Sollières-Sardières ou Val-Cenis Sollières-SardièresDélibération municipale de la Mairie de Sollières-Sardières (juin 2015) est une ancienne commune française située dans le département de la Savoie, en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Elle fusionne le avec les communes de Bramans, Lanslebourg-Mont-Cenis, Lanslevillard et Termignon pour former la commune nouvelle de Val-Cenis.

Commune du parc national de la Vanoise, en vallée de Haute-Maurienne, à proximité de l'Italie (), elle s'étend à cheval entre les socles cristallins du massif de la Vanoise et du Mont-Cenis. Sollières-Sardières est composée de quatre villages, ou hameaux : au nord, les deux villages de Sollières l'Endroit ( d'altitude, en rive droite de l’Arc) et Sollières l'Envers environ (rive gauche) ; au sud-ouest, Sardières est situé sur un plateau ( d'altitude, rive droite, à au nord-ouest) et le Châtel, au sud, au bord de l'Arc sur la rive gauche. Ce hameau en grande partie déserté à partir de 1860 connait un nouvel essor depuis les années 1960. Partiellement restauré aujourd’hui, certaines maisons, réhabilitées, sont principalement des résidences secondaires. Géographie Localisation vignette|Le village de Sardières en hiver.|alt=Le village de Sardières sous la neige, vu des hauteurs. thumb|Le village de Sollières vu de Sardières|alt=Le village de Sollières vu de Sardières. La commune de Sollières-Sardières se situe en Haute-Maurienne, à près de de l'entrée de la vallée, au-delà du verrou glaciaire de la barrière de l'Esseillon, et des profondes gorges de l'Arc. Les habitants sont répartis en quatre hameaux, profitant de l'élargissement de la vallée formé par un cône de déjections d'orientation nord-sud, s'étirant de Bramans à Termignon. Cette formation offre une excellente exposition au soleil, un relief propice à la culture en terrasse, clapiers d’épierrage, et biefs (canaux d’irrigation).

Du fait de la longueur exceptionnelle de cette vallée intra-alpine, et du relief qui isole la Haute-Maurienne, les habitants de cette région vivent dans une certaine autarcie, qui se reflète toujours dans l'architecture des habitations dont les murs en pierres et toits de lauzes sont la caractéristique la plus visible.

Sardières est niché sur un petit plateau légèrement en aval et en balcon avec le Châtel, lui faisant pratiquement face. Sollières l'Envers se situe sur l'envers ou ubac et Sollières l'Endroit sur l'endroit ou adret de la vallée ; séparés par l'Arc, ils sont reliés par un pont. De nombreux chemins piétonniers relient les villages de Sollières et Termignon ; il existe une continuité urbaine entre ces trois villages du fait de leur proximité.

Ces villages sont implantés à d'altitude légèrement au-dessus du talweg, afin d'être protégés des crues dévastatrices du torrent au printemps et en automne, ou lors de tempêtes de foehn, facilitées par un fond de vallée à très faible déclinaison dans ce secteur. Situés au cœur de la Haute-Maurienne, ils sont dominés par la Dent Parrachée, culminant à côté Vanoise et les flancs du mont-Cenis sur la rive gauche. Par beau temps, on profite d'une vue imprenable depuis le fond de la vallée sur le sommet de la "Parrachée" et son glacier, malgré un dénivelé de . Ce différentiel important, combiné à de très fortes pentes montagneuses, a toujours représenté un danger d'avalanche important pour les hameaux.

Sollières-l'Endroit est par ailleurs établi sur un couloir d'avalanche qui a été dévié pour garantir la sécurité des habitants.

Depuis la route menant au village de Sollières, on peut également contempler les neiges éternelles de la Grande Casse, point culminant du département.

