L’autoroute A831 était un projet d'autoroute française entre l’autoroute A83 (Nantes-Niort) au niveau de Fontenay-le-Comte et l’autoroute A837 (Rochefort-Saintes) au niveau de Rochefort, traversant les départements de Vendée en région Pays de la Loire et de Charente-Maritime en région Poitou-Charentes (aujourd’hui en région Nouvelle-Aquitaine).

Déclarée d’utilité publique par décret du , elle constituait un maillon de la route des Estuaires et devait désenclaver la ville de La Rochelle. Le projet est définitivement abandonné en à la suite du refus du président de la République, François Hollande, de proroger la déclaration d'utilité publique qui arrive à échéance le . L'autoroute devait traverser deux zones humides : le marais poitevin et le marais de Rochefort.

Le projet autoroutier abandonné, les études pour un aménagement routier visant à contourner la ville de Marans sont lancées.

Justification L’axe routier Sainte-Hermine-Rochefort (RN 137 et RD 137) assure la desserte de l’agglomération rochelaise depuis le nord et le sud de la France : au nord de La Rochelle, la RN 137 supporte un trafic important notamment de poids lourds, non adapté à ses caractéristiques médiocres et à la traversée de nombreuses agglomérations, posant donc des problèmes d’insécurité et de fluidité ; au sud de La Rochelle, bien qu'aménagée à 2 × 2 voies dénivelées, la RD 137 supporte un trafic très important, avec des saturations aux heures de pointe associées aux principaux déplacements domicile-travail.

L'autoroute A831 devait permettre : dans le cadre de la Route des Estuaires., de réduire la longueur du parcours entre Nantes et Bordeaux de comparé à l'autoroute A83 se raccordant sur l'autoroute A10 au nord de Niort ; d'améliorer la desserte de l'agglomération de La Rochelle et de son grand port maritime vers ou depuis le nord et le sud« Autoroute A831 : Ségolène Royal "assume" l'abandon du projet et dédouane François Hollande », RTL, 11 juillet 2015. ; de mieux desservir le littoral de la Charente-Maritime et de la Vendée ainsi que l'Aunis en supprimant les difficultés de fluidité, de sécurité et d’environnement des itinéraires actuels.

Impacts Le trafic de l'A837, selon estimation, serait passé de véhicules par jour à (+ %). La suppression de la barrière de péage de Tonnay-Charente pouvait rendre le contournement de Tonnay-Charente gratuit. Le département de la Charente Maritime avait demandé à l'État l'inscription de cette gratuité au cahier des charges. Toutefois, des associations de défense de l'environnement se sont opposées à ce projet, car deux zones humides importantes auraient été touchées par le passage du tracé de l'autoroute. Dans la partie nord, l'autoroute aurait traversé le marais poitevin (classé parc naturel régional) et dans la partie sud, elle aurait traversé le marais de Rochefort.

Historique Le , le projet de liaison routière à La Rochelle-Sainte-Hermine est remplacé par une autoroute concédée, l’A831 et l’A837 par les ministres de l’Equipement Bernard Bosson et de l’Environnement Michel Barnier. Des études préliminaires ont eu lieu entre 1994 et 2000 et l'autoroute A837 reliant Rochefort à l'A10 (Saintes) en est ouverte en .

La bande de du projet est fixée le par décision ministérielle. L’avant-projet sommaire est approuvé par décision ministérielle le , et le la déclaration d'utilité publique (DUP) par décret.

Le , Jean-Louis Borloo, ministre de l'Écologie, demande à la ligue pour la protection des oiseaux (LPO) une . Le , le président du Conseil général de la Vendée et sénateur vendéen Bruno Retailleau interroge le Ministre de l'Écologie : . En l'absence du ministre, le secrétaire d'État au logement Benoist Apparu lui répond : . Le dossier de la LPO est remis le suivant.

