vignette|200px|alt=Schéma de blason.|Les armoiries de la commune du Lude se blasonnent ainsi :D'azur à la croix engrêlée d'argent.Historique : ce blason fut adopté officiellement par la commune du Lude, le 17 juillet 1961 mais il était déjà en usage en 1669..
L'histoire du Lude (Sarthe) recouvre l'ensemble des évènements, anciens ou plus récents, liés à cette ville française. Les ensembles mégalithiques présents en vallée du Loir témoignent d'une occupation de la région dès la période néolithique, tandis que l'éperon du camp de Vaux et le site de Cherré, tous deux situés à quelques kilomètres à l'est du Lude, montrent son dynamisme de l'âge du bronze à l'Antiquité.
Au Moyen Âge, Le Lude devient une place forte aux confins des comtés de l'Anjou et du Maine. Une motte féodale puis un château en pierre constituent alors son appareil défensif. La ville se développe alors par son activité minotière et par l'établissement de plusieurs édifices religieux avant de connaître les troubles de la Guerre de Cent Ans : le château du Lude est occupé par les Anglais de 1425 à 1427. Le Lude connaît un nouvel essor à la Renaissance grâce à son seigneur Jean Daillon qui fait relever le château de sa ruine, puis à ses successeurs qui continuent de développer la ville en y installant des hôpitaux et des fabriques de cuirs et d'étamines. Érigée en comté en 1545 puis en duché-pairie en 1675, la seigneurie du Lude dispose ensuite de son propre grenier à sel dans la sénéchaussée de Baugé.
Rattachée au département de la Sarthe à la Révolution, la commune du Lude devient un chef-lieu de canton. Jusqu'à la Restauration, elle est régulièrement secouée par des troubles liés à la chouannerie et notamment prise deux fois par les troupes royalistes de Bernard de la Frégeolière. En 1816, quatre hommes faisant partie d'un groupe nommé les « Vautours de Bonaparte », en signe de fidélité à l'empereur, y sont guillotinés.
Le voit le développement économique et industriel de la ville avec l'arrivée du chemin de fer puis de l'électricité, et l'installation d'usines comme la papeterie de la Courbe. La ville paye un lourd tribut dans les combats de la Première Guerre mondiale avec le décès de 123 de ses habitants, puis connaît l'occupation allemande pendant la Seconde Guerre mondiale. Des prisonniers russes y sont notamment internés tandis qu'un camp de stockage de munitions est établi entre la commune du Lude et celles de Savigné-sous-le-Lude et Thorée-les-Pins. L'explosion de la gare du Lude le est un des évènements marquants de la période sur le plan local, de même que la déportation de plusieurs jeunes réfractaires au Service du travail obligatoire (STO) ayant déclenché une manifestation spontanée contre l'occupant.
Après la dernière guerre, Le Lude se démarque par la création d'un des premiers spectacles de son et lumière de France, mais la ville connaît, comme l'ensemble du sud de la Sarthe, un déclin industriel certain de la fin du au début du .
Occupation du territoire de la Préhistoire à l'Antiquité vignette|alt=Photographie présentant le dolmen d'Amenon, un des nombreux mégalithes en vallée du Loir.|Le dolmen d'Amenon, un des nombreux mégalithes en vallée du Loir. L'occupation humaine de la région ludoise est très ancienne et remonte au moins au Néolithique comme l'atteste la présence de plusieurs ensembles mégalithiques. Un dolmen, dit « de Cuissé », est recensé sur le territoire même du Lude.., bien que détruit en 1928. Le menhir du Loup-Pendu, situé à au sud-ouest du Lude, sur la commune de Savigné-sous-le-Lude, est quant à lui conservé. De nombreux autres dolmens ou menhirs sont signalés dans les communes voisines.., ainsi que plusieurs enceintes protohistoriques.. Le dolmen d'Amenon, fouillé dans les à Saint-Germain-d'Arcé, a été utilisé comme lieu de sépulture à la fin du quatrième millénaire avant Jésus-Christ.. À Aubigné-Racan, deux autres sont répertoriés à proximité de la ferme de « la Persillière » et de celle du « Colombier »..
