vignette|Carte conceptuelle de la Palestine et d'Israël selon le plan de paix de Donald Trump. Benyamin Netanyahou accepte le plan, tandis que Mahmoud Abbas refuse toutes négociations en ces termes.

Le plan de paix américain de pour le conflit israélo-palestinien, parfois appelé le plan Trump, est un ensemble de propositions d'ordres politique et économique présenté le par le président des États-Unis Donald Trump comme le chemin de la paix entre Israéliens et Palestiniens et une base de négociations dans le processus de paix.

Le plan propose un effort international de cinquante milliards de dollars pour permettre le développement et l'établissement définitif de l'État palestinien, quand les Israéliens conserveraient Jérusalem comme capitale indivisible, les Palestiniens établissant la leur sur une fraction de Jérusalem-Est.

Les Israéliens garderaient les colonies israéliennes de Cisjordanie mais le territoire palestinien resterait équivalent en termes de superficie à celui de la Cisjordanie et de la bande de Gaza d'avant la guerre des Six jours, par des ajouts de territoires du désert du Négev à des fins économiques et résidentielles.

Le président palestinien Mahmoud Abbas fait rapidement savoir qu'il rejette ce plan catégoriquement comme base de négociations et menace de rompre ses relations avec les États-Unis et Israël, et de dénoncer les accords d'Oslo.

Contexte Conflit israélo-palestinien

L'opposition entre nationalistes arabes et sionistes remonte aux années 1920 et au développement du projet sioniste de fondation d'un État juif en Palestine mandataire, alors sous administration britannique.

Devant l'impossibilité de résoudre les divergences entre les communautés juive et arabe de Palestine, le Royaume-Uni remet son mandat sur la Palestine à l'Organisation des nations unies (ONU) qui votent le plan de partage de la Palestine en , accepté par la partie juive mais rejeté par les Arabes, ce qui entraine immédiatement la guerre de 1948 à laquelle se joignent les pays arabes voisins. À l'issue de la guerre, Israël est fondé mais aucun État arabe ne voit le jour, la Jordanie occupant le territoire palestinien resté sous contrôle arabe. De plus, un double exode se produit : l'exode des Palestiniens depuis les territoires conquis par Israël et celui des communautés juives du monde arabo-musulmans.

À la suite de la guerre des Six jours en 1967, Israël étend son contrôle à toute la Palestine mandataire historique et y installe ce qui sera décrit comme des colonies, jugées illégales par la communauté internationale. En 1973, la revanche arabe de la guerre du Kippour échoue militairement mais aboutit à des négociations de paix israélo-égyptiennes.

En 1979, Israël signe un traité de paix avec l'Égypte puis en 1994 un autre traité de paix avec la Jordanie. Les accords d'Oslo de 1993 et 1994 reconnaissent le droit des Palestiniens à avoir leur propre État, l'existence d'Israël et créent l'Autorité nationale palestinienne, qui représentera l'État de Palestine à l'ONU à titre d'« État observateur non membre » depuis 2013.

Le processus de paix n'aboutit pas après plusieurs tentatives américaines. En 2002 puis en 2007, la Ligue arabe conjointement avec l'Autorité palestinienne, proposent un plan de paix sur la base d'une solution à deux États mais Israël a toujours rejeté ces initiatives car ce plan prévoyait notamment le libre retour des réfugiés palestiniens en Israël et qu'Israël devrait se retirer de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est.

Le président des États-Unis, Donald Trump élu en 2016, a promis dès sa campagne électorale un plan de paix pour le conflit israélo-palestinien, dont il a confié l'élaboration à son gendre et conseiller pour le Moyen-Orient Jared Kushner..

Contexte électoral L'historien Jean-Pierre Filiu estime sur le site du « Monde » que ce plan n'est qu'un « engagement réciproque à tout faire pour que l’un fasse réélire l’autre », puisque des élections législatives sont prévues en Israël en et des élections présidentielles aux États-Unis en .

