Vercingétorix, né aux environs de Aucune source ne donne la date précise de la naissance de Vercingétorix. La date de est une approximation issue d'une déduction du texte de César qui l'appelle adulescens, ce qui signifie qu’il a un peu moins de 30 ans (âge auquel on devient réellement adulte à Rome et où on peut briguer les premières magistratures du cursus honorum). sur le territoire arverne, l'actuelle Auvergne, et mort à l'automne dans une prison de Rome, est le chef et le roi du peuple celte des Arvernes.. Il fédère une partie des peuples gaulois dans le cadre d'une révolte contre les forces romaines au cours de la dernière phase de la guerre des Gaules de Jules César.
Fils de Celtillos, aristocrate arverne, Vercingétorix arrive au pouvoir après sa désignation officielle comme roi des Arvernes en Il établit immédiatement une alliance avec d'autres peuples gaulois, prend la tête du commandement, combine toutes les forces et les conduit dans la plus importante révolte des Gaulois contre le pouvoir romain. Il remporte la bataille de Gergovie face à Jules César, dans laquelle de nombreux Romains et alliés sont tués. En conséquence, les légions romaines de César se retirent du territoire arverne (actuelle Auvergne).
Cependant, César parvient à exploiter les divisions internes entre les peuples gaulois pour facilement subjuguer leurs territoires, et la tentative de Vercingétorix d'unir les Gaulois contre l'invasion romaine arrive tardivement. À la bataille d'Alésia, les Romains assiègent et défont ses forces. Afin de sauver autant de ses hommes que possible, il se livre aux Romains. Il est retenu prisonnier pendant cinq ans. En , Vercingétorix est exhibé dans les rues de Rome lors du défilé triomphal de César, puis probablement exécuté. Il est principalement connu grâce aux Commentaires sur la guerre des Gaules de César.
Oublié au Moyen-âge, Vercingétorix est redécouvert au pendant la Renaissance, tout en restant marginal dans les historiographies et les littératures française et européenne. Oubliée jusqu'au milieu du , sa figure de représentant du monde gaulois est largement mise en avant sous ; puis, dans le cadre de l'affrontement franco-allemand, il incarne une figure mythique et nationale de tout premier ordre pour la France, dans une partie importante de l'historiographie du temps. Depuis 1870, l'histoire de la France telle qu'elle est enseignée à des générations d'écoliers fait de lui le tout premier chef de la nation. De nos jours, la figure de Vercingétorix reste un des puissants symboles de l'identité nationale française.
Biographie Les sources primaires right|250 px|thumb|Une édition de 1783 des Commentarii de Bello Gallico de César.
Les documents historiques témoignant de la vie de Vercingétorix sont peu nombreux et doivent être critiqués et interprétés, particulièrement à la lumière de l'archéologie. À part le récit contemporain de César, ils sont essentiellement dus à des auteurs qui écrivent très longtemps après les faits, dont StrabonGéographie, IV, 2, 3., PlutarqueVie de César, XXV-XXVII., Florus résumant Tite-LiveÉpitomé de Tite Live, I, 45. et Dion CassiusHistoire romaine, XL, 41.. Vercingétorix est donc avant tout connu au travers des Commentaires sur la guerre des Gaules, destinés au Sénat romain, que Jules César rédige tout au long de ses campagnes et compile après sa victoire finale d'Alésia sur les Gaulois. Les éléments relatifs à Vercingétorix sont tout entiers contenus dans le livre VII des Commentaires.
Les origines de Vercingétorix Naissance
Vercingétorix est probablement né en Auvergne, à proximité de Gergovie selon Strabon« Gergovie, cité arverne située sur un mont élevé et ville natale de Vercingétorix » Géographie, IV, 2, 3, traduction française F. Lasserre, CUF, Paris, 1966, .. On peut aussi songer à la ville de Nemossos, mentionnée par StrabonIV, 3, 1 : « Les Arvernes sont fixés au bord de la Loire. Leur capitale est Nemossus, qui est située sur le fleuve. » (tr. fr. F. Lasserre, CUF, Paris, 1966, .,
Sa date de naissance n'est pas non plus connue, si ce n'est par une déduction du texte de César qui fait référence à un adulescens en Ladulescentia est l'âge antérieur à l'exercice des magistratures : trente ans est l'âge auquel on devient réellement adulte à Rome, et où on peut briguer les premières magistratures du cursus honorum., soit, en droit romain, à un homme de moins de trente ans. On peut en déduire une naissance autour de l'an Goudineau, ., quoique l'on retienne la date de par convention.
