La politique étrangère du Kenya désigne l’ensemble des relations internationales de la république du Kenya depuis sa proclamation le . Pendant l'année qui suit son indépendance obtenue du Royaume-Uni le , le Kenya est monarchie constitutionnelle dirigée par la reine Élisabeth II, dont Jomo Kenyatta est le Premier ministre. Celui-ci devient le premier président de la république du Kenya le .

Depuis son indépendance, le Kenya bénéficie d'une intégration croissante dans le monde pour s'imposer comme une puissance économique, diplomatique, et militaire. Parmi les éléments illustrant cette montée en puissance, on peut citer :

Des investissements étrangers en forte croissance, dont une part de plus en plus importante provient de Chine et d'Inde. Ces investissements se concrétisent par l'implantation d'entreprises, la construction d'infrastructures, ainsi que l'ouverture d'universités au Kenya. La signature d'accords internationaux axés sur la coopération économique et commerciale. Le développement d'infrastructures de transport comme la compagnie aérienne Kenya Airway fondée en 1977, la ligne de chemin de fer entre Nairobi et Mombasa, ou encore le projet de développement du port de Lamu dans le cadre du « Lapsset » (Lamu Port Southern Sudan-Ethiopia Transport Corridor). Ces infrastructures permettent de dynamiser les exportations du Kenya, au-delà du périmètre du continent africain. Une forte attractivité touristique, avec presque 1,4 million de visiteurs étrangers en 2017, ce qui fait du Kenya une des principales destinations touristiques d'Afrique subsaharienne. Des interventions militaires et diplomatiques pour lutter contre l'insécurité, résoudre les conflits, ainsi que l'accueil d'un grand nombre de réfugiés, donnent au Kenya rôle clé pour la paix dans la Corne de l’Afrique.

Pendant la guerre froide, le Kenya fait partie du mouvement des non-alignés.

Chronologie des relations

Le Kenya sous la présidence de Jomo Kenyatta gauche|vignette|250x250px|Jomo Kenyatta, premier président Kenya à partir de 1963 Le Kenya est gouverné par le militant indépendantiste Jomo Kenyatta de 1963 et 1978 à la tête de son parti, l'Union nationale africaine du Kenya. En dépit de son parcours de militant anti-colonial, Jomo Kenyatta mène une politique pro-occidentale qui aggravé les inégalités sociales. Sa gouvernance est également marquée par des turbulences politiques, avec l’assassinat par le régime de personnalités politiques parmi les plus brillantes du pays, notamment Tom Mboya en 1969 et Josiah Mwangi Kariuki en 1975.

Le Kenya sous la présidence de Daniel arap Moi Entre 1978 et 2002, le Kenya est dirigé par le président Daniel arap Moi. Les mandats de Daniel arap Moi sont marqués par un durcissement de la répression, le musellement de la dissidence, des détentions arbitraires, des opposants torturés et la corruption. Un système de parti unique est instauré en 1982, mais le multipartisme est finalement rétabli sous la pression du clergé.

Le Kenya sous la présidence de Mwai Kibaki Le successeur de Daniel arap Moi, Mwai Kibaki est élu à deux reprises, mais sa réélection en 2007-2008 est accompagnée d’explosions de violences ethniques et de massacres d’ampleur sans précédent. Pour pacifier le pays, le Parlement kényan adopte en 2010 une nouvelle Constitution censée renforcer les bases de la démocratie en mettant en œuvre une véritable politique de décentralisation.

Le Kenya sous la présidence d'Uhuru Kenyatta Uhuru Kenyatta, fils du « père de l'indépendance » Jomo Kenyatta est élu président de la république du Kenya le , puis réélu le , après une première réélection annulée le .

Relations avec les autres pays africains Le Kenya est membre-fondateur de l'Union africaine depuis l'année de son indépendance, en 1963.

