Le prince Reza Pahlavi , né le à Téhéran, est un membre de la dynastie Pahlavi et le fils aîné de Mohammad Reza Pahlavi, dernier chah d’Iran, et de son épouse Farah Diba. Officiellement proclamé prince héritier d’Iran en 1967 lors du couronnement de son père, il vit en exil depuis la Révolution islamique. Il est, selon la Constitution iranienne de 1906, qui n'est plus en vigueur depuis 1979, l'héritier du trône d'Iran, et pour ses partisans, le roi « » Principalement dans le monde francophone, car la désignation « Reza Chah II », est privilégiée dans les territoires anglophones et persanophones. depuis 1980.
Fondateur et dirigeant du Conseil national iranien, un groupe d’opposition iranienne en exil, créé en 2013., Reza Pahlavi gagne en visibilité à la suite des différents mouvements de contestation qui secouent l'Iran lors des années 2010 et 2020, notamment après la mort de Mahsa Amini et lors des manifestations de 2025-2026. Il est partisan d'un retour de la monarchie en Iran sous la forme d'une monarchie constitutionnelle laïque et milite pour que l’Iran devienne un allié du monde occidental. Il est favorable à l’organisation d’un référendum libre en Iran afin de permettre au peuple de décider de la nature du futur régime.
Son positionnement, marqué par des liens forts avec les milieux néo-conservateurs occidentaux, notamment américains, ainsi qu'avec Israël, suscite des débats tant liés à la clarté de ses intentions politiques qu'à l'ampleur réelle de son soutien populaire en Iran ainsi qu'au sein de la diaspora.
Biographie gauche|vignette|Reza Pahlavi, prince héritier d'Iran, porté par son père Mohammad Reza Chah Pahlavi, fêtant son troisième anniversaire en 1963, sous le regard de sa grand-mère la reine mère Tadj ol-Molouk.
Famille et enfance Le prince Reza Cyrus Pahlavi naît le à Téhéran en tant que fils aîné du chah Mohammad Reza Pahlavi et de la chahbanou Farah Pahlavi (née Farah Diba) .. Il est le demi-frère de la princesse Shahnaz Pahlavi et le frère aîné de la princesse Farahnaz Pahlavi, du prince Ali-Reza Pahlavi et de la princesse Leila Pahlavi .. Il doit son premier prénom à son grand-père Reza Chah et le second à l'empereur achéménide Cyrus II, pour qui son père a une grande admiration.
Sa naissance, très attendue, consolide la dynastie Pahlavi, le chah ayant répudié sa précédente épouse, Soraya Esfandiari Bakhtiari, justement car celle-ci n'arrivait pas à avoir d'enfant. Les héritiers du chah étaient alors incertainsDepuis la mort du frère cadet du chah Ali-Reza en 1954, les héritiers du chah sont soit le fils d'Ali Reza, Ali Patrick, dont la mère n'est pas iranienne, soit les demi-frères du chah, dont les mères sont apparentées à l'ancienne dynastie des Qadjar, deux paramètres qui ne les rendent pas éligibles au trône au regard des amendements de la Constitution de 1925. La succession du souverain est donc incertaine avant la naissance de son fils.. gauche|vignette|La chahbanou Farah avec ses enfants Reza et Farahnaz, en 1967 Étant le prince héritier, il est l’une des figures centrales de la propagande du régime, et est mis en avant par la plupart des cérémonies solennelles, comme le couronnement de son père en 1967, le 2500e anniversaire de l’empire perse en 1971, l’ouverture des Jeux Asiatiques en 1974 ainsi que d'autres évènements officiels.
Études et jeunesse Le prince Reza étudie à l'école homonyme Reza Pahlavi, un établissement privé situé dans le palais royal et réservé à la famille royale et aux enfants des membres de la cour..
Il reçoit une formation de pilote, effectue son premier vol en solo à l'âge de et obtient sa licence un an plus tard. En tant que cadet de l'Armée de l'air iranienne impériale, il est envoyé aux États-Unis en pour poursuivre sa formation de pilote et obtenir ses ailes de l’United States Air Force .. Il est l'un des cadets dans le programme d'un an de formation à l'ancienne base texane de la ., ce qui exige la capacité de pilotage d'un Cessna T-37 Tweet et d'un Northrop T-38 Talon. À la suite de la révolution iranienne, il quitte la base en , environ quatre mois plus tôt que prévu.
