La bataille de Bang Bo ou combat de Bang Bo, connue en Chine sous le nom de bataille du col de Zhennan (鎮南關之役), est un affrontement qui oppose une partie des forces françaises du Corps expéditionnaire du Tonkin à une armée chinoise composée d’approximativement soldats sous le commandement du commissaire militaire du Guangxi, Pan Dingxin. Il a lieu au nord du Viet Nam les 23 et , dans le cadre de la guerre franco-chinoise de 1881-1885. Il constitue un tournant décisif de la guerre franco-chinoise. Les français sont défaits, ce qui les amène à se retirer militairement des frontières chinoises.

Contexte thumb|right|260px|La campagne de Lang Son, en février-mars 1885. La bataille de Bang Bo se déroule autour de la ville vietnamienne de Tuyên Quang les 23 et . La ville de Tuyên Quang se trouve sur l'axe de la route mandarine chinoise.

Une partie des troupes du Corps expéditionnaire du Tonkin sous le commandement du général Oscar de Négrier y sont assiégés par les forces chinoises régulières sous le commandement de Pan Dingxin et irrégulières des Pavillons noirs.

Le général Louis Brière de l'Isle sort de la ville de Lang Son (dont il vient de s'emparer) pour se porter au secours des forces françaises assiégées dans la ville de Tuyên Quang. Grâce à cette intervention, les forces Chinoises se replient le sans que les Français soient en mesure de leur infliger une défaite décisive.

Au , sur la base des rapports des espions aux services des forces françaises, ces dernières estiment les forces chinoises à hommes (alors en réalité au nombre de hommes). Les forces françaises sont quant à elles au nombre de hommes.

Ordre de bataille chinois À la mi-mars, près de la frontière Tonkinoise autour des camps de Yen Cua Ai et Bang Bo, neuf commandements militaires chinois sont retranchés aux côtés de six principales forces armées qui comptabilisent environ hommes.

Le camp de Yen Cua Ai est tenu par le général Feng Zicai qui a sous ses ordres dix bataillons. Une force plus petite sous le commandement de Wang Xiaochi est également présente. Ces deux armées comptent environ hommes au total.

À deux ou trois kilomètres plus loin, autour du village de Mufu, derrière Yen Cua Ai, se trouvent les commandants Su Yuanchun et Chen Jia qui dirigent hommes en tout. À quinze kilomètres derrière Mufu, deux autres commandants Jiang Zonghan et Fang Yusheng déploient hommes autour du village de Pingxiang. Le chef de l'armée du Guangxi, Pan Dingxin, se situe à derrière Mufu à Haicun avec hommes. À cinquante kilomètres à l'ouest de Zhennanguan, soldats sous le commandement de Wei Gang sont déployés dans les alentours du village d'Aiwa. Enfin, à quinze kilomètres à l'est de Zhennanguan, à l'intérieur du Tonkin, le village de Cua Ai est occupé par Wang Debang et ses hommes.

Ordre de bataille français La brigade du Corps expéditionnaire du Tonkin commandée par Oscar de Négrier compte entre et hommes. L'ordre de bataille de la brigade en est le suivant : Régiment de marche (Lieutenant-Colonel Herbinger) bataillon d'infanterie de ligne (Lieutenant-Colonel Godart) bataillon d'infanterie de ligne (chef de bataillon Faure) bataillon d'infanterie de ligne (chef de bataillon Farret) Régiment de marche (Lieutenant-Colonel Donnier) bataillon de la Légion étrangère (chef de bataillon Diguet) bataillon de la Légion étrangère (Lieutenant-Colonel Schoeffer) bataillon du régiment de marche de zouaves (chef de bataillon Servière)Le régiment de marche de zouaves est composé du du et d'un bataillon mixte ( de zouaves et de zouaves). bataillon du de tirailleurs tonkinois (chef de bataillon Jorna de Lacale) Trois batteries d'artillerie (capitaines Martin, Jourdy et de Saxcé)

Il faut compter aussi la présence de la première brigade dirigée par le colonel Ange Laurent Giovanninelli avec l'appui de la batterie de Roussel. Malgré le retard, les soldats prennent part à la campagne de Lang Son. Les soldats de la deuxième brigade de De Négrier ne sont pas tous stationnés à Lang Son, n’étant ainsi pas immédiatement disponibles pour les combats. Les quatre compagnies du deuxième bataillon africain doivent maintenir une ligne d'approvisionnement vitale ce qui oblige les soldats à s'éparpiller entre Lang et Chu.

