Depuis son origine, Lille comprend des quartiers ayant chacun leur particularité. Leur nombre s’est accru avec l’extension urbaine. Les quartiers qui correspondaient strictement aux paroisses jusqu’en 1790, se distinguent ensuite des circonscriptions religieuses par des divisions en arrondissements puis en 10 quartiers au . Historique Les premières paroisses Au , la ville décrite dans la Charte de 1066 de dotation de la Collégiale Saint-Pierre comprend 3 parties,

le « castrum», où se trouvent la résidence comtale, l’administration, un atelier monétaire, la collégiale, les maisons des chanoines, traversée par une voie, l’actuelle rue de la Monnaie, aboutissant à une porte nord. Le castrum s'étendait dans un espace compris entre la Basse Deûle (actuelle avenue du Peuple belge) où se situait le premier port (près de l’actuelle place Louise de Bettignies), un mur qui suivait l’emplacement de la rue du Pont-Neuf jusqu’à la porte Saint-Pierre (au croisement de la rue de la Collégiale et de la rue Négrier) puis obliquait vers la rue des Trois Mollettes et la Motte Châtelaine à l'emplacement de l'actuel parvis de la Treille.

le «forum », bourg marchand entre la Motte châtelaine et l’église Saint-Étienne détruite en 1792, mentionnée par la Charte, qui était située à l’angle de la Grand’ Place et de la rue Esquermoise. Le forum originel n'englobait pas la Grand'Place qui était, au moins en partie, recouverte par les eaux de la Deûle mais était plus probablement circonscrit entre les rues Esquermoise, de la Clef, des Chats Bossus et Basse.

Un troisième élément, Fins, mentionné dans la Charte avec son église Saint-Maurice était séparé du forum par le large lit de la Deûle qui recouvrait la plus grande partie de la Grand’place jusqu’au . Fins aurait peut-être été à l’origine de la ville ou aurait encore conservé un caractère rural en 1066. Son développement date en tout cas au plus tard du , époque où la canalisation de dérivations du Becquerel et de la Riviérette est attestée par des fouilles dans l’ilot des Tanneurs .

Une bulle du pape Célestin II de 1144 érige en paroisse Saint-Sauveur qui est l’extension de Saint-Maurice.

Saint-Pierre, Saint-Étienne, Saint-Maurice et Saint-Sauveur sont les paroisses fondatrices de la ville, les quatre mères-églises dont les curés désignaient jusqu’en 1789 les huit hommes qui siégeaient au Magistrat (l'administration municipale). Ces paroisses entourées par une enceinte datant probablement de la fin du tirent de cette origine leur particularité conservée jusqu’au : fonction et composition sociale. Le castrum, la paroisse Saint-Pierre, est le quartier des clercs, de l’enseignement, le forum, paroisse Saint-Étienne centrale qui s'étend au à la grand’place après assèchement du terrain, celui du commerce et de la finance, l'ancien bourg de Fins, Saint-Maurice étendu à Saint-Sauveur sont des paroisses populaires, cette deuxième plus nettement, peuplées en majorité d’artisans puis d’ouvriers à partir de la révolution industrielle du .

Le faubourg de Weppes englobé dans la ville vers la fin du devient la cinquième paroisse intra-muros autour d'un première église Sainte-Catherine édifiée avant 1273 et reconstruite au . Ce faubourg qui comprenait des jardins et des moulins appartenant aux chanoines lors de son incorporation dans la ville devient ensuite un quartier populaire.

La majeure partie du territoire des paroisses Saint-André et de la Madeleine au nord de Saint-Pierre reste en dehors de l’enceinte avant 1670.