Présentation du volet économique Le volet économique du plan de paix est présenté dès les 25 et à Manama (Bahrein) par Jared Kushner en présence de Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) et de quelques ministres arabes mais en l'absence des Israéliens et surtout des Palestiniens qui rejettent cette initiative.

Outre les Israéliens, seuls le ministre d'État saoudien Mohammed al-Shaikh et Obaid ben Humaid al-Tayer, secrétaire d'État aux affaires financières des Émirats arabes unis ont soutenu ce plan tandis que l'Égypte et la Jordanie n'ont envoyé que des représentants de second niveau.

Contenu Le , le président des États-Unis, Donald Trump dévoile en présence du Premier ministre israélien et des représentants à Washington des Émirats arabes unis, de Bahreïn et d'Oman., son plan de paix., le qualifiant de « solution à deux États réaliste » au conflit israélo-palestinien.. Le plan, qui est nommé La paix vers la prospérité (Peace to Prosperity), document de 181 pages, est détaillé en présence du Premier ministre israélien. Les autorités palestiniennes n'ont pas été invitées à cette présentation, ces derniers n'entretenant plus de relation diplomatique avec l'administration Trump depuis sa reconnaissance unilatérale de Jérusalem-Est comme faisant partie d'Israël.

Les principaux points sont les suivants : Les dirigeants palestiniens doivent reconnaître Israël comme un État juif. Frontières. Israël n'abandonnera pas « will not uproot » - page 12 ses colonies et en incorporera la grande majorité dans un territoire israélien contigu« Approximately 97% of Israelis in the West Bank will be incorporated into contiguous Israeli territory » - page 12. Grâce à des échanges de terres, l’État de Palestine aura la même superficie que la Cisjordanie et Gaza avant 1967Land swaps will provide the State of Palestine with land reasonably comparable in size to the territory of pre-1967 West Bank and Gaza. - page 12. Les implantations isolées en territoire palestinien seront reliées par un système efficace de transports. La vallée du Jourdain passera sous souveraineté israélienne. Sous réserve d’un accord des parties concernées, dix villages arabes israéliens du « Triangle » comme Umm al-Fahm, à l’ouest de la Ligne verte, pourraient intégrer l'État de Palestine. Des territoires dans le désert du Néguev à la frontière égyptienne sont promis à l'État de Palestine. Jérusalem Jérusalem sera entièrement sous contrôle israélien. La capitale de la Palestine se situera dans la section de Jérusalem-Est dans toutes les zones situées à l’Est et au Nord de la barrière de séparation israélienne existante, avec notamment Kafr 'Aqab, la partie orientale de Shuafat et Abu Dis. Elle pourrait éventuellement être nommée Al-Quds (nom de la ville de Jérusalem en arabe)« The sovereign capital of the State of Palestine should be in the section of East Jerusalem located in all areas east and north of the existing security barrier, including Kafr Aqab, the eastern part of Shuafat and Abu Dis, and could be named Al Quds (nom de Jérusalem en arabe) or another name as determined by the State of Palestine », p. 17. Les deux capitales devraient être internationalement reconnues. Lieux saints Le statu quo sur les Lieux saints sera maintenu« the same governance regimes that exist today », p. 16. Cependant, le plan demande que les fidèles de toutes confessions puissent prier sur le Mont du Temple/Esplanade des Mosquées« People of every faith should be permitted to pray on the Temple Mount/Haram al-Sharif », p. 16. Sécurité L'État de Palestine sera démilitarisé. Il mettra en place des forces de sécurité pour sa sécurité intérieure et pour empêcher les attentats terroristes en Palestine, en Israël, en Jordanie et en ÉgypteThe State of Palestine shall be fully demilitarized […]. The State of Palestine will have security forces capable of maintaining internal security and preventing terror attacks within the State of Palestine and against the State of Israel, the Hashemite Kingdom of Jordan and the Arab Republic of Egypt - page 22. L'État de Palestine renoncera également au contrôle de ses frontières et de son espace aérien. En retour, les Palestiniens auront accès à des facilités dans les ports israéliens. Réfugiés Les réfugiés palestiniens ne pourront pas s'établir en Israël mais uniquement en Palestine, et sous certaines conditions dont l'aval israélien. Travaux d'infrastructure Un tunnel et/ou un train à grande vitesse pourra relier la Cisjordanie et la bande de Gaza. Deux routes relieront l'État de Palestine à la Jordanie. Plan économique (section nommée « Plan économique de Trump ») Il dresse 3 aspects : 1) l'économie, en proposant d'investir sous condition et sur dix ans cinquante milliards de dollars dans la construction d'hôpitaux, d'écoles, de logements, les infrastructures et les affaires ; 2) la population, en développant les programmes éducationnels, sportifs et culturels et les structures hospitalières et 3) la gouvernance. Le plan envisage la création d'un « fonds international » pour le financement des travaux d'infrastructure, de sécurité et de développement des territoires transférés aux Palestiniens. Ce fonds ne sera alimenté ni par l'État de Palestine ni par celui d'Israël. Les fonds internationaux pour Gaza ne seront alimentés que lorsque le territoire sera entièrement démilitarisé et qu'une gouvernance « fiable » y sera établie. Le trajet de la barrière de séparation israélienne sera modifié pour s'adapter à la nouvelle frontière.