Le Kenya a été intégré dans plusieurs coalitions chargées de la sécurité et du développement en Afrique, notamment :

l'Autorité intergouvernementale pour le développement, qui inclut aussi Djibouti, l'Éthiopie, le Kenya, la Somalie, le Soudan, le Soudan du Sud et l'Ouganda. l'Amisom, mission régionale de maintien de la paix en Somalie menée par l'Union africaine intégrant le Burundi, l'Ouganda, l'Éthiopie, Djibouti, et le Kenya. la Mission des Nations unies au Soudan du Sud (Minuss), mais le Kenya s'en est retiré en à la suite d'un rapport de l'ONU incriminant le commandant kényan des Casques bleus au Soudan du Sud

Pendant l'été 2014, le Kenya ferme ses frontières aux voyageurs venant de Guinée, du Liberia, et du Sierra Leone en raison du virus Ebola.

En , un vote de l’Union africaine désigne le Kenya membre non-permanent au Conseil de sécurité des Nations unies pour la période 2021-2022. Ce résultat est néanmoins contesté par Djibouti, également candidat, au nom du principe de « rotation ». Le Kenya ayant déjà été deux fois membre du Conseil de sécurité (1973-1974, 1997-1998), contre une fois seulement pour Djibouti (1993-1994).

Relations avec la Somalie

gauche|vignette|255x255px|Forces armées kényanes déployées en Somalie avec l'Amisom Le Kenya et la Somalie partagent une frontière de 682 km.

Les relations entre le Kenya et la Somalie sont marquées par une coopération sécuritaire dans la lutte contre les shebabs, mais aussi des rapports conflictuels, notamment sur la délimitation des frontières maritimes entre les deux États.

En , les président du Kenya et la Somalie Uhuru Kenyatta et Mohamed Abdullahi Farmajon, annoncent à la suite d'une rencontre que leurs pays normalisent leurs relations bien que les sujets de discorde restent nombreux.

En , la Somalie annonce la rupture de ses relations avec le Kenya, en accusant Nairobi d'ingérence dans sa politique intérieure.

Relations avec l'Éthiopie

Le Kenya partage avec l'Éthiopie située au nord, une frontière de 861 km.

Malgré cette proximité géographiques, le montant des échanges entre les deux États n'étaient que de 8 millions de dollars par an dans les années 2010.

Plusieurs partenariats ont été conclus ces dernières années pour renforcer leur coopération économique et leurs échanges commerciaux.

En , le chantier d'une interconnexion électrique entre le Kenya et l'Éthiopie est lancée, avec pour ambition d'être opérationnelle à la m-2019. Le transfert d'électricité permis par cette infrastructure pourrait atteindre 2 000 mégawatts.

En , les chefs d'État des deux pays, Uhuru Kenyatta et Abiy Ahmed, se rencontrent en Éthiopie pour renforcer leur coopération économique, notamment en instaurant une zone de libre-échange à Moyale, ville située à la frontière entre les deux pays et sur la route reliant Nairobi à Addis-Abeba. Leurs discussions ont aussi porté sur le « Lamu Port Southern Sudan-Ethiopia Transport Corridor », mégaprojet comprenant le développement du port de Lamu, au Kenya. Avec le « Lapsset », cette future mégalopole constituerait également le point d'arrivée d'un pipeline de plus de 1 500 kilomètres, d'une autoroute et d'un chemin de fer qui partiraient du Soudan du Sud et d'Éthiopie.

Relations avec l'Ouganda Le Kenya partage avec l'Ouganda situé à l'ouest, une frontière de 933 km.

En , le Kenya et l'Ouganda signent un accord tripartite incluant également le Rwanda, dans le but d'améliorer leurs attractivités en tant que destinations touristiques via une promotion commune et coordonnées de leurs territoires.

La construction d'un oléoduc transitant par le Kenya pour acheminer le pétrole extrait d'Ouganda (pays sans accès à la mer) a été envisagée, avant que son tracé soit finalement détourné vers la Tanzanie, dont les incitations fiscales et les droits de passage étaient plus avantageux.

En , 36 membres du Forum pour le changement démocratique, un parti politique ougandais d'opposition sont expulsés du Kenya vers l'Ouganda et inculpés pour « terrorisme »..

