Saint-Jean-d'Arves est une commune française située dans le département de la Savoie, en région Auvergne-Rhône-Alpes.
Géographie vignette|gauche|Viaduc des Sallanches près du hameau des Sallanches.
Saint-Jean-d'Arves est une commune de Maurienne, dans le département de la Savoie, qui s'est développée sur une vallée latérale située en rive gauche de l'Arc. L'implantation humaine s'est faite en partie sur le bassin de l'Arvan et la vallée affluente de Arvette ou Valfroide..
Elle est située à environ une vingtaine de kilomètres au sud-ouest de la sous-préfecture de Saint-Jean-de-Maurienne et environ de Chambéry.
Le territoire de la commune est constitué du chef-lieu dit La Tour et de : .
Son territoire est entouré des sommets du mont Charvin (2207 m) au nord, et de la cime des Torches ou Grand Agnelin (2958 m) ainsi que des aiguilles d'Arves, dans sa partie sud.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne. et est dans la région climatique Alpes du nord, caractérisée par une pluviométrie annuelle de à , irrégulièrement répartie en été.. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves...
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune d'Albiez-Montrond à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .
Urbanisme Typologie Au , Saint-Jean-d'Arves est catégorisée « commune rurale à habitat dispersé », selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. et hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (94,8 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (93,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (49,5 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (32,9 %), forêts (12,3 %), zones agricoles hétérogènes (2,9 %), prairies (1,5 %), zones urbanisées (0,9 %)..
L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran..
Toponymie La forme la plus ancienne mentionne l'église de Arva, en 1184. En 1590, on trouve la forme Saint-Jehan d'Arve, puis au siècle suivant Saint-Jean-d'Arves, en 1635. La forme au pluriel d'Arves semble être utilisée qu'à partir de la séparation de Saint-Sorlin de Saint-Jean. Le site d'Henry Suter indique que ce pluriel remonte au et relève d'une fantaisie graphique..
Le toponyme renvoie au saint Jean le Baptiste. et à sa localisation dans la vallée de l'Arvan. Arves ou arva sont des hydronymes provenant du celtique *Aturava ou préceltique *alb-, selon Ernest Nègre.
En francoprovençal, la graphie de la commune s'écrit San-Dyan, selon la graphie de Conflans..
Histoire La bulle pontificale de Lucius III, de l'année 1184, confirme la juridiction épiscopale de Maurienne sur dix-sept paroisses, dont Saint-Jean et Saint-Sorlin d'Arves..
Le mode de vie Avant le tourisme, l’économie de Saint-Jean-d’Arves reposait sur l’agriculture et l’élevage. L’hiver, le bétail était gardé à l’étable. Au printemps, il était sorti à hauteur des premiers chalets et mené en alpage durant l’été. La grande superficie de la commune permettait un bétail nombreux. Cette activité agricole occasionnait des foires (négoce de bovins, d’ovins…). Elles se déroulaient au hameau de la Tour, les 10 juin, 7 et 24 septembre, 15 octobre… Ces manifestations dépassaient le cadre des vallées alentour (Piémont) ; il fallait des auberges pour les personnes de passage. Cette vallée peuplée mais avec des moyens de communication peu praticables à certaines périodes de l’année, devait se suffire à elle-même. L’artisanat y était très développé (cordonnier, drapier…). L’activité agricole induisait les caractéristiques de l’habitation traditionnelle du village. Une ouverture dans la partie amont de la toiture en chaume permettait de rentrer le foin directement dans la grange située sous le toit. Le rez-de-chaussée, côté aval, servait d’étable. Les hommes vivaient au même niveau ou juste au-dessus pour profiter de la chaleur animale. Une petite construction séparée, en bois ou en pierre, appelée « mazot » servait de grenier. Une partie de la population masculine (chefs de famille et fils) émigrait (le petit ramoneur savoyard, bûcheron…). Cette émigration, saisonnière au départ, devint définitive avec l’industrialisation de la vallée de la Maurienne. Les jeunes Arvinches cherchaient un mari dans la vallée. vignette|center|Costume de Saint-Jean-d'Arves.
L’éducation En 1860, les très jeunes Arvins et Arvinches allaient dans deux écoles communales des hameaux les plus centraux (la Tour pour les grandes filles, le Villaret pour les grands garçons) pendant les mois de mai, juin, juillet. Pour le reste de l’année et les enfants en bas âge, les hameaux (Entraigues, le Poingt, le Collet, les Chambons, le Villaret, la Curiaz, la Chal, le Villard et les Sallanches) possédaient leur école (habituellement une écurie) mixte, « privée » : payée et entretenue grâce à des donateurs, ils désignaient le maître et sa rétribution.
