La chronologie du sionisme débute dès l'Antiquité avec la première dispersion des Juifs, pour se poursuivre jusqu'au . Sion représentant Jérusalem, le sionisme est le sentiment national juif du retour à Sion.

Chronologie du premier exil des Juifs à la fondation du mouvement sioniste Le retour à Sion, une idéologie inhérente à l'exil Depuis leurs premières dispersions, l'idée du retour à Sion a toujours habité les Juifs et nombre d'entre eux y sont retournés, souvent encouragés par leurs autorités religieuses et politiques, dès que la situation le leur permettait.

Antiquité

Exil de Babylone

-586 : Dispersion des Juifs par Nabuchodonosor II

-538 : Après la prise de Babylone par les Perses, l'empereur Cyrus II libère les Juifs et leur donne la permission de retourner dans leur pays d'origine et d'y reconstruire le Temple de Jérusalem Exil de Rome

70 : Siège et chute de Jérusalem. 132/135, révolte de Bar-Kokhba et éphémère indépendance de la Judée. L'empereur Hadrien réprime sévèrement les soulèvements, et Jérusalem, prise en 134, est interdite aux Juifs qui sont dispersés. Jérusalem prend le nom de Ælia Capitolina et la Judée, nouvelle province romaine comprenant la Syrie, Israël, la Jordanie, une partie du Liban actuels, est désormais appelée Palestine. 426 : mort de Gamaliel VI, dernier patriarche, président du Sanhédrin. Toute autorité religieuse et temporelle juive disparaît de Palestine . 438 : L’Impératrice Eudoxie, visite, Jérusalem, et autorise les juifs à retourner prier sur le mont du temple 439 : Le code theodosien interdit la construction de nouvelles synagogue est exclu définitivement les juifs de toute carrière politique.

Moyen-Âge

602-628 révolte juive contre Héraclius et prise de Jérusalem: La guerre byzantino-sassanide de 602-628 est considérée comme la dernière tentative juive d'obtenir l'autonomie en Palaestina Prima avant l'époque moderne. 613 : Après la bataille d'Antioche, Schahr-Barâz conduit ses forces à travers la Palaestina Secunda et dans les provinces de la Palaestina Prima. Schahr-Baraz conquiert la Césarée maritime, la capitale administrative de la province de Palaestina Prima. Lorsque Schahr-Baraz entre en Galilée, une importante révolte juive a lieu et quelque 20 000 rebelles juifs se joignent à lui dans la guerre contre les Byzantins. Selon les chroniqueurs, ou juifs se joignent à lui dans la guerre contre les Byzantins . Les Perses sassanides sont rejoints par Néhémie ben Hushiel et Benjamin de Tibériade (un homme d'une immense richesse), qui enrôlent et arment des soldats juifs de Tibériade, de Nazareth et des villes montagneuses de Galilée, et, avec une bande d'Arabes et d'autres Juifs des régions méridionales du pays, ils marchent sur Jérusalem. L'armée perse, renforcée par les forces juives dirigées par Néhémie ben Hushiel et Benjamin de Tibériade, s'empare de Jérusalem sans résistance.

La prise de Jérusalem a été interprétée par les auteurs juifs dans un contexte messianique. Des sacrifices auraient même été renouvelés sur le Mont du Temple. Le contrôle de la ville est confié à Néhémie ben Hushiel et Benjamin de Tibériade. Néhémie est alors nommé gouverneur de Jérusalem. Il commence à prendre des dispositions en vue de la construction du Troisième Temple et à établir des généalogies en vue de la création d'un nouveau grand sacerdoce.

vers 1145 : Partisan du retour à Sion, Juda Halevi (auteur d'élégies, regroupées sous le nom de « Sionides » ou chiré Tsion dont certaines sont reprises dans la liturgie traditionnelle du 9 av, qui commémore la chute du Temple de Jérusalem ) arrive à Alexandrie, puis au Caire où il meurt en 1141 avant d’avoir pu s’embarquer pour la Palestine. La légende le fait mourir aux portes de Jérusalem sous les sabots d'un cavalier arabe Dubnow, Simon, pp. 396/399.. En 1160, David Alroy, mène une révolte juive dans la région du Kurdistan visant à libérer Jérusalem et y récréer un royaume. 1165 : visite du mont du temple par moise Maimonide.

