Raymond Poincaré appelle Georges Clemenceau en novembre 1917 à la tête du gouvernement, avec pour mission de restaurer la confiance et de tout mettre en œuvre pour que la République soutienne le choc de la Première Guerre mondiale.
Ce deuxième gouvernement Clemenceau dure un peu plus de deux ans, une longévité notable pour un gouvernement de la République.
Il est alors entouré du général Henri Mordacq qui dirige son cabinet militaire, et de Georges Mandel qui dirige le cabinet civil.
La fin de la guerre voit la mise en place de certaines lois sociales, notamment la loi des 8 heures.
Composition du gouvernement
vignette|redresse=1.5|Le gouvernement Clemenceau vu par Le Journal du .
Portefeuille Titulaire Parti Président du Conseil Georges Clemenceau RI Ministres Ministre de la Guerre Georges Clemenceau RI Ministre des Affaires étrangères Stéphen Pichon PRRRS Ministre de la Justice Louis Nail PRRRS Ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts Louis Lafferre (jusqu'au 27-11-1919) PRRRS Léon Bérard (à partir du 27-11-1919) ARD Ministre de l'Intérieur Jules Pams PRRRS Ministre de la Marine Georges Leygues ARD Ministre de l'Agriculture et du Ravitaillement Victor Boret (jusqu'au 20-7-1919) RI Joseph Noulens (à partir du 20-7-1919) PRRRS Ministre des Finances Louis-Lucien Klotz PRRRS Ministre des Travaux publics et du Transport Albert-André Claveille SE Ministre du Blocus des Régions libérées Charles Jonnart (jusqu'au 23-11-1917) PRRRS Albert Lebrun (du 23-11-1917 au 6-11-1919) ARD André Tardieu (à partir du 6-11-1919) ARD Ministre du Commerce, de l'Industrie, des P.T.T. et de la Marine marchande Étienne Clémentel (jusqu'au 27-11-1919) RI Louis Dubois (à partir du 27-11-1919) FR Ministre des Colonies Henry Simon ARD Ministre de l'Armement et des Fabrications de guerre Louis Loucheur (jusqu'au 26-11-1919) ARD Ministre du Travail et de la Prévoyance sociale Pierre Colliard (jusqu'au 2-12-1919) PRS Paul Jourdain (à partir du 2-12-1919) ARD Ministre de la Reconstitution Louis Loucheur (à partir du 26-11-1919) ARD Sous-secrétaires d’État désignés le 17 novembre 1917 Sous-secrétaire d’État à la Présidence du Conseil et à la Guerre Jules Jeanneney RI Sous-secrétaire d’État à l'Intérieur Ernest Albert-Favre PRRRS Sous-secrétaire d’État aux Finances Charles Sergent SE Sous-secrétaire d'État aux Effectifs militaires et aux Pensions Léon Abrami ARD Sous-secrétaire d’État au Service de Santé militaire Justin Godart (jusqu'au 5-2-1918) PRRRS Louis Mourier (à partir du 5-2-1918) PRRRS Sous-secrétaire d’État à l'Aéronautique militaire et maritime Jacques-Louis Dumesnil (jusqu'au 9-1-1919) PRRRS Sous-secrétaire d’État à la Justice militaire Édouard Ignace SE Sous-secrétaire d’État à la Marine de guerre Jean Cels-Couybes (jusqu'au 19-11-1918) PRRRS Sous-secrétaire d’État aux Transports Maritimes et à la Marine Marchande Henry Lémery (jusqu'au 5-12-1918) SE Sous-secrétaire d'État au Ravitaillement Ernest Vilgrain SE Sous-secrétaire d’État à l'Instruction publique et aux Beaux-Arts Albert Dalimier PRRRS Sous-secrétaire d’État aux Travaux publics et aux Transports Jean Cels-Couybes (à partir du 19-11-1918) PRRRS Sous-secrétaire d’État à la Démobilisation Louis Deschamps (du 6-12-1918 au 27-11-1919) ARD Sous-secrétaire d’État à la Liquidation des stocks Paul Morel (du 5-2 au 27-11-1919) RI Yves Le Trocquer (27 et 28-11-1919) ARD Sous-secrétaire d’État aux Postes et Télégraphes Louis Deschamps (à partir du 27-11-1919) ARD Commissaire général aux Essences et Combustibles Henry Bérenger (du 21-8-1918 au 18-2-1919) PRRRS
Politique étrangère Clemenceau se réserve la conduite des affaires étrangères et consulte peu ses ministres, hormis ses proches collaborateurs, Louis Loucheur et André Tardieu. Partisan du réalisme en relations internationales, il souhaite un abaissement durable de l'Allemagne, à la fois politique et économique, ce que la presse britannique et américaine critique comme une volonté d'hégémonie française dans le nouvel équilibre européen. En fait, il souhaite une alliance « atlantique » avec l'Empire britannique et les États-Unis comme garantie d'une paix durable . Assez sceptique envers le principe des nationalités défendu par les quatorze points du président Wilson, il accepte d'appuyer le nationalisme polonais et tchécoslovaque pour isoler l'Allemagne.
Politique intérieure 1919 Les débats de la Chambre et du Sénat sont divergents. Dans un contexte économique dopé par la reconstruction du pays et propice aux revendications ouvrières, Clemenceau incite son ministre du Travail à déposer un projet de loi prévoyant une réduction du temps de travail à huit heures la journée, sans perte de salaire. Cette mesure vise à lutter contre le chômage dû à l'afflux de main-d'œuvre provoqué par le retour des combattants du front. Le Sénat vote la journée de huit heures mais pas la Chambre. Dans le même temps, la Chambre vote le droit de vote pour les femmes mais pas le Sénat. La CGT organise des manifestations pour la journée de huit heures. Le les métallurgistes se mettent en grève pour la semaine de 44 heures, le 3 les employés du métropolitain et des omnibus les rejoignent. La grève se termine le 16 sans succès. Le , les grandes entreprises françaises se regroupent dans la Confédération Générale de la Production Française (CGPF).
Le , la loi sur les conventions collectives est adoptée. C'est la première loi à donner un statut légal à ces conventions, même si elle leur conserve un caractère essentiellement contractuel. Le , la loi des 8 heures est finalement adoptée. Elle sera relativement bien appliquée et permet aux salariés de bénéficier de la « semaine anglaise » (week-end).
Le Bloc national (droite et centre-droit) remportent largement les élections législatives de novembre (433 députés et 70,6 % des sièges), marquant la fin de l'Union sacrée. Le discours de fermeté face à l'Allemagne et la division de la gauche a facilité la victoire du Bloc. La chambre des députés voit le retour en force de la droite, mettant fin à de gouvernement républicain. Les élections accouchent de la chambre la plus à droite depuis 1871, la chambre « bleu horizon ». 28,9 % d'abstention. Malgré le changement de majorité, le gouvernement garde la confiance de la chambre.
1920 Élection du président de la République française. Sont notamment en présence les candidatures de Clemenceau et de Paul Deschanel. Porté par un soutien populaire, Clemenceau a tenu le Parlement éloigné de toute information sur la guerre. Alors que la gauche lui reproche son autoritarisme, la droite critique son anti-cléricalisme et l'attitude hautaine du « Père la Victoire ». Clemenceau est devancé par Paul Deschanel lors du vote préparatoire au groupe républicain : il réunit contre 408 à son adversaire. Il renonce alors à se présenter à la présidentielle et démissionne de la présidence du Conseil. Son successeur est Alexandre Millerand.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Sources primaires . .
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Ouvrages . . . .
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