Le () est le chef de l'État et du gouvernement de l'Argentine. Il est titulaire du pouvoir exécutif, responsable de la politique de l'administration générale de la République argentine et le commandant en chef des forces armées.

L'actuel titulaire de la fonction est Javier Milei, de la coalition La liberté avance, depuis le .

Histoire vignette|Cornelio Saavedra, Président de la Première Junte des Provinces-Unies du Río de la Plata. vignette|Nicolás Avellaneda est le plus jeune président argentin à prendre ses fonctions à l'âge de 37 ans.

Les origines de l'Argentine en tant que nation remontent à lorsque le roi d'Espagne créé la vice-royauté du Río de la Plata en la séparant de la vice-royauté du Pérou. Le chef de l'État de ce nouveau territoire reste le roi, représenté localement par le vice-roi, né de manière générale en Espagne.

L'Argentine a connu plusieurs régimes politiques, successivement les Provinces-Unies du Río de la Plata, la Confédération argentine et enfin la République argentine. Le titre depuis l'investiture de Bernardino Rivadavia en 1826, est président de la Nation argentine, qui devient officiel à partir de 1861Site officiel de la présidence de la Nation argentine.

Première Junte de Gouvernement

La Première Junte de Gouvernement (, officiellement la « Junte exécutive provisoire des Provinces du Río de la Plata au nom de notre seigneur Don Ferdinand VII » (), est la junte créée le à Buenos Aires, capitale de la vice-royauté du Río de la Plata, à la suite de la victoire de la révolution de Mai qui amène à la destitution du vice-roi Baltasar Hidalgo de Cisneros. Le siège du gouvernement est fixé au fort de Buenos Aires, qui sert depuis 1776 de résidence aux vice-rois et où se trouve aujourd'hui la Casa Rosada. La Première Junte existe en tant que telle jusqu'au de la même année, puisque avec l'incorporation de députés de l'intérieur du pays, elle se transforme en Grande Junte.

Le président de la Première Junte des Provinces-Unies du Río de la Plata est Cornelio Saavedra.

Directeur suprême

Lorsque les représentants des différentes villes de l'intérieur du pays se joignent à la Junte, le gouvernement est d'abord délégué à un triumvirat, puis à un pouvoir exécutif unipersonnel avec le nom de directeur suprême créé par l'Assemblée de l'an XIII.

Le poste de directeur suprême est maintenu après la proclamation de l'indépendance le par une réunion du Congrès dans la ville de San Miguel de Tucumán. Une Constitution est approuvée en 1819, mais en raison des circonstances politiques, elle ne rentre jamais en vigueur, le pouvoir central est dissous et le pays reste à l'état d'une confédération de provinces.

Une nouvelle constitution adoptée en 1826 créée pour la première fois le poste de président, pour lequel Bernardino Rivadavia est élu, devenant le premier président argentin. En raison de la guerre entre l'Argentine et le Brésil, Rivadavia démissionne après une courte période et la fonction est dissoute peu de temps après.

Une guerre civile entre « unitaires » (c'est-à-dire le gouvernement central basé à Buenos Aires) et « fédérales » (pour une pleine autonomie des provinces) s'ensuivit dans les décennies suivantes. À cette époque, il n'y a pas d'autorité centrale et ce qui s'en rapproche le plus est le représentant des relations extérieures, généralement le gouverneur de la province de Buenos Aires. Le dernier à porter ce titre est Juan Manuel de Rosas qui, dans les dernières années de son gouvernement, est élu chef suprême de la Confédération argentine, acquérant le pouvoir effectif dans le reste du pays.

En 1852, Rosas est renversé et une assemblée constituante est convoquée. Cette constitution établit un gouvernement fédéral national, avec la fonction de président, élu par un collège électoral. La durée du mandat est fixée à six ans, sans possibilité de réélection. Le premier président élu en vertu de la Constitution est Justo José de Urquiza. Après une brève interruption en 1860, la succession des présidents se déroule dans le respect des normes légales jusqu'à 1930, où elle est interrompue par plusieurs coups d'État, entrecoupés de présidents de facto et d'autres élus par voie légale.

En 1930, 1943, 1955, 1962, 1966 et 1976, des coups d'État militaires ont déposé les présidents élus. En 1930, 1943 et 1955 les forces armées désignent des militaires avec le titre de président. À la suite des coups d'État de 1966 et de 1976, le gouvernement fédéral est exercé par une junte militaire composée des chefs de chacune des trois branches des forces armées qui, à son tour, désigne un militaire comme président. En 1962, avant que l'armée ne puisse nommer un nouveau président, le président provisoire du Sénat José María Guido, qui est le remplaçant légal du président déchu, prend ses fonctions. La question de savoir si ces chefs d'État militaires peuvent être appelés présidents est discutable, compte tenu de leur illégitimité. La position du gouvernement argentin actuel est que les militaires qui ont exercé le pouvoir exécutif entre 1976 et 1983 ne sont pas légitimes, de sorte qu'ils n'ont pas eux le droit à une pension présidentielle. La situation des dictateurs précédents n'a pas été définie.

La figure présidentielle dans les textes constitutionnels Constitution de 1826

right|thumb|250px|Bernardino Rivadavia est le premier titulaire du pouvoir exécutif à être appelé « président ».

Article 68 – Le pouvoir exécutif de la nation est confié à une seule personne, sous le titre de président de la République argentine.

Article 70 – Avant d'entrer dans l'exercice de ses fonctions, le Président élu fera entre les mains du Président du Sénat, et en présence des deux Chambres réunies, le serment suivant : « Je (...) jure par Dieu Notre Seigneur et ces Saints Évangiles, que j'exercerai dûment le poste de Président, qui m'est confié ; que je protégerai la religion catholique, que je conserverai l'intégrité et l'indépendance de la République et que j'observerai fidèlement la Constitution ».

