QTV, pour « » (en ), était le nom du premier vol de la fusée d'essais américaine , conçue pour tester les systèmes de sauvetage d'urgence des futurs modules de commande du programme Apollo. Elle fut lancée le du du site d'essais de White Sands, au Nouveau-Mexique, pour un vol d'une durée n'excédant pas cinq minutes.
Objectifs de la mission La fusée fut conçue comme un véhicule relativement simple et à faibles coûts permettant la propulsion et les tests de charges utiles en vol. Pour le programme Apollo, son objectif principal était de servir de lanceur pour le vaisseau Apollo ., afin de tester son système d'abandon d'urgence dans de multiples conditions et à diverses étapes de l'ascension vers l'orbite . ., en particulier les phases les plus critiques du vol ..
La réalisation de cette mission nécessitait l'emploi d'un permettant de placer le véhicule Apollo dans des portions du domaine de vol allant des pressions dynamiques élevées, à basse altitude, aux vols en atmosphère raréfiée, à très haute altitude. Deux versions de la fusée permettaient d'accomplir ces missions : la désignation « » désignait la version de la fusée destinée à réaliser les essais à forte pression dynamique, dotée d'ailettes stabilisatrices fixes, alors que la version désignée « » était dotée d'un système de contrôle d'attitude à réaction et devait permettre de tester le vaisseau Apollo sur des phases de vol dans la haute atmosphère.
La mission QTV de , réalisée avec la version de la fusée, avait pour objectif de tester les capacités de la fusée à atteindre les paramètres de fortes pressions dynamiques requis pour l'évaluation des éléments du programme Apollo. Pour ce test, une structure simplifiée en aluminium, reprenant la forme globale des modules de commande et de service ainsi que la tour de sauvetage du vaisseau Apollo, fut installée sur la fusée pour simuler la masse, le centre de gravité et les caractéristiques aérodynamiques de la configuration du futur vaisseau Apollo .. Il n'y eut aucune disposition prise pour tenter de séparer les différents éléments en vol, car ce dernier n'avait pour objectif que de tester la fusée, et non sa charge utile.
Le vol de tests fut réalisé en accord avec le document « », publié par le (MSFC) le , sous l'autorité du contrat de la NASA.
Vol
Préparation pré-vol Un premier se déroula au centre de le . Premier d'une série de rendez-vous réguliers entre la NASA, , /Convair et les ingénieurs du centre de et du corps des ingénieurs d'Albuquerque, il avait pour but de coordonner les différents besoins du centre d'essais en matière de bâtiments, en particulier l'adaptation de l (, zone de lancement de l) pour la mise en place du programme d'essais du véhicule Apollo et de la fusée .. Les rapports concernant l'équipement du centre de remis par les différents contractants liés à la conception du vaisseau Apollo et au vol de qualification QTV de furent également utilisés pour la conception des établissements du centre d'essais, qui devaient être fournis par le Gouvernement américain.
Le , le nouveau pas de tir construit sur la zone devint disponible pour l'installation du rail de lancement de la fusée par la société Convair. Ce même jour, la chaîne organisationnelle au sol de Convair fut également activée, avec l'ouverture de bâtiments de bureaux, d'ateliers et d'entrepôts dans le de la zone administrative du centre de . En parallèle, des tests d'assemblage entre le lanceur et le vaisseau furent effectués dans les établissements de San Diego, en Californie, de à , afin de simuler au maximum les opérations qui seraient plus tard requises au centre de . Ils employèrent des armoires et des tableaux électriques simulant le câblage continu présent entre l'installation de la boîte de jonction, les fossés contenant les câbles et la salle d'alimentation électrique du site de lancement à . Réalisés à l'aide de moteurs-fusées fictifs, ils permirent également de mettre à l'épreuve l'équipement de soutien au sol qui devait être utilisé pour les futurs vols de la fusée .
La préparation du site de lancement à par Convair, qui comprenait l'installation du lanceur, des boîtes de jonction, des étagères à équipements et des câblages d'interconnexion, fut réalisée à partir du , puis se termina le jour de la vérification des installations de lancement, le . Les ailettes, la tour de sauvetage, le corps de la fusée et la charge utile fictive arrivèrent au centre de respectivement les , , et .
Après une inspection effectuée par les ingénieurs, le véhicule resta en stockage en attente jusqu'au , jour où la NASA donna l'accord pour que la mission QTV soit réalisée avant le test d'abandon prévu par le constructeur .. Le débuta l'installation du véhicule sur son pas de tir, puis la NASA valida le vaisseau, les installations de lancement et les câblages d'interconnexion trois semaines plus tard, le .. Le véhicule de test étant lancé avec succès le jour suivant. La NASA fut l'organisme principal pour le contrôle de l'ensemble du programme, incluant le contrôle final de chacune des tâches individuelles réalisées autour de la mission. De son côté, le Centre de avait en charge la gestion des instruments de calibration, des équipements du véhicule et des installations liées au système d'autodestruction, ainsi que des sous-systèmes du radar de poursuite. Le WSMR devait également assurer la vérification et les tests de ces divers systèmes, ainsi que la gestion logistique des moteurs et du lanceur lorsqu'il était présent sur la base.
