Vittorio Emanuele Orlando, né à Palerme le et mort à Rome le , est un homme d'État italien.

Président italien de la victoire des forces de l'Entente, dont l'Italie fait partie dès 1915, face aux Empires centraux, il représente l'Italie à la conférence de paix de Paris de 1919 avec son ministre des Affaires étrangères, Sidney Sonnino. Orlando est ensuite membre et président de l'Assemblée constituante italienne (1946-1948) qui change le régime politique italien en une république.

Outre son rôle proéminent pour la politique de l'Italie, il est connu pour ses écrits, dont plus de cent travaux sur le thème de la justice, et a travaillé comme professeur de droit...

Biographie

Origines Fils, petit-fils, arrière-petit-fils d'avocats, Vittorio Emanuele Orlando suit des études de droit à l'université de Palerme de 1877 à 1881.

Il souhaite épouse Eleonora, fille du prince Francesco Lanza Spinelli di Scalea, chez qui il a été précepteur, mais essuie un refus de la famille de l'aristocrate qui épouse Federico Pignatelli d'Aragona Cortés, prince de NojaOrazio Cancila, Palermo, Laterza, « Storia delle città italiane », 1999 , ..

Professeur de droit Diplômé, il est chargé d'enseignement de droit constitutionnel à l'université de Palerme, passe les examens du barreau et remporte un concours de l'Institut Lombard pour une étude sur la loi électorale italienne de 1882.

Il enseigne à Modène (1885) puis, en 1886, il remporte le concours pour les chaires de Pavie, Catane et Messine, choisissant cette université et devenant le plus jeune professeur italien. En 1888, il revient à l'université de Palerme pour enseigner le droit administratif, à Palerme, où il est également chargé du droit constitutionnel ainsi que, de 1889 à 1892, les institutions de procédure civile.

Il acquiert, dès 1885, une grande renommée comme juriste par ses publications scientifiques de droit constitutionnel et administratif, faisant du droit public une discipline à part entière sans l'apport des autres sciences sociales comme l'histoire et la philosophie. L'école de droit administratif qu'il crée à Palerme acquiert une influence en Italie, à l'image de son élève, Santi RomanoOrazio Cancila, Palermo, Laterza, « Storia delle città italiane », 1999 , ..

À Palerme, il rouvre son cabinet d'avocat et entame un engagement politique de soixante ans.

Député libéral Député libéral modéré de Partinico de 1897 à 1925, soutenu par le parrain , il occupe une position de premier plan à la Chambre : il soutient Antonio di Rudinì et collabore avec Zanardelli et Giolitti, lequel en fait son ministre de l'Instruction publique (de 1903 à 1905) puis de la Justice (de 1907 à 1909).

Il est aussi, à partir de 1903, titulaire de la chaire de droit public, à l'université de Rome.

Il retrouve le portefeuille de la Justice dans les gouvernements Salandra I et II (de 1914 à 1916) et soutient en , l'entrée en guerre de l'Italie aux côtés de la Triple-Entente. Il devient ministre de l'Intérieur dans le gouvernement Boselli (1916-1917).

« Président de la Victoire » Son rôle historique commence le , au lendemain de l'humiliante défaite de Caporetto : Orlando devient président du Conseil, à la tête d'une formation d'union nationale, dont le mot d'ordre est « Résister, résister, résister ! ». Il nomme Armando Diaz au poste de chef d'état-major de l'armée le ) puis, avec beaucoup d'énergie, il s'emploie à rétablir les forces militaires et morales du pays, à développer l'économie de guerre et à conduire sa nation à la victoire.

Ayant gagné le surnom de « Président de la Victoire », il représente à partir de l'Italie avec son ministre des Affaires étrangères Sidney Sonnino lors de la conférence de la paix de Paris en vue du traité de Versailles. Il demande aux Alliés d'honorer le pacte de Londres, pour que l'Italie récupère les terres irrédentes. Devant le refus de Wilson de céder ces territoires à l'Italie, il sanglote et quitte temporairement la conférenceJean-Baptiste Duroselle, Clemenceau, Fayard 1988 , ce qui lui vaut le sobriquet de de Clemenceau. Il reçoit alors le collier de l'Annonciade. Il est cité comme l'un des quatre de Versailles avec Georges Clemenceau, Woodrow Wilson et David Lloyd George.