Au nord-ouest, le dôme de l'Arpont, atteignant , et les glaciers de la Vanoise, font face à l'est au Grand roc Noir et au glacier du Vallonet, l'ensemble surplombant la commune. Sur l'autre versant, le massif du Mont-Cenis constitue la barrière sud de la commune, avec la pointe de Ronce, à l'est. Le signal du Petit Mont-Cenis atteignant , domine directement les hameaux faisant face à la Dent Parrachée. Depuis le traité de Paris de 1947, la circonscription a vu son territoire s'agrandir, intégrant des alpages redescendant sur la combe du lac du Mont-Cenis, passé du côté italien après le annexion de la Savoie du traité de Turin de 1860.

Au sud-ouest, depuis le fond de la vallée, la vue se ferme par les imposants pics de la pointe du Notaire, à , et l'aiguille de Scolette, atteignant , masquant ainsi la haute ligne de crête frontalière formée par le massif cristallin d'Ambin. Les sommets tels que les dents d'Ambin, la pointe Sommeiller ou bien encore le mont Giusalet et leurs glaciers s'offrent à la vue des randonneurs souhaitant gravir le Mont Froid ou la pointe de Bellecombe, sommet méridional de la commune à l'abrupte falaise de quartzite.

Communes limitrophes vignette|gauche|Plan de la commune.|alt=Un plan de la commune présentant le nom des villages et des couleurs vertes matérialiser pour les parties forestières.

La commune appartenait au canton de Lanslebourg-Mont-Cenis. et, depuis le redécoupage territorial de 2014, au canton de Modane.

La totalité du territoire est situé dans le parc national de la Vanoise et son aire optimale d'adhésion..

Géologie et relief thumb|Le village est installé au creux d'un cône de déjection La commune s'étire à cheval sur deux socles cristallins, dans les Alpes internes. L'imposant et profond socle de la Vanoise, dit cristallin, rencontre le socle du massif interne du Grand Paradis, dans la partie la plus orientale de la vallée. Le socle cristallin d'Ambin forme une continuité géologique et se superpose à la Vanoise en constituant les massifs de la barrière sud. À cela viennent s'ajouter les massifs de schistes lustrés, tels ceux de la pointe de Ronce, de la pointe de Charbonnel ou de l'aiguille de Scolette. La commune s'étire sur l'unité des massifs cristallins Grand-Saint-Bernard / Vanoise /Ambin, allant du Valais au val de Suse. Elle est partagée entre le massif de la Vanoise sur la rive droite de l'Arc, et le massif du Mont-Cenis sur la rive gauche. On y trouve donc une grande variété de roches métamorphiques, allant du gneiss et micaschiste, en passant par la quartzite, les schistes bleus, verts et lustrés (calcschistes), mais aussi des amphibolites (plus présentes sur le versant du Mont-Cenis), ainsi que des filons de roche magmatiqueAnalyse géologique, Ministère italien de géologie, analyse pétrographique, feuillet Suse/Ambin.Géologie structurale des alpes franco-italiennes, Géologie alpine 1980. Une carrière exploite une roche magmatique à grain fin et bleuté (porphyres schisteux). Ces roches destinées à l'ornement sont situées sur le versant du massif du Mont-Cenis .. La commune et toute la région de Val Cenis est connue pour ses importants gisements de serpentinite. Une carrière a été exploitée jusque récemment entre Termignon et Sollières. Mais les risques liés à l'amiante présent en grande quantité dans cette roche ont poussé les autorités à fermer le site.

vignette|upright=2.6|La commune est assise à cheval sur les socles cristallin d'Ambin (au premier plan) et de la Vanoise (massif et glaciers de la Chavière visibles au fond à droite).

Cette diversité offre à la fois une grande richesse de reliefs entourant la commune, mais aussi de végétation qui se développe grâce aux différents types de sols que ces roches offrent. D'un versant à l'autre, on peut donc trouver des espèces végétales totalement différentes du fait de la nature plus ou moins acide des terrains. Les massifs environnants ont pu conserver une importante couverture sédimentaire, principalement faite de gypse, qui donne un aspect imposant aux différents massifs. Ces importants gisements de gypses ont été exploités jusqu'au début du pour la fabrication de plâtre et produits de construction. L'enduit alors très prisé a largement servit pour la décoration des façades d'habitation. Les maisons traditionnelles reflètent cette richesse, les murs étant constitués de quartzite et de gneiss, les toitures recouvertes de lauzes (calcschiste, gneiss et micaschiste), bardage de mélèze et enduit pour les façades. Cette profusion de roches, dans un secteur aussi limité, attire géologues et botanistes.