Il est le fils de Celtillos, aristocrate arverne., un des peuples gaulois les plus puissants et qui fut opposé à Rome à la fin du Son père aurait été mis à mort par les familles aristocratiques arvernes pour avoir tenté de rétablir la royauté à son profit ().. Ce dernier régime a été aboli et remplacé par un régime aristocratique dans les années par Rome, qui imposait ses conditions de vainqueur et emmenait en captivité Bituitos, le dernier roi vaincu près d'OrangeVincent Guichard, « Les Arvernes », dans Le dossier Vercingétorix, .. Ce rejet de la monarchie valait sans doute autant que la crainte d'une dénonciation du traité passé avec Rome, source de paix et de profit pour ce peuple depuis soixante ansC. Goudineau, ..
Le nom de Vercingétorix vignette|Statère d'or de VercingétorixOn peut remarquer que cette pièce semble issue du même coin d'avers que celle affichée en tête d'article..Département des Monnaies, médailles et antiques de la Bibliothèque nationale de France. Plutarque, dans ses Vies parallèles des hommes illustres, à propos de la biographie de César, estropie son nom en « » (Ouerguén'torix) ; Strabon le mentionne sous la forme .. Mais tant César lui-même que de nombreuses monnaies font état de l'onomastique exacte : VERCINGETORIXSDanièle Roman et Yves Roman, Histoire de la Gaule, Fayard, Paris, 1997, et n. 165 .. Pour l'historien romain Florus, son « nom même semblait fait pour engendrer l'épouvante »Florus, Histoire romaine (trad. J. Pierrot), 1826, livre III, 11..
Pendant longtemps, après la « redécouverte » des Gaulois et de Vercingétorix au , les auteurs se sont interrogés pour savoir si Vercingétorix était un nom de personne, ou s'il voulait dire « le chef » en langue arverne. Ainsi, Jules Michelet le nomme dans son Histoire de France : « le » VercingétorixLe catalogue de l'exposition Vercingétorix et Alésia (1994) précise, page 201, que « dans la deuxième édition de son histoire de France, publiée en 1869, Jules Michelet, parlait encore ».. Il y aurait alors plusieurs rois ainsi titrés dans l'histoire gauloise, ce qui expliquerait la relative abondance et la répartition des pièces de monnaie gauloises portant cette inscription. Mais la difficulté restait cependant que « le » Vercingétorix portait alors ce nom avant même que ne lui soit conféré le titre de roi.
D'après le celtisant Pierre-Yves LambertPierre-Yves Lambert, La langue gauloise. Description linguistique, commentaire d'inscriptions choisies, Éditions Errance, 2002 ., la lettre latine « X » correspond à un Chi grec et se prononce donc comme une jota espagnole adoucie, donc comme le χ grec oriental (l'alphabet grec étant certainement arrivé en Gaule grâce aux Phocéens, qui sont des Grecs orientaux), c'est-à-dire la consonne fricative vélaire sourde notée [x].
La signification de Ουερκιγγέτοριχς (écrit Vercingetorixs en latin, dont la prononciation serait Ouérkinguétorikhs, ou plus probablement Ouérkinguétori/x/s) serait : « grand roi des fantassins »André Caussat et Jean-Marie Ricolfis, Celtes et gaulois, la langue, éditions du CNDP.. Veros, réduit à ver en préfixe, veut dire « grand » ; rixs signifie « roi » ; cingetos désigne à la fois « marcheur » et « guerrier », donc « fantassin » (le terme de fantassin étant vraisemblablement générique), soit le « Roi-suprême-des-Guerriers »., donc « généralissime ».