Les trois paroisses Saint-Sauveur, Saint-Maurice et Saint-Étienne sont d’importances équivalentes, ayant respectivement 1030, 1060 et 1100 maisons d’après un dénombrement de 1566. Sainte-Catherine et Saint-Pierre sont plus petites avec chacune 400 maisons. D'après un recensement de 1617, sur une population de la ville de 32 604 habitants, Saint-Sauveur était peuplé de 7 113 habitants, Saint-Maurice de 9 188 habitants, Saint-Étienne de 9 709 habitants, Sainte-Catherine de 4 012 habitants et Saint-Pierre de 2 552 habitants.

Les agrandissements Le territoire des deux agrandissements, celui de 1603-1608 de au sud-ouest englobant l’ancien faubourg du Molinel, celui de 1617-1622 de au nord-est annexant le faubourg des Reignaux et le terrain de l’ancien château de Courtrai, est réparti entre les anciennes paroisses, une grande partie revenant à Saint-Maurice qui devient la plus étendue.

L’agrandissement de 1670 qui fait suite à la conquête de Louis XIV englobe les paroisses de la Madeleine et de Saint-André soit . Ce territoire se couvre d’hôtels particuliers construits à la fin du et au . La paroisse Sainte-Madeleine est un quartier aristocratique peuplé de rentiers, de magistrats, la paroisse Saint-André et la paroisse Sainte-Catherine qui s’étend sur une partie de cet agrandissement urbain sont des quartiers bourgeois.

En 1815, le territoire communal est divisé en 5 arrondissements mais les 7 paroisses conservent leur identité, particulièrement celle de Saint-Sauveur.

La ville qui était restée enclose dans ses remparts de 1670 est agrandie en 1858 par l’annexion de l'ensemble des communes de Fives, Moulins, Wazemmes et d'Esquermes. L’enceinte est étendue au sud englobant une partie des territoires de Moulins, de Wazemmes et d'Esquermes, la moitié méridionale de l'ancien rempart étant détruit de la porte de la Barre à la Noble Tour à l'exception de celle-ci et de la porte de Paris restaurée vers 1890. L’ensemble du nouveau territoire communal agrandi est divisé en 10 arrondissements.

La division entre Ouest aristocratique et bourgeois, Centre commerçant et Est populaire perdure après 1858 sur l’ancien territoire communal. Chaque quartier avait cependant, une part de diversité. Des habitants aisés vivaient dans les quartiers populaires et il existait des ilots de misère près du Centre, tel celui entre la rue de Pas (emplacement du canal des Poissonceaux avant sa couverture en 1877) et la rue du Nouveau-Siècle qui était un lacis de ruelles et de courées bordées de maisons insalubres rasé vers 1960 pour la construction du complexe immobilier du Nouveau Siècle. De même, des usines étaient établies dans les quartiers bourgeois et aristocratiques des paroisses Saint-André et Sainte-Madeleine avec des logements ouvriers à proximité. Plusieurs courées existent encore dans ces quartiers. Dans les premières décennies après 1858, le contraste social entre les quartiers s'accroit car les industriels qui vivaient dans les quartiers populaires du centre s'installent dans des hôtels particuliers construits le long des voies tracées dans les nouveaux quartiers, notamment le boulevard de la Liberté. Le quartier Saint-Sauveur tend à perdre les riches pour ne conserver que les pauvres.

Ce contraste s’estompe ensuite progressivement à la fin du pour le quartier Saint-Maurice qui se fond dans le centre commerçant et disparaît plus tardivement et brutalement autour de 1960 pour le quartier populaire de Saint-Sauveur rasé et reconstruit à cette époque, mais se reproduit en partie sur les communes annexées avec les quartiers bourgeois de Vauban-Esquermes, de Saint-Michel à l’ouest, les quartiers populaires de Wazemmes, de Moulins et de Fives à l’est. Cependant, les quartiers ouvriers des Bois-Blancs à l’ouest, des faubourgs du Sud et le quartier plutôt bourgeois de Saint-Maurice Pellevoisin à l’est n’entrent pas dans ce schéma.

Plus récemment, plusieurs anciens quartiers populaires tendent à se "gentrifier", phénomène assez net à Wazemmes où les prix immobiliers montent jusqu'à s'approcher de ceux du centre.

