L'église Notre-Dame-de-l'Assomption de Cazères est une église catholique située à Cazères, dans le département français de la Haute-Garonne en France.
Présentation L'église datant du a été inscrite au titre des monuments historiques en 1926.
Historique À l'origine, petit bourg gallo-romain bâti sur le promontoire de Montjoie et bordé par l'Hourride et la Garonne, Cazères apparaît dans l'histoire à l'époque médiévale. Une première église y était alors érigéeInformations à l'entrée de l'église..
Dépendant successivement de la maison de Comminges puis du comté de Toulouse, Cazères relève au de la maison de Foix alors dirigée par Gaston Phœbus. La ville subit dans cette période des troubles et les guerres qui ravagent leur contrée. C'est ainsi qu'en 1355 l'église primitive est détruite par les troupes anglaises du Prince Noir.
Dès la fin du est lancée la construction d'une nouvelle église qui aura pour titre Notre-Dame et pour patronne sainte Quitterie.
Au , l'église a la réputation d'être la mieux ornée du diocèse de Rieux.
À la Révolution, elle est mutilée et dépouillée de ses flèches et de ses chapelles. Il faudra attendre 1888 pour que sa façade soit restaurée par l'architecte H. d'Espouy qui conçoit les deux tours octogonales entre lesquelles se dresse la Vierge de l'Assomption.
Description
Extérieur Il subsiste de l'ancienne église la partie inférieure un peu remaniée avec le portail gothique et les arcades ogivales.
Le portail est en pierre taillée, il présente une voussure à 6 compartiments prolongés par des colonnettes à chapiteaux de feuilles. Dans les niches latérales sont placées des statues datant de 1907.
Les statues représentent : à gauche, saint Jean le Baptiste et l'Agneau de Dieu, à droite, saint Antoine avec le cochon rappelant ses tentations. Au sommet du portail, une statue de l'Immaculée Conception.
Chapelle Notre-Dame La chapelle faites de brique et voûtée d'ogives de style gothique date du , elle est aménagée dans une crypte se trouvant sous la sacristie et est ouverte sur la Garonne. Elle servait au culte paroissial lors des restaurations et occupations de l'église.
Baptistère Le baptistère fait de pierre, marbre et brique date du , il se trouve dans la cour de l'église.
Il a été découvert lors de fouilles archéologiques au sur le site du Bantayre à Saint-Cizy dans un terrain cultivé. Il a été démonté et remonté dans la cour de l'église.
L'ancienne église du Bantayre était entourée d'une grande nécropole.
Intérieur Salle du trésor La salle du trésor conserve et protège des objets et œuvres d'art anciens. Y sont conservés :
Une statue en calcaire () représentant une pietà datant du , cette statue a été léguée par un anonyme au trésor de l'église de Cazères en 1998. Un bras reliquaire de saint Sabin en bois peint datant du . Saint Sabin était très honoré à Cazères, la foire du était dite « foire de saint Sabin ». En 1624, Jean-Louis de Bertier fait état d'un autel qui lui est dédié. À la suite de l'épidémie de peste de 1630, les Cazériens vont solennellement chercher les reliques du saint à Escanecrabe. Le reliquaire est caché pendant la Révolution dans la chapelle des Capucins jusqu'en 1901 où il fut rapporté à l'église. Un retable dédié à Notre-Dame de Pitié datant du . Il provient de la chapelle des Capucins. La pietà a été sculptée par le Toulousain François Lucas, elle est encadrée d'une statue de saint Jean à gauche, et de sainte Marie Madeleine à droite. Des calices : deux en argent datant du et du , un en vermeil du , deux en cuivre argenté du , deux en argent doré du . Un buste de saint Cazères. Un tableau de et l'ange datant du peint par Vernède Clémence, c'est une copie d'un tableau de Giulio Romano. Un bateau votif en bois datant du . Des accessoires de vêtement ecclésiastique datant du .
