thumb|upright=1.0|« », un « cercueil pour les pêcheurs », un signe visible sur les flancs de certains bateaux de pêche polonais pour protester contre l'interdiction de pêcher la morue. thumb|upright=1.2|Une protestation multilingue à la Constitution européenne. thumb|upright=1.0|Un exemple d'action eurosceptique, un drapeau de l'UE vandalisé à Sopot en Pologne.
L’euroscepticisme est une attitude critique à l'égard de l'intégration européenne et à l'Union européenne.. basée notamment sur un doute quant à sa viabilité ou son utilité.... De manière encore plus prononcée que les pro-européens, les eurosceptiques ne constituent pas un bloc homogène mais comprennent les . Selon Agnès Alexandre-Collier ce terme est ambigu, allant ..
On peut parler également d’europhobie ou d’anti-européanisme pour désigner une opposition franche à l'Union européenne ou à l'intégration européenne, parfois marquée par la volonté de remettre celle-ci en cause« A principled opposition to the EU and European integration and therefore can be seen in parties who think that their countries should withdraw from membership, or whose policies toward the EU are tantamount to being opposed to the whole project of European integration as it is currently conceived. », par exemple dans le cadre de projets tels que le Brexit au Royaume-Uni ou le Frexit en France.
Les eurosceptiques s'opposent aux « pro-européens » (partisans du modèle actuel, voire d'une intégration européenne plus accrue, par exemple, le fédéralisme européen) et se différencient des eurocritiques (partisans d'une construction européenne mais sur un autre modèle, par exemple, une Europe des nations dépourvue de transferts importants de la souveraineté nationale).
Définition de la notion Début du : la notion d'« anti-européen » Au début du , le terme le plus utilisé pour désigner les courants s'opposant à l’unification européenne était celui d'« anti-européen ». Le terme est ainsi utilisé par Richard Coudenhove-Kalergi dans son ouvrage Paneurope, qu'il oppose à celui de « paneuropéen ». ; et par Nikolaï Danilevski dans son ouvrage La Russie et l'Europe.
L'expression fut aussi reprise par le mouvement fasciste italien qui a créé, sous la direction d'Asvero Gravelli, la revue Anti-Europa. Le terme dénote l'idée, en Italie fasciste, de rejet des valeurs humanistes, de la démocratie libérale et de la bourgeoisie.
Apparition de la notion d'euroscepticisme : distinction et Le terme « euroscepticisme » semble issu du néologisme « » apparu dans la presse britanniqueLes dates diffèrent suivant les sources, allant du 11 novembre 1985 dans le journal au 26 décembre 1992 dans ().. Il désigne alors ceux opposés à la construction européenne au sein du Parti conservateur.
L'universitaire Agnès Louis souligne qu'un ensemble d’auteurs, tels que Bernard Bruneteau, .. Une typologie de l'euroscepticisme a été proposée par Aleks Szczerbiak et Paul A. Taggart afin d'identifier les courants le formant. Ils ont ainsi distingué le hard euroscepticism et le soft euroscepticism..
Pour eux, la notion de est définie comme « un principe d'opposition à l'Union européenne et à l'intégration européenne et qui est, par conséquent, visible dans les partis qui considèrent que leurs pays devraient se retirer de l'Union, ou dont les politiques envers l'UE équivalent à être opposé à l'ensemble du projet d'intégration européenne telle que conçu actuellement »« » ().. La notion peut se traduire par l'expression « euroscepticisme dur » et inclure des éléments tels que l'« europhobie » ou la « xénophobie »..
La notion de est, quant à elle, définie comme « un principe qui ne s'oppose pas à l'intégration européenne ou à l'adhésion à l'Union européenne mais dans lequel les doutes liés à certaines politiques conduisent à l'expression d'une opposition nuancée à l'Union, ou dans lequel l'« intérêt national » est ressenti comme étant pour le moment en désaccord avec la trajectoire de l'Union »« » ().. Cette dernière notion se traduit par l'expression d'« euroscepticisme modéré », et peut inclure des éléments tels que la « non‑intégration », l'« euroréalisme », le « populisme », l'« ennui européen » ou la critique de l'UE.
L'emploi de est critiqué en ce que les politologues ont constaté, en France, lors des débats sur le traité de Maastricht, que l'opposition au traité ne se matérialisait pas systématiquement par de l'« anti-européisme », mais parfois par la volonté d'une autre Europe. Ainsi, les gaullistes étaient « pour » l'Europe de l'Atlantique à l'Oural, l'extrême droite « pour » une Europe des nations et des patries, et ces courants manifestaient donc un En 1997, le parti communiste français a tenté de distinguer sa position en se qualifiant d'« euroconstructif » ().. La notion d'euroscepticisme peut être rapprochée de celle de souverainisme, apparue dans les années 1996-1997 en France. Celle-ci fut utilisée par des associations en lutte contre les traités de Maastricht et d’Amsterdam pour ne pas être qualifiées d'« anti-européennes ».