Il rejoint alors ses parents en exil au Maroc avant de partir avec eux pour les Bahamas et le Mexique.
En , l'admission du chah aux États-Unis pour raisons médicales déclenche la crise des otages de l'ambassade américaine, puis le Mexique refuse le retour de l'ancien souverain sur son sol. Comme le souligne l'historien Andrew Scott Cooper, le nouveau régime de Téhéran exerce alors de fortes pressions diplomatiques et économiques sur les pays susceptibles d'accueillir la famille en exil.. Reza Pahlavi seconde Ardeshir Zahedi dans les tractations avec Omar Torrijos afin d'obtenir un accueil au Panama, où débarque la famille impériale le .. Mais les ex-souverains iraniens craignent un double jeu des panaméens voire d'être enlevés par les américains pour servir de monnaie d'échange avec les otages.. En , la famille impériale finit par gagner l'Égypte à l'invitation du président Anouar el-Sadate. Mohammad Reza Pahlavi meurt le au Caire en présence de ses proches, dont son fils aîné..
Après l’éclatement de la guerre Iran-Irak en , Reza Pahlavi propose ses services au gouvernement iranien en tant que pilote de chasse pour combattre l'invasion irakienne. Son offre est cependant rejetée.. Au début des années 1980, la famille impériale se disperse : tandis que sa mère et le reste de la fratrie s'installent aux États-Unis à la suite de l'assassinat de Sadate, Reza Pahlavi réside pour sa part au Maroc... Il rejoindra les États-Unis quelques années plus tard.
Reza Pahlavi commence ses études au en ., mais abandonne en 1980.. Il s'inscrit ensuite à l'université américaine du Caire en tant qu'étudiant en sciences politiques, mais sa présence est irrégulière.. Il obtient finalement un BSc de l'université de Californie du Sud en 1985, dans la même discipline.
Activité professionnelle En 1989, le indique que Reza Pahlavi est sans emploi. Interrogé au sujet de ses revenus, il a répondu qu'il est depuis sept ans aidé financièrement par des amis et sa famille. Pendant de nombreuses années, il déclare être partisan d'un retour de la monarchie en Iran et prône l’instauration d’un régime démocratique et laïc respectant l’intégrité territoriale du pays.. Dans ce projet de restauration, la dynastie Pahlavi bénéficie du soutien de plusieurs médias persanophones basés à l’étranger.
En 2017, il explique à que depuis 1979, il n'a pas d'autre occupation que ses activités politiques, ajoutant que son argent vient de sa famille et de ..
Mariage et descendance Le prince Reza s'est marié le , à Greenwich dans le Connecticut, avec Yasmine Etemad-Amini (née en 1968), une philanthrope et ancienne avocate iranienne, exilée en Californie avec sa famille pendant la révolution iranienne. De leur union sont nées trois filles (altesses impériales) : la princesse Noor Zahra Pahlavi (née le ) ; la princesse Iman Laya Pahlavi (née le ). Elle épouse Bradley Sherman , le à Paris. ; la princesse Farah Mitra Pahlavi (née le ).
Les femmes n'étant pas à ce jour successibles au trône d'Iran, le frère de Reza Pahlavi, Ali-Reza, est l'héritier présomptif jusqu'à son décès, le . Le nouvel héritier présomptif pourrait être le cousin germain du prince Reza, Ali Patrick Pahlavi (né en 1947), fils d'Ali-Reza (1922-1954) et neveu du dernier chah, mais il existe une controverse au sujet de ses droits à la succession.
La famille Pahlavi, qui vit en exil, est installée dans le Maryland aux États-Unis.
Revendication du trône vignette|Le prince héritier lors de sa prestation de serment en 1980, au palais de Koubbeh, au Caire.
