La famille de Beauvoir de Marc est une famille éteinte de la noblesse française originaire du Viennois, d'extraction chevaleresque, dont une commune porte ce nom aujourd’hui (département de l’Isère).

Les premiers seigneurs châtelains de Beauvoir s'établirent sur le vaste territoire de la forêt de Marc au lors du découpage féodal des mandements issus de la période carolingienne en établissant des châteaux sur mottes.

Les membres de cette famille furent les représentants du pouvoir ecclésiastique comtal de Vienne partagé avec les comtes de Mâcon et de Vienne, ainsi qu'avec les comtes d'Albon puis dauphins de Viennois, en particulier du fait de leur fonction de mistral des comtes de Vienne du au .

Ils favorisèrent la création de l'abbaye de Bonnevaux, fondation de Citeaux, par Gui de Bourgogne, archevêque de Vienne en 1117, à Saint-Symphorien-de-Marc ; nombre de Beauvoir épousèrent comme la plupart des grandes familles nobles la vie ecclésiastique ou monastique comme profession ou à la fin de leur vie, participant également aux premières croisades.

La délimitation de leurs possessions allait du sud de Revel à Brézins et de Fallavier à Ruy au nord.

La famille de Beauvoir de Marc prit ensuite le nom de Beauvoir de Villeneuve de Marc à la fin du , ceci jusqu'à la fin du , période à laquelle la dernière descendante de Beauvoir épousa un noble de Virieu qui reprit et transmit les armes et les fiefs de la maison de Beauvoir sous le nom de Virieu-Beauvoir, famille subsistante de la noblesse française.

Histoire Origines Les origines de la famille de Beauvoir de Marc ont fait l'objet de multiples hypothèses, la plus commune étant l'erreur commise par les historiens et reprise de façon successive par la mention d'un Ralgaldis ou Ragaldis originel correspondant en fait à la belle-mère, Aldagardis, de Burnon de Beauvoir par recopie du manuscrit de Nicolas Chorier : « donation faite à Girard, Abbé de St-Pierre de Vienne par Ralgaldis et par Burnon son fils, Burnon de Beauvoir son gendre », cet acte étant à rapprocher de celui cité par le chanoine Ulysse Chevalier dans le Regeste Dauphinois : «1077. Adalgardis, son fils Burnon, ses gendres Burnon de Beauvoir-de-Marc, (Bello Videré) et Nantelme de Chandieu avec ses filles leurs épouses et les chevaliers intéressés donnent au monastère de St-Pierre l'église de Saint-Pierre à Primarette au pagus de Vienne et la chapelle du château de Revel », Acte (lire en ligne)..

L'historien Gustave de Rivoire de La Bâtie, dans son Armorial de Dauphiné (1867) fut le premier à envisager une famille proche des Bosonides étant à l'origine de la famille de Beauvoir, à savoir celle des vicomtes de Vienne en nommant le petit-fils du vicomte de Vienne Ratburne II (945-977), Bérilon, décédé après 1036, frère d'Hector ayant fait la guerre à l'archevêque Léger, comme tige des de Beauvoir de Marc.

Joseph Cottaz dans son ouvrage sur l'histoire de Beauvoir-de-Marc en 1963, formula une autre origine, depuis un Domnus Ervisius mentionné avec ses fils Siboud et Rostaing en 1023 dans la charte 31 du Cartulaire de Saint-André-le-Bas concernant des biens à Moidieu et Meyrieu sous l'épiscopat de Burchard de Vienne.

Enfin, d'après le chanoine Pierre Cavard, dans son ouvrage manuscrit La noblesse viennoise de la boutique au manoir rédigé en 1963 , une filiation depuis les vicomtes de Vienne existe sur une terre dite bérilonique depuis le premier vicomte de Vienne Berilon en 896, décrite ainsi dans le Regeste dauphinois : « . Bérilon, sa femme. Adalsende et ses fils cèdent en alleu au monastère de St- André et à l'abbé Humbert, avec l'assentiment de leurs chevaliers, tout l'héritage qu'avaient tenu Barnard, prêtre de Moydieu, et son fils Garnier, d'Artaud, père de Bérilon et de lui-même ; cette terre, dite bérilonique, se trouve dans l'intérieur et autour de la villa de Moydieu. L'abbé donne à Bérilon 500 sols, au chanoine Rostaing qui comptait avoir cet héritage 115 sols », Acte (lire en ligne)..

