Cette page présente les membres de la bande à Bonnot un groupe anarchiste et illégaliste français qui a opéré en France et en Belgique durant la Belle Époque, de 1911 à 1912.

Ce gang a utilisé une technologie de pointe, dont les automobiles et les fusils à répétition, qui n'étaient pas encore à la disposition de la police française.

thumb|Les membres de la bande à Bonnot, lors du procès en 1913. thumb|Attaque de l'agence de la Société Générale à Chantilly.

Les derniers membres en liberté de la bande à Bonnot, René Valet et Octave Garnier, traqués par la police, sont assiégés et tués à Nogent-sur-Marne.., dans le pavillon où ils s'étaient mis au vert puis retranchés, le . Sur l'ensemble de la bande, vingt-et-un membres survivants sont jugés du 3 au ....

Membres

La Bande à Bonnot est à l'origine composée d'un groupe d'anarchistes français qui fréquentent le siège du journal L'Anarchie composé d'Octave Garnier, de Raymond Callemin et René Valet. Jules Bonnot les rejoignant en ..

Émile Bachelet

Fils d'Émile Bachelet, boulanger, et de Joséphine Marchand, Émile Jules Joseph Bachelet, dit Pierre Martin et René Collin, est né le à Corné (Maine-et-Loire)Que l'on trouve également, à tort sous le nom de Bacheler.. et décédé le à Saint-Germain-des-Prés (Loiret)BACHELET Émile Dictionnaire des anarchistes sur maitron.fr... Compagnon menuisier, il arrive à Paris en 1907 et fréquente les compagnons du tour de France de la rue Chapon, logeant au 11 rue du Chevalier-de-La-Barre. Antimilitariste, il prend une fausse identité en 1908 (Pierre Martin) pour échapper au service militaire, mais cela ne l'empêche pas d'être condamné, sous cette identité, à deux reprises pour des délits mineurs. En 1912, alors qu'il habite à Maisons-Alfort, son logement est perquisitionné dans le cadre de l'affaire Bonnot. La police y trouve un revolver, un jeu de clefs passe-partout, des lunettes d’automobiliste et des brochures anarchistes individualistes.

Le , il est arrêté à Paris et condamné le pour insoumission à 10 mois de prison par le conseil de guerre du gouvernement militaire de Paris. Réformé , le par décision de la commission spéciale de réforme de la Seine, pour , il obtient la remise du restant de sa peine par décret du . Insoumis le , à nouveau arrêté le , il obtient une ordonnance de non-lieu par le conseil de guerre permanent de la Seine, qui l'avait maintenu dans sa position de réforme le . Il est une nouvelle fois maintenu dans sa situation par le conseil de révision de la Seine à Paris, le . Il loge alors 8 rue Dugommier dans le .. Le , Bachelet contracte mariage, à Paris , avec Marie-Louise Mouillebet ., s'installe dans le Loiret, au moulin de Pouligny, sur la commune de Saint-Germain des-Prés, et y vit en autarcie en se consacrant à l'agriculture et l'apiculture.

En 1951, il publie ses mémoires sous le titre Trimards. Il meurt le .

Barthélémy Baraille

Fils de Barthélémy Baraille, laboureur, et de Jeanne Salles, ménagère, Barthélémy Baraille est né à Thétieu (Landes) le . et décédé le au Pellerin (Loire-Atlantique).. En 1901, il s'engage dans la Marine nationale, avec laquelle il se retrouve en Indochine. En 1906, il revient en France sur le Descartes. Libéré de son engagement avec un certificat de bonne conduite, il entre en tant qu’ouvrier de la traction à la Compagnie du chemin de fer du Nord en 1907 et adhère à la CGT. Il contracte mariage à Saint-Vincent-de-Paul (Landes) le avec Célestine Hontarrède, couturière..