Déroulement de la bataille La bataille se déroule dans la région du Tonkin, les 23 et , au nord de la ville Lang-Son, dans les montagnes.

Environ soldats de la brigade du corps expéditionnaire du Tonkin du général Oscar de Négrier au Tonkin, font face à une armée chinoise composée d’approximativement soldats sous le commandement du commissaire militaire du Guangxi, Pan Dingxin.

Au matin du , la deuxième brigade se heurte sur une position difficile en avant de la vallée de Bang-Bô. C’est dans un terrain composé de montagnes abruptes et couvert de forêts ainsi que des bois propices aux embuscades que les Français doivent faire face aux Chinois. Des forts ennemis situés sur les sommets sont pris et repris plusieurs fois. Grâce au dévouement du bataillon de la légion étrangère, les troupes françaises réussissent à rester maître du terrain. La nuit, les Chinois se retirent afin de se concentrer dans la vallée où ils ont accumulé des moyens de défense. Le toutes les collines de la vallée de Bang-Bô sont hérissés de tranchées, de blockhaus et de fortins. Les forces chinoises se montrent beaucoup trop nombreuses débordant rapidement les troupes françaises ce qui rend la retraite obligatoire.

C’est une défaite militaire pour la France, qui est contrainte de se retirer de Lang-Son et donc de concéder du terrain face aux Chinois. Les pertes humaines semblent néanmoins plus conséquentes du côté chinois, avec environ 1600 morts contre 287, pour les Français. Les échos de cette défaite se font entendre jusqu’à Paris, entraînant une crise politique majeure et la fin du gouvernement de Jules Ferry. C’est le début de la très controversée retraite de Lang Son : la seconde brigade française se replie vers le delta du fleuve Rouge, abandonnant l'essentiel des gains des deux derniers mois. Préparatifs de l'offensive thumb| Le , le poste avancé français de Dong Dang, situé à quelques kilomètres au nord de Lang Son se fait attaquer par les forces chinoises placées sous le commandement de Feng Jicai. Le premier assaut chinois se fait facilement repousser par les soldats français dirigés par le lieutenant-colonel Paul-Gustave Herbinger qui est devenu chef du deuxième bataillon de légion étrangère. À la suite de cette première offensive, le général De Négrier est contraint de ramener toutes les troupes de la deuxième brigade dans la région afin de soutenir le lieutenant-colonel Paul-Gustave Herbinger. L'objectif est de lancer une riposte immédiate derrière la frontière et d'attaquer l'armée du Guangxi dans ses retranchements près du Zhennanguan à Bang Bo. L'idée derrière cet affrontement est d'éloigner les troupes chinoises de Dong Dang.

La ligne de ravitaillement qui doit permettre le lancement de l'offensive n’est protégée que par une compagnie du deuxième bataillon africain dirigé par Servière et par les batteries de Martin et Roussel. Quant à Dong Dan, la ville est défendue par le Bataillon d'infanterie de ligne sous le commandement du Lieutenant-colonel Godart. Le matin du , le général De Négrier s'avance vers la frontière chinoise à Zhennanguan avec une petite armée constituée de hommes et 10 canons.Tous ces soldats sont issus des et bataillons de ligne, des et bataillons de légion étrangère et des batteries de Roperh et de Saxcé. D'autres renforts sont également présents au Lang Son, mais De Négrier décide de ne pas les attendre pour entreprendre l'offensive.