Réactions internationales ONU La Conférence internationale sur la question de Palestine s’achève sur un rejet du plan de paix américain et un appel à la mobilisation internationale pour faire cesser l’occupation du Territoire palestinien et pour appuyer la solution des deux États, seule à même de permettre une paix durable.

États-Unis Les États-Unis transmettent à leurs alliés européens et arabes une note diplomatique détaillant les éléments de langage que ceux-ci doivent utiliser. L'administration Trump demande à ces pays de .

L'ensemble des candidats démocrates à la prochaine élection présidentielle dénonce le plan et une volonté d'annexion. Le candidat démocrate Joe Biden met en garde contre toute annexion.

Le , 189 représentants démocrates au Congrès rédigent une lettre ouverte aux dirigeants israéliens, mettant en garde contre le projet du Premier ministre Benjamin Netanyahu de commencer à annexer des parties de la Cisjordanie avec l’appui de l’administration Trump dès le . Ce projet compromet la possibilité d’une solution à deux États et porterait atteinte aux liens entre Israël et les États-Unis.

Palestine Pour le journal israélien The Times of Israel, ce plan ne sera pas mis œuvre, les Palestiniens ayant exprimé leur opposition farouche à ce plan.

Les Palestiniens avaient rejeté le volet économique du plan de paix dès sa présentation en .

Immédiatement après la présentation du plan Trump, Mohammad Shtayyeh, le Premier ministre palestinien, estime que le projet vise avant tout à protéger « Trump de la destitution » et « Netanyahu de la prison ». Puis, l'Autorité palestinienne indique que . Elle a informé les Israéliens qu'elle considérait le plan comme . Le , Mahmoud Abbas annonce la rupture de , y compris sécuritaires, entre l’Autorité palestinienne d’une part et Israël et les États-Unis d’autre part. Il précise : .

Le plan américain et pourrait même conduire les Palestiniens à une « nouvelle phase » de leur lutte, a déclaré Ismaïl Haniyeh, chef du Hamas.

Le , devant le Conseil de sécurité, Mahmoud Abbas rejette le plan de paix israélo-américain, qui ferait d’un État palestinien un « gruyère suisse » et qui « remet en question les droits légitimes des Palestiniens ».

Début , le Premier ministre palestinien Mohammad Shtayyeh déclare avoir remis aux pays du Quartet une proposition pour la création d'un qui suggère des .