vignette|Rue principale de Fourneaux (ex-RN6).
Fourneaux est une commune française située dans le département de la Savoie, en région Auvergne-Rhône-Alpes. Géographie Situation Le village se trouve à de Chambéry, de Saint-Jean-de-Maurienne, limitrophe de Modane. Fourneaux est une des sept communes de l'ancien canton de Modane.
Géologie et relief, hydrographie Sa superficie est de , ce qui en fait l'une des plus petites communes de la Maurienne. Le point culminant de la commune est le signal des Sarrasins, à .
Deux cours d'eau traversent le village : l'Arc et son affluent rive gauche le Charmaix dont les crues (1955) peuvent être dévastatrices.
Voies de communications et transports La commune de Fourneaux est traversée par la route départementale 1006, ex-RN6, par la route touristique RD 215 et par la voie ferrée internationale Paris-Rome. En outre, la bretelle d’accès au tunnel routier du Fréjus de l'A43 via le viaduc du Charmaix, coupe la commune de sa forêt.
La gare ferroviaire de Modane se trouve à proximité immédiate.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne. et est dans la région climatique Alpes du nord, caractérisée par une pluviométrie annuelle de à , irrégulièrement répartie en été.. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune d'Avrieux à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Fourneaux est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de ModaneUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie., une agglomération intra-départementale regroupant deux communes, dont elle est une commune de la banlieueDans une agglomération multicommunale, une commune est dite de banlieue lorsqu'elle n'est pas ville-centre, à savoir que sa population est inférieure à 50 % de la population de l’agglomération ou de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de Modane comprend une ville-centre et une commune de banlieue... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Modane, dont elle est une commune du pôle principalLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (92,6 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (92,6 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (44,6 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (36,5 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (11,5 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (7,4 %)..
L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran..
Toponymie Le village doit son nom à des mines de fer longtemps exploitées et dont le minerai était cuit dans le village.. La devise « APUD FORNELLOS » qui signifie « près des fourneaux » fait référence à cette ancienne activité.
Toponyme médiéval précoce (étant donné l'absence d'article défini), issu de l'ancien français fornel « four », fourneau, diminutif de « four ». Du bas latin furnellus, « four », qui a évolué en fournel en ancien français. En francoprovençal, le nom de la commune s'écrit Fornyo, selon la graphie de Conflans..
Histoire
De la préhistoire à la Révolution française Située en fond de vallée, à l’ubac, Fourneaux ne semble pas avoir d’histoire préhistorique importante, même si les travaux de construction de la gare et des faisceaux permettent de mettre au jour quelques vestiges du Néolithique, sept lames de silex et une hache en serpentine. Son histoire est intimement liée à celle de la commune voisine de Modane, et hormis quelques apparitions du nom de Fourneaux, ce n’est qu’à la fin du Moyen Âge que l’on connaît réellement des événements survenus à Fourneaux.
En vertu d'une charte signée le , la communauté de Fourneaux bénéficie de l’usage de l’eau des ruisseaux de l’Avalanche et de Bissorte, contre redevance annuelle de deux sous forts au comte de Savoie, leur suzerain. En réponse à une requête, dans laquelle les habitants de Fourneaux se plaignaient d’excès de pouvoir de la part de leurs seigneurs locaux, le duc de Savoie rappela à l’ordre ses représentants le .
Quelques années plus tard, le , Fourneaux est ravagé par une crue dévastatrice de l’Arc. Les propriétés agricoles et les chemins de communications sont détruits, entraînant une situation difficile pour plusieurs années à Fourneaux et Modane.
Un siècle plus tard (), environ 90 habitants sont recensés à Fourneaux lors de la consigne du sel. Mais en 1565, Fourneaux est particulièrement touchée par l’épidémie de peste et les habitants font le vœu de construire une chapelle dédiée à Saint Bernard. Située près de l’église, cette chapelle a été emportée par la crue du Charmaix de 1906.
Les 1, 2 et , la localité est pillée par les troupes du duc de Savoie et du baron de Sonnaz, composées de mercenaires, de retour du Piémont. Puis en 1630 la peste s’abat de nouveau sur Fourneaux et répand la mort et la désolation dans la localité.