Ce mode de fonctionnement ne correspondait pas aux préconisations de l’administration supérieure, qui ne tenait compte ni de la dispersion de l’habitat, i des conditions météorologiques, ni de l’obligation de travailler pour la plupart des enfants… Ce fonctionnement changeait tous les ans et le rattachement de la Savoie à la France a figé la situation. En 1893, la commune touche des subventions pour la construction de trois « maisons d’école » : une à la Tour, une à Entraigues, la dernière aux Chambons. En 1817, Jean Baptiste Alex offrit sa maison pour fonder un « collège » à Entraigues. Il s’agissait d’une « école de latin » pour les « jeunes gens des communes et paroisses des Arves ». Ces enfants étaient hébergés chez l’habitant. Par manque d'effectifs, le « collège » ferma en 1871. Les lois Jules Ferry de 1882 entrèrent en application bien plus tard.
La religion La religion était intégrée dans la vie des Arvins. En 1498, fut fondée par Humbert et Pierre Fay la chapelle la plus ancienne répertoriée : Saint-Sébastien, située entre les hameaux de Planchamps et du Villard. Les terres autour, cultivées, permettaient de l’entretenir. Les principaux hameaux érigèrent leur édifice religieux : la chapelle Saint-Antoine aux Chambons en 1598, Notre-Dame-de-la-Présentation à la Chal en 1616, Saint-Laurent au Poingt en 1626, Sainte-Barbe au Villaret en 1661, Saint-Benoît aux Sallanches en 1731, Saint-Claude au Vallonet en 1732, Sainte-Brigitte au Collet en 1737 et l’oratoire Saint-Claude sur le chemin du col d’Arves en 1775. Jusqu’en 1834, une seule église existait à la Tour. Sa date de construction est inconnue, mais l’une des cinq cloches est datée de 1497. En 1793, Saint-Jean-d’Arves a contesté les ordres français de ne laisser qu’une cloche par commune, sans succès. Quatre cloches de l’église et les dix des chapelles des hameaux furent démontées, brisées et transportées à Saint-Jean-de-Maurienne.
En 1834, Saint-Jean-d’Arves connaît sa population maximum et certains hameaux sont situés à plus d’une heure de marche de l’église de la Tour. Les habitants d’Entraigues et des proches hameaux demandent la construction d’une église à Entraigues. Le projet est accepté. En 1838, la première pierre fut bénite. Mais les « Arvins d’en haut », craignant de voir le village se diviser en deux, pèsent de toutes leurs forces pour faire stopper la construction. L’affaire va jusqu’au roi Charles-Albert. L’autorisation est maintenue. En 1844, l'église d’Entraigues est terminée et consacrée.
Les catastrophes La vie des habitants des Arves était rude. De nombreuses catastrophes vont intervenir.
La peste arrive en Savoie comme dans le reste de l’Europe. Les épidémies de 1588 et 1599 sont relatées par des témoins. Le syndic (le maire) du village faisait appel à des habitants de Saint-Sorlin-d’Arves pour ensevelir les morts pendant le temps de la contagion, en contrepartie d’un logement avec bois de chauffage, argent et paie en nature (pain, fromage…). La dernière peste répertoriée date de 1720 : afin de préserver son territoire, le roi Victor-Amédée II plaça des barrières sévèrement gardées à Saint-Jean-d’Arves.
Les incendies étaient courants à cause des toits de chaume. Le plus important semble être celui du Villard en 1865. Il a détruit 52 maisons, laissant 254 personnes dans la détresse.
Les inondations faisaient suite àux pluies torrentielles sur la vallée. L’Arvan sort de son lit et envahit les terres. De nombreuses crues ont été signalées : 14 septembre 1733, 1847, 1852, 1859, 1874, 1903, 1904, 1905, etc. ; des gros dégâts étaient causés en bas de la vallée, à la confluence du torrent avec l'Arc à Saint-Jean-de-Maurienne.
Les avalanches ont laissé beaucoup de traces dans les esprits. Le 4 février 1978, une avalanche est descendue du Charvin entre les hameaux de Planchamps et du Villard, causant la mort d'Albert Féjoz et emportant la chapelle Saint-Sébastien.
Saint-Jean-d'Arves et les guerres