Sont classés au titre objet des monuments historiques :
Trois plats de quête datant du , l'ornement de l'un d'eux se réfère à un sujet biblique, la terre promise par les Hébreux, ici Josué et Caleb reviennent du pays de Canaan avec des grappes de raisin vers Moïse. Fonts baptismaux en calcaire de forme octogonale datant du , ces décors sculptés sur ses faces latérales et inférieures sont typiques de l'art roman évolué, ils représentent : une frise végétale à deux variantes, un arbre de vie, une fleur de lys, un agneau avec la croix. La base inférieure à arcatures gothiques est sculptée dans une autre pierre provenant des Petites Pyrénées. Sur la margelle est inscrit en latin : "Fuit istud vas completum ad honorem domini et beatae Mariae anno domini MXXX vigesimo quarta die julii", signifiant "Cette vasque fut complétée le , dédicacée à Dieu et à la bienheureuse Vierge Marie". Un chasuble datant du en satin de Chine, il appartenait à Antoine-François de Bertier qui l'a légué au curé de Cazères devenu par la suite vicaire général de l'évêché de Rieux de 1668 à 1681. Le chasuble est brodé de grands ramages en cannetille d'argent, aux fleurs roses et bleu clair, les croix sont brodées en cannetille d'or. Un tableau du combat de saint Cizy contre les Sarrasins datant du . Il provient de l'ancienne église paroissiale de Saint-Cizy aujourd'hui en ruine, il représente le combat du saint contre les Sarrasins au . Saint Cizy était le chevalier Cizius, il était descendant des ducs de Bourgogne. Il est connu pour avoir vaincu les Sarrasins d'Espagne. Une statue en bois de saint Michel archange datant du , aujourd'hui disparue.
Sont inscrits à l'inventaire des monuments historiques :
Le buste-reliquaire de saint Sébastien datant du ou du . Le tableau et son cadre de la Vierge de pitié du peintre Florent Tessier datant de 1868, c'est une copie d'un tableau d'Annibal Carrache. Le buste-reliquaire de saint Crépin datant du ou du . Le buste-reliquaire de saint Jean le Baptiste datant du . Un lutrin à armoire datant de 1703.
Sacristie Le meuble de sacristie datant du est classé au titre objet des monuments historiques.
Il est sculpté avec un fronton triangulaire, il est orné de colonnes torsadées surmontées de petits chapiteaux à feuillage, de frise et de scènes religieuses. Les scènes religieuses représentent Dieu le Père au milieu des nuages, le martyre de saint Laurent et saint François d'Assise prêchant au milieu de la nature.
La nef Partie arrière L'orgue Sont classés au titre objet des monuments historiques : L'orgue de tribune et le buffet d'orgue depuis 1949. Le bas-relief aux anges musiciens datant du .
L'orgue avec quatre jeux sur un clavier de 48 notes a été construit en 1672 par Robert Delaunay. En 1680, le facteur Antoine Corbin ajoute un clavier d'écho. En 1779, un relevage est effectué. En 1874, l'orgue est complètement remanié dans le style romantique par Théodore Puget.
L'orgue a alors 24 jeux répartis sur deux claviers manuels et un pédalier. L'arrière du buffet est ouvert pour loger le récit expressif et les sommiers de pédale. Il a été rénové en 2006.
Chapelle Saint-Jacques L'autel est en marbre gris, le tabernacle en bois sculpté est surmonté d'une statue de saint Jacques.
De chaque côté de l'autel, un tableau (à gauche) et une broderie (à droite) représentent saint Jacques et l'inscription « Société de saint Jacques ».
Sont classés au titre objet des monuments historiques :
La statue de saint Jacques en bois doré datant du (1655) a été sculptée par le Toulousain Antoine Fontan. Le buste reliquaire de saint Jacques en bois doré et peint, date du (1653).
Il rappelle la vénération des pèlerins qui passaient à travers la commune pour se rendre à Compostelle. Une confrérie de Monsieur saint Jacques a été créée à Cazères au , cette société hospitalière a pour but de secourir les pèlerins, elle comprend un hôpital et une église.
Chapelle des franciscains Le retable monumental datant du est classé au titre objet des monuments historiques, il provient de la chapelle des Capucins qui ornait le maître-autel. Il a été remonté dans l'église avec les deux bustes reliquaires latéraux qui l'encadraient.