Autre tentative de définition de l'euroscepticisme : un idéal-type Petr Kopecky et Cas Mudde ont proposé, en 2002, une autre classification de l'euroscepticisme. Cette classification prend la forme d'un tableau aux paramètres suivant : europhile, europhobe d'une part ; et EU-optimist et EU-pessimist d'autre part.. Ces deux derniers paramètres se définissent ainsi : la position de EU-optimist est définie comme étant la position de ceux soutenant l'UE telle qu'elle a été mise en œuvre et qu'elle est dirigée. Selon leur définition, une attitude critique envers une certaine politique de l'Union européenne ne disqualifie pas le parti de sa position de EU-optimist. Dès lors que le parti accepte l'actuelle structure de l'UE dans son ensemble, il est dans cette catégoriePar exemple, en dépit de certaines critiques de la politique agricole commune, le parti paysan polonais est EU-optimist non seulement parce qu'il considère l'UE comme un instrument vital de soutien des paysans, mais aussi parce qu'il soutient la forme générale et les développements des éléments politiques, institutionnels et sociaux de l'UE... la position de EU-pessimist au contraire est la position de ceux qui ne soutiennent pas la forme actuelle de l'UE ou sont pessimistes sur ses développements. Cela ne veut pas dire, pour autant, qu'un EU-pessimist s'oppose à l'adhésion. Il peut s'agir simplement d'une opposition au développement de l'UE, contraire à leur propre interprétation de l'idée d'intégration européenne.
En combinant ces quatre paramètres, quatre idéaux-types apparaissent : les euroenthusiasts : les partis ou groupes qui combinent les europhiles et EU-optimists. Ils soutiennent l'idée générale d'intégration européenne et croit que l'UE en est l'incarnation. les eurosceptics : les partis ou groupes combinant les europhiles et EU-pessimists. Ils soutiennent l'idée générale d'intégration européenne mais sont pessimistes sur les développements de l'UE par rapport à leur opinion de l'intégration. les europragmatists : ils regroupent les europhobes et les EU-optimists. Ils ne soutiennent pas l'idée d'intégration européenne à la base de l'UE (sans nécessairement s'y opposer), mais soutiennent l'UE. les eurorejects : ils sont à la fois europhobes et EU-pessimists, ne soutiennent ni l'UE ni l'intégration européenne.
Petr Kopecky et Cas Mudde soulignent cependant qu'il s'agit d'idéaux-types et que la notion d'« euroscepticisme » en soi est floue en ce qu'elle correspond à différentes visions de l'UE et de l'intégration européenne. Ils soutiennent cependant que l'europhilie sous-tend l'euroscepticisme..
Cependant, Ümit Yazmaci souligne que le concept d'euroscepticisme, dans son acception commune, n'est pas aussi restrictif que celui proposé par Petr Kopecky et Cas Mudde. Il considère, ainsi, que le « concept même d’euroscepticisme est promptement contesté en tant qu’instrument conceptuel pour ne pas avoir entièrement expliqué tous les aspects et les formes polymorphes des oppositions à l’intégration européenne ».
Neutralités des termes employés Pour Ingrid Riocreux, universitaire spécialiste de rhétorique et stylistique, l'usage du terme « europhobe », au rebours de ce que pense la plupart des journalistes, n'est pas du registre de l'information, mais de celui du jugement. En effet, la connotation péjorative du suffixe « -phobe » suscite une forme de répulsion. Elle montre que les mots en « -phobe » sont davantage des mots de lobbies ou de militants visant à discréditer de manière commode les opposants à une cause qu'ils défendent que des mots neutres et impartiaux.
Positionnement Les arguments mis en avant par les eurosceptiques reposent sur plusieurs aspects : politique, économique ou encore culturel.
En matière politique, les eurosceptiques considèrent que l'intégration européenne se fait sans la volonté des peuples (et font, à ce titre, référence au traité de Lisbonne). À cela, s'ajoute l'abstention aux élections européennes. Par ailleurs, les eurosceptiques considèrent qu'il y a un abandon de la souveraineté nationale dans l'intégration européenne..
En matière économique, les eurosceptiques critiquent notamment la création de l'euro, les politiques économiques menées par la BCE ou le caractère libéral de l'Union.
Sur le plan culturel, l'harmonisation menée au niveau du processus législatif (notamment dans le cadre de l'adoption de règlements) est critiquée par les eurosceptiques car ils considèrent que cela gomme les différences nationales.
Certains mouvements et responsables eurosceptiques de droite (Rassemblement national, Mouvement pour la France, Nicolas Dupont-Aignan en France, Ligue du Nord en Italie, Jobbik en Hongrie, Alliance civique démocratique en République tchèque, Parti de la Grande Roumanie, Ligue des familles polonaises) reconvertissent les arguments antisoviétiques pour critiquer l'Union européenne, comparée à l'URSS ..
Euroscepticisme en Union européenne Au niveau européen Opinion publique européenne De 1983 à 2011, l'Eurobaromètre a sondé l'opinion publique afin de déterminer si celle-ci considérait que l'appartenance à l'UE avait été un plus pour leur État membre. En En avril 1990, les résultats du sondage indiquaient : 59 % de « bénéficié », 24 % de « pas bénéficié » et 17 % de « ne se prononce pas » ()., en En mars 1991, les résultats du sondage indiquaient : 59 % de « bénéficié », 25 % de « pas bénéficié » et 17 % de « ne se prononce pas » (). et en En mai 2007, les résultats du sondage indiquaient : 59 % de « bénéficié », 30 % de « pas bénéficié » et 11 % de « ne se prononce pas » ()., 59 % des sondés considéraient que leur État avait bénéficié de l'adhésion. À l'inverse, le pourcentage de personnes considérant que leur État n'avait pas bénéficié de l'adhésion est monté jusqu'à 39 % en 2010En 2010, les résultats du sondage indiquaient : 50 % de « bénéficié », 39 % de « pas bénéficié » et 11 % de « ne se prononce pas » ()...
L'Eurobaromètre indique que, à la question de savoir si les citoyens européens éprouveraient de « grands regrets », un « vif soulagement », ou de l'« indifférence » en cas d'abandon de l'Union européenne, environ 80 % d'entre eux hésitent entre le « grand regret » et l'« indifférence »..
Tableau des partis politiques européens eurosceptiques