Relations avec la Tanzanie

Le Kenya partage avec la Tanzanie située au sud, une frontière de 749 km.

Depuis 2016, les relations entre les deux États sont marquées par plusieurs épisodes de tensions, notamment liés à des différends frontaliers et à l'élection en Tanzanie de John Magufuli, proche de l'opposition kényane. Début 2017, ces tensions ont débouché sur une série de moratoires bloquant de part et d'autre les importations de lait, cigarettes, blé et le gaz de cuisine. En , un dialogue direct entre les présidents des deux pays permettent de mettre fin à ces moratoires.

Relations avec le Soudan

Le Kenya s'implique en tant que médiateur lors de la seconde guerre civile soudanaise qui dure de 1983 à 2005, entre le gouvernement de Khartoum et les rebelles de l’Armée populaire de libération du Soudan.

À l'instar du Tchad et de l'Afrique du Sud, le Kenya, bien qu'ayant signé et ratifié le Statut de Rome, traité fondateur de la Cour pénale internationale, refuse d'arrêter président soudanais Omar el-Bachir, accusé de crimes contre l'humanité, lorsque celui-ci se rend au Kenya en 2010. L'année suivante néanmoins, la justice kényane émet un mandat d'arrêt contre Omar el-Béchir, qui réplique en expulsant l'ambassadeur du Kenya à Khartoum, et rappelant son ambassadeur au Kenya.

En , le président kenyan William Ruto reçoit avec faste le général Hemedti, chef des Forces de soutien rapide (FSR), la milice opposée à l'armée soudanaise dans la guerre en cours depuis 2023 au Soudan. Le gouvernement internationalement reconnu du Soudan et dirigé par l'armée dénonce cette réception et rappelle son ambassadeur..

En , l'Alliance fondatrice pour le Soudan est fondée à Nairobi, la capitale kenyane. Cette coalition politique, proche des FSR, a pour objectif de former un gouvernement parallèle au Soudan.. En conséquence, le gouvernement internationalement reconnu rappelle de nouveau son ambassadeur au Kenya, accuse le président kenyan William Ruto d'être un « sponsor régional des FSR » et dénonce le soutien du gouvernement kenyan aux FSR. Cette rupture diplomatique s'accompagne de sanctions économiques avec l'interdiction d'importer du thé du Kenya..

Relations avec l'Algérie

Relations avec la République centrafricaine Le , le président kenyan William Ruto visite la République centrafricaine. C'est la première fois qu'un chef d'État kenyan se rend en Centrafrique.

Relations avec les pays européens

Relations avec l'Union européenne L'Union européenne est un débouché à l'exportation très important pour le Kenya, particulièrement dans le secteur agricole. Grâce à la mise en place d’infrastructures de transport lui permettant d’acheminer rapidement sa production, notamment le fret aérien, le Kenya est devenu l’un des plus gros exportateurs de fleurs et de légumes du continent africain. Le Royaume-Uni représente le troisième débouché à l'exportation pour le thé kényan, dont 95 % de la production (près de 500.000 tonnes en 2018) est vendue à l'étranger.

En 2018, la compagnie aérienne Kenya Airways envisage d'ouvrir des liaisons aérienne dans 20 destinations supplémentaires, principalement en Europe et dans l’océan Indien.

Relations avec le Royaume-Uni A la fin du 19e siècle, le Kenya, les Britanniques établissent une zone d'influence sur l'actuel territoire du Kenya, désigné comme « Afrique orientale britannique ». Dans les années 1950, la révolte des Mau Mau éclate contre l'Empire britannique, dont la répression par les colons fait entre 10 000 et 25 000 morts. Le mouvement n'est ni structuré, ni organisé, mais il permet la diffusion d'idées nationalistes dans la population kényane et des réformes qui mènent à l'indépendance du pays. C'est dans ce contexte qu'en 1952, en visite au Kenya la princesse Élisabeth, âgée de 25 ans, apprend la mort de son père George VI à qui elle succède à la tête du Royaume-Uni et de son empire, dont fait encore partie le Kenya.