Jean-Baptiste Gérard, né le à Bayonne et décédé le à Dreux, est un planteur esclavagiste et homme politique français, député aux États généraux de 1789. Biographie
Famille bayonnaise Jean-Baptiste Gérard naît à Bayonne le 22 septembre 1735. Il est le sixième enfant de Bernard Gérard, maître écrivain (maître d'école) originaire des Flandres et devenu un « Bourgeois de Bayonne », et de Élisabeth d'Etcheverry.
Le 7 mai 1756, à l'âge de 20 ans, il quitte Bayonne sur le navire La Marianne, et part chercher fortune dans la colonie de Saint-Domingue (aujourd'hui Haïti) où un de ses frères aîné est déjà installé.
Sur place, il bénéficie du réseau des Bayonnais, bien implantés dans la sud. Il pratique la « course à la dot » et épouse la créole blanche Anne Marie Mayère, veuve du riche notaire et planteur Pierre Le Goût.
Riche planteur esclavagiste à Saint-Domingue gauche|vignette|Esclaves coupant la canne dans une plantation coloniale. Gravure à l'encre de Chine (vers 1800). Gérard est d'abord régisseur, puis procureur des plantations du chevalier Picot, de Charles de Lameth et du marquis de Laborde. Enfin, il devient lui-même propriétaire « habitant ». Sa plantation sucrière est située dans la paroisse de Torbeck (plaine des Cayes). En 1781, celle-ci s'étend sur et a une valeur estimée à . Elle comprend un atelier de auquel il faut ajouter plusieurs domestiques, 12 bœufs, 50 mulets, 10 chevaux, 9 vaches et 5 gazelles. Il fait désormais partie des « Grands-Blancs ».
En bon gestionnaire, Gérard essaie de prendre soin de sa main-d’œuvre. Une plantation de sert à nourrir les esclaves, en plus des produits de leurs petits jardins vivriers. Un chirurgien est attaché à l'infirmerie de l'habitation, on pratique l'inoculation contre la petite vérole et les femmes enceintes sont dispensées de travail dans les derniers mois précédant l'accouchement, lequel est surveillé par une sage-femme rémunérée.
Député de Saint-Domingue vignette|Discussion sur les hommes de couleur, estampe satirique de 1791 représentant les débats à l'Assemblée sur les statuts des Libres de couleurs. Jean-Baptiste Gérard, favorable à leur émancipation, est représenté à gauche, sous le chiffre 8, avec un cornet acoustique. En 1789, Gérard est élu par les colons blancs de la province du Sud (la colonie compte 6 député au total). Il embarque le 5 mai sur le Tancrède, et se présente en juillet à Versailles pour déposer le procès-verbal de son élection. Là-bas, il défend l'idée d'une conciliation avec les gens de couleurs (noirs ou métis libres) qu'il voit comme la clé de voûte de l'édifice colonial et pour lesquels il réclame vigoureusement l'égalité des droits. L'acceptation de ses propositions lors de son discours de la séance du 3 décembre 1789 conduit à une rupture avec ses collègues et l'ensemble du milieu colonial arc-bouté sur ses privilèges.
En 1791, éclate de très importantes révoltes d'esclaves dans la colonie, point de départ de la révolution haïtienne. L'année suivante, Gérard s'embarque donc à nouveau sur le Tancrède le 31 décembre pour regagner ses plantations. Ces révoltes entraînent l'abolition de l'esclavage, dans le nord en août 1793, puis dans l'ensemble des colonies françaises en février 1794.
Colon réfugié Toutefois, quand en 1802 Napoléon envoie l'expédition Leclerc rétablir l'autorité de la métropole et l'esclavage dans la colonie, les anciens esclaves de la plantation de Gérard s'enfuient, ruinant son propriétaire. Ce dernier se résout à la vendre son bien au sixième de sa valeur en novembre 1803. Puis, le 1er janvier 1804, à la suite de la victoire de l'armée indigène sur les troupes napoléoniennes, la république d'Haïti déclare son indépendance. Celle-ci est suivi par un massacre des derniers colons blancs encore présents. En mars, accompagné de sa femme et de ses enfants survivants, Gérard quitte l'île pour se réfugier à Santiago de Cuba. La famille passe ensuite par les États-Unis, avant d'obtenir du Consul de France à New York le transport en France aux frais de l’État.
Receveur particulier à Dreux Le 1er avril 1806, grâce à une recommandation auprès de Napoléon, Gérard obtient le poste de Receveur particulier de l’arrondissement de Dreux, en Eure-et-Loir, ville dont le maire, le général Thomas Joly, était natif comme lui de Bayonne. C'est là qu'il meurt le 3 juin 1815, à l'âge de 79 ans.
Notes et références
Sources
Voir aussi
Histoire d'Haïti Saint-Domingue
Catégorie:Député français du tiers état en 1789-1791 Catégorie:Propriétaire à Saint-Domingue Catégorie:Esclavagiste