En 1910, il est licencié après la grève de la thune, première grande grève des cheminots français. Le couple déménage alors à Rambouillet, où Baraille trouve un emploi de colleur d’affiches, puis il déménage à Berck-sur-Mer où Baraille devient lampiste à la compagnie du chemin de fer locale, tandis que sa femme occupe le poste de garde-barrière. Du 23 au , le couple héberge André Soudy qui est arrêté par la police après un renseignement fourni par un indicateur, alors qu’il s’apprêtait à quitter Berck. Durant la perquisition, la police saisit à la poste une importante correspondance adressée à Soudy sous divers noms d'emprunt. Arrêté également, Baraille ne sera finalement pas inculpé dans le procès de la bande à Bonnot. En 1914, arrêté le jour de la mobilisation, il est incarcéré durant quarante jours, puis de nouveau arrêté pour la distribution de tracts de la Ligue des droits de l'homme, trois mois après sa libération, et interné durant quarante-cinq jours à Sablé-sur-Sarthe. Interdit de séjour dans le Pas-de-Calais, il rejoint Nantes en et se fait embaucher à la fonderie d'Indret. Il loge alors à La Plaine-sur-Mer.

Après la guerre, il milite pour le ralliement de la SFIO (Section française de l'Internationale ouvrière) à la IIIe Internationale, et devient un militant du Parti communiste en Loire-Inférieure jusqu'à la fin de ses jours. En , il est arrêté pour distribution de brochures interdites par la censure, propagande bolcheviste et excitation à la révolte des soldats de l'armée russe en France, et mis au secret à la prison militaire de Nantes dont il sera libéré au bout de cinquante jours grâce à l’intervention de l'avocat parisien Henry Torrès, membre du comité de la IIIe Internationale.

En 1941, considéré comme un militant communiste dangereux, il est arrêté et interné au camp de Châteaubriant. En 1945, il est élu au conseil municipal de Saint-Jean-de-Boiseau. Il meurt le au PellerinBARAILLE Barthélémy sur maitron.fr..

David Bélonie

Enfant naturel de Marie Bélonie, couturière, David Bélonie est né le à Gignac (Lot)., reconnu par sa mère le ., et décédé à Poissy, le ... Après le certificat d’études et la mort de sa mère, il est placé comme domestique de ferme à Nespouls et monte en 1900 à Paris, où il est hébergé par une tante. Sachant lire, écrire, compter, il travaille comme garçon de laboratoire, puis préparateur en pharmacie. En 1905, insoumis, il quitte Paris pour Genève, où il fait connaissance d'Armand Guerra et Jules Bonnot. Considéré comme anarchiste mais aussi faux-monnayeur, voleur et souteneur, il est expulsé de Suisse. Il rejoint alors la Belgique, où il est arrêté pour vagabondage et usage de fausse identité, puis expulsé en France où il est à nouveau arrêté par la gendarmerie, à Quiévrechain, le . Le , il est condamné à 6 mois de prison pour insoumission par le conseil de guerre permanent, condamnation confirmée par la cour de cassation le . Le , il est dirigé sur le d'infanterie à Chaumont, où il effectue finalement ses obligations militaires, avant de passer dans la réserve de l’armée active le avec un certificat de bonne conduite.. Il est arrêté le à Rouen pour complicité de vol par recel (motif : détention des titres pris sur le garçon de recettes de la rue Ordener lors du premier braquage avec utilisation d'une automobile). Inculpé d’homicide volontaire, vol et complicité, il est finalement condamné par la Cour d'assises de la Seine, le , pour complicité avec circonstances atténuantes, à quatre ans de prison, où il meurt, au 19 rue de l'Abbaye à Poissy (Maison centrale de Poissy), le

Kléber Bénard Fils de Louis Bénard, marchand de vin, et de Marie Parly, ouvrière en robes, Kléber Hoche Lodi Bénard est né le à Cézy (Yonne). et décédé le à l'hôpital civil de Moulins (Allier)Archives départementales de l'Allier, TSA03-3QMOULINS6-1918, Tables des successions et absences du bureau de l'enregistrement de Moulins, page 32 de la numérisation, n°371..

En 1906, Kléber Bénard est ouvrier boucher à Sens.. En 1911, il vit à Paris, au 17 rue Gît-le-Cœur, où il exerce la profession de naturaliste.. Ami de Jean-Marcel Poyer., ils se prétendent frères en prenant les identités de « Robert et Philibert Bontemps »POYER Marcel Jean sur janinetissot.fdaf.org. et partagent la même chambre à l’hôtel du Compas d'Or, situé 72 rue Montorgueil. Il est interpellé le à Livry-Gargan alors qu’il s’exerçait à tirer avec un browning en compagnie de deux autres anarchistes. Lors de la perquisition, la police trouve chez lui des brochures anarchistes, des lettres écrites par des anarchistes bruxellois et des armes provenant d’un hold-up commis dans une armurerie. En , inculpé d'association de malfaiteurs et recel d'armes volées, il est jugé en compagnie des survivants de la « bande à Bonnot » et condamné à six ans de réclusion et cinq ans d'interdiction de séjourBENARD Kléber, Hoche sur maitron.fr.. Il est incarcéré en , comme précisé dans la presse locale de l'époque, à la prison de Thouars (Deux-Sèvres)..