En 1647, deux fours sont installés à Fourneaux ; ils transforment la fonte en fer, et marquent le début de la vocation industrielle de la commune. Cependant, le , une nouvelle inondation plonge les habitants dans une très grande détresse financière. À la suite d'une requête adressée à Amédée IX, ce dernier consent à étaler les créances des habitants sur trois ans.
De la Révolution française à celle de la houille blanche Le , les troupes révolutionnaires françaises entrent dans Fourneaux (la Savoie sera française jusqu'en 1815), puis, lors du référendum sur l'annexion à la France, Fourneaux vote en sa faveur le par 50 oui sur 50 votants.
Le tunnel du Mont-Cenis Le , le projet de percée des Alpes est approuvé par le Parlement de Turin ; il s'agira du tunnel ferroviaire du Mont-Cenis. Porté par Cavour depuis 1839, ce projet est un enjeu majeur pour l’économie du Piémont et pour la France. Les deux artisans majeur de la naissance du tunnel sont Joseph Médail et Germain Sommeiller. Le premier, originaire de Bardonnèche, est l’élaborateur de l’idée de tunnel entre Modane et Bardonnèche. Le second, né à Saint-Jeoire-en-Faucigny, ingénieur, est vite repéré par Cavour qui le charge d’étudier le percement. Le début officiel des travaux a lieu le , avec une inauguration du chantier par Cavour, le roi Victor Emmanuel II, et le prince Jérôme qui représente la France (deviendra le gendre du précédent deux ans plus tard). L'année suivante sont construits les logements des ouvriers employés à la percée près de l’attaque du tunnel, qui deviendront par la suite la caserne du Replat.
Le , les perforateurs à air comprimé arrivent du côté de Fourneaux alors qu’ils sont déjà en service du côté de Bardonnèche depuis le , le changement de rythme est immédiat et le travail qui se faisait jusqu’à présent manuellement est grandement facilité. La jonction entre le côté français et le côté italien se fait le jour de Noël 1870, avec un écart minime, ce qui est une prouesse technique pour l’époque. Les travaux sont quasiment terminés, petit à petit les bâtiments de la percée des Alpes sont réaffectés. Ils deviennent logements, entrepôts, bâtiments pour les douanes ou pour l’administration des Eaux et Forêts… Mais la fin des travaux est totalement éclipsée par la guerre franco-prussienne.
La vocation industrielle de la ville En 1883, le bâtiment dit des compresseurs, propriété de l’État français, est vendu à la famille de papetiers grenoblois Matussiére. La production a commencé en 1885.. La rivière Arc et le Charmaix, son affluent de rive gauche descendu de la crête frontalière, ont été équipés de manière à fournir l'énergie mécanique nécessaire et l'on comptait sur la forêt locale pour l'approvisionnement en bois. Les conditions seraient réunies pour la rentabilité d'une usine de pâte à papier dont la production serait écoulée sur le marché italien facilement accessible grâce à la liaison ferroviaire par le tunnel du Fréjus. C'était compter sans la sérieuse tension diplomatique survenue six années plus tard sous le gouvernement de Francesco Crispi.. Amable Matussière décida alors de créer une véritable papeterie. Elle serait intégrée à l'usine de pâte mécanique, avec un complément de pâte chimique au bisulfite en provenance de sa papeterie de Domène.
Depuis de nombreuses années, le maire de Fourneaux et son conseil municipal se plaignaient de leur incapacité à faire respecter la loi dans la commune, du fait de la présence nombreuse d’ouvriers, ne comprenant pas forcément le français, qui chapardent dans les jardins des autochtones. Le conseil demande solennellement l’installation d’une gendarmerie, ce qui est fait en 1873. La petite brigade s’installe dans le bâtiment de la percée des Alpes servant précédemment d’infirmerie dans le quartier Sommeiller, près du bâtiment « lamandrilla ».
Parallèlement à l’afflux important de soldats affectés aux différents forts de l’agglomération modanaise (en ) et présents durant les manœuvres, une prostitution « sauvage » se développe. Le conseil municipal décide d’autoriser l’ouverture d’une maison de tolérance sur la commune. Le maire, Louis Matussière, prend alors trois arrêtés pour réglementer cette activité. Mais le il fait fermer par arrêté un café où de jeunes femmes s’adonnent à la prostitution sans autorisation municipale.