Aux La fin du règne des Bosonides sur la Provence et l’Italie d'Hugues d'Arles, puis de son fils Lothaire, se poursuivit par un effacement de l’autorité royale au sein du comté de Vienne incorporé au Saint-Empire romain germanique lors de la disparition du roi de Bourgogne Rodolphe III en 1032, et offrit à contrario la possibilité d’implantation de nombre de familles seigneuriales se dotant de titres comtaux. Ainsi, au côté des comtes d’Albon, futurs dauphins de Viennois apparaissent à la fin du , les Beauvoir de Marc. Ces seigneurs de Beauvoir puis de Villeneuve de Marc se fixent sur ce territoire du Viennois pendant quatre siècles.

Ils s'implantent autour de mottes castrales fortifiées à type de castrum, puis de châteaux forts ou castellum qui apparaissent comme des marques territoriales, des lieux de défense, mais également de pouvoir politique et économique dans l'exploitation des ressources locales et la circulation des biens. Au , le comté de Vienne comportait environ soixante-dix châteaux, alors qu'en 1050, il n'en comptait que quatorze, la plupart construits sur des mottes castrales antérieures à la fortification, dont celui de Beauvoir de Marc. Ces seigneurs occupent durant cette période les régions du Viennois correspondant au espaces géographiques du Bas-Dauphiné actuel de Bièvre-Valloire, Liers, Bonnevaux et Terres froides.

Le chanoine de Vienne Rostaing, premier nommé de Beauvoir, est le frère d'Artaud, seigneur de Pressins et oncle de Bérilon d'après l'acte : « Vers 1083. Donation faite à l'église de St-Maurice de Vienne par le chanoine Rostaing, du consentement de son frère Artaud, des biens qu'il avait à Reventin, avec la signature de l'archevêque », Acte , lire en ligne..

En 1088, le chanoine Rostaing et ses autres frères nommés Ervisus, qui donnera une branche de Beauvoir à Pusignan, Sieboud, doyen de la cathédrale Saint-Maurice de Vienne (1101) et Burnon de Beauvoir de Marc rendent au monastère de St-André et à l'abbé Humbert la chapelle de Septème, Acte , lire en ligne.

Aux En 1117, Sieboud, chevalier de Beauvoir, du conseil de sa femme Pétronille et de ses fils, fait un don pour l'abbaye de Bonnevaux à l'abbé de Cîteaux Étienne, pour l'âme de son père, le chevalier Burnon, Acte , lire en en ligne.

L'abbaye de Bonnevaux, fondation de Citeaux, fut fondée par Gui de Bourgogne, archevêque de Vienne en 1117, à Saint-Symphorien-de-Marc, aujourd'hui Villeneuve-de Marc, l'année qui précéda son élévation au siège pontifical sous le nom de Calixte II.

Cette famille fut particulièrement dotée du rôle de mistral des comtes de Vienne comme l'a développé Paul Thomé de Maisonneufve en 1929 : «Quoique donnée à des gens de condition noble, les fonctions de mistral étaient assez secondaires et se bornaient à la perception de revenus fixes ou autres du seigneur et à la surveillance du châtelain, elles ne se rencontraient que dans le Dauphiné. La mistralie était répartie entre l’archevêché de Vienne, les dauphins et les comtes héréditaires de Mâcon. Les dauphins du Viennois avaient également pour but d'éloigner la famille de Beauvoir de celle des ducs de Savoie, ce qui prit fin vers 1321 ». Drodon de Beauvoir fut le premier mistral après 1155 jusqu'à Aymaret à l’origine de la branche de la famille de Villeneuve de Marc après 1310 et Guigues de Beauvoir, chanoine de Vienne, seigneur de Beauvoir-de-Marc en 1319 , Acte , lire en ligne.

Les alliances sont réalisées avec les principales familles du Viennois, à savoir celles de La Tour du Pin, Alleman, de Sassenage, de Bocsozel, de Virieu, de Coligny, de Grolée, de Rivoire, d'Anthon.

Guillaume de Beauvoir, seigneur de Pinet, Fallavier, Septème, l'an 1203, se reconnut vassal d'Albert II, seigneur de La Tour du Pin, pour la terre de Pinet, en présence d'André Dauphin et de sa mère la duchesse Béatrix.

En 1239, ce même Guillaume avait engagé pour 3000 sols le château de Septème et ses dépendances à Béatrix de Montferrat, comtesse de Vienne et d'Albon, et à son fils Guigues dauphin, et reconnu les tenir en fief d'eux, Acte , lire en ligne.