Premières années Après trois mois de silence, à la suite de la mort de Mohammad Reza en 1980, il se proclame officiellement roi . Au palais de Koubbeh, au Caire, il prête serment le le jour de son conformément à la Constitution de 1906 (qui n'est plus en vigueur depuis 1979).. Seuls une équipe de télévision et un photographe sont autorisés à couvrir l'événement. Devant une caméra de TF1, il enregistre sa déclaration mais celle-ci est peu diffusée, le satellite de transmission étant tombé en panne. Aussi, l'événement est-il peu relayé dans le monde. Avec sa mère et son équipe, ils doivent envoyer des télex en Iran et en divers pays pour faire connaître la cérémonie.. Il reste cependant prince héritier selon l'ancienne constitution, car, pour devenir chah, il devrait d'abord prêter serment devant le Parlement iranien..
Après son installation au Maroc en 1981, Rea Pahlavi cherche à fédérer différents mouvements d'opposition à la république islamique. Il échoue cependant à rallier les Moujahidins du Peuple, mouvement déjà opposé à son père dont il se méfie également, l'estimant trop lié à son chef Massoud Rajavi — bien qu'il souhaite en rassembler les sympathisants... Il se tient en retrait des initiatives paramilitaires d'anciens officiers impériaux, comme celle du mouvement Azadegan, mené par le général Bahram Ariana, qui détourne la frégate française Tabarzin, destinée aux mollahs, en ..
En 1982, un projet de coup d'État fomenté par les monarchistes iraniens qui aurait rétabli l'ex-prince héritier au pouvoir est élaboré par des figures liées aux services de renseignement israéliens et des intermédiaires internationaux. Le projet, soutenu par Ariel Sharon et impliquant l'homme d'affaires saoudien Adnan Khashoggi, aurait dû être supervisé par Yaakov Nimrodi (ancien officier du Mossad, qui avait déjà concouru à la création de la police secrète monarchiste SAVAK). Il nécessitait le transfert de matériel militaire pour une valeur de 800 millions de dollars, mais aurait aussi bénéficié de relais dans le gouvernement des ayatollahs de l'époque. D'après le journaliste Samuel Segev, bien que le projet ait reçu un accueil favorable initial de la part de certains membres du cabinet israélien et de la CIA, il est abandonné après la démission du Premier ministre Menahem Begin en 1983. Son successeur, Yitzhak Shamir, refusa d'engager Israël dans une opération jugée trop risquée..
En , la présentation par les anciens premiers ministres impériaux Ali Amini et Chapour Bakhtiar d'un programme visant à rassembler l'opposition iranienne autour de « Reza II », et les manifestations d'exilés qui s'ensuivent le , donne une certaine visibilité au mouvement. En 1984, Reza Pahlavi s'installe aux Etats-Unis.
Dans le livre d'entretien avec Christian Malard et Alain Rodier, publié en 1986, il renouvelle son souhait d'instaurer à nouveau une monarchie en Iran. Il défend alors le projet de monarchie parlementaire, au sein de laquelle un Premier ministre serait détenteur du pouvoir exécutif, tandis que .
Années 2000 et 2010 gauche|vignette|L'ex-prince héritier en 2011. Discret dans les années 1990, il réapparaît médiatiquement dans les années 2000 à l'occasion de différents mouvements protestataires iraniens comme le Mouvement Vert À partir des années 2000, proche des milieux néoconservateurs américains, Reza Pahlavi propose l'alternative d'une monarchie constitutionnelle au gouvernement de la république islamique d'Iran et tente régulièrement de rassembler les Iraniens en exil autour d'un projet de séparation de la religion et de l'État et de la tenue d'élections libres ..
Il appelle régulièrement, par l'intermédiaire des médias et des réseaux sociaux, la population iranienne à effectuer des actes non violents de désobéissance civile, et la communauté internationale à les soutenir, notamment au lendemain de la réélection de Mahmoud Ahmadinejad à la présidence de la République le .. La même année, il déclare à Michel Taubmann : ..
Cependant, à cette époque, l'influence réelle de ces appels reste discutée : un rapport de la Brookings Institution indique que Pahlavi ne bénéficiait pas d'un soutien organisé en Iran, faute de mouvement monarchiste d'envergure dans le pays.