Le lac du Pêcher est un lac français situé dans le département du Cantal, au sud-ouest des monts du Cézallier. Il fait partie du Parc naturel régional des volcans d'Auvergne. Sa superficie est de et son altitude est de mètres. Il se trouvait sur le territoire de l'ancienne commune de Chavagnac avant la création de la commune nouvelle de Neussargues en Pinatelle.
Le vallon du lac du Pêcher a été déclaré Zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF), espace naturel inventorié en fonction de son caractère remarquable. Le département l'a ensuite classé Espace naturel sensible.
Bien que le lieu soit isolé, les activités humaines y restent présentes comme l'élevage bovin extensif et le tourisme vert.
Toponymie Le terme « Pêcher » se réfère par tradition locale à l’appellation vernaculaire médiévale de ce vallon désignant les zones humides à vocation piscicole. Cet espace est situé dans le « front pionnier » du des hautes terres du Cézallier, défrichées et mises en valeur par les Templiers ; en témoignent le bâtiment de Fons Nostre (remanié au , et réaménagé récemment) et les nombreux édifices religieux qui marquent les alentoursSources : Rostaing, Charles, Les noms de lieux, Presses Universitaires de France, 1969 ; Rey, Alain, Dictionnaire étymologique de la langue française, Le Robert, 2019 ; Bloch, Oscar et Wartburg, Walter von, Dictionnaire étymologique de la langue française, Presses Universitaires de France, 2008 ; Stôadtler, Thomas (dir.), Dictionnaire étymologique de l’ancien français, De Gruyter Akademie Forschung, 2018..
Il est intéressant de constater que la majorité des toponymes environnants se réfèrent globalement à cette même période médiévale, et présentent souvent des liens avec la langue occitane. Quelques exemples, simples et plus complexes :
Adreit : ou adret, de l’occitan adrech (exposé vers le sud) ;
Boissonnière : Boysoneyre sur la carte de Cassini : de l’occitan Boys ou Bois, Buis en français, issu du latin Buxum ; et du suffixe médiéval issu du gallo-romain, eyre, « domaine de » ;
Chalinargues : soit du latin chaloir, chauffer, chaleur ; soit du latin caele, petite chienne, et du suffixe médiéval issu du gallo-romain, argues, « domaine de » ; la première étymologie paraît la plus probable pour ce village serré au creux d’un vallon, un peu à l’abri des écirs (cf. infra, « climat ») ; église du ;
Chantelouve : formé du moyen français canter, chanter, et loup : où “chantent les loups”Présence des loups attestée en 1773 dans les bois de Piniatelle ; Cf. Vinatier, Bernard : Aux rives de l’Allanche et de l’Alagnon, Editions cantaliennes, Aurillac, 1974, page 38 ;
Chantetoulié : toponyme récent, apparaissant au , avec deux origines potentielles : 1. formé du moyen français canter, chanter et de la déformation de turba (tourbe) : espace en adret où l’on faisait sécher les tranches de tourbe ; ou 2. (plus probablement et de façon ironique) "Chanter" + "toulié", la pelle en bois utilisée pour la tourbe ;
Chavagnac : toponyme d’origine romaine, formé de claves, la clé, lié à sa position sur le passage venant de la vallée de l’Alagnon vers le plateau de Chalinargues et du suffixe médiéval issu du gallo-romain, acum, “domaine de” ; église du ;
Fons Nostre : 1. soit à prendre au sens strict, de fons, du latin fundus (fonds de terre) et de nostre, du latin noster (notre) ce qui corroborerait l’hypothèse d’une halte templière en ce site sur l’une des variantes du “chemin de Saint Jacques”, fournissant aux pèlerins l’eau et le poisson ; 2. soit la déformation de font, désignant une source permanente avec deux possibilités : 2.1. allusion possible à une source non soumise à la taxe seigneuriale ; 2.2. (plus probablement) appellation donnée à cette source permanente par des religieux (contraction du Pater Noster), ce qui corroborerait à nouveau l’hypothèse d’une halte templière en ce site sur l’une des variantes du “chemin de Saint Jacques” ;
Fortuniès : toponyme local très fréquent issu du patronyme Fortuné ; la chapelle de Fortuniès est construite au . Mais le terme de Portemier, (“partage”) présent au même endroit sur la carte de Cassini laisse penser à une déformation ironique du terme entre la fin du lorsque ce lieu est acheté à la suite de la vente des Biens Nationaux (ici, biens du clergé) lors de la Révolution ;
Foucous (les) : 1. soit les faucons ; 2. soit issu du patronyme médiéval germanique folcwulf (peuple + loup). Remarquons que le site des Foucous est contigu de celui de Chantelouve et des bois de Pinatelle où la présence de meutes de loups est attestée encore à la fin du .