Fragilisé par ces négociations, dans un contexte italien d'après-guerre marqué par l'agitation nationaliste, son gouvernement tombe en juin 1919.

Il revient à Palerme allié aux anciens modérés qui siègent dans l'opposition municipale à Salvatore Tagliavia alors que le courant démocratique du Parti libéral soutient Empedocle Restivo et le Partito Democratico dirigé par le sous-secrétaire à la guerre Andrea Finocchiaro AprileOrazio Cancila, Palermo, Laterza, « Storia delle città italiane », 1999 , ..

Il prend la présidence de la Chambre après les élections de , et la quitte lorsque le cabinet Nitti arrive. Réélu député aux élections de , il soutient les gouvernements Bonomi et Facta I et II.

Période fasciste Attentiste face à la montée de Mussolini, il vote la confiance à son Gouvernement le et participe à la commission chargée d'examiner la réforme électorale votée en sous le nom de loi Acerbo. Il est réélu en 1924 sur une liste nationale soutenant le nouveau régime. Il ne prend ses distances qu'après la confirmation de l'implication du Duce dans la mort de Giacomo Matteotti, passant dans l'opposition et retournant en Sicile. Il se présente aux élections municipales à Palerme à l'été 1925, mais sa liste recueille un peu plus de 16 000 voix, contre 26 000 à la liste fasciste. Il démissionne de la chambre le et refuse sa nomination comme sénateur en 1928.

En 1925, il déclare au Parlement :

Redevenu professeur, il demande à être mis en retraite en , afin de ne pas à avoir à prêter serment au régime fasciste.

Secrètement consulté en par Victor-Emmanuel III avant la destitution de Mussolini, il participe à la rédaction de la proclamation de la poursuite de la guerre signée par Badoglio.

République italienne Il revient sur la scène politique nationale après la libération de Rome, nommé président de la Chambre le , jusqu'au . Respecté mais sans plus de poids, il défend le maintien de la monarchie à la Consulta Nazionale, puis est élu député de l'Union démocratique nationale à l'Assemblée constituante dont il préside la première séance en tant que doyen d'âge. Il est ensuite nommé sénateur de droit pour la Ire législature de la République italienne. Il intervient notamment à propos du statut de Trieste, et dénonce la ratification du traité de Paris.

Petit de taille, il est un orateur .

Prenant pour la dernière fois la parole au Sénat le , il meurt des suites d'une hémorragie cérébrale à Rome le à l'âge de 92 ans.

Publications thumb|La riforma elettorale, 1883

Della riforma elettorale, Milano, 1881

Le fratellanze artigiane in Italia, Firenze, 1884 Della resistenza politica individuale e collettiva, Torino, 1885 Principi di diritto costituzionale, Firenze, 1889 Principi di diritto amministrativo, Firenze, 1890

Teoria giuridica delle guarentigie della libertà, Torino, 1890

La giustizia amministrativa, Milano, 1901 Le régime parlamentaire en Italie, Parigi, 1907 Lo Stato e la realtà, Milano, 1911 Discorsi per la guerra, Roma, 1919 Crispi, Palermo, 1923 Discorsi per la guerra e per la pace, Foligno, 1923 Diritto pubblico generale e diritto pubblico positivo, Milano, 1924 Recenti indirizzi circa i rapporti fra diritto e Stato, Tivoli, 1926 L'opera storica di Michele Amari, Milano, 1928 Su alcuni miei rapporti di governo con la Santa Sede, Napoli, 1929 Immunità parlamentari e organi sovrani, Tivoli, 1933 Diritto pubblico generale, Milano, 1940 Scritti vari di diritto pubblico e scienza politica, Milano, 1940 Discorsi parlamentari, Bologna, 2002

Notes et références

Liens externes

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