En 1250, son fils Guillaume de Beauvoir de Marc, seigneur de Fallavier, rachète le château de Fallavier des seigneurs de la Tour, grâce à l'aide et la somptuosité de Pierre, frère d'Amédée comte de Savoie et le donne la même année à Pierre de Savoie qui le lui rend en fief, Acte , lire en ligne.

En , un traité est signé entre Pierre de Savoie et Albert III, seigneur de la Tour, et son fils Albert, par l'entremise de Guillaume V de Mâcon, comte de Vienne. Albert prend en fief de Pierre le château de la Tour, sauf l'hommage dû à l'abbesse de St Pierre de Lyon, dont Pierre pourra acquérir les droits, avec l'aide d'Albert. Pierre aura aussi dans 3 ans le château de Bourgoin, après avoir remboursé de leurs dépenses Pierre de Granson et Guillaume Chabut, et encore celui de Fallavier, après avoir rendu ses deniers à l'évêque de Clermont (Guy de la Tour). Pour le château de Saint-Jean-de-Bournay, Pierre prendra avis de Guillaume de Beauvoir, Acte , lire en ligne.

En 1254 un compromis est réalisé entre le cousin de Guillaume de Beauvoir, seigneur de Fallavier, à savoir Guillaume dit Jean, seigneur de Beauvoir, chevalier, et Albert III, seigneur de la Tour, et ses fils, Albert et Hugues sénéchal de Lyon, au sujet du château et mandement de Saint-Jean-de-Bournay, et des fiefs de Beauvoir et Pinet, Acte , lire en ligne.

Le est réalisée une vente par Drodon de Beauvoir, fils de Guillaume, seigneur du dit lieu, à Humbert, seigneur de la Tour et de Coligny, du château de Saint-Jean-de- Bournay, au prix de 400 livres ; il lui en fait hommage et en est investi. Humbert renonce à la donation au cas où son fils irait à l'encontre de ses volontés , Acte , lire en ligne. Le même jour, Drodon lui jure fidélité et promet de faire pour lui tout ce que doit un homme lige et fidèle vassal, reconnaissant tenir de lui en fief lige les châteaux de Beauvoir, Pinet, Villeneuve, Montrevel et la Palud, Acte , lire en ligne.

Le , à Paris, Philippe, roi de France, pour éviter la prolongation de la guerre entre Robert II, duc de Bourgogne, et Humbert seigneur de la Tour et son épouse Anne, à l'occasion de la succession d'André, jadis dauphin de Vienne et comte d'Albon, à qui succédèrent Guigues et Jean, leur fait signer la paix en sa présence. Le duc exigeant la restitution des châteaux de Pinet et de Villeneuve à son allié Adémar de Beauvoir, frère de Drodon, Acte , lire en ligne.

Au Le , Drodon, seigneur de Beauvoir-de-Marc et son fils Guigues signent un pacte avec Humbert dauphin de Viennois, ses fils Jean Dauphin, comte de Gapençais, et Guy Dauphin, en guerre contre Amédée V, comte de Savoie, Acte , lire en ligne.

Le , Jean dauphin et Amédée V approuvent la trêve ordonnée entre eux par Guillaume III, comte de Genève, et Hugues Dauphin, seigneur de Faucigny en présence d'Aymar de Beauvoir de Villeneuve de Marc, demi-frère de Drodon, Acte , lire en ligne.

À Brescia, le , ordonnance est faite par Henri VII, roi des Romains, sur la demande d'Amédée V, comte de Savoie, en présence de Guigues, seigneur de Beauvoir, fils de Drodon, de Jean dauphin, comte de Vienne et d'Albon, seigneur de la Tour : la trêve conclue par l'entremise d'Agnès, duchesse de Bourgogne, est prorogée selon le traité passé entre Voiron et Moirans (). Si un nouveau traité n'est pas conclu, le roi ordonne qu' Aymar de Beauvoir, seigneur de Villeneuve et autres, au nom du dauphin, entrent dans la ville de Vienne et jurent de rechercher tous les moyens pour arriver à la paix, Acte , lire en ligne.

Le , un hommage est prêté à Amédée V, comte de Savoie, par noble Amédée de Beauvoir, fils de feu Aymar, pour le château et terre de Villeneuve-de-Marc, avec son mandement, et pour le château de la Palud, au diocèse de Belley, le lieu des Abrets au diocèse de Vienne, et tout ce qu'il avait à Ruy et à Bourgoin, Acte , lire en ligne.