Joubertou : dérivé du patronyme germanique médiéval Gautberth ;
Partounes : de l’occitan partison, répartition, limites ; désigne ici soit la ligne de partage des eaux entre le bassin de la Loire à l’est (Lac du Pêcher) et le bassin de la Dordogne à l’ouest (Lac des Sauvages), soit la limite médiévale entre le domaine religieux (Templiers puis Hospitaliers) et les seigneuries locales, qu’elles soient civiles ou ecclésiastiques (comme celle de Chavagnac, ci-dessus) ; soit les deux. Les Vacheries de Portemier, sur la carte de Cassini, ont la même origine ;
Pinatelle : de l’occitan pinatela, forêt de petits pins sylvestres ; attesté vers 1200 avec Piniatelle, devenu Pignatelle à la fin du Cf. Vinatier, op. cité, page 38 ;
Sainte Anastasie : le toponyme, qui remonte à la période médiévale, était souvent attribué à des implantations religieuses en fronts pionniers (les Sainte Anastasie ont la particularité de s’être toutes “exilées”) ; l’église de Sainte Anastasie date du .
Géographie Situation Le lac du Pêcher est situé au nord de la planèze de Saint-Flour dans sa zone de contact avec le massif du Cézallier, à l’ouest d’Allanche, à l’est du Puy Mary, dans le Parc naturel régional des volcans d’Auvergne. Une zone affectée à l’ère quaternaire par les calottes glaciaires de plateaux qui ont raboté l’ensemble compris entre les Monts Dore au nord, les Monts du Cantal au Sud, le massif du Cézallier à l’estP. Vidal de la Blache (dir.), Géographie universelle, Armand Col, 1942, tome IV, Géographie physique de la France, par Emmanuel de Martonne, .. Une zone moutonnée, aux pentes généralement faibles (moins de 20 %), mal drainée, propice à la formation des tourbières, nombreuses dans sa périphérie, comme celles du Jolan et de la Gazelle ..
Description Bien qu’ayant été lui-même une tourbière comme le suggèrent des éléments de toponymie et le démontrent les dépôts relictuels de sa rive nord-ouest, le lac du Pêcher est un plan d’eau artificiel entretenu, d’une superficie de , d’un périmètre de . La zone classée “Espace naturel sensible” couvre au total . De direction globale nord-sud, la digue qui en assure la retenue mesure de long ( avec les atterrages) et dans sa plus grande hauteur, à l’aplomb du déversoir et vanne de vidange situé au 1/3 nord ; cette digue - poids est constituée de blocs de pierres où se mêlent basaltes et granites ; large de , elle est carrossable, supportant un chemin vicinal goudronné. Afin d’échapper à l’envasement dû aux apports de matériaux par ruissellement, le lac est régulièrement vidé et nettoyé. Sa hauteur est constante, régulée par une vanne de déversement.
La plus grande longueur est de , sa plus grange largeur de , sa profondeur maximale de . À d’altitude, il est globalement orienté dans un vallon de direction ONO – ESE, entre au nord, la montagne de la Prune (.) et le bois de la Pinatelle (environ 1100 – ), à l’est, le bois de Fons Nostre () ; au sud, la colline et les Burons de la Boissonnière () ; à l’ouest les Foucous (), le Suc de Pierrou () et la crête de Partounes ().
