Montagnole est une commune française située dans le département de la Savoie, en région Auvergne-Rhône-Alpes. Géographie Situation La commune de Montagnole se situe à sur les hauteurs sud de Chambéry, dans le département de la SavoieBachasson Marif, Petite histoire de Montagnole, La Fontaine de Siloé, 2001. 255p. ., adossée au nord du massif de la Chartreuse.
Montagnole s’étend sur une superficie de ., étagée entre 400 et d'altitude et constituée de différents hameaux, comme Lovettaz, les Corneries ou encore le chef-lieu. Son emplacement permet un panorama sur le nord, notamment sur le lac du Bourget situé à une dizaine de kilomètres.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne. et est dans la région climatique Alpes du nord, caractérisée par une pluviométrie annuelle de à , irrégulièrement répartie en été.. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Challes-les-Eaux à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Montagnole est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de ChambéryUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie., une agglomération intra-départementale regroupant , dont elle est une commune de la banlieueDans une agglomération multicommunale, une commune est dite de banlieue lorsqu'elle n'est pas ville-centre, à savoir que sa population est inférieure à 50 % de la population de l’agglomération ou de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de Chambéry comprend deux villes-centres (Aix-les-Bains et Chambéry) et ... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Chambéry, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (57 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (57,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (54,9 %), prairies (33,1 %), zones urbanisées (3,7 %), mines, décharges et chantiers (3,5 %), zones agricoles hétérogènes (2,7 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (2,1 %)..
L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l'évolution dans le temps de l'occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran..
vignette|Chef-lieu et territoire de Montagnole au pied du massif de la Chartreuse. Toponymie Les formes anciennes de Montagnole étaient Montagnola ou Montaniola au cours de la période médiévale.. On trouve ainsi Ecclesia de Montaniola (vers 1100, dans les cartulaires de l'église Cathédrale de Grenoble), Parrochia de Montagnola (1260), Ecclesia Sancti Andree de Montaigniola (1497)..
Le toponyme est constitué montagnette ou montagne, qui bien que synonyme de mont, il désigne localement une « propriété située sur les hauteurs où l'on conduit les troupeaux en alpage ». et du suffixe diminutif -ole..
En francoprovençal, le nom de la commune s'écrit Montanyla, selon la graphie de Conflans..
Histoire
Époque gallo-romaine
La commune était habitée à l'époque gallo-romaine, comme l'atteste la présence d'un temple de Diane sur lequel fut construite l'église d'origine (selon Histoire des communes savoyardes. Savoie - Volume 1 - Page 184 / 1983), et par ailleurs la maison de Maistre qui a été bâtie sur les fondations d'une villa gallo-romaine.
gauche|vignette|Vase antique de verre représentant des combats de gladiateurs.
droite|vignette|Urne cinéraire.
Un « vase antique de verre représentant des combats de gladiateurs » a été trouvé à Montagnole vers 1856 par M. Vissol (alors syndic de Montagnole) comme publié dans les Mémoires de la Société savoisienne d'histoire et d'archéologie (Tome II) et décrit par M. Rabut (Tome VIII). Il est devenu la propriété de M. Charvet, antiquaire à Paris et a fait l'objet d'un ouvrage de 7 pages avec planche par M. François Lenormant (mémoires Tome X de 1866).
M. Rabut décrit très précisément dans sa Notice une urne cinéraire et une tasse (le vase ou bol ci-dessus) contenus dans une grande amphore brisée en terre rouge non vernie, avec un poignard en fer. Il signale aussi dans les alentours des débris de poterie romaine, quelques médailles de bronze et des fragments de vases et de tuiles.
Ce bol est maintenant au Metropolitan Museum (MET) à New York aux États-Unis (inventaire détaillé 81.10.245)., ainsi que l'urne cinéraire (inventaire sommaire 81.10.10)..
Paroisse et église Après l'écroulement du mont Granier, le , et la disparition du village de Saint-André, le décanat de Savoie est transféré à Montagnole où s'installe le doyen Jean d'Ambléon. Même si la paroisse rurale s'affaiblit peu à peu au profit de celle de Grenoble, Montagnole reste longtemps première paroisse du décanat (son curé va chercher les Saintes huiles à l'évêché de Grenoble - celui de Chambéry n'a été créé qu'en 1777 - pour les remettre aux autres paroisses)"La commune fête son saint patron le 30 novembre", article du Dauphiné libéré, 28 novembre 2008.
