Bozel (en arpitan Bozé) est une commune française située dans le département de la Savoie, en région Auvergne-Rhône-Alpes.
Bozel est notamment connue pour être très proche de la station de Courchevel. Géographie Situation vignette|gauche|Bozel dans la vallée du Doron.
La commune de Bozel est située au cœur de la Savoie dans la vallée du Doron, affluent de la Tarentaise. Commune du massif de la Vanoise, l'altitude du point le plus bas de la commune est de tandis que les points les plus élevés sont le sommet du Roc du Bécoin () et du mont Jovet () au nord, et la dent du Villard () au sud. La grande majorité des habitations sont situées sur le versant ensoleillé.
Le chef-lieu est situé sur la rive droite du Doron de Bozel à . Sur le versant sud se trouvent les hameaux de Villemartin (), Tincave (), Le Moulinet (), Le Ratelard et Lachenal (). Le hameau des Moulins () est sur le versant nord.
Le Doron de Bozel reçoit, à la hauteur du chef-lieu, le torrent du Bonrieu venant du nord, et ceux de La Rosière et de Montgellaz venant du sud. Le Doron se jette ensuite dans l'Isère à Moûtiers.
Une petite infirme partie du domaine skiable de La Plagne est situé au nord-est du territoire communal de Bozel, au niveau du roc des Verdons..
Communes limitrophes
Voies de communication et transport thumb|RD 915 traversant Bozel. Le principal axe de communication de Bozel est la Route départementale 915 reliant Moûtiers à Pralognan-la-Vanoise. Au chef-lieu débutent également la Route départementale 91b, dite « Route de Champagny » menant à Champagny-en-Vanoise et la Route départementale 89 menant à Montagny et Feissons-sur-Salins. Les autres axes routiers de la commune sont mineurs et desservent les hameaux.
La gare ferroviaire la plus proche est la gare de Moûtiers - Salins - Brides-les-Bains située à Moûtiers à . La gare est desservie toute l'année par des TER Auvergne-Rhône-Alpes reliant Chambéry à Bourg-Saint-Maurice et pendant les saisons hivernales et estivales par des TGV en provenance en majorité de Paris. L'accès à Bozel est possible depuis la gare de Moûtiers par les autocars interurbains à destination de Pralognan-la-Vanoise.
En transport aérien, la commune est située à par la route de l'altiport de Courchevel, à de l'aéroport de Chambéry - Savoie-Mont-Blanc desservi principalement lors de saison hivernale, et à de l'aéroport international de Genève.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne. et est dans la région climatique Alpes du nord, caractérisée par une pluviométrie annuelle de à , irrégulièrement répartie en été.. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Pralognan-la-Vanoise à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .
Urbanisme Typologie Au , Bozel est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (91,8 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (92 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (48,8 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (37,6 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (5,4 %), zones agricoles hétérogènes (2,9 %), zones urbanisées (2,7 %), prairies (2,6 %)..
L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran..
Toponymie Bozel est un toponyme qui selon l'abbé Gros proviendrait du bas latin , , . Ce sont des diminutifs du mot qui désigne un « bois », donnant au pluriel .... L'abbé indique par ailleurs que le toponyme était toujours indiqué sous la forme plurielle dans les différentes mentions, , indiquant peut être par là « plusieurs mas boisés dans la même localité ».
Les premières mentions du village remontent au , avec (1170, sous une forme pluriel), (1184) ou encore (1186, dont on trouve une variante ). On trouve cependant un document qui remonterait au ou peut être du parlant d'un « Magister Boso de Boselle ». Les dérivés deviennent ou (), Bosel (fin du ), (). L'auteur indique que par la suite en langue française on retrouve, selon les documents, les formes Bauzey (1648)Selon la carte de Sanson d'Abbeville surchargée en 1648., Bossel (1691), Boselles (1759) ou encore Bozeil (1764), mais que la forme Bozel reste la plus usitée.
Lors de l'annexion du duché de Savoie par les troupes révolutionnaires françaises, la commune est désignée par Fructidor, même si l'on retrouve le toponyme original dans des documents de 1793 ou dans le Bulletin des lois de 1801.
En francoprovençal, le nom de la commune s'écrit Bozé (graphie de Conflans) ou Bosél / Bozél (ORB)..
Histoire Premières installations La situation de a permis une installation humaine ancienne..