Le relief environnant le vallon du lac du Pêcher constitue un héritage de la période glaciaire, avec son relief moutonné, ses tourbières, ses blocs erratiques. Si le stratovolcan de type hawaïen du Cézallier a connu toutes les glaciations quaternaires et leurs corrélats interglaciairesGlaciations de Günz, Mindel, Riss et Würm et leurs interglaciaires, ainsi que le postglaciaire actuel ;, c’est la glaciation de Würm, lors de son maximum, qui amène les éléments actuels du relief : « Au maximum würmien, son système glaciaire le plus vaste du Massif central s’étend sous forme d’une cloche composite (…) complexe, où l’on distingue sur le versant Est : - un icefield ou fjell de haute planèze s’étendant à l’est jusqu’à Cheylanes, - des langues de vallées fonctionnant à la manière d’une iceström qui ont localement débordé sur les planèzes dans leurs parties aval et y modelant d’importants troupeaux de drumlins »Etlicher Bernard, De Goër De Hervé Alain. "La déglaciation würmienne dans le Massif Central français, le point des travaux récents / The Würmian déglaciation in the French Massif-Central, review of recent works" In: Bulletin de l'Association française pour l'étude du quaternaire, vol. 25, n°2-3, 1988. ..
Le sous-sol basaltique imperméable du fait du colmatage des diaclases par des sables aréniformes et des boues argileuses, est recouvert de sols spongieux formés d’arènes basaltiques et granitiques (issues du substrat et des apports dus au ruissellement depuis les interfluves) enrichies de dépôts d’origine végétale à forte teneur en matière organique peu ou pas décomposée, lesquels favorisent la stagnation des eaux en zones humides semi permanentes et permanentes, amenant la formation de nombreuses tourbières dans ces creux, alternant avec des zones boisées sur les interfluves plus secs où apparaissent des affleurements de granites.
Communes et hameaux aux alentours Les distances indiquées entre parenthèses sont exprimées en fonction des chemins et routes carrossables les plus rapides / puis en fonction de la distance au centre en vol d’oiseau.
Le lac du pêcher est situé à proximité d'Aurillac, à l’ouest (65,2 km ; 45,47 km); de Condat, au nord (33,4 km ; 20,34 km); de Massiac, à l’est (36,3 km ; 25,67 km ; de Murat, au sud (16,2 km ; 8,45 km) ; de Riom-ès-Montagnes, au nord-ouest (33,2 km ; 20,75 km) et de Saint Flour, au sud-est (31,6 km ; 23,23 km).
Le lac du Pêcher est situé à proximité des communes rurales de :
Allanche, au nord-est (9,5 km ; 6,33 km) ; Celles, commune nouvelle de Neussargues en Pinatelle, au sud-ouest (13 km ; 9 km) ; Chalinargues, commune nouvelle de Neussargues en Pinatelle, au sud-ouest (5,6 km ; 4,69 km) ; Chavagnac, commune nouvelle de Neussargues en Pinatelle, au sud (5,5 km ; 3,28 km) ; Dienne, à l’ouest-sud-ouest (16,2 km ; 8,22 km) ; Moissac, commune nouvelle de Neussargues en Pinatelle, au sud-ouest (8,6 km ; 7,81 km) ; Neussargues, commune nouvelle de Neussargues en Pinatelle, au sud-ouest (12 km ; 9,57 km) ; Sainte Anastasie, commune nouvelle de Neussargues en Pinatelle, à l’ouest, (10,5 km ; 6,64 km) ; Ségur-les-Villas, au nord-ouest (16,3 km ; 7,18 km).
Le lac du Pêcher est situé à proximité de nombreux hameaux, et notamment :
Cérézat, au nord-nord-est (4,5 km ; 2,94 km) ; Fortuniès, à l’ouest (7,8 km ; 2,28 km) ; La Boissonnière, au sud, (3 km ; 1,98 km) ; La Gazelle, au nord-ouest (11,9 km ; 5,3 km) ; Laneyrat, au nord-est (7,4 km ; 4,69 km) ; Le Jolan, à l’ouest (9,3 km ; 3,62 km) ; Mouret, à l’est (5,9 km ; 3,98 km) ; Nuits, à l’est (6,5 km ; 4,37 km) ; Tuilière (Lac du Sauvage), à l’ouest (9,6 km ; 3,16 km) ; Vernols, au nord (7,8 km ; 4,79 km).
Hydrographie
Bassin versant Le lac du Pêcher est alimenté à l’ouest par le ruisseau de Chantelouve (parfois improprement nommé ruisseau de Fons Nostre), au nord et au sud par de nombreuses sources dont certaines intermittentes. Les masses spongieuses de tourbe, restituant progressivement l’eau emmagasinée, assurent en outre une humidité constante.