En , le Premier ministre François Fillon donne son accord pour la réalisation de l'autoroute A831 dans un courrier destiné à Bruno Retailleau. Le Premier ministre attend la confirmation sur l'accord des collectivités locales pour financer leur part de l'autoroute puis l'accord du ministère de l'Écologie pour lancer la procédure de mise en concession de l'autoroute le plus rapidement. Le protocole d'accord financier entre l'État et les départements est signé au ministère des Transports le suivant.

L'appel à concessionnaire est lancé le . Quatre groupes pour la concession sont retenus en avril suivant : les groupes français Vinci, Eiffage, Bouygues et NGE, qui ont tous une expérience dans la réalisation et la concession d’autoroutes dans le pays. Les dossiers de candidatures devront être affinés et le ministère des Transports devrait choisir en 2014, pour des travaux de deux à deux ans et demi débutant en 2015.

Le rapport Duron du « Pour un schéma national de mobilité durable » dirigé par la commission Mobilité 21 classe le projet dans la catégorie des projets à horizons plus lointains ayant vocation à être engagées au-delà de 2050. Le ministre délégué aux Transports, Frédéric Cuvillier, manifeste le suivant son intention de continuer le projet et de l'inclure dans les contrats de territoire, lors de leurs renouvellement prévues cette année.

Le , la ministre de l'Écologie Ségolène Royal annonce qu'elle ne signerait pas en faveur de l'autoroute et privilégie une déviation de la ville de Marans. Le premier ministre Manuel Valls désavoue sa ministre de l'écologie le suivant et affirme que « le gouvernement n'a pas d'objection à ce que la procédure de consultation soit lancée afin de connaître le coût de cet ouvrage ».

En , Ségolène Royal réaffirme avoir convaincu Manuel Valls d'abandonner le projet alors que celui-ci avait annoncé le lancement d'un nouvel appel à candidatures le précédent.

Début , le député PS vendéen Hugues Fourage annonce que le Président de la République, François Hollande, a décidé de ne pas proroger la déclaration d'utilité publique du projet qui arrive à échéance le . Le projet est ainsi définitivement abandonné par l'État et ne verra pas le jour. Cependant, le contournement de la ville de Marans sera réalisé.

Le projet autoroutier enterré, le premier ministre propose un aménagement routier entre Fontenay-le-Comte et Rochefort via Marans.

L’État a envoyé deux protocoles d’accompagnement technique et financier pour l’aménagement et le financement d’un axe reliant Fontenay-le-Comte à La Rochelle aux conseils départementaux en juillet et , qui ont été tous des deux refusés par Yves Auvinet, président du conseil départemental de Vendée.

Caractéristiques longueur : voie : largeur : 4 voies de circulation de de large ; 2 bandes d'arrêt d'urgence de , une de chaque côté et un séparateur central de soit au total de largeur 4 échangeurs (dont 3 autoroutiers)

Parcours à Fontenay-le-Comte (péage existant à la sortie d'autoroute) à Usseau (péage d'échangeur à construire) (RD939) à Aigrefeuille (péage d'échangeur à construire) Fichier:BAB-Grenze.svg Gare de péage au nord de Rochefort à Rochefort.

Une aire de service et/ou une aire de repos auraient certainement été réalisés sans localisation déterminée.

Financement

L'A831 est concernée par la réforme de 2001 du financement des autoroutes issue de la directive européenne travaux du et la loi Sapin du relative à la prévention de la corruption et à la transparence de la vie économique et des procédures publiques.

L'offre du concessionnaire prévoyait la subvention nécessaire à l'équilibre financier de l'opération pour compléter les revenus du péage et son investissement. Le rapport de la commission d’enquête de 2003 l'estimait à la moitié de la construction de l'autoroute vu son coût et le trafic attendu, l'usager via le concessionnaire couvrant l'exploitation et l'entretien. Le Rapport rappelle que la subvention peut être diminuée si le concessionnaire a un intérêt commercial ou fonctionnel : continuité du réseau, démarche volontariste sur le marché, opportunités économiques. Par exemple, la subvention d'équilibre de l'autoroute A65 qui partage contraintes environnementales et principe de concession a été remplacée par une clause de déchéance.