Par ailleurs, le « camp de Vaux », un éperon situé à du Lude et surplombant le Loir, est occupé dès le .. Sa phase de fortification s'accompagne, au nord-est et dans la vallée, sur le site de Cherré, de la création d'une nécropole de l'âge du bronze et du Hallstatt...
Dans l'Antiquité, se trouve sur la voie romaine qui, passant par Coulongé, relie Le Mans à Poitiers.. Son territoire est alors situé à la frontière septentrionale de la des Andécaves, qui suit le cours du Loir, au carrefour de celui des Turons au sud-est et de celui des Aulerques Cénomans au nord.. À cette époque, l'importance commerciale du site de Cherré croît fortement et les fouilles archéologiques menées ont permis de mettre au jour un théâtre, un forum, un temple, des thermes ainsi que les vestiges d'un aqueduc. Aussi, à trois kilomètres au nord du Lude, sur un coteau surplombant le Loir, les vestiges d'une villa gallo-romaine ont été découverts à proximité du château de la Grifferie...
Le Lude au Moyen Âge Du Haut Moyen Âge au Dès la fin de l'Antiquité, un foyer de peuplement semble se développer au Lude autour de son église, citée dès le dans les Actes des évêques du Mans. Par ailleurs, la découverte d'une pièce de monnaie frappée au Lude vers 650 témoigne de l'activité économique de la cité au début du Moyen Âge. Fortification du pont et une poterne flanquée de tours en défendent l'accès sur la rive droite.
Les premières incursions vikings en Anjou entre 853 et 873 conduisent les seigneurs locaux à entreprendre la construction de forteresses pour protéger leurs terres. Par sa position stratégique aux confins du Maine, de l'Anjou et de la Touraine, le site du Lude revêt alors une importance particulière et c'est ainsi qu'est édifié, sur la rive gauche du Loir, le « fort de la Motte ». Bâti à une centaine de mètres au nord du château actuel, ce château primitif ne consiste alors qu'en une motte sur laquelle s'élève un donjon entouré de fossés et de palissades. Le lieu est plus tard érigé en châtellenie sous l'appellation de la Motte-sous-le-Lude.
thumb|upright|alt=Gravure représentant un seigneur en buste.|Foulques Nerra, comte d'Anjou, possède la forteresse du Lude au . Une autre conséquence des expéditions normandes en Anjou est le pillage de la ville du Lude et la destruction de son église. En 976, Geoffroy Grisegonelle, comte d'Anjou et seigneur du Lude, en fait don à l'abbaye Saint-Jouin de Marnes, en Poitou. L'église n'est pas reconstruite et seule subsiste une chapelle érigée sur ses ruines. En 1085, le seigneur Hubert de Beaumont confie la chapelle aux moines de l'abbaye Saint-Aubin d'Angers.. Ils y fondent un prieuré le sous le patronage de saint Vincent et sont à l'origine de la construction de l'église nouvelle, qui porte le même nom.
Avant cela, en 1027, le comte d'Anjou Foulques Nerra est assiégé au château du Lude par le duc Alain de Bretagne, qui veut ainsi le punir des mauvais traitements infligés à son allié Herbert Éveille-Chien, comte du Maine. Ce dernier avait été capturé à Saintes deux années plus tôt par Foulques Nerra qui souhaitait s'attribuer ses possessions, avant d'être libéré en échange de terres et d'otages. Surpris par l'attaque du duc de Bretagne et ne possédant pas les troupes nécessaires pour soutenir le combat, Foulques Nerra se soumet immédiatement et restitue les hommes et les biens qu'il avait saisis.
