Étienne Perrichont, né le à Saint-Julien-la-Genête (Creuse) et mort le à Paris, est un entrepreneur de travaux publics et homme politique français.

Biographie

Etienne Perichon (avec un seul « r » et sans « t » sur son acte de naissance) est le fils de Marguerite Depoute et de Gilbert Perichon, un journalier analphabète d'Évaux-les-BainsArchives départementales de la Creuse, état civil de Saint-Julien-la-Genête, registres des naissances de 1817 (vue 62 sur 123).. Il devient orphelin à l'âge de dix ans. En 1843, il épouse la fille d'une journalière et d'un père non déclaréNagaï, ..

En 1848, il entre aux travaux des ponts et chaussées comme entrepreneur. À ce titre, il est chargé de l'exécution de l'emplacement de la gare de NeversDossier publié dans la base Léonore (cf. Liens externes)..

En 1854-1856, sa première grande réalisation est le réservoir des Settons, aménagé sur la Cure, dans le massif du Morvan, afin de maintenir le niveau de la Seine pendant les basses eaux. Au cours des années 1860, il construit de grands ouvrages d'art tels que le viaduc de La MéaugonLe Panthéon de l'industrie, 9 décembre 1888, .Gay, ., le viaduc de Morlaix, le pont de l'Alleud et le viaduc d'Auteuil. Devenu très riche, il s'établit à Auteuil, au de la villa de la Réunion (rue Chardon-Lagache).

Pendant le siège de Paris (1870-1871), Perrichont exécute gratuitement des travaux de nivellement dans le cadre de la défense de la rive droite et participe aux secours accordés aux familles nécessiteuses des gardes nationaux de son quartier. Après le siège, il est chargé de rétablir la navigation sur le canal de Briare entre l'écluse de Lépinoy et Châtillon-sur-Loing afin de faciliter le ravitaillement de la capitale.

Dès le début de la campagne contre la Commune, en , il se met en rapport avec le bureau du Génie, à Versailles, pour participer à la reprise de Paris. Le , soit onze jours avant l'arrivée des troupes versaillaises, il retourne dans son quartier afin de prévenir les habitants d'un bombardement imminent. Il est alors arrêté par des communards et emmené au poste de la rue François-Gérard avant d'être finalement relâché. Après l'écrasement de la Commune, les services rendus par l'entrepreneur lui valent d'être nommé chevalier de la Légion d'honneur par décret du suivant.

Perrichont professe des opinions politiques bonapartistesJournal officiel de la République française, 24 juillet 1875, .. Candidat à un siège de conseiller municipal de Paris dans son quartier d'Auteuil lors des élections municipales des 23 et 30 juillet, il perd face au candidat soutenu par l'Union parisienne de la presse, Alphonse Leclerc. Il pose à nouveau sa candidature en tant que « conservateur » en . Il renonce cependant avant le premier tourLe Petit Caporal, 13 janvier 1878, ., ce qui n'empêche pas quelques dizaines de voix de se porter sur son nom. Le candidat républicain Léopold Cernesson est alors élu.

Après s'être consacré à ses travaux (dont ceux du fort de Stains, du et de la redoute de la Butte-Pinson), récompensés par une médaille d'or à l'exposition universelle de 1878, et après avoir notamment construit le pont de Tolbiac, Perrichont, âgé de 70 ans, retente une troisième fois sa chance dans son quartier à l'occasion des élections de . Concourant cette fois-ci avec le soutien des républicains antiautonomistesLe Temps, 8 mai 1887, . (républicains modérés opposés aux partisans de l'autonomie de la capitale), il obtient 466 voix et arrive en seconde position au premier tour, derrière le sortant Cernesson (907 voix), et devant le conservateur Albert Gillou (437 voix) et le radical César Pascal (129 voix). Malgré le désistement de Gillou, Perrichont est battu au second tour.

Cernesson ayant renoncé à son mandat municipal après avoir été élu député, une élection partielle est organisée les 21 et . Divisés notamment par le phénomène boulangiste, les radicaux partent en ordre disperséLe XIX siècle, 16 août 1888, .. Candidat pour la quatrième fois, Perrichont fait à nouveau campagne en se concentrant sur les enjeux municipaux mais il promet de donner sa voix à un candidat républicain aux prochaines élections sénatorialesLe Gaulois, 19 octobre 1888, .. Il arrive cette fois-ci en première position au premier tour, devant Francis Bocandé (radical), L. M. Jehan (conservateur libéral, c'est-à-dire de tendances royaliste et cléricale), Émile Saint-Lanne (radical), Charles André (socialiste), L. Carillon, F. Picard et Coquet (radicaux de nuances diverses). Critiqué par ses concurrents pour son ralliement récent et opportuniste à la RépubliqueLa Lanterne, 27 octobre 1888, ., Perrichont en appelle néanmoins à la discipline républicaineLe Temps, 28 octobre 1888, . et l'emporte au second tour, par 813 suffrages, contre 755 à Bocandé, 210 à Jehan et 35 à Coquet.

Talonné par le boulangiste Barbier au premier tour des élections municipales de 1890, Perrichont est réélu au second tour avec le soutien de l'Union libéraleLe Journal des débats, 24 avril 1890, .. Il est à nouveau réélu trois ans plus tard face à Saint-Lanne. Doyen du conseil municipal, il quitte celui-ci en 1896. Il est alors remplacé par son petit-fils, Eugène Le Breton (fils de l'entrepreneur Jean-Marie Le Breton).

Mort à son domicile de la villa de la Réunion le Archives de Paris, état civil du 16 arrondissement, registre des décès de 1899, acte (vue 22 sur 31)., il est inhumé le au cimetière d'Auteuil (9 division)Archives de Paris, registres journaliers des inhumations, cimetière d'Auteuil (1899-1904), (vue 3 sur 31). après une cérémonie religieuse à Notre-Dame-d'AuteuilLe Figaro, 16 juillet 1899, ..

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Ernest Gay, Nos édiles, Paris, 1895, . Nobuhito Nagaï, Les Conseillers municipaux de Paris sous la IIIe République (1871-1914), Paris, Publications de la Sorbonne, 2002, , note 13. Liens externes

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