Les quartiers de Lille au vignette|droite|Plaque de rue avec indication de l'arrondissement Les 10 arrondissements indiqués sur les plaques de rues étaient très peu connus des habitants. Ces arrondissements sont remplacés par 10 quartiers administratifs aux intitulés plus parlants qu’un numéro. La création de mairies et de conseils de quartiers contribue à l’appropriation de ces territoires par les habitants et à l'animation locale. Certains d’entre eux peuvent être divisés en micro-quartiers correspondant mieux aux territoires vécus.

5 quartiers sont situés à l’intérieur de l’enceinte construite dans les années 1860 et démantelée après 1919, 5 autres à l’extérieur du rempart qui n’englobait qu’une partie du territoire des communes de Wazemmes, d'Esquermes et de Moulins annexées en 1858. Après leur disparition, ces fortifications ont laissé une empreinte forte, la coupure urbaine estompée après le démantèlement de l'entre-deux-guerres, s'étant accrue dans les années 1960 par la construction du boulevard périphérique et par l'établissement du Port de Lille à l'ouest. Quartiers à l’intérieur de l’ancienne enceinte du Second-Empire Le Vieux-Lille au nord, est le seul quartier entièrement compris dans le territoire de la ville avant son agrandissement de 1858.

Il rassemble deux éléments : le centre historique de la ville, soit 3 sous-parties, l'emplacement de l'ancien «castrum» autour de la rue de la Monnaie, de la place aux Oignons et du parvis de Notre-Dame de la Treille, celui de l'ancien «forum» autour des rues Esquermoise et Grande Chaussée, et l’ancien faubourg de Weppes englobé dans la ville au Moyen-Âge autour de l’église Sainte-Catherine. et le territoire de l’agrandissement de 1670, les anciennes paroisses bourgeoises et aristocratiques de Saint-André et de Sainte Madeleine.

Le cœur originel de la cité très délabré vers 1970 autour de la place aux Oignons est restauré ou partiellement reconstruit à l’identique à partir de 1975. La mise en valeur de ce patrimoine préservé après la destruction de la plus grande partie de celui de Saint-Sauveur vers 1960, donne à Lille un attrait touristique qui a lui a permis d’obtenir le label « Lille, ville d’art et d’histoire » ou celui de « Lille, ville touristique ». Au nord du coeur historique très animé, la partie plus éloignée de l’hyper-centre, assez calme conserve un patrimoine préservé d’hôtels particuliers d’architecture classique française des et et de maisons anciennes, quelques-unes antérieures à 1670 de style lillois à arcures. Le quartier très recherché, celui où les prix immobiliers sont les plus élevés, a cependant une population jeune (58% entre 15 et 29 ans, 70% de moins de 39 ans) et une certaine mixité sociale.

Lille-Centre couvre un vaste secteur de 304 hectares qui s'étend au sud du Vieux-Lille, de la gare Saint-Sauveur aux halles centrales de la rue de Solférino, jusqu'à Euralille et c'est également un des quartiers les plus peuplés, avec plus de . Ce quartier offre une densité commerciale et une vie culturelle intense. On peut distinguer plusieurs secteurs dans ce quartier hétérogène. l'hypercentre comprenant les anciennes paroisses Saint-Étienne et Saint-Maurice, soit un quadrilatère avec ses alentours immédiats, entre la rue Faidherbe, la rue Nationale , le boulevard de la Liberté, la rue du Molinel autour des pôles de la gare de Lille-Flandres et des places du Général de Gaulle (la grand' place), du Théâtre et Rihour. le secteur d’immeubles des années 1960 qui concentre une partie de l'habitat collectif du quartier sur le territoire de l'ancien quartier populaire de Lille-Saint-Sauveur rasé et reconstruit autour de 1960. le quartier « haussmannien » autour de la place de la République et du boulevard de la Liberté à l’emplacement des remparts détruits dans les années 1860.