Premier chapitre – Nature et qualités de ce pouvoir. Section V. Du Pouvoir Exécutif, Constitution de la Nation argentine (1826)

La Constitution de 1826 dispose que le pouvoir exécutif est exercé par une personne sous le titre de président de la République argentine (article 68). Les exigences sont d'être citoyen argentin, d'avoir trente-six ans, détenir la citoyenneté depuis neuf ans et un capital de dix mille pesos (articles 24 et 69). Il est élu pour un mandat de cinq ans non renouvelable (article 71). En cas de maladie, de décès, de démission ou de destitution, la fonction est exercée par le président du Sénat (article 72). Il est élu comme suit (articles 73 à 80) : Dans la capitale et dans chaque province, un collège de quinze électeurs est constitué qui vote quatre mois avant la fin du mandat par des « bulletins signés ». Une fois le vote et le dépouillement terminés, le procès-verbal est adressé au président du Sénat qui, avec quatre membres du Congrès, procède au décompte final. Celui qui a réuni les deux tiers des voix est proclamé président. Au cas où personne ne l'emporte, il est élu par les 2/3 du Congrès. Il peut être révoqué par mise en accusation de la Chambre des représentants pour et être destitué par le Sénat.

Ses attributions sont de (articles 81 à 101) publier et faire appliquer les lois, convoquer le Congrès, ouvrir annuellement les sessions parlementaires, ordonner les élections législatives. En matière militaire le président de la République est le commandant en chef des forces de marine et de terre, il doit avoir besoin de l'autorisation du congrès pour envoyer l'armée en personne, il assure la sécurité intérieure et extérieure, prend des mesures pour garantir la paix et conclure des traités avec l'approbation du Sénat. Il a aussi pour rôle de nommer et révoquer ses cinq ministres, nommer les ambassadeurs et autres agents avec l'approbation du Sénat, recevoir les délégations étrangères, délivrer des lettres de citoyenneté, exercent le patronage général des églises, , et enfin il applique les grâces et nomment les juges de la Cour suprême. En outre, il nomme les gouverneurs des provinces sur proposition d'un conseil d'administration et approuve leurs budgets. Tout projet de loi doit passer par le pouvoir exécutif qui les approuve ou s'y oppose.

Constitution 1853 vignette|250x250px|Justo José de Urquiza

Article 71 – Le pouvoir exécutif de la Nation est exercé par un citoyen en qualité de « Président de la Confédération argentine ».

Article 70 – Dès leur entrée en fonctions, entre les mains du président du Sénat (la première fois, entre les mains du président du Congrès constituant) et devant le Congrès réuni en assemblée plénière, le Président et le Vice-président prêtent serment, dans les termes suivants : « Moi N. N. jure devant Dieu Notre Seigneur et ses Saints-Évangiles, d'exercer avec loyauté et patriotisme les fonctions de Président (ou de Vice-président) de la Confédération et d'observer et de faire observer fidèlement la Constitution de la Confédération argentine. Si je ne le fais ainsi, que Dieu et la nation m'en demandent compte. ».

Premier chapitre – De sa nature et sa durée . Section II. Du Pouvoir Exécutif, Constitution de la Nation argentine (1853)

Les articles 71 à 90 contiennent les dispositions relatives au pouvoir exécutif. Le titulaire de celui-ci est personnel et porte le titre de « président de la Confédération argentine ». Un vice-président, élu avec lui, le remplace en cas d'absence, d'incapacité ou de démission.

Les conditions pour l'élection en tant que président sont similaires à celles exigées pour les sénateurs ; ils ajoutèrent la condition d'être natif ou d'être fils d'un enfant en cas de naissance hors du territoire national et pratiquant de la religion catholique, seule concession faite aux montoneros. Son mandat s'étend sur une période de six ans, sans possibilité de réélection avant l'expiration d'un mandat complet ; aucun cas ne permet la prorogation de celle-ci au-delà de six ans à compter de la date initiale de prise de fonction.

La procédure pour l'élection présidentielle est indirecte ; le corps électoral de chaque province choisit un nombre de délégués égal au double du nombre total des députés et des sénateurs qu'il élit. Les électeurs de chaque province votent à leur discrétion pour les candidats qu'ils jugent les plus appropriés et envoient une copie scellée de leur résolution au Sénat ; une fois toutes les listes reçues, l'Assemblée législative procède à l'examen de celles-ci. S'il en résulte une majorité absolue d'un candidat, la proclamation est automatique. Dans le cas où aucun d'entre eux n'aurait la majorité absolue, l'Assemblée législative élit immédiatement et à la majorité simple des voix entre les deux candidats ayant obtenu le plus de voix, ou plus en cas d'égalité pour la première ou la deuxième place. Dans ce dernier cas, s'il n'y a pas de candidat à la majorité absolue en première instance, un scrutin est organisé entre les deux candidats ayant obtenu le plus de voix au premier tour. Le quorum pour cette élection doit être les trois quarts des membres du Congrès.

Selon le premier alinéa de l'article 90, le président est l'autorité suprême de la Confédération, dans ce que l'on appelle un régime présidentiel : Il n'est responsable de ses actes que dans le cadre imposé par la Constitution, devant aucune autorité supérieure et n'a pas besoin de l'approbation du Congrès pour l'exercice de ses pouvoirs. Il est également le détenteur du pouvoir exécutif de la ville désignée comme capitale fédérale et le chef des forces armées.