Selon les registres matricules du recrutement militaire du bureau de Sens, il meurt le .

Frères Bill

Michel Bill, menuisier, et Catherine Madeleine Gérardin, journalière, eurent 7 enfants, dont 4 garçons qui étaient tous menuisiers, anarchistes, végétariens et antialcooliques, et liés à Eugène Dieudonné, également originaire de Nancy. Sous la direction de Charles Bill, la famille tient une entreprise de menuiserie à Nancy, située 19 rue Jules-Ferry. Parmi la fratrie, deux ont défrayé la chronique :

Émile Bill

Émile Eugène Bill est né le à Nancy, 15 route de Laxou. et décédé le à Nancy. En 1909, selon la police, il aurait eu le projet de commettre un attentat contre le roi d'Espagne Alphonse XIII. Lors de son arrestation, la police trouvera deux revolvers Browning à son domicileBILL Émile Maurice Eugène sur maitron.fr... Il se marie à Nancy le avec Lucie Thérèse Jeanne Troestler. Rédacteur dans le journal L'Anarchie sous le pseudo d'Hémyle Bill, il fournit, avec son frère Charles et Charles Reinert, un alibi à Eugène Dieudonné en déclarant l'avoir rencontré, souffrant, chez sa mère rue Boudonville, le jour de l'attentat de la rue Ordener à Paris, alibi que la police ne croit pas. Il meurt à Nancy le .

Charles Bill

Charles Joseph Bill est né le à Nancy, impasse Raison. et décédé le à la maison centrale de Poissy.. Avec son frère Émile et Charles Reinert, il fournit un alibi à Eugène Dieudonné, que la police suppose truqué. Le , il tue froidement le menuisier Blanchet qu’il soupçonne d’avoir dénoncé à la police ce faux alibi et d’avoir fait envoyer en prison Charles Reinert. Toutes les brigades de gendarmerie de la région sont alors mobilisées pour rechercher un homme .. Recherché en vain., il est condamné à mort par contumace par la cour d'assises de Meurthe-et-Moselle le .. Après l'assassinat, il se rend à la frontière italienne dans le but de rejoindre Turin. Craignant d'être découvert, il renonce à son projet et se rend à Dijon puis à Grenoble. Il travaille ensuite chez un menuisier de La Grave, dans les Hautes-Alpes, sous le nom de Léon Martin. Charles Bill se réfugie chez un ami qui lui procure un faux état civil au nom de Paul Masson, employé, né à Nancy le ., état civil qui était celui d'un anarchiste tuberculeux décédé. En , Charles Bill tente en vain de s’engager. Reconnu bon pour le service armé en décembre par la contre-visite des réformés d’avant-guerre, il rejoint le régiment d'infanterie de Toul, et est blessé dans le Bois-le-Prêtre par un éclat d’obus le .. Évacué sur Toul puis sur Avignon, il est versé à sa guérison dans le 60e régiment d'artillerie. Il se trouvait avec son régiment au camp d'Avord quand il est reconnu par un soldat de son bataillon.. Arrêté, il est conduit à la maison centrale de Poissy où il meurt le .

Jules Bonnot

Fils de Jules Joseph Bonnot et d'Hermence Moutot, Jules Joseph Bonnot, né le à Pont-de-Roide (Doubs). et mort le dans le de Paris., est considéré comme le chef de la bande des « bandits en auto ».. Alors ajusteur mécanicien, il épouse Sophie Burdet, à Vouvray, le , avec laquelle il aura deux enfants. Le , à , le chef de la sureté accompagné de seize inspecteurs pénètrent dans le garage du « Nid Rouge » à Choisy-le-Roi, qui avait servi plusieurs fois de remise aux automobiles volées par le gang, et sont accueillis par Jean Dubois, qui est abattu après avoir tiré par quatre fois. Quelques secondes plus tard, des coups de feu partent du balcon. C'est Bonnot, qu'ils viennent de trouver par hasard.