Lancement Le QTV de la fusée , également désigné « » (premier exemplaire de la version , à ailettes fixes), fut lancé du , , du site d'essais de White Sands, le à MST, soit UTC. Les objectifs de la mission étaient de démontrer les capacités en tant que véhicule de tests du module de commande Apollo et de déterminer les pressions et températures de base appliquées à la fusée pendant le vol.
Le vol se déroula quasiment à la perfection, avec tous les moteurs produisant la bonne poussée dès le décollage et une excellente stabilité de la fusée sur toute la durée de son vol. La trajectoire suivie par la fusée fut très légèrement plus basse que celle prévue, mais elle parvint tout-de-même à démontrer que la fusée était stable même pendant la phase de vol transsonique et qu'elle était capable d'atteindre le point choisi pour la première véritable mission de tests en vol de la capsule Apollo, désignée . La seule défaillance subie au cours de la mission vint du système de destruction en vol du véhicule, qui était censé le détruire lors de l'envoi de la commande d'autodestruction depuis le sol. Les charges de cordon détonant Primacord installées au niveau des moteurs ne parvinrent pas à détruire la fusée, et celle-ci retomba au sol à environ quinze kilomètres au nord du site de lancement.
Analyse post-lancement Les analyses effectuées après le vol QTV, détaillées dans le rapport de la NASA, indiquèrent les résultats suivants :
Bien que légèrement plus basse que celle prévue par les calculs ., la trajectoire du vol permit d'atteindre le point du domaine de vol regroupant les conditions de test de la future mission , compris entre après le décollage de la fusée, avec une vitesse comprise entre et et une pression dynamique atteignant , alors qu'elle avait atteint une altitude comprise entre .. La fusée fut lancée avec des angles d'élévation et d'azimut de respectivement et , et l'angle atteint à de vol, lors de l'entrée dans le domaine de tests, était compris entre et , soit légèrement plus faible que les prévus. Un très léger roulis fut décelé pendant l'ascension, atteignant environ au point de test. Globalement, la trajectoire plus « plate » et le phénomène de roulis furent attribués à des calculs théoriques ne pouvant être parfaits, ainsi qu'à un probable léger défaut d'alignement des moteurs-fusées et des ailettes de la fusée , un alignement parfait de ces éléments étant de toute manière très difficile à obtenir.
Les moteurs Algol et fonctionnèrent de manière satisfaisante. La poussée moyenne produite par les moteurs Algol pendant le vol fut de , avec une impulsion totale de .. La combustion dura au lieu des prévues, et la pression moyenne dans les chambres de combustion fut de , contre prévus ..
Les pressions de base furent proches des valeurs expérimentales obtenues avec des corps similaires, indiquant une force de traînée de au point de pression dynamique maximale, aussi désigné « ». Les douze capteurs installés radialement et circulairement donnèrent globalement les mêmes valeurs de pression, quels que soient leurs emplacements sur la base de la fusée ..
Une analyse des phénomènes de battement indiqua que les ailettes fixes de la fusée avaient été stables pendant tout le vol, et que la fusée elle-même n'avait subi que peu de phénomènes de flexion ou de torsion pendant la mission. Les niveaux de vibrations relevés pendant le vol furent dans l'ensemble très faibles.
Les contraintes liées à la poussée produite par les moteurs furent approximativement identiques à celles prévues. Une augmentation de température de seulement sur la base du véhicule fut détectée (par l'analyse des données de calorimètres) entre le décollage et le point où devait être déclenchée la destruction de la fusée .. Il fut donc décidé de ne pas installer de protection thermique à cet endroit .. Concernant les bords d'attaque des ailettes, leur échauffement demeura dans des plages de valeurs largement acceptables. Les pressions et températures relevées au cours du vol à l'intérieur des modules représentant les modules de commande et de service fictifs de la fusée furent bien en dessous des valeurs considérées comme critiques ..
Les vérifications effectuées sur le pas de tir après ce premier lancement indiquèrent la présence de protections thermiques et d'un câble endommagés, ces dégâts minimes étant essentiellement liés à la chaleur et la poussée produites par les moteurs lors du lancement ..
Le seul « gros » dysfonctionnement de la mission vint du système d'autodestruction de la fusée. Désigné en anglais et constitué de cordon détonant Primacord installé sur les moteurs Algol, il avait pour but de les détruire à un moment précis du vol, lorsque les stations au sol envoyaient l'ordre d'autodestruction par radio. Lors du vol QTV, le signal d'autodestruction, envoyé à partir de de vol, ne fut pas bien reçu par tous les circuits de la fusée .. De plus, le Primacord ne parvint pas à propager correctement l'onde de choc de son explosion, ce qui laissa retomber au sol une fusée encore relativement intacte, à environ quinze kilomètres du pas de tir.
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes Programme Apollo Little Joe II Module de commande et de service Apollo Tour de sauvetage
Bibliographie
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Catégorie:Mission Apollo Catégorie:Exploration de l'espace en 1963 Catégorie:1963 aux États-Unis Catégorie:Août 1963