Felipa de Souza (Tavira, Portugal, 1556 – Brésil, 1600) est une femme portugaise, condamnée pour « prácticas nefandas » (pratiques infâmes) par l'Inquisition portugaise dans la colonie du Brésil, pour avoir eu des relations sexuelles avec des femmes.

Son nom a été attribué à l'une des principales distinctions internationales pour les droits de la communauté LGBT par la Commission internationale des droits de l'homme gays et lesbiennes.

Biographie Felipa de Souza est née à Tavira, en Algarve. Elle est expulsée du Portugal pour « sodomie ». Elle est arrive au Brésil à une date inconnue. Veuve, et lettrée (fait inhabituel à l'époque), elle épouse en deuxième noces Francisco Pires, maçon de profession, à Salvador de Bahia.

En 1591, l'Inquisition portugaise commence à sévir au nord-est du Brésil. Son centre était à Salvador de Bahia, alors capitale de la colonie. Le , Paula de Sequeira, une chrétienne de 40 ans, accusée de posséder un livre interdit, (Sept Livres de Diana) de Jorge de Montemayor, fut l'une des premières à avouer ses péchés. Dans ses aveux au père Heitor Furtado de Mendonça, elle mentionne Felipa de Souza comme son amante, avouant avoir partagé une passion amoureuse et en affirmant qu'elles avaient échangé des lettres d'amour pendant deux ans. Conscientes que le « crime de sodomie, honteux et anormal » était passible de la peine de mort, mais que les aveux avaient suscité la clémence des inquisiteurs, de nombreuses femmes, paniquées, avouèrent alors avoir eu des relations avec Felipa de Souza. À l’époque, 29 femmes furent accusées du même crime à Salvador de Bahia.

Felipa de Souza fut condamnée à une peine était plus légère que celle qu'elle aurait eu a subir en Europe pour un crime similaire. Le , elle est condamnée à l'exil. Pieds nus, vêtue d'une robe et portant une bougie allumée à la main, elle doit écouter le récit de ses crimes dans la cathédrale, puis est attachée au pilori et flagellée devant la foule. En pénitence, on lui ordonne de jeûner de pain et d'eau quinze vendredis et neuf samedis. Enfin, elle est expulsée de la villeSonia Corrêa, Rosalind Petchesky, Richard Parker, Sexuality, Health and Human Rights, Routledge, 2008, p. 232 , emportant « ses vices et sa mauvaise réputation ». Elle doit également payer les frais du procès, 992 reis, ce qui équivalait au salaire mensuel d'un marin.

Son accusatrice, étant l'épouse d'un agent du Trésor, Antônio de Farias, fut elle condamnée à une peine plus légère : 6 jours de prison et une amende de 50 cruzados.

Son histoire a été découverte par le professeur et anthropologue brésilien .

Hommages En son honneur, son nom a été donné en 1998 à une ONG.

La Commission internationale des droits de l'homme gays et lesbiennes a institué le « Prix Felipa de Souza », la principale distinction internationale pour les droits de la communauté LGBTThe Felipa de Souza Award ~ OutRightInternational.org.

Bibliographie

Livres

Ligia Bellini, A coisa obscura: mulher, sodomia e inquisição no Brasil colonial, São Paulo, Editora brasiliense, 1989 Geraldo Pieroni, Os excluídos do Reino: a Inquisição portuguesa e o degredo para o Brasil colônia, Brasília, EdUnB, 2000 , « Homoerotismo feminino e o Santo Ofício », in Mary Del Priori (éd.), História das mulheres no Brasil, São Paulo, Contexto, 2006, p. 115-140

Articles

Notes et références

Notes

Références

Articles annexes Droits LGBT au Brésil

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