Le lycée François-, en forme longue lycée international François-, est un établissement d'enseignement secondaire et supérieur public à Fontainebleau, en France. Il accueille les élèves de la classe de seconde jusqu'aux classes préparatoires aux grandes écoles et se distingue par ses sections internationales anglophone et germanophone qui permettent l'obtention du Bac Français International (BFI).
Les premiers bâtiments sont érigés en 1882 pour le collège municipal de Fontainebleau, qui devient collège Carnot en 1888 avant d'être transformé en lycée en 1948. Depuis 2016, l'établissement fait plus largement partie du campus international de Fontainebleau, inauguré par Valérie Pécresse, un label qui réunit complémentairement l’école élémentaire Léonard-de-Vinci et le collège international de Fontainebleau y attenants.
Situation géographique L'établissement est situé au nord de la ville de Fontainebleau, elle-même au sud-ouest du département de Seine-et-Marne. À proximité de la lisière de la forêt de Fontainebleau, qui a depuis reculée, il est encadré par les rues Guérin, Victor-Hugo et de la Paroisse ; le côté septentrional de sa surface est attenant à celui du Collège international qui lui est pratiquement mitoyen.
Historiquement, son point d'accès principal — celui de la cour d'Honneur, devenu occasionnel — était situé au de la rue Victor-Hugo. De nos jours, l'accès principal est situé au niveau de la rue Guérin.
Origine du nom Anciennement collège municipal de Fontainebleau, collège Carnot en 1888, puis lycée de garçons en 1948, ce n'est qu'en 1960 que le lycée prend son nom actuel.
L’appellation d'antan « collège Carnot » fait référence à Lazare Carnot, mathématicien, physicien, officier et homme d'État français, né en 1753 et mort en 1823. Actuellement, le lycée tient son nom de François , roi de France, né en 1494 et mort en 1547, ayant fréquemment séjourné au château de Fontainebleau et l'ayant notablement amélioré.
Histoire
Fondation du collège communal Le , le président de la République, Patrice de Mac Mahon, et le ministre de l'Instruction publique, des Cultes et des Beaux-arts, Arthur de Cumont, promulguent le décret portant création d'un collège communal à Fontainebleau.
L'institution rencontre rapidement du succès. Elle siège dans un immeuble devenu insuffisant avec l'augmentation d'élèves et qui n'est pas la propriété de la Ville. Cette dernière cherche donc l'acquisition de nouveaux locaux. On s'intéresse à la maison d'une dénommée Gailhac mais le rachat et les modifications nécessaires du bâtiment s'avèrent trop coûteux ; on s'intéresse à l'immeuble autrefois occupé par l'institution Duffour, mais ses sont jugés trop exigus. Le conseil municipal envisage alors et on s'intéresse par conséquent à deux terrains. Le premier sis rue du Château appartenant à une dénommée d'Andigné : de nombreux inconvénients y sont perçus comme le vis-à-vis avec les maisons de la rue Marrier et les revendications de la propriétaire. Le second sis rue Royale appartenant au briquetier Émile Bardin : le terrain est considéré rencontrer les conditions nécessaires d'hygiène et sa situation à la lisière de la forêt permettrait d'éventuelles extensions. La Ville rachète ainsi ce terrain en 1876 à Bardin (qui quitte la ville en conséquence), mais face à l'hésitation, elle le revend quelques années plus tard arguant qu'il n'est pas assez vaste. Sur une partie de ces terrains s'élève d'ailleurs depuis l'hôtel Stucken. La Ville se porte finalement sur les terrains de la maison construite en 1840 et dite le « clos de Bel-Air », alors propriété Vallot.
Construction des bâtiments vignette|Entrée nord du collège Carnot vers 1905. Aujourd'hui, à l'emplacement du collège international. vignette|Bâtiment F vu depuis la cour principale en juin 2020.
En 1877, un concours est organisé par la ville de Fontainebleau et présidé par Joseph-Louis Duc, architecte du palais de justice de Paris. L'objectif est la construction d'un collège pour les fils d'officiers.
En 1880, des plans pour le collège municipal de Fontainebleau sont confiés à Henri Proust. Il conçoit un édifice scolaire moderne s'ouvrant sur son quatrième côté, s'affranchissant ainsi des cours carrées renfermées sur elles-mêmes. Le projet est mandaté par le maire et le conseil municipal acceptant ces plans ambitieux et onéreux. Ceux-ci sont alors persuadés que le collège se verra décerner la promotion pour le titre de « lycée » : cela permettrait à la mairie d'incomber la charge de l'entretien à l'autorité de Paris. Le ministre de l'Instruction publique, Jules Ferry, accorde une somme de pour la construction du collège en , qui sera initiée par la Ville de Fontainebleau en 1882.
Nouvelle dénomination vignette|Cour principale et forêt vues depuis le bâtiment central au début du .
Le , le conseil municipal de Fontainebleau décide que l'établissement soit nommé collège Carnot. Bien que certains conseillers proposaient « collège Lazare-Carnot », la majorité a opté pour le nom court. Le nom est officialisé le par le décret portant dénomination du collège de Fontainebleau, signé par président de la République, Sadi Carnot, et le ministre de l'Instruction publique, des Cultes et des Beaux-arts, Édouard Lockroy.
Visite présidentielle et hommage Dans l'après-midi du , le président de la République, Sadi Carnot, en déplacement à Fontainebleau, effectue une visite du collège. Reçu par le principal, Bordereau, par les professeurs et les membres du conseil d'administration, il examine longuement les bâtiments en détail et exprime son souhait que l'établissement attire de nombreux élèves. Son assassinat soudain le à Lyon, conduit le principal, les professeurs et les élèves du collège à lui rendre hommage en souscrivant le afin d'envoyer une couronne funéraire pour ses obsèques qui se tiennent le .