Le retable à deux colonnes décorées de feuilles de vigne et de grappes de raisins, entourent un tableau de la Vierge à l'Enfant avec à leur côté des anges, saint François d'Assise et sainte Claire d'Assise sont en adoration devant la Vierge et l'Enfant Jésus qui leur donnent la bénédiction.
Sur l'autel, un tabernacle en bois doré surmonté d'un crucifix.
De chaque côté de l'autel, sur le socle de chaque colonne est représenté dans un soleil le monogramme de Jésus (IHS) (à gauche) et de Marie (à droite).
Au-dessus du tableau est représenté l'Esprit Saint entouré d'anges.
Chapelle Sainte-Philomène-et-Sainte-Bernadette Dans cette chapelle se trouve la crèche de Noël.
Le chœur Le chœur est entouré de cinq chapelles rayonnantes. Les grandes statues en bois doré datent du , ils proviennent d'un très grand retable aujourd'hui disparu illustrant la vie de sainte Quitterie. Il n'en reste que quelques statues et un panneau en bois sculpté représentant des anges musiciens, il orne désormais le buffet d'orgue.
Le maître-autel en marbre date du Second Empire.
Le tabernacle à ailes est en bois doré avec des colonnettes en marbre rose, il est surmonté d'une Vierge à l'Enfant en bois sculpté noir et dorée, au sommet un Christ en croix.
Sont classés au titre objet des monuments historiques :
Le maître-autel et le tabernacle datent du , ils proviennent de la chapelle des Capucins. Les quatre grandes statues datant du , ils représentent saint Éloi, sainte Marguerite-d'Antioche, sainte Philomène et saint Exupère-de-Toulouse. Le siège du célébrant datant du , il a été restauré.
Les vitraux du chœur Le vitrail central représente la vie de sainte Quitterie.
Lorsqu'on remplaça le grand retable de sainte Quitterie datant du qui ornait le chœur, on voulut garder le souvenir de cette sainte que l'on vénérait depuis le . Il fut décidé de représenter sur le vitrail central les scènes principales de la légende de sainte Quitterie.
D'après les auteurs du qui ont été les premiers rédacteurs de cette histoire, elle aurait vécu aux à l'époque où les hérétiques ariens traquaient les catholiques fidèles à la tradition.
Le vitrail se lit de bas en haut, et de gauche à droite.
La première image en bas à gauche représente la merveilleuse fécondité de Calfra, mère de notre sainte. La légende précise qu'elle a eu neuf enfants. On voit au premier plan la sage-femme en manteau vert qui sauve cette portée de neuf enfants qu'on veut noyer dans les eaux du fleuve. Elle va les confier à des nourrices chrétiennes. On reconnaît là des ressemblances avec Moïse providentiellement sauvé des eaux du Nil. Le bébé le plus haut perché dans la grappe de sept enfants visibles que porte la sage-femme est Quitterie reconnaissable à l'auréole qu'on a mis sur sa tête. La deuxième image en bas à droite représente le jugement de Quitterie. Désirée par un prince Wisigoth arien, elle refuse de l'épouser pour préserver sa foi catholique et sa virginité. Le prince Wisigoth la fait condamner à mort pour ces raisons. On la voit ici devant le prince qui la condamne. L'image centrale représente l'exécution de la martyre. Sainte Quitterie est à genoux, les bras croisés sur sa poitrine, de sa main gauche elle tient un crucifix. Le bourreau soutient sa tête auréolée par les cheveux tandis que de sa main droite il lève le glaive pour la frapper. À droite, sur cette même scène, une femme à genoux prie, les mains jointes. Derrière elle, un groupe de femmes atterrées prient aussi. Nous avons donc au centre sainte Quitterie, à gauche les mauvais qui la tuent, et à droite les justes qui la vénèrent. Dominant le groupe des mauvais, la tête sombre, celui qui la condamne. Dominant le groupe des justes, un ange lumineux qui vient du ciel, apportant la couronne et la palme du martyre pour Quitterie.