Le , le ministre des transports Thierry Mariani signe un protocole d'accord entre l'État et les conseils généraux de la Charente-Maritime présidé par Dominique Bussereau et de la Vendée présidé par Bruno Retailleau, le financement prévoit une subvention à parts égales entre l'État et ces collectivités accompagnées par les Pays de la Loire, mais la région Poitou-Charentes, comme les communautés d'agglomération de La Rochelle et du pays rochefortais peuvent également y participer.

Coût En , l'avant projet sommaire estime le coût du projet à .

En , le surcoût entraîné par les propositions de la LPO afin de satisfaire au Grenelle de l'environnement devant être supporté par les collectivités locales était estimé entre 20 et 25 %.

Lors de la visite du premier ministre François Fillon en , Jean-Louis Léonard, député-maire de Châtelaillon-Plage, rappelle que l'engagement de l'État concerne la déclaration d'utilité publique de 2005 et que les préconisations de l'étude de la LPO sont facultatives. L'estimation de pourrait être revue à en faisant jouer la concurrence entre les concessionnaires afin de limiter le coût pour les collectivités comme pour l'autoroute A65 et éventuellement appliquer partiellement les préconisations de l'étude de la LPO.

En , le projet du schéma national des infrastructures de transport chiffre le projet à .

En , l'état annonce prendre en charge le tiers des de surcoût évalués par l'administration, les collectivités locales se partageant le solde.

Tourisme Fontenay-le-Comte : château de Terre-Neuve, Ville Renaissance. Marais poitevin. Rochefort : Corderie royale, pont transbordeur, maison de Pierre Loti, reconstruction de l'Hermione, arsenal du .

Opinions

Soutiens Jacques Auxiette (PS), ancien président du conseil régional des Pays de la Loire, Bruno Retailleau (UMP), ancien président du conseil général de la Vendée et Dominique Bussereau (UMP), ancien président du conseil général de la Charente-Maritime réclament la réalisation de l'A831. Le conseil général de la Charente-Maritime de 2010 a rappelé dans le Schéma Routier Départemental 2010-2030 que . Depuis, la Commission permanente du conseil général de la Charente-Maritime, réunie le , a décidé d’intégrer la liaison routière entre Fontenay-le-Comte et La Rochelle/Rochefort, alternative au projet autoroutier A831, dans le schéma routier départemental 2010-2030. L'ancienne député de la deuxième circonscription de la Charente-Maritime et ancienne maire d'Aytré, Suzanne Tallard (PS), L'ancien député de la cinquième circonscription de la Vendée et ancien maire de Fontenay-le-Comte, Hugues Fourage (PS) Le député de la première circonscription de la Charente-Maritime, Olivier Falorni (PRG). L'ancien maire de Châtelaillon-Plage et ancien député, Jean-Louis Léonard (UMP). L'ancien maire de Rochefort et ancien président de la Communauté d'agglomération du pays rochefortais, Bernard Grasset (PS). L'ancien maire de La Rochelle, ancien député et Président de la Communauté d'agglomération de La Rochelle, Maxime Bono (PS). L'ancien président du conseil général de la Vendée, Philippe de Villiers (MPF). L'association Réunir et Entreprendre pour Fontenay-le-Comte en 2011 La Chambre de commerce et d'industrie de La Rochelle en 2010 La Chambre de commerce et d'industrie de Rochefort et de Saintonge en 2015

Opposants Le projet est contesté : par des associations locales, telle Vivre Bien en Aunishttps://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/831-bien-vivre-en-aunis-se-remobilise-3427973 par des syndicats : Fédération CGT des cheminots par des associations nationales : Ligue pour la protection des oiseaux Réseau Stop-Autoroutes France Nature Environnement Réseau Action Climat Agir Pour l'Environnement par les partis politiques : Europe Écologie Les Verts (la Rochelle-Ré, Rochefort, Fontenay le Comte) Parti communiste français Parti de gauche 17