1170 : certaines familles dont celle de Maïmonide doivent émigrer en Terre d'Israël.

1240 : Yehiel de Paris s'embarque pour la terre d'Israël en compagnie de nombre de ses disciples après la disputation de Paris. 1267 : Moïse Nahmanide cherchant refuge dans les pays musulmans pour échapper aux persécution à la suite de la disputation de Barcelone, émigre à Jérusalem. Il y établit dans la vieille ville une synagogue qui existe encore de nos jours et qui est connue sous le nom de la synagogue Ramban. Son passage revivifie la vie communautaire juive à Jérusalem que la répression des Croisés et les incursions mongoles avaient interrompue. Nahmanide s'installe ensuite à Saint-Jean-d'Acre, où il exerce une grande activité dans la diffusion des études juives, qu'il estime négligées en Palestine.

1488 : Désireux de connaître la terre d'Israël, Ovadia ben Abraham de Bertinoro quitte l'Italie Ie 29 octobre 1486 et y parvient le 25 mars 1488. Son voyage durera environ un an et demi, période durant laquelle il visitera entre autres les communautés juives de Rome et Naples en Italie, de Palerme en Sicile, d'Alexandrie et du Caire en Egypte et de la bande de Gaza, d'Hébron et de Bethléem en Palestine où il finit par s'installer. 1492 : Installation à Safed de juifs expulsés d'Espagne.

1524 : David Reubeni déclare vouloir lever une armée pour ramener les juifs sur leur terre ancestrale, obtient une audience papale. Il déclare avoir été envoyé en Europe pour obtenir des canons et des armes à feu pour la guerre contre les musulmans, qui empêchaient l'union des Juifs vivant des deux côtés de la Mer Rouge. Proclamant qu'il est uniquement un guerrier sans un être messie ou prophète.

1525 : David Reubeni est reçu à la cour portugaise où il arrive à l'invitation de Jean III, et reçoit tout d'abord la promesse d'une aide, l'arrêt temporaire des persécutions antisémites des Marranes, tout cela laisse à penser au Marranes portugais et espagnols, que Reubeni est le précurseur du Messie.

1540 : La synagogue Abraham Avinou est établie par le rabbin Malkiel Ashkenazi à Hébron

1561 : Joseph Nasi est nommé seigneur de Tibériade, suit le projet initiée plus tôt par sa tante Doña Gracia Nassi de fonder une Cité-État juive en Palestine. Précurseur du mouvement sioniste, il se donne comme mission d'encourager la réinstallation des Juifs dans la région en promouvant l'industrie du ver à soie afin de faire revenir les Juifs sur la terre d'Israël.

1621 : Le légiste Sir publie The World's Great Restauration, or Calling of the Jews, and with them of all Nations and Kingdoms, ouvrage dans lequel il émet l'idée d'une restauration nationale juive ce qui lui vaudra d'être incarcéré jusqu'à ce qu'il renie ses convictions. 1640 : Oliver Cromwell accepte l'idée de la création d'État juif en acceptant paradoxalement une immigration juive en Angleterre, ce qui pour les protestants participe à la dispersion des juifs aux quatre coins du monde réalisant ainsi la prophétie biblique consacrant leur retour sur leur terre ancestrale.

1695 : Hadrian Reland, géographe, déclare la Palestine d’alors pratiquement déserte, très peu peuplée dont la majorité des habitants se concentre alors dans les villes de Jérusalem, Acco (Acre), Tsfat (Safed), Yafo (Jaffa), Tveria (Tibériade) et Aza (Gaza). Il dit constater en outre une présence de juifs sur cette terre, peuplée de quelques chrétiens et très peu de musulmans, dont la plupart étaient des bédouins.

1700 : un groupe d'environ 500 juifs polonais dirigé par Judah HeHasid arrive de Pologne dans la région de Palestine 1764 : Alya de Hassidim à Tibériade. À leur tête, se trouve un Rabbin polonais, Rabbi Menahem Mendel de Pérémishliny.

1777 : Nouvelle vague d’alya de Hassidim en Eretz Israël. Un group de 300 Hassidim s’installe à Tibériade, avec à leur tête Rabbi Menahem Mendel de Vitebsk (1730-1788) et Abraham Kalisk.