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Un allié des Romains Selon Serge Lewuillon, Vercingétorix avait dû probablement, comme de nombreux aristocrates gaulois de ce temps, traiter avec César avant de prendre les armes contre lui ; il a pu lui adresser des rapports sur la situation de la Gaule ; ainsi s'expliquerait le fait que César attribue à Vercingétorix un caractère de fourberie. Pour Vincent Guichard, Vercingétorix serait un Gaulois tiraillé, un officier de César qui finit par se révolter. Commentant une tradition selon laquelle Vercingétorix espérait le pardon de César « parce qu'ils avaient été amis », Christian Goudineau explique que Vercingétorix avait dû être un chef allié des Romains, comme César en avait beaucoup ; mais il avait trahi et fut donc exécutéSerge Lewuillon, Vincent Guichard et Christian Goudineau s'expriment dans le documentaire de Jérôme Prieur, Vercingétorix, épisode 1, « Le roi des guerriers », DVD Arte Éditions, 2012..
La guerre des Gaules de César
La situation en Gaule au vignette|La confédération éduenne alliée de Rome face aux Arvernes et Séquanes.
Après la conquête du Midi de la France, la transalpine, dans les années -, de nombreux traités commerciaux ont ébauché des liens importants avec Rome. La Gaule comprend alors plus de soixante peuples, dont certains fort connus, comme les Arvernes, les Éduens, les Séquanes, les Rèmes. Au total, ces territoires sont très peuplés et comptent de l'ordre de 10 millions d'habitantsPierre Cabannes, « De l'an 58 à l'an 50 avant J.-C. », dans Les grandes dates de l'Histoire de France, Seuil, 2005 : « Cette valeur [10 millions d'habitants] est une estimation couramment évoquée (cf. manuel scolaire de sur l'Antiquité, Bordas, 1970) mais nombre de spécialistes modernes évitent tout chiffrage en raison de leur grande incertitude. ».
Depuis le milieu du et surtout après la conquête romaine du sud, les Éduens ont fait allégeance à Rome et tissé avec elle des liens commerciaux, politiques et militaires très forts. Traditionnellement, les Arvernes, peuple puissant dominant le Massif central, s'y opposent et les conflits sporadiques s'enchaînent jusqu'à la défaite arverne de ..
La guerre des Gaules
En , Vercingétorix est un jeune homme de moins de 30 ans (adulescens en latin), issu de l'aristocratie et en âge de se battre, lorsque César, prenant prétexte de la migration vers la Saintonge des Helvètes forcée par la pression croissante des Germains d'Arioviste, envahit la Gaule à la tête de ses légions romaines et de contingents alliés gaulois pour venir en aide aux inféodés traditionnels de Rome, les Éduens, menacés à leur tour par les Germains.. Il veut soumettre les peuples gaulois à l'autorité de Rome pour servir sa gloire et confisquer leurs légendaires richesses.
Vercingétorix est alors formé aux armes et, comme beaucoup de fils d'aristocrates, entre probablement à ce moment dans l'entourage militaire de César, dont il devient l'un des contubernales (« compagnons de tente »). Il est probablement envoyé par les Arvernes auprès de César, librement, à la tête d'un escadron de cavalerie gauloise, et non pas livré comme otage (pratique romaine courante pour s'assurer de la loyauté ou de la neutralité de la nation à qui l'on demande cet otage), comme le suggère Dion Cassius qui décrit leur amitiéDion Cassius, livre XV de son Histoire Romaine ; César ne cite toutefois pas Vercingétorix dans les noms de ses contubernales.. Deux éminents historiens, Yann Le Bohec. et Paul M. Martin, accréditent pour leur part la thèse d'un Vercingétorix ancien officier de cavalerie de Jules César. César le forme aux méthodes de guerre romainesVercingétorix les mettra en pratique en menant la tactique de la terre brûlée ou en établissant, lors des campagnes de guerre, des camps gaulois « à la romaine ». en échange de sa coopération et de ses connaissances du pays et des pratiques de la Gaule chevelue. Il aurait été le commandant du corps de cavaliers arvernes, réquisitionné au titre des accords conclus en ..
left|vignette|Les campagnes de la guerre des Gaules.