Évolution et agrandissement vignette|Réfectoire du collège Carnot.
Le collège se permet la mise en avant de ses réussites : pour l'année 1889-1890, par exemple, obtient-il . Chaque été est dès lors rythmée par une distribution solennelle des prix, prenant généralement place dans la cour et accompagnée du discours d'un professeur. En , l'hebdomadaire local L'Abeille de Fontainebleau affirme : . On y propose même un cours d'agriculture. Avec ces évolutions, au tournant du siècle, sur la demande du nouveau principal, Charles Boinet, des travaux d'appropriation sont exécutés au début des années 1910 avec le concours de la Ville et de l'État : divers services d'internat y sont installés, notamment un réfectoire, des dortoirs et une infirmerie. Dans une réunion de , le Conseil académique de l'université de Paris félicite même le personnel du collège pour résultats de leurs élèves aux examens du baccalauréat, alors même que les dernières sessions se déroulent en .
Première Guerre mondiale et commémoration Lors de la survenue de la Première Guerre mondiale, de nombreux professeurs partent dès la mobilisation générale et en , les locaux sont occupés par l'autorité militaire. La conquête puis l'occupation austro-hongroise du royaume de Serbie en 1915 références des articles « Campagne de Serbie (1915) », « Occupation austro-hongroise de la Serbie » et « Serbie dans la Première Guerre mondiale ». conduisent à l'arrivée d'émigrés serbes par plusieurs bateaux à Marseille en fin d'année. Le collège devient l'un des établissements à accueillir certains des enfants de ces nouveaux venus. Ces élèves arrivent ainsi dès le . On en compte une cinquantaine, de 15 à , parmi lesquels des fils de commerçants, de fonctionnaires, d'officiers, de prêtres orthodoxes ; on y trouve notamment les enfants de Blaguoïevitch, ancien chef de police de Belgrade ; le fils de Godjevatz, un des plus grands industriels de Belgrade ; le fils de Mitar Đurović, ancien ministre des Finances du royaume du Monténégro. Durant ces années, cette Colonie serbe évolue dans des locaux qui lui sont attribués. Après la guerre, en , les jeunes Serbes reviennent à Belgrade, une capitale que l'un d'eux décrit comme .
Dans les années qui suivent, l'Association des anciens élèves, sous la présidence d'Albert Roger, initie l'apposition d'une plaque commémorative en l'honneur des élèves et professeurs « morts pour la France », initiative autorisée par le conseil municipal dans sa séance du . Une souscription publique est ainsi ouverte par le comité de l'association. Cette plaque, comportant et œuvre de l'architecte du palais Albert-Louis Bray, est inaugurée le . La cérémonie se fait en présence d'Albert Roger ; de l'inspecteur de l'académie, Bertelot, représentant le recteur ; du sous-préfet, Fragnaud ; du maire de Fontainebleau, Narcisse Bonnet ; des députés de Seine-et-Marne, Albert Ouvré et Jacques-Louis Dumesnil ; du principal du collège, Crébessac ; du corps des professeurs et des élèves avec leurs familles ; des autorités civiles, militaires, religieuses de la ville. Plusieurs discours sont prononcés. Cette plaque est apposée sur le mur du vestibule d'Honneur, dans le bâtiment F.
Seconde Guerre mondiale À la suite de l'entrée de la France dans le second conflit mondial le , les locaux de l'internat sont réquisitionnés. La mobilisation entraîne l'absence du principal, Georges Bitry, laissant provisoirement la direction administrative à , professeur d'anglais et membre du bureau d'administration. En 1940, elle se réfugie dans la rue Béranger, dans les locaux où a autrefois existé le collège de Fontainebleau. Une fois la France sous l'Occupation, inopérante un certain temps, elle est transférée au 193 rue Grande, ancienne maison Sauvager, et rouvre le sous la direction de ; elle ne reçoit que des élèves externes. Les locaux du collège deviennent occupés par un hôpital de campagne établi par les Allemands. En 1943, l'institution occupe des salles de l'aile Louis XV du château. À partir de la Libération, durant les années 1944 et 1945, le collège participe massivement à des œuvres d'assistance, par le biais de cotisations mensuelles collectées par les élèves, en subventionant des associations et même l'érection de monument. L'un des destinataires de cette démarche d'entraide est le collège de Vire qui devient filleul de celui de Fontainebleau et reçoit en plus et d'habillement.
vignette|Tableau d'honneur d'un collégien pour le mois de .
Conversion en lycée
En 1948 le collège Carnot devient le lycée de Fontainebleau. En 1960 le lycée de Fontainebleau devient le lycée François-Ier.
Inauguration du campus international Le matin du , le « campus international de Fontainebleau » est inauguré par Valérie Pécresse, présidente du conseil régional d'Île-de-France. Il s'agit d'un label qui reconnaît le caractère international de l'entité réunissant l'école primaire, le collège et le lycée (tous compris dans un même îlot urbain), qui sont pourtant les mêmes historiquement. À partir de ce jour, l'école est ainsi officiellement renommée école élémentaire internationale Léonard-de-Vinci ; le lycée, lycée international François- ; le collège garde son nom inchangé de collège International. Pécresse déclare par ailleurs que ; elle croit également .
Éducation
Effectif
Élèves
+ Évolution de l'effectif des élèves du lycée..Année scolaireSecondesPremièresTerminalesTotal sans CPGETotal sur l'établissement2015-20162016-20172017-20182018-20192019-20203903703712020-20213613643592021-2022359332355
Enseignants
En 1894, on y compte , tous pourvus de grades universitaires.
Classes préparatoires