsi une information du New York Times qui avait publié le une vidéo montrant que deux missiles Tor-M1 avaient été tirés en direction de l'appareil..
Passagers vignette|alt=Photographie d'un réacteur détruit|Commémoration des victimes de l'accident d'avion en Iran à l'aéroport de Kiev Boryspil
Outre les neuf membres d'équipage, l'avion transportait 167 passagers et il y avait donc 176 personnes à bord (la destruction de l'appareil n'ayant laissé aucun survivant). Après l'accident, des informations contradictoires ont circulé sur leur nationalité. Des responsables iraniens ont affirmé que 147 des 176 personnes à bord étaient iraniennes.. En définitive, selon le manifeste des passagers, il y avait à bord quatre-vingt-deux Iraniens et soixante-trois Canadiens. Au total 138 passagers avaient une correspondance à Kiev pour le Canada, la plupart faisant partie de la diaspora iranienne au Canada qui comptait personnes en 2016. parmi les victimes se trouvait le scientifique canadien Forog Khadem, docteur en immunologie... Il y avait onze Ukrainiens à bord du vol (dont les neuf membres d'équipage).
NationalitéPassagersÉquipageTotal8208263063291110010404303303Total1679176.
Enquête Le jour même du crash, le porte-parole de l' (OAC), Reza Jafarzadeh, déclare qu'une équipe d'enquêteurs a été envoyée sur le site de l'accident.. Le gouvernement ukrainien a également envoyé des experts à Téhéran pour participer à l'enquête (dont certains ayant participé à celle du vol MH 17), abattu par un missile en Ukraine en 2014.
Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a donné instruction au procureur général ukrainien d'ouvrir une enquête criminelle sur l'accident. L'ambassade ukrainienne en Iran a déclaré que certains détails indiquaient a priori une panne de moteur ; elle a également publié une déclaration excluant le terrorisme, mais a rapidement retiré cette déclaration sans explication.
Le même jour, en fin de matinée, les boîtes noires de l'appareil sont retrouvées.. Selon l'agence de presse semi-officielle Mehr les autorités iraniennes ont déclaré ne pas avoir encore déterminé vers quel pays elles seraient envoyées pour analyse, mais que ce ne serait pas les États-Unis.. Malgré l'absence de relations diplomatiques avec l'Iran depuis 2012, le Premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a déclaré que son pays voulait jouer un rôle important dans l'enquête et proposé l'aide de ses experts.
Dans un rapport préliminaire du , l'OAC confirme que l'avion s'est écrasé, en feu, avec une trajectoire de retour vers l'aéroport. Les boîtes noires (CVR et FDR) ont subi des dommages superficiels dus au feu et à l'impact. Conformément à l'annexe 13 de l'OACI, les autorités de l'Ukraine, des États-Unis, de la Suède et du Canada ont été conviées à prendre part à l'enquête. Le rapport précise qu'un groupe de travail se consacre aux explosifs..
Le , des publications montrent des engins de terrassement en train de nettoyer le site du crash. Des spécialistes des catastrophes aériennes expriment leur gêne devant de telles opérations, de nature à altérer le site avant qu'une enquête poussée puisse y être menée.. L'Iran nie alors, par la voix de son ambassadeur en Grande-Bretagne, être en train d'altérer le site..
Le , le gouvernement iranien autorise les enquêteurs ukrainiens à analyser les enregistreurs de vol et à visiter le site du crash..