Les 23 et , la deuxième brigade lance des assauts près de Zhennanguan contre l'armée de Guangxi. En Chine, ce conflit armé est connu sous le nom de « Bataille de Zhennan Pass » alors qu'en Europe on connaît cet affrontement sous le nom « bataille de Bango Bo », ce qui fait référence au nom du village où se trouve la position des soldats chinois.

Le , les soldats français parviennent à repousser sur leur flanc droit une contre-attaque chinoise hésitante lancée par Wang Debang de Cua Ai.

Contre-attaque chinoise et débâcle de la deuxième brigade française Le 24 mars, le général prévoit une attaque frontale et arrière simultanée contre les troupes de Feng Zicai, qui tiennent une ligne de tranchées devant Bang Bo. L'attaque arrière doit être effectuée par le deuxième bataillon de la Légion étrangère de Diguet et le bataillon de Farret alors que l'attaque frontale doit être menée par le bataillon de Faure.

Les deux chefs de bataillons Farret et Diguet ainsi que leurs hommes se font guider par le lieutenant-colonel Herbinger vers leurs positions d'attaque. Malheureusement pour eux, ils perdent leur chemin à cause d'un épais brouillard . Le général De Négrier ignore que Herbinger n'atteint pas ses objectifs, il confond les deux bataillons du lieutenant-colonel qui se dirigent vers la « Longue Tranchée » devant Bang Bo avec une colonne de troupes chinoises. Dans cette confusion générale est ordonné l'assaut frontal avec les hommes du bataillon d'infanterie de ligne de Faure.

L'infanterie de Feng Zicai ainsi que les forces chinoises stationnées sur les collines voisines mettent rapidement en déroute le bataillon français. Néanmoins, deux compagnies sur quatre du bataillon parviennent à atteindre la tranchée et réussissent à repousser avec des combats au corps à corps une contre-attaque chinoise menée par Feng Zicai. Le capitaine Verdier accompagné d'une compagnie française réussit à se désengager et à rejoindre le bataillon . Cet officier supérieur, sous le pseudonyme de Jacques Harmant, est connu, entre autres, pour son compte rendu détaillé de la campagne « La vérité sur la retraite de Lang-Son ». Finalement, le bataillon et Verdier parviennent à s'extirper pour se mettre en lieu sûr.

Le bataillon d'infanterie de ligne et le bataillon d'infanterie de la légion étrangère entrent avec plusieurs heures de retard à droite du champ de bataille. La capture du fort chinois par ces troupes est le seul succès français de la journée. À 15 heures, Le chef de l'armée du Guangxi, Pan Dingxin, décide de lancer une contre-attaque sur tous les fronts à la suite de la débâcle du . La position des soldats français est très compliquée.

Les chinois ont encerclé la compagnie du capitaine Gayon du bataillon. Ignorant l'ordre de Herbinger de laisser Gayon à son sort, le capitaine Cotter du deuxième bataillon de légion étrangère de Diguet conduit sa compagnie à la rescousse de Gayon. Les légionnaires arrivent à dégager avec succès les hommes de Gayon mais le capitaine Cotter y perd la vie . Le bataillon de légion étrangère de Diguet et le Bataillon d'infanterie de ligne de Farret se replient lentement, les soldats se retournent régulièrement et tirent pour garder les chinois à distance.

Au même moment, le troisième bataillon de légion étrangère du lieutenant-colonel Schoeffer reçoit l'ordre de rester autour de Dong Dang sur le sol tonkinois dans l'objectif de protéger la ligne de retraite de la deuxième brigade. Les soldats de Schoeffer permettent aux trois autres bataillons d'infanterie et aux deux batteries d'artillerie de battre en retraite, en repoussant les attaques chinoises sur les deux flancs français. Quant au Général, il combat avec l'arrière-garde française en protégeant la retraite stratégique des soldats.

Après les scènes de désordre et la prise de conscience des lourdes pertes françaises (70 morts et 188 blessés), De Négrier décide de se replier sur Lang Son . Malgré cet échec français, les pertes chinoises au col de Zhennan se révèlent très lourdes avec à morts.

Conséquences politiques et militaires Une défaite française