La châtellenie du Lude prospère au fil des siècles. Son seigneur possède des droits sur la rivière du Loir depuis Vaas jusqu'au moulin de Vilaines à Luché-Pringé et l'activité minotière est alors très développée sur son territoire. Le moulin de Thienval est mentionné dès le début du dans le cartulaire de l'abbaye Saint-Aubin d'Angers, qui possède également ceux de RihouyCe moulin, comme celui de Pontfour, n'est pas situé sur le Loir mais sur le ruisseau de Ris-Oui, selon son orthographe actuelle. et de Pontfour. Plusieurs moulins sont également installés sur le site de Malidor et Richard III de Beaumont, seigneur du Lude de 1236 à 1239, en octroie la dîme à l'abbaye Notre-Dame de la Charité d'Angers. Par ailleurs, et dès la fin du , le hameau de Raillon se développe à environ au sud de la ville, au bord de la Marconne. Les habitants se groupent d'abord autour d'un prieuré fondé en 1190 par les moines de Saint-Aubin-d'Angers, puis d'une léproserie bâtie en 1202 à l'initiative de Raoul VIII de Beaumont-au-Maine à proximité de la chapelle Sainte-Marie de Raillon.
Construction du château actuel et guerre de Cent Ans thumb|alt=Carte avec le nom des rues actuelles et une ligne pointillé délimitant le tracé ancien de la ville.|Les limites de la ville du Lude au Moyen Âge d'après les travaux de Jacques Bellanger. Vers la fin du , le fort de la Motte est abandonné. Les bases d'une forteresse en maçonnerie sont établies plus au sud et donnent naissance au château actuel. La construction de cette forteresse médiévale s'étale sur deux siècles et d'importants dispositifs de défense sont mis en place : les douves sont creusées, un éperon en maçonnerie et des remparts sont construits face au Loir. Louis II de Beaumont, seigneur du Lude, s'engage aux côtés des troupes françaises menées par Bertrand du Guesclin. Il meurt lors de la bataille de Cocherel.
La situation du Lude comme place forte de l'Anjou située aux confins du Maine en fait un site important pendant la guerre de Cent Ans. Le château-fort du Lude, appartenant à la vicomtesse de Beaumont, Isabeau de Bourbon, est un point stratégique. Le capitaine Guillaume de Méron est nommé pour en assurer la défense. Les Anglais l'attaquent à deux reprises, probablement entre avril et .. Méron entreprend aussitôt une série de travaux pour en renforcer les défenses. Lors du premier assaut, les Anglais comblent les douves avec le bois entassé devant les remparts, mais sont repoussés notamment grâce à l'aide de Jean III de Bueil. Sous le commandement de Robert Knolles, les Anglais tentent un deuxième assaut, en vain. Une partie des troupes se retire alors pour élever un fort à Vaas.
En 1417, les Anglais mènent plusieurs incursions en vallée du Loir qui conduisent à la prise des châteaux de Gallerande et de Malicorne. Mais après la défaite de l'armée française à Verneuil en 1424, les Anglais achèvent la conquête du Maine. Ils s'emparent du château du Lude à l'automne 1425 sous les ordres du comte de Warwick, qui nomme aussitôt Guillaume Gladsdall, déjà capitaine de Malicorne, pour gouverner la place. Celui-ci reste peu de temps en place puisqu'il est nommé en 1426 bailli d'Alençon et capitaine de la forteresse de Fresnay, tout en étant remplacé par son lieutenant William Blackburn, à la tête d'une garnison de .. Pour la population locale, l'occupation anglaise est fort contraignante comme l'explique le docteur Paul Candé : Cela ne suffit pourtant pas à garantir la paix pour la population locale qui dut souffrir d'un grand nombre de pillages. Par ailleurs, la Chronique de l'abbaye de Bourgueil rapporte qu'en 1427, le jour de la fête de Saint Denis, la garnison anglaise du Lude rejoint celles des villes voisines pour mettre à sac le territoire situé entre Beaufort-en-Vallée et Bourgueil.. Finalement, l'occupation anglaise ne dure que deux ans : à la fin de l'année 1427, les troupes françaises commandées par Ambroise de Loré reprennent le château du Lude au terme d'un siège de plusieurs jours. Gilles de Rais et Jean de Bueil prennent notamment part à l'opération.Jean de Bueil, Le Jouvencel, suivi du commentaire de Guillaume Tringant, introduction biographique et littéraire par Camille Favre, texte établi et annoté par Léon Lecestre, Paris, Librairie Renouard, tome I, 1887, XV-XVII ; tome II, 1889, 273-275..
Le Lude à l'époque moderne thumb|alt=Photographie présentant la façade François , du |La façade Renaissance du château, édifiée par l'architecte Jean Gendrot.