Risques vignette|upright=0.8|L'Arc, paisible, peut rapidement devenir incontrôlable.|alt=La rivière l'Arc, vue vers l'amont, bordée d'arbre. La commune, entourée de sommets abrupts, est vulnérable aux éléments naturels. De grands travaux ont été effectués et sont régulièrement entretenus pour protéger les villages des avalanches et des crues provenant des hauteurs. Le souvenir de l'avalanche de 1817 qui détruisit une partie de Sollières-l'Endroit et son église reste vif. Le couloir d'avalanche formé par le lit du torrent de Bonne Nuit surplombant le hameau a été aménagé pour contenir les coulées de neige renforcées par le fort dénivelé. De la même manière, le lit de l'Arc, et le torrent de l'Envers font l'objet d'attentions constantes pour maîtriser les crues printanières et automnales potentiellement dévastatrices ..

Hydrographie Le hameau de Sollières-l'Envers est sous la menace permanente de son torrent. En , une catastrophe hydrologique est évitée de justesse grâce à l'intervention rapide des services de l'Équipement : une crue soudaine ayant créé un réservoir artificiel de rétention menaçait les villages en aval d'une inondation catastrophique.. Depuis lors, ce cours d'eau est l'objet d'une attention constante et de travaux d'aménagement afin de contenir une éventuelle nouvelle crue.

Climat thumb|Site Natura 2000: Formations forestières et herbacées des Alpes internes, le climat particulier de la commune est propice aux espèces de conifères alpins Les villages, et surtout les hameaux de Sollières l'Endroit et Sardières, situés sur l'adret, profitent d'une exposition privilégiée, avec un très fort ensoleillement, ce qui a donné la racine du nom de Sollières. Un effet de foehn constant grâce au vent de sud-est appelé « la lombarde », souffle depuis la frontière italienne, permettant ainsi de jouir d'un microclimat sec. En hiver, les retours d'est favorisent un enneigement conséquent . et un climat très clément malgré son altitude.

Ce climat permet une production agricole, et notamment de fruits, à une altitude peu commune à cette latitude. Il n'est pas rare de voir cerisiers, pommiers et même abricotiers pousser dans les jardins. Ce phénomène climatique a encouragé les habitants à développer tout un système d'irrigation, grâce à de nombreux biefs mettant à profit l'ensoleillement et palliant les sécheresses estivales. On retrouve de très fortes similarités dans la gestion de l'agriculture et de l'irrigation en Valais.

L'axe nord-sud et l'ouverture du cône de déjection permet un long ensoleillement évitant ainsi les longues zones d'ombres provoquées par les hauts massifs environnants durant les mois d'hiver.

La commune est donc partagée entre un adret particulièrement sec et chaud et une zone humide et froide sur l'ubac, favorisant un biotope varié et fragile, principalement composé de prairies sèches et landes alpines boréales, faisant l'objet de plusieurs arrêtés de protection. On appelle communément cette région allant de Modane à Termignon, l'« îlot de sécheresse » de la Haute-Maurienne .. vignette|centre|upright=2.6|Le plateau du Mont-Cenis surplombant la commune participe au microclimat favorisant les retours d'est et un important effet de foehn.|alt=Vue panoramique du plateau du Mont Cenis sous la neige.

Voies de communication et transports vignette|upright|Les gorges de l'Esseillon, verrou de la Haute-Maurienne.|alt=Vue plongeante des gorges où coule l'Arc, dont l'eau est bleu turquoise.

Voies routières