Bozel a gardé une trace ancienne de présence humaine en Savoie, avec le vase trouvé au hameau des Moulins, daté de 2500 ans , et exposé au Musée Savoisien de Chambéry. Une copie en est visible dans la Tour Sarrazine. L'étude de ce site archéologique connu sous le nom du Chenet des Pierres a révélé qu'il a été occupé à l'époque du néolithique de -4600 jusqu'au milieu du IIIe millénaire
Période médiévale vignette|Tour dite « Sarrasine » et église Saint-François-de-Sales. Au Moyen Âge, on signale l'existence d'une maison forte appartenant en 1388 à François de Secal. Ce dernier est également en possession de la moitié de la montagne de la Valette et de Lesturges, qu'il partage avec Jacques Cembey, qui n'en possède qu'un quart.Archives départementales de Savoie. C 1769 II, f° 15, 103, 143..
La paroisse de Bozel était constituée de trois quartiers : Villemartin, Tincave, Bozel. Chacun d'eux disposait d'un syndic et d'un Conseil afin de gérer leurs communaux et leurs revenus.
La paroisse de Pralognan fut détachée de celle de Bozel en 1530 et réunie à nouveau à Bozel au début du .
L'église de Bozel, érigée au , subit à deux reprises le courroux des eaux en crue du torrent le Bonrieu, en 1666 et en 1669.
Période contemporaine À la Révolution, Bozel devint Fructidor, nom qui évoque les activités agricoles de la population à cette époque mais aussi la prospérité. En effet, la commune possédait alors un important vignoble et, comme activité économique principale, la production de gruyère, dont une partie était exportée vers le Piémont, par le col de la Vanoise.
En 1848, "la population de Bozel possédait "un nombre considérable de goitreux et de crétins", alors que Saint-Bon, village situé en face possédait une population saine, robuste et intelligente. La municipalité, voyant que les conditions hygiéniques étaient les mêmes, et que la seule différence importante entre les deux communes était dans les eaux potables, elle résolut d'abandonner les eaux jusque-là en usage et de les remplacer par celles de la colline de Saint-Bon. Les travaux coûtèrent dix mille francs, et c'est depuis ce changement dans les eaux d'alors que l'endémie du goitre disparut"Traité du goître (impr. de G. Mont-Louis, 1879), (https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k54821449/f85.image.r=).
vignette|Monument aux morts.
Les crues vignette|gauche|210px|Crue de 1904.
Le Bonrieu avait déjà débordé plusieurs fois par le passé, comme en 1630, 1666, ou 1669. En 1630, le ruisseau Bonrieu inonda Bozel et combla l'étage inférieur de la tour de Bozel..
Dans la soirée du , entre sept et neuf heures, une partie du village de Bozel est détruite dans ces circonstances rappelant la terrible catastrophe de Saint-Gervais en 1892Revue Universelle (Paris, 1901), (https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5808379t/f480.image.r=bozel.langFR).
Au cours d'un violent orage qui sévissait sur la région, le torrent de Bonrieu, qui, en temps ordinaire, roule à peine deux mètres d'eau, se trouvant subitement accru, sortit de son lit, entraînant dans son cours les rocs, les arbres et les terres, et se répandit en une véritable nappe de boue dans les rues de Bozel, détruisant plus de vingt maisons, ruinant trois ponts et engloutissant onze personnes.
Les secours s'organisèrent de suite sous la direction du maire, puis du sous-préfet de Moutiers et du procureur de la République.
Au petit jour, le spectacle des rues envahies par la vase, encombrées de débris de toutes sortes, apparut terrible.
On se préoccupa immédiatement de venir en aide aux malheureux sinistrés : les baigneurs de Brides envoyèrent de suite 1000 francs (soit environ 4000 euros aujourd'hui), puis de l'époque (un peu moins de 8000 euros) et organisèrent une fête de bienfaisance ; le préfet donna un premier secours de (soit environ 1500 euros) ; un comité disposa de (environ 20 000 euros) pour les besoins les plus urgents ; le 29 décembre 1904, une loi fut votée ouvrant au ministre de l'intérieur et des cultes un crédit supplémentaire de anciens (env. 194.000 euros) pour aide aux victimes de la catastrophe de Bozel (Savoie)Journal Officiel du 31 décembre 1904.
Cent hommes du de ligne et deux compagnies du ont été envoyés à Bozel pour procéder au déblaiement des routes.
Les mines d'anthracite Vers la fin du , grâce à la présence d'anthracite dans son sous-sol, Bozel a vu s'ouvrir une nouvelle ère avec l'exploitation de ses mines dès 1880, l'implantation d'une usine au Villard du Planay en 1898, et celle d'une centrale électrique aux Moulins en 1910. Employant jusqu'à 200 ouvriers en 1920, l'usine du Villard ferme ses portes en 1984.
Cette industrialisation a favorisé le maintien de la population en même temps que celui de l'agriculture, permettant ainsi aux habitants d'exercer une double activité. Le phénomène des ouvriers-paysans était ici particulièrement bien représenté.