1799 : L’arrière-petit-fils du Baal Shem Tov, Nahman de Bratslav fait un voyage sur le territoire qui sera après 1948 Israël. Le rabbin Hatam Sofer incite les Juifs de diaspora à s’installer en Eretz Israël : « Allez et installez-vous maintenant ! ».

1800 : La population des anciens royaumes de Juda et d'Israël compte parmi lesquelles quelque Juifs, installés surtout à Safed, Jérusalem, Tibériade et Hébron.

L'émergence d'un mouvement politique

L'idée d'un État juif en Palestine est attribuée à Bonaparte lors de la campagne d'Égypte, se basant sur de faux documents Patrice Bret, «Orientales I. Autour de l’expédition d’Égypte», in Annales historiques de la Révolution française, numéro 340, consulté le 18 février 2008 ; une proclamation de JérusalemLes troupes françaises ne sont d'ailleurs jamais allé à Jérusalem ainsi qu'une proclamation du Mont ThaborLe sionisme chrétien : paroles de romantiques, épées de combattants, influence d’évangélistes, F. Encel Hérodote, n° 119, La Découverte, 2005 du général en chef de l'armée française et une lettre du grand rabbin de Jérusalem appelant à combattre pour l’Éternel. Henry LaurensHenry Laurens, Le projet d’État juif en Palestine attribué à Bonaparte, in Orientales I. Autour de l’expédition d’Égypte, Paris, CNRS Éditions (Coll. Moyen-Orient), 2004, a jugé que ces documents étaient des faux, rédigés dans le milieu messianique juif frankiste dans un cadre d'une logique apocalyptique ou messianique« La tourmente révolutionnaire en Europe a intensifié parallèlement les deux courants apocalyptiques protestant et juif en leur permettant de croire que la fin des temps était proche. […] Bonaparte, tout en accomplissant le programme révolutionnaire de régénération des peuples du monde, véritable fin de l’histoire pour les idéologues de la Révolution finissante, se prenait pour le Mahdi des Musulmans. Pour les protestants anglais, il était l’Antéchrist, et pour les messianistes juifs, l’exécuteur de la volonté divine » in Henry Laurens, Le projet d’État juif en Palestine attribué à Bonaparte, op. cit. pp. 142-143. Il y eut cependant à cette époque une rumeur qui parcourut l’Europe dont on retrouve de vagues mentions dans Le Moniteur et l'article d'un inconnu dans la Décade philosophique en Un certain LB qui pourrait être Lucien Bonaparte selon H. Laurens, Joachim Lebreton de l’Institut national selon M. Regaldo qui propose de régénérer l’Égypte et la Syrie en appelant en Palestine les juifsCité par Patrice Bret. L'argument sera utilisé tantôt par l'historiographie sioniste dans le développement de la thèse de l’existence d'un ancien projet d’État juif, tantôt par l’historiographie arabe comme un élément d'un hypothétique complot occidental permanent, des Croisades à nos jours.

1806 : La ville de Jérusalem compte environ 12 000 habitants dont 3 000 Juifs 1807 : Grand Sanhédrin fixant les rapports entre la judéité, la laïcité et la citoyenneté des juifs dans les États où ils résident, selon le principe au nom duquel le juif est tenu de se soumettre à la loi de son pays dans la mesure où elle ne le contraint pas à des actes immoraux (meurtre, adultère, idolâtrie) Le Figaro du 16 janvier 2008. 1811 : Chateaubriand écrit « Le Voyage de Paris à Jérusalem » qui fut à l'époque une des meilleures ventes de la littérature.

1827 : Le philanthrope Moses Montefiore effectue sa première visite en terre sainte. 1832 :27 mai : Prise d'Acre par l'armée égyptienne d'Ibrahim Pacha. Méhémet Ali devient alors le maître de la Palestine et de la SyrieSalomon Munk, Palestine, Description géographique, historique et archéologique p.652, Paris, Firmin Didot 1845. 1834 : En Serbie, Yéhouda Hay Alkalay publie Shemah Israel (Écoute, Israël), dans lequel il prône la restauration d'un État juifJanet Kerekes, Masked Ball at the White Cross Cafe, The failure of Jewish assimilation, p.73, University Press of America, 2005 il écrira un certain nombre d'ouvrages qui préciseront sa pensée dont le darkei noam en 1839.