Vers la fin du ou le début du suivant, une nouvelle église est construite.
Le curé de la paroisse trouva un petit denier d'argent qu'il confia au maire M.Vissol.. Le M. François Rabut fit lecture de sa publication et contenant la reproduction recto-verso de cette monnaie : il est remarquable que ces deniers d'Aiguebelle soient justement connus par plusieurs textes de transactions entre des personnes de Saint-André, l'évêque Hugues et l'église de Grenoble, en raison du transfert de Saint-André à Montagnole mentionné ci-dessus. Cette pièce déposée au musée, sera exposée par M.Bourbon-Vissol lors de l'Exposition d'objet d'art ouverte à Chambéry le 10 aout 1863, avec l'urne cinéraire et la tasse en verre gallo-romaines. Le denier se trouve toujours dans le médailler de Chambéry au musée savoisien.
La Lettre de Jean-Claude Têtu Joseph de Maistre, réfugié à Lausanne, publie en 1795 un pamphlet contre-révolutionnaire intitulé :Lettre de Jean-Claude Têtu, maire de Montagnole, à ses concitoyens. Ce libelle incisif, tiré à plusieurs milliers d'exemplaires, fut lu avidement en Savoie. Le Conseil général s'en émut et sollicita la République de Genève d'en faire saisir l'édition nouvelle; les genevois répondirent, avec un semblant de raillerie, que leurs lois s'opposaient à un pareil acte arbitraire, mais que, si le Conseil leur faisait passer les livres en numéraires que devait coûter l'édition, ils se feraient un plaisir de la leur expédier tout entière, sans que personne en pût distraire un seul numéroVictor de Saint-Genis, Histoire de Savoie, Chambéry, tome 3, page 179, 1869..
Le duché de Savoie, envahie en 1792 par les troupes révolutionnaires françaises, est annexée à la France. Elle devient le français, le Mont-Blanc.
Contrairement à la légende, Jean-Claude Têtu n'a pas été maire de la commune. Il s'agit d'un pseudonyme du comte Joseph de Maistre pour éditer le une , selon l'ouvrage Les supercheries littéraires dévoilées, galerie des auteurs de Joseph Marie Quérard (1847)..
L'auteur précisera ensuite de J.C. Têtu qu'il l'avait voulu laboureur, parlant cependant français, et de Montagnole : (Lettres et opuscules inédits du comte Joseph de Maistre, par Joseph Marie comte de Maistre, Rodolphe comte de Maistre, 1851).
Il est indiqué en 1893 dans la Revue des Deux Mondes - volume 118 - page 223 que J. de Maistre se serait inspiré de la demande en revendication d'un certain Têtu de Montagnole contre son voisin, alors qu'il était substitut. Les détails fournis, à savoir le patronyme Têtu, le Mas de Lélia, la parcelle 1708 de la mappe de 1738, sont cependant introuvables dans la Liste des parcelles par numéro avec noms des propriétaires et des lieudits relative à la mappe de 1732 (Archives départementales de la Savoie).
Période moderne La période moderne a été marquée par le développement puis l'extinction d'une activité industrielle d'extraction minière et de production de ciment.
Le Courrier du Valais du (citant la Gazette de Savoie) précise que M.de Seras a trouvé dans la carrière de M.Vissol à Montagnole des pierres à ciment romain, et qu'ils en ont commencé l'exploitation afin de permettre à la Savoie de ne plus devoir l'importer de France, et d'Isère en particulier. MM Vissol et Duclos établissent en 1857 une première fabrique de ciment qui durera pendant trois à quatre ans : les fours étaient situés aux Domaines, sur la route du Granier, et le moulin à broyer la pierre aux Corneries.. Ensuite acquise par M. Castellazzo, puis par MM Routin et Grumel, la fabrique se trouve en 1878 à Vimines, sans que le mode de transport depuis Montagnole et alentours soit précisé..
Une intense activité d'extraction et de transformation de pierre à ciment a ensuite été développée à Montagnole par la famille Chiron, avant le rachat des Ciments Chiron par la société Vicat. La distance séparant les carrières, mines et usine du Pontet à Montagnole de l'usine de la Revériaz à Chambéry conduisit les Chiron à utiliser successivement des transports routiers, ferroviaires puis aériens en passant par Jacob-Bellecombette, pour finalement percer le Métro de